Archives pour la catégorie Randonnées IDF

Idée rando Gâtinais – 17 km entre Lardy et Etrechy, de gare à gare.

Les PNR d’Ile-de-France
En pleine campagne à une heure de Paris !

Voici une randonnée facile qui vous fera découvrir un visage verdoyant de l’Essonne, notamment le PNR du Gâtinais français (Parc Naturel Régional) . Situées sur la ligne RER C de Saint -Martin d’Etampes, les gares de Lardy et d’Etrechy constituent deux étapes idéales pour tracer cette randonnée de 17 km environ autour d’Auvers-Saint-Georges . Le parcours proposé ne présente pas de difficultés en terme de dénivelé et offre aux marcheurs de tous niveaux l’occasion de découvrir les différentes facettes de ce département, entre petits bois et grandes plaines agricoles. Ce parcours passe par de charmants villages, comme Jonville-sur-Juine, souvent bien restaurés, avec leur belle église et souvent un lavoir. Ces bourgs relativement préservés dans le PNR sont devenus les lieux de villégiature privilégiés ou de résidences secondaires, d’une population francilienne en quête d’espace et ce à une heure de la capitale par le train !

Téléchargez la trace de cette randonnée au format .gpx ICI

Un département au patrimoine naturel et culturel très riche.

Idée rando 77 : la boucle des villages de la Brie au sud de Provins. (20 km)

Parmi les nombreux itinéraires de la Seine-et-Marne, je vous propose cette semaine une boucle de 20 km au départ de la gare de Longueville ( Ligne de Provins depuis la gare de l’Est) . Malgré les apparences cet itinéraires comporte quelques bons dénivelés mais reste très facile sur son ensemble . Il alterne les passages en sous-bois et en plaine . Tout son charme réside dans la traversée des villages de la Brie, de petits bourgs où siège des églises de styles roman . Je vous conseillerais cependant d’effectuer cette randonnée de préférence par temps sec et au printemps car le chemin est parfois boueux et à découvert. Le balisage n’est pas toujours évident à suivre car les tronçons s’alternent aussi en PR (jaune) PR local (bleu ou vert et jaune) et le GR11 habituel en blanc et jaune. Bonne balade !

Téléchargez la trace de cette randonnée au format. GPX ICI

Création d’artistes locaux mode récup !
le viaduc SNCF de Longueville
Prudence encore dans les zones de chasse. Un accident mortel a eu lieu à Aurillac sur un chemin balisé ce we là
Le bistrot-épicerie du village , un vrai patrimoine à conserver .

Idée rando : Les Vaux de Cernay, 24 km sur un concentré de nature

Il existe en Ile-de-France des coulées boisées qui échappent encore à l’urbanisation galopante et rassemblent sur quelques hectares une richesse naturelle préservée . Les Vaux de Cernay en sont le symbole même.

Pour y accéder, il suffit de vous rendre à la gare du Perray-en-Yvelines, sur la ligne L qui mène à Rambouillet. L’itinéraire proposé, une large boucle de 24 km, vous fera randonner de chaque côté du Ru de Cernay, ou alternent les petits sentiers tortueux et les grandes allées qu’empruntaient jadis les carrosses de la noblesse. La fameuse abbaye n’est qu’à deux pas mais son parc est hélas en accès privé.

L’hiver révèle toute la majesté des chênes dépouillés.

Ces hauteurs mêmes modestes sont un formidable terrain de jeux pour ceux qui souhaitent en découdre avec les dénivelés qu’ils auront tracés sur le papier . Si vous êtes plus contemplatif, laissez-vous guider et admirez la beauté des chênes parfois centenaires qui étendent leur ramure dépouillée et majestueuse vers les quatre horizons en hiver. Près de 10.000 nouveaux arbres seront d’ailleurs replantés ici .

Quelques jolies buttes pour vous mettre en jambes !

Des bosquets de bouleaux se mêlent parfois au décor alors que des troncs , vestiges des tempêtes passées, tapissent le sol de leur mousse verte éclatante. En contre-bas, la mince rivière se fraie un destin vers l’étang de Cernay et laisse ici et là des marécages aux rives couvertes de jongs. A mi-parcours, ne manquez pas de rejoindre les rochers pour un pique-nique panoramique . La forêt de Rambouillet s’étend devant vous , plein sud , à l’infini .

Pique-nique raclette avec Amigo Rando

Black river, tu me sool ..!

I see a red door and i want it paint in black …Alors autant le faire lorsque la lumière abandonne le photographe ! Les Stones n’ont pas d’égaux pour partager les émotions du Blues, une musique qui nous transperce l’âme durant ces randonnées où le soleil répond aux abonnés absents. So, we walked down the river aurait aussi clamé the Mallet Brother Band ce dimanche de janvier depuis la gare de Vulaines-Samoreau jusqu’à celle de Melun.

Un long flirt avec la forêt de Fontainebleau sur le TMF
Samois d’île en île.

Ce parcours de …21 , 22, 24 km , qui sait , suit les méandres de la Seine, flirte avec la forêt de Fontainebleau dont le balisage blanc et vert du TMF (GR du tour du Massif) se mêle au rouge du GR2 . Blues universel et intemporel , ou la sodade de Cesaria Evora, une musique triste berce parfois nos pas trop lourds. Mais à Samois, je croise Django Reinhard, le manouche qui a vécu et s’est éteint ici en léguant au jazz des morceaux éternels dont la vitalité me redonne de l’entrain. Et puis il y a la Seine qui s’en moque. L’eau qui coule sous ses ponts traverse le temps sans état d’âme. Quoi que..Elle sort parfois de son lit pour rappeler aux hommes leur vulnérabilité. Là, elle me nargue, mais je la prends de haut à Fontaine-le-Port sur l’étroit sentier planté les coteaux .

Les escaliers de Samois
Joues encore pour moi Django ….
Galette des rois..tardive mais divine !

Moins d’une heure auparavant, le groupe y avait improvisé son pique-nique de la pause sur la rive, à bonne distance de la route et la ligne SNCF de Montargis. A la fin du repas dominical, Geneviève avait extirpé un Tupperware taille soucoupe volante de son sac à dos pour nous révéler une galette des Rois, une création tardive mais divine des fêtes de fin d’année. Anne-Marie l’arrosa de cidre et puis nous reprîmes la route, cette fois sans déprime. Les kilomètres défilaient puis s’éternisaient en passant d’une rive à l’autre, Melun semblait à des lieues.

Et contre les randonneurs ?!
les Affolantes des bords de Seine, délires architecturaux du XIXe

C’est à l’arrivée que les Stones revinrent soudain se manifester à mon esprit vagabond avec un autre air : leaving the station, l’histoire d’un type qui voit son amour brisé partir avec sa valise et le train s’éloigner. Les gares sont toujours pleines d’histoires, celle de Melun marqua juste l’heure bénie du retour vers la gare de Lyon, puis la gare St Lazare et enfin la gare des Vallées à La Garenne ! Randonneur francilien du dimanche soir , poor lonesome trekker du réseau !!

Richard Kirsch

GR75 tour de Paris – part.3 serres d’ Auteuil – Pte de la Villette 18 km

Un tour de Paris à pied de 50 km en 3 étapes

Cette troisième et dernière portion du GR75, le tour de Paris à pied, repart donc des serres d’Auteuil. Ce site historique, voisin des courts de Roland Garros, doit absolument faire l’objet d’une visite à part entière car il abrite de formidables collections. La traversée du Bois de Boulogne m’est familière car j’en connais tous les sentiers. Cependant j’aime m’y balader pour son atmosphère hivernale et surtout sa tranquillité . Le GR75 en sort à la Porte Maillot et il est très bien balisé jusqu’à la Porte de la Villette, son point de départ. La promenade Bernard Lafay qui mène à la Porte d’Asnières fut une autre surprise. Imaginez une suite de squares qui s’enchaînent en bord du périphérique Ouest, serpente entre les immeubles , bref une bordure de verdure tout à fait improbable à cet endroit !

GR75 Partie Sud-ouest
GR75 Partie Nord

Le quartier des Batignolles m’a également étonné car j’avais totalement ignoré sa mutation depuis ces dernières années. Ministère de la Justice, Maison des Avocats, parc Martin-Luther King, passerelle Marcelle-Henry, ce quartier de Paris a fait un bon dans le XXIe siècle en héritant d’une véritable audace architecturale. J’avoue que les derniers kilomètres depuis la Porte de Clichy ne sont pas les plus passionnants, à part le mail Bréchet et la Forêt linaire qui apportent une touche naturelle dans ce nord parisien lui aussi en pleine mutation. C’est ici en effet que va grandir le campus Condorcet et ses milliers d’étudiants. Le quartier de la Chapelle International à proximité, vaste projet immobilier implanté sur 7 ha cédés par la SNCF, est presque terminé. Toutefois il souffre encore de son image pour attirer parait-il suffisamment entreprises.

Ce GR75 se termine donc par un retour à la Cité des Sciences. J’ai donc mis trois jours pour le parcourir les 50 km annoncés en prenant mon temps. Je vous conseillerais de le faire au printemps pour profiter des jardins en fleurs.

GR75 Etape 1 Villette-Bibliothèque Nationale F.Mitterand
GR75 Etape 2 Bibliothèque F.Mitterand – Serres d’Auteuil

Conclusion. Ce parcours péri-urbain vous donnera une autre approche de la Capitale, loin de certains clichés touristiques. Des fortifs au périph’, en passant par le déroulement du tramway des boulevards des Maréchaux et l’ aménagement progressif de la petite ceinture ferroviaire, depuis le XIXe siècle les frontières de Paris ne cessent de se transformer pour faciliter son accès, loger sa population, moderniser ses transports, offrir à ses habitants des ilots de verdure , accueillir dans ses moindres espaces libres des équipements sportifs.

GR75 Etape 3 – Serre d’Auteuil – Cité des Sciences et de l’industrie (Porte de la Villette

La prolongation des lignes de métro, l’implantation de lignes de tramway circulaires dans la cadre du Grand Paris Express lui donnent un autre visage. En tant que parisien, j’ai pris beaucoup d’intérêt à en découvrir des rues, des monuments jusqu’à présent complètement inconnus.

GR75 – Tour de Paris Part. 1 Cité des Sciences -Bibliothèque Nationale 14 km

Pourquoi tout randonneur parigot doit-il mettre un jour cette balade à son programme ? Parce qu’il connaît peu , mal ou carrément pas la capitale où il habite !! D’abord parcourir le GR75 Est un formidable jeu de piste de 50 km donc un excellent et amusant exercice pour apprendre à suivre un GR et s’orienter . Et celui-ci n’est pas des plus faciles car les fameuses marques blanches et rouge se perdent dans le mobilier urbain ou sont souvent recouverts de stickers ou de pubs en tous genres !

Topoguide FFRP GR75 – 50 km de balade à pied aux frontières de Paris
Partie 1 – Cité des Sciences Porte de la Villette – Grande Bibliothèque 14 km

Mais rien d’insurmontable, il suffit en premier lieu d’investir 4,90 € dans le TopoGuide de la FFRP et utiliser par exemple Iphigénie en App de randonnée. Le TopoGuide propose ce grand tour au départ de la Porte de la Villette, à la Cité des Sciences . Et je vous conseille de le suivre très attentivement. Il comporte une foule d’infos historiques passionnantes. Voici dont la partie 1 de mon tour, soit 14 km parcourus jusqu’à la Bibliothèque Nationale en face de Bercy .

J’y ai découvert des églises, des squares et des panoramas tout à fait inconnus. Prenez cette balade comme une petite exploration urbaine où il est agréable de pique-niquer dans un quartier nouveau , de profiter des bistrots et boulangeries omniprésents sur cet itinéraire . OUI ! on se perd parfois et l’on improvise un nouvel itinéraire sur l’App Gps . A noter au passage que le GR ou PR (s) affichés ne suivent pas toujours le balisage du terrain à cause des mises à jours. Rien de grave et puis il existe toujours une station de métro ou un tram pour improviser son retour . Bonne balade et à bientôt pour partager vos impressions sur ce blog.

Noël & Lardy, duo star et bûche glacée.

Fin novembre, les randonneurs d’Ile-de-France rentrent dans le dur. Les jours se sont réduits à l’approche imminente du solstice d’hiver et le niveau du thermomètre n’ a rien d’encourageant pour se lever à 6h et prendre un train miraculeux, épargné par les grèves et les travaux. Mais chez Amigo Rando, on ne pouvait pas rater le rendez-vous traditionnel, celui de la rando de Noël !

Pour cette occasion festive , pas question de se compliquer la tâche. Corinne, notre guide-stagiaire coachée choisit en effet un grand classique de la rando parcouru une à deux fois par an et dans les deux sens : de la gare Lardy à celle de St Chéron (ligne de Dourdan-Etampes) . Ce parcours de 20 km sans grande difficulté comporte toutefois quelques grimpettes et des portions rendues glissantes.

quatuor de choc et de charme !
Ambiance sérieuse ….enfin au début !
la bûche en rando, toujours un petit exploit
Température de 3°c, décor transylvanien et loups affamés !

Il passe par la splendide Abbatiale de St Sulpice-de-Favières dont on découvre la grandeur en arrivant par les hauteurs . Une aire de pique-nique providentielle se trouve en dehors du bourg en quittant le GR1 sur une centaine de mètres. C’est l’endroit idéal pour dresser la table où chacun apporte boissons et victuailles. Presque, car l’anticyclone installé sur le nord de l’Europe génère ce jour-là un vent du nord glacial.

Toasts au foie gras tartinés avec amour par notre œnologue-marcheur « Chris BodiGestif » , bûche-maison sculptée par Geneviève diplômée Es-pâtisserie nomade, vins blanc et rouge, aux couleurs de GR évidemment , rien ne manqua au festin ponctué par la distribution de petits cadeaux et dégustation de pousse-cafés anti-gels dont une liqueur chilienne non identifiée ! Résultat, il fallut quelques kilomètres pour que le groupe reprenne une vitesse de croisière acceptable et ce afin d’atteindre la gare de St Chiron à temps, c’est à dire une minute avant qu’il rentre en gare ! Surement autre miracle de Noël !

Randonnée Vexin : boucle d’Auvers-sur-Oise – 22 km de gare à gare

Images et vidéo de l’itinéraire en 3D

Découvrez cet itinéraire sur la vidéo
qui suit >>>>>>>>>

Pour ceux qui veulent poursuivre la découverte du Parc Régional Naturel du Vexin, je vous propose cette belle randonnée de gare à gare . Ce parcours de 22 km environ débute et s’achève à la gare d’Auvers-sur-Oise. Il emprunte une longue portion du GR1 dans la forêt du Bois le Roi, étroite et longue bande qui remonte nord-ouest. Vous attendrez les quartiers nord de Valmondois avant de remonter versd Nesles-La-Vallée. Cette boucle passe ensuite par la jolie ville de Parmain, voisine de l’Isle-Adam sur l’autre rive de L’Oise. Vous aurez d’ailleurs tout le temps de d’y flâner car cet itinéraire la suit sur d’interminables kilomètres! Cette longue randonnée ne présente pas de difficultés particulières. Vous passerez toutefois avec prudence en zone de chasse. Le chemin peut être très boueux en temps de pluie.

Cliquez sur ce site pour visualisez l’itinéraire en 3D

Randonneurs et VTT, une cohabitation souvent tendue en Ile-de-France et en montagne.

Surpopulation les week-ends, différences de vitesse, intolérance réciproque, dégradations des pistes et pour finir agressions. Certains sentiers de randonnée connaissent depuis un moment une ambiance dégradée. Pourquoi tant de haine et comment y remédier ?! Eléments de réponse.

Depuis quelques mois la cohabitation entre les pratiquants de VTT et les randonneurs s’est dégradée pour ne pas dire est devenue explosive entre les deux pratiques sur quelques massifs . Planches cloutées, câbles tendus à hauteur de guidon, on dénombre de véritables pièges dressés contre les cyclistes, des actions soldées par de graves blessures. Comment expliquer cette exaspération des randonneurs et cette dérive intolérable ? En tant que marcheur très régulier en île-de-France depuis près de quinze ans j’observe plusieurs phénomènes au vu de chiffres significatifs. Le nombre de vélos est passé de 20.000 en France en 1976 à plus d’1 million en 2021. L’attrait des sports nature ne cesse d’augmenter depuis une décennie et la pratique du vélo et par la même du VTT affiche une forte croissance un peu partout dans l’Hexagone. Le Covid et les confinements successifs ont accentué encore la demande d’évasion et d’exercice. Cette discipline s’est largement répandue l’été en montagne . On trouve désormais de nombreux loueurs dans la plupart des ski shops.

Par ailleurs, le VAE (Vélo à Assistance Electrique) à l’origine urbain se décline désormais en modèles VTT extrêmement puissants ouvrant ainsi ascensions et descentes à une nouvelle population au demeurant plus ou moins expérimentée. Les sentiers de randonnée sont désormais le terrain de jeu des vttistes qui croisent fatalement les randonneurs. Cette envie de sport nature se traduisant également par une explosion de la randonnée pédestre, ces territoires connaissent désormais une surpopulation relative sur des sites très fréquentés le week-end . Les clubs de rando ont fait le plein et il est courant de voir sur les sentiers des groupes de 10 à 40 marcheurs.

Une cohabitation parfaitement possible avec un peu d’intelligence et de tolérance.

Des différences de vitesse incompatibles.

Cette petite guerre entre entre randonneurs et VTT me ramène dans les années 80 à l’époque où l’arrivée du snowboard bouscula l’ordre des stations de ski, avec aussi de nombreux accidents à la clef. Les larges trajectoires du snowboard se révéla en effet en opposition avec celles du ski traditionnel beaucoup plus courtes et les collisions se multiplièrent. Les jeunes pratiquants de snowboard au look « de nains à bonnet » furent carrément haïs voire bannis. Les stations ont ainsi dû vite réagir en créant de véritables snowparks adaptés à la pratique. Plus tard les ski de carving au profil très incurvé, très évolutifs, réuniront les deux frères ennemis de la glisse. Le VTT dans sa version sportive grand public souffre sans doute à l’heure actuelle des mêmes travers. La technologie du  » tout suspendu » avec freins à disque permet des descentes à bâtons rompus. Lors de mon séjour aux Angles dans les Pyrénées, j ‘ai pu mesurer l’ampleur de cette pratique 100% adrénaline. La station a dû opérer un balisage rigoureux avec notamment des panneaux d’avertissement aux croisements des GR et surtout différencier les sentiers de rando et ceux de VTT.

Un circuit spécial VTT de 8 km en forêt de Fontainebleau (Ph. Le Parisien)

De grandes régions de randonnée comme l’île-de-France sont confrontées à des problèmes de cohabitations encore plus aigus. Ces GR , PR , GRP sont à la fois fréquentés par des familles en balade évoluant entre 1 et 3 km/h, des groupes de marcheurs se déplaçant entre 4 et 6 km/h et enfin des VTTistes casqués avec coques de protection, déboulant entre 20 et 30 km/h . Tout est ici réuni pour créer une cohabitation conflictuelle à l’image de celle des trottinettes, vélos, scooters et auto en ville. A défaut que chacun s’autodiscipline et décide de partager l’espace, il va encore falloir réglementer. On a créé ainsi en forêt de Fontainebleau un circuit spécial VTT de 8 km et il doit déjà en exister d’autres.

Des sentiers de Compostelle de plus en plus adaptés au vélo.

Côté randonneurs, essayons de limiter les bouchons créés par des groupes trop importants et veiller à ne plus occuper toute la largeur des chemins. Rapide, technique, assisté, le vélo tout terrain est devenu indéniablement l’engin de toutes les aventures voire un véritable business. Après avoir parcouru cinq chemins de Compostelle, je constate que des dizaines de kilomètres de sentiers « mal pavés » ont été élargis et lissés (je dirais même « aseptisés ») pour accueillir cette nouvelle vague roulante.

Rando périurbaine dans l’histoire architecturale du 94 entre Créteil et Alfortville

La construction du Grand Paris a incité depuis quelques années l’Association Le Voyage Métropolitain a tracé un parcours reliant les gares de ce projet et de proposer 39 journées de randonnée . Ce maillage trilobe articulé sur les villes de Saint-Denis, Créteil et Versailles mesure 615km de quoi en découvrir toutes les facettes architecturales et sociales ainsi que nous replonger dans l’histoire même de la région Ile-de-France.

Les 39 étapes du Sentier du Grand Paris
Briefing des participants par Philippe-Hervé sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Créteil

Après un coup d’arrêt dû aux mesures sanitaires, les organisateurs ont repris cartes et GPS pour emmener cette fois une trentaine de marcheurs dans le Val de Marne. Si le tracé du Sentier du Grand Paris est désormais validé mais peut encore des modifications. Cette rando périurbaine fut donc l’occasion de parcourir un itinéraire de liaison de 11 km entre Créteil et Alfortville. Le rendez-vous est fixé à l’hôtel de Ville ce samedi là et c’est un vrai labyrinthe pour le rejoindre depuis le métro Créteil Préfecture. Près de quarante ans se sont écoulées depuis sa construction. A cette époque beaucoup déplorait déjà la complexité de circulation sur ce site de 600ha divisé en plusieurs quartiers abritant habitions et bureaux.

Le Nouveau Créteil, 571 ha , 6 quartiers, des architectes prestigieux jouent la carte de l’innovation et de la modernité .
Créteil quarante ans plus tard. La préfecture du Val de Marne reste toujours un labyrinthe !!

Ce retour sur la genèse du Nouveau Créteil », nous ramène en 1964. Le département se lance dans une vaste opération immobilière avec un délai d’achèvement de dix ans seulement. Ce projet sur -médiatisé et remarquablement marketté à l’époque, financé par la Compagnie Bancaire, des capitaux privés, alors que l’Etat s’est lancé depuis 1955 dans la construction de 5 villes nouvelles (Cergy-Pontoise, Marne-la-Vallée, Evry, Sénart) et des barres pur béton et sans âme. En traversant Créteil depuis le lac, chacun se rend compte de l’innovation voire l’audace des nombreux architectes (souvent des Prix de Rome) qui ont œuvré sous la coordination de Pierre Dufau. Et pourtant la partie s’annonçait compliquée. Les réalisations devaient notamment s’élever sur un ancien marécage.

Tracé de notre rando périurbaine depuis le lac de Créteil.

Le défi fut relevé et la Préfecture du Val de Marne allait devenir l’image même de la modernité qui fit la fierté de Pierre Billotte, un général élu maire en 1965, félicité par un autre Général, De Gaulle lui-même ! Le Créteil « Soleil  » accueillit en ses murs le plus grand centre commercial d’Europe et le premier Mc Donald de France s’y installa . C’est vous dire ! Durant cette balade, on voit très bien la diversité des 6 ilots du Nouveau Créteil . Le plus emblématique reste sans doute les « Choux » , des immeubles-fleurs dessinés par l’architecte Gérard Grandval, ex-soixante huitard et Prix de Rome, en réaction aux cubes de l’époque .

Des balcons pétales pour plus d’intimité des locataires

Les 11 immeubles-fleurs du quartier du Palais nés de la réaction de Gérard Grandval face aux cubes de l’époque

Afin de finaliser l’ identité de ces quartiers , Dufau fit appelle au célèbre peintre Vasarely dont la mission fut de créer des effets colorés, un peu dans la même philosophie que Le Corbusier. Maurizio Vital , paysagiste de renom fut aussi appelé afin d’apporter la touche nature dans ce vaste univers sorti de terre en un temps record. La nappe phréatique affleurant à moins de deux mètres de la surface, le lac fut crée facilement .Toutefois la dynamique du projet fut stoppée dans les années 70 par les deux chocs pétroliers. Des 100.000 habitants espérés, ils ne furent que 58.000 à s’y installer. Après un passage devant l’immeuble très stalinien de la préfecture, le groupe rejoint Maisons-Alfort.

La pyramide inversée qui abrita jadis la société Pernod, fleuron de la production anisée tricolore dessinée en 1974 par Jean Willerval
Pique-nique sur les quais d’Alfortville au Port Anglais. Après la crue historique de 1910 la ville ne cesse d’investir pour contenir les crues.

Cette commune de 573 ha est blottie entre le Pont de Charenton, les fameux « Bords de Marne » , la voie ferrée PLM et les N5 et 19. Nous sommes dans les années 30 et la culture maraîchère nourrit la population de l’agglomération parisienne qui grossit au rythme de 5% par an ! Entre 1911 et 1931, elle gagne près de 1.300.000 habitants. La pénurie de logements atteindra son paroxysme fin des années 50. Mais déjà Maison-Alfort connait cette crise et de grands architectes dont André Dubreuil et Roger Hummel à qui l’on doit le square Dufourmontelle, classé aux Monuments Nationaux, ainsi que les Guyon, vont remodeler la ville en apportant des projets très novateurs entre immeubles collectifs à taille humaine et maisons-jardin.

Aujourd’hui le percement de la ligne 15 (Vers de Maison) a obligé de mettre ce square sous-haute surveillance et consolider les fondations. La commune voisine, Alfortville, va bien sûr aussi subir ces mutations démographiques au fil du temps. Son originalité repose toutefois sur sa forte immigration arménienne, l’un des plus importantes en France avec Lyon et Marseille. Après deux ou trois générations, la plupart des membres de la communauté sont nés en France. Mais la « Petite Arménie » a su garder toute sa cohésion en s’appuyant notamment sur ces églises et des écoles comme le collège franco-arménien Kévork- Arabian. Il suffit de pousser la porte de l’Eglise Apostolique et rencontrer le père Keledjian Dirayr.

L’église Apostolique de la « Petite Arménie »

Cet homme chaleureux et intarissable vous plonge dans l’histoire complexe de l’Arménie. Ces banlieues n’ont pas fini de surprendre le visiteur curieux. Ici et là les architectes ont laissé les marques de leur imagination. La MAPAD (Maison d’Accueil des Personnes Agées Dépendantes) et sa structure en hérisson, ses couleurs rouge et blanche tranchent dans ce paysage de pavillons et de petits immeubles sans surprise.

Avant de rejoindre les quais pour une mini-croisière jusqu’à Bercy, nous passons devant le Pont du Port Anglais. Cet ouvrage suspendu est la réplique réduite de celui de Brooklyn à New York !! Les randonnées périurbaines régulières organisées par le Voyage Métropolitain restent une incroyable source d’étonnement et un moyen de comprendre comment s’est développé la région, d’admirer ses délires et ses chef-d’œuvres architecturaux . Le futur est aujourd’hui à portée de ..pas du marcheur. Les soixante-trois nouvelles gares interconnectées créent de nouveaux pôles d’activités et bouleversent l’espace de la métropole, le Sentier du Grand Paris nous ouvrent désormais de nouveaux horizons.

Sources : Le Parisien, CAUE94, Journals.openedition.org