Voyage aux boues de l’enfer à Montmorency – Le retour

Il y a des dimanches où le randonneur parigot se demande s’il a fait le bon choix . La pluie n’avait pas cessé depuis quelques jours et il me fallut une sacrée dose de motivation pour quitter ma couette surtout lorsque une averse costaude vers 7h du matin sema le doute dans mon esprit. Bref Il fallut ainsi me faire une sacrée violence pour affronter un premier train de banlieue jusqu’à une première gare (St Lazare) , descendre dans les abysses glauques du RER E jusqu’à la gare du Nord , pour me perdre dans ses dédales de couloirs et de niveaux pour ensuite attendre le train de la ligne H en direction de Perçant Beaumont, autrement au bout de nulle part . Taverny, tout le monde descend !

Téléchargez la trace de cette randonnée au format .gpx ICI

Le groupe d’un vingtaine de marcheurs emboîta le pas de Thérèse, guide expérimentée de chez Randif, toujours d’une humeur joviale qu’elles que soient les circonstances climatiques, qui nous avaient concocté un parcours de 22 km , et ce à une allure dite « moyenne » . (j’en rigole encore) La forêt de Montmorency se dessinait sur les hauteurs de la ville et nous la rejoignîmes par un sentier en pente douce qui zigzaguait entre les habitations puis s’éleva dans le bois. Dès les premiers mètres glissant je sus que le terrain allait tenir ses promesses : vous êtes venus et vous n’allez pas le regretter ! Arrivé sur le plateau après cette courte ascension, le groupe un peu asphyxié par l’effort soudain se dispersa dans la nature pour satisfaire quelques besoins physiologiques contenus durant le trajet .

Soyons franc, la forêt de Montmorency n’ a vraiment rien d’engageant sous le ciel gris. Près de 70% des châtaigniers n’ont pas survécu à la déshydratation due à la l’attaque de leurs racines par un champignon . ‘LONF a dû en abattre par milliers, des parcelles entières ont ainsi été rasées et replantées d’espèces plus endurantes. Il faudra quelques décennies pour que cette forêt déplumée retrouve une allure présentable. C’est à ce moment précis que Thérèse tomba en panne de réseau 4G qui la priva du chargement de son fond de carte numérique..et par la même d’un positionnement précis. Retour à la méthode papier traditionnelle et direction l’étang Godard, point d’orgue de la journée.

Désolé les cinéphiles, rien à voir avec le fameux Jean-Luc Godard , puisqu’il s’agit d’ Auguste Godard qui fut maire de Taverny (1855-1859) propriétaire du château du Haut-Tertre et propriétaire de la partie de la forêt où s’étendait « La mare aux sangsues » dénommée depuis….  « Etang Godard » dont le niveau de l’eau est ici fonction uniquement de la pluviométrie. Afin de nous le rappeler, la pluie avait justement détrempé les chemins, ralentissant la progression du groupe dont la misérable moyenne s’établit à 3,8 km ce jour là . Nous devions malgré tout rejoindre la gare d’Ecouen et c’est peu dire que la fin fut particulièrement pénible, humide, crotteuse, bref épuisante dans un exercice d’équilibriste permanent. Néanmoins Randif a su forger au fil des ans chez ses membres un moral traité 100% inox, de quoi passer malgré l’adversité une excellente journée. Joies et douleurs des randos hivernales !

Texte et photos Richard Kirsch
Publications de l’auteur en un clic : Le guide Numérique de la Randonnée 2023 (recommandé à ceux qui persiste à randonner avec Google Map ! )

Petit guide pour réussir sa première grande itinérance (pour ceux qui se posent les questions existentielles hors w.e ! )

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