Archives pour la catégorie Randonnées IDF

Bois-CO ,Bois de Boulogne..et retour. 21 km de rando d’un ex-covidé

Il fallait bien recommencer par quelque chose de simple, voire de légal ! Après plus de deux semaines fiévreuses, cassé comme jamais par la Covid-19, un ou deux tours poussifs de quartier, une bonne fenêtre météo m’encourage à pousser un peu plus le curseur . Il s’agit de me rassurer et me préparer physiquement pour finir mon pathétique Chemin de Stevenson avorté en septembre dernier, re-re-programmé le 25 mai. Cette randonnée de reprise dite de « proximité » a en théorie au moins le mérite de réunir quelques ingrédients nécessaires à ma quête d’évasion de banlieusard confiné , à savoir l’exotisme urbain de la Défense, le caractère bucolique des bords de Seine et la nature d’un Bois de Boulogne en pleine renaissance.

Une jolie balade parisienne dans un rayon de 10 km… autorisé !!.

Cette boucle de 21 km en pleine semaine et en solo, eut un goût savoureux , celui de partir de chez soi sans contraintes horaires de transport. Je quitte donc Bois-Co direction le centre d’affaires parisiens. Sur le parcours, les jardiniers font une coupe de printemps à la végétation du T2 à coups de tondeuse et sécateur. Le parvis de la Défense désert, glacé de solitude, semble avoir tiré un trait sur son effervescence de naguère, l’occasion rêvée de réaliser sur la dalle des dizaines de petits chantiers de maintenance et relookage. Marteau-piqueur à tous les étages, le quartier, désamiente, remodèle ses tours en permanence, des géants rendus inutiles depuis un an par le télétravail . Je traverse la longue coulée bordée de verre et d’acier le nez en l’air, contourne les travaux pour atteindre enfin les bords de Seine et Neuilly. La ville chic semble encore endormie , peu de voitures fréquentent les quais vers Boulogne .

Les quais de Boulogne et l’écluse de Puteaux

En contre-bas, les ponts des péniches refleurissent discrètement.Une ou deux ont coulé durant l’hiver, je dresse un état des lieux de ce parcours familier puis je suis la rive boisée pour passer derrière l’unique camping parisien. Les touristes manquent à l’appel, l’immense structure est belle et bien fermée , figée dans l’attente d’une réouverture dont personne ne connait la date. Roulottes rangées, petits chalets impeccables , tentes collectives dressées, espaces balayés, haies taillées, tout semble prêt pour accueillir ces étrangers de toute l’Europe. Je m’accorde une pause sur le banc d’un des petits lacs bordants Longchamp. Un couple d’oies Bernache tente une approche timide pour m’extorquer un palet breton. Même pas en rêve les filles ! Les cyclistes habituels passent et repassent à l’entrainement autour du nouvel hippodrome ultramoderne aux couleurs champagne, lui aussi plongé dans un immobilisme sidérant.

Le nouvel hippodrome de Longchamp attend lui aussi le retour des courses

Aux abords de ce complexe, un camp de gens du voyage a été installé. Le village de caravanes rutilantes dispose même de sanitaires et points d’eau. Main- d’oeuvre du chantier terminé ? Accueil exceptionnel en période creuse de la ville de Paris alors que son propre camping affiche portes closes? On n’en est plus à un paradoxe sanitaire près ! Il est plus de midi, j’ ai parcouru environ 11 km, je plante le pique-nique près de la buvette de la porte de Boulogne, histoire d’améliorer l’ordinaire. Très vite deux corneilles viennent en repérage et explorer quelques emballages. Ce n’est pas Hitchcock mais les volatiles m’épient d’un oeil noir et m’encerclent mètre par mètre. Je finis par virer les brunettes avec un restant de sandwich puis reviens à la buvette dont les tables ont été supprimées.

Accoudée au bar, une habituée du quartier explique au serveur distrait pourquoi elle n’ira pas se faire vacciner malgré son rendez-vous etc..Il écoute , moi aussi amusé par ces brèves de Covid, avant de reprendre mon chemin en remontant vers les lacs. Au fil des années, les paysagistes ont fini pas aseptiser l’ensemble des berges, Ripolinés de gravier blanc, sentiers aplanis, fermés de la prostitution nocturne pour cause de pollution Kleenex-latex , les lacs du bois sentent bon la clientèle proprette Neuilly-XVIe et pour le moment restent hélas privés de leurs barques. Les romantiques devront attendre, les galériens de la love story jubilent .

Le Pavillon des Indes Anglaises, vestige de l’expo coloniale de 1878 à Courbevoie.
Après l’effervescence des WE, les pigeons guettent les miettes du randonneur !

Quelques fourgonnettes garées notamment près du centre sportif Largadère ultra privé rappellent que le business de ces dames continue malgré la pandémie ! Je décide de remonter par Neuilly avant de reprendre les quais vers Courbevoie. Il est plus de 14h , la plupart des commerces autorisés sont désormais ouverts, le soleil ne se cache plus, j ‘évite les boulangeries locales et finis ce parcours les jambes en plomb. L’ App Mapy.cz affiche 21.5 km , une moyenne de 5,1 km heure. La Covid semble ne pas avoir laissé trop de traces.. je m’en sors plutôt bien. Paris, vidé, covidé attend d’être à nouveau un Paris libéré.

Rando du canal de l’Ourcq : take it Lizy !

J’avoue que les balades le long des canaux ne figurent pas trop dans mon top Ten de la rando. Je garde encore en mémoire mon arrivée sur Toulouse sur la voie d’Arles par le Canal du Midi, 3 jours, 60 km de marche nargué par les cyclistes lancés à fond et une overdose de platanes, le tout sur une platitude topographique lassante !

La Seine-et-Marne, un patwork de rivières, étangs et canaux. Parcours de 20 km sans difficulté.

Téléchargez ICI la trace de cette randonnée au format .gpx et suivez la sur votre smartphone .

Toutefois, une fenêtre météo engageante m’a convaincu de me joindre ce dimanche-là aux marcheurs d’Amigo Rando, notre nouvelle asso en création, sur le canal de l’Ourcq (77). Comme toute balade en Ile-de-France de gare à gare, celle-ci se mérite, c est à dire obligation de prendre un ou plusieurs trains pour rejoindre le point de départ au confins de la Seine-et-Marne, à Lizy-sur-Ourcq. Afin d’agrémenter l’itinéraire Christian B. , guide estampillé Pro Navigo , a toutefois pris soin de suivre le GR11 par des passages en forêt variés afin de rejoindre Trilport. Il suffit parfois de peu de chose pour faire d’un itinéraire banal, une jolie randonnée .

Départ de Lizy-Sur-Ourcq par le GR11

Ce jour-là c’est au soleil rasant d’hiver que l’on doit sa réussite, une véritable débauche de couleurs. Rien n’y manque. Les rives du canal serpentent entre des murs recouverts d’une mousse d’un vert éclatant, les sentiers s’enfoncent au milieu de bosquets de jeunes chênes dépouillés filtrant la douce lumière. Sur des kilomètres les peupliers le long de la voie d’eau se dressent comme des pinceaux vers un ciel plombé de nuages menaçant.

Un canal de 130 km, ancienne voie navigable creusée entre 1805 et 1825 .

Tout au long de la journée les giboulées de mars guettent le randonneur . Parfois un nuage noir saturé lâche son rideau de pluie . Les randonneurs avisés assurent à la hâte l’étanchéité en sortant capes et sur-sacs bariolés. Mais les rafales de printemps s’estompent aussi vite qu’elles sont venues et l’ondée ne laisse sur les berges du canal que quelques flaques. Les heures défilent vite depuis Lizy-sur-Ourcq , déjà dix kilomètres s’affichent au podomètre.

L’émergence du printemps au milieu de l’hiver
Quand la nature reprend ses droits, nul obstacle ne peut l’arrêter !

12h30, les métabolismes s’affolent , le temps de la pause-repas sonne dans tous les estomacs. Le canal de l’Ourcq n’est pas le plus propice aux pique-niques d’hiver, rares sont les espaces aménagés. Alors il a fallut se contenter d’une minuscule clairière abritée du vent dont les ronces et les orties n’ont en rien affecter les appétits. Il en faut beaucoup pour bousculer le caractère fondamental, que dis-je l ‘ADN d’Amigo Rando : le déj ! Vu le décor et les obligations horaires, personne ne souhaita s’éterniser davantage.

Les bords de Marne.

Nous avons donc quitté le canal historique sans regret pour parcourir les derniers kilomètres en forêt vers Trilport. Le parcours de cette randonnée plutôt  » take it Lizy » offre aussi quelques flirts ici et là avec la Marne, une sortie plus décontraction contemplative qu’effort sportif !

Transport : Départ Gare de l’Est vers Château-Thierry – Changement à Meaux pour Lizy-sur-Ourcq – Retour Trilport – Gare de l’Est . Pass Navigo ou Mobilis journée 5 zones

Contact : amigorando.idf@gmail.com

St Mard- Meaux, la rando qui décape la grisaille

Un dosage de 21 km, tempo de 4,3 km/h , UV modérés, ventilation Nord , le cocktail très efficace !

Depuis des mois, nous cherchions tous la formule magique capable de nettoyer le décors et chasser la grisaille de l’ambiance covid qui nous encrassaient le moral . La toute nouvelle asso en création, Amigo Rando a trouvé le le week end dernier le produit miracle : St Mard ! Soleil, brise fraîche, verdure naissante, grâce à ces agents actifs, l’itinéraire menant jusqu’à la gare de Meaux a prouvé une réelle efficacité en redonnant des couleurs au moral des 23 randonneurs parisiens. Ce composé garanti totalement bio s’appuie sur la base solide du GR1, ce parcours historique qui fait le tour de l’Ile de France sur 541 km et dont le sommet de 216 m permet une oxygénation maximale des neurones les plus confinés !

Le cocktail décapant St Mard- Meaux élaboré à doses égales forêts et plaines agricoles a été ajusté pour éviter toute saturation habituelle en randonnée, c’est à dire l’overdose de kilomètres, avec une distance optimale de 21 km. Ajoutons que l’excellent guide (moi-même !) a su trouver le juste équilibre du mode opératoire avec un rythme certes un peu soutenu de 4,3 km/h ! Pour l’occasion, de nouveaux-venus ont pu tester le produit et le caractère unique de l’organisation Amigo Rando : tempo et apéro ! Rappelons que la formule n’est pas sans danger en créant chez certains une véritable addiction. Les organisateurs étudient déjà un vaccin, une randonnée calmante de 25 à 30 km !

Téléchargez la trace de cette randonnée au format .gpx ICI

Saint-Ouen l’Aumône, que l’hiver ait pitié du randonneur égaré !

Il suffit parfois de peu de chose, peut être une minute d’inattention, pour que la journée d’un groupe de randonneurs parisiens soit perturbée. Le cas s’est produit par ce matin glacé de février lorsque le soleil peinait à réchauffer les corps endormis dans un hall banlieue de la gare du Nord désertée des masses laborieuses. Les horaires SNCF défilaient sur l’écran bleu, les marcheurs s’étaient sagement regroupés et attendaient que Christian, notre guide spirituel du jour donne le signal de rejoindre le quai où stationnait le train en direction de Saint-Ouen l’Aumône afin d’y effectuer une correspondance.

Un parcours improvisé dû à une erreur de gare !

Le terme « spirituel » prit soudain un autre sens , celui de « très drôle » lorsque tout le groupe se retrouva sur le quai désert de St Ouen l’Aumône-Liesse, la mauvaise gare ! Quant au terme Liesse, synonyme de joie et d’allégresse, il fut un peu terni en apprenant que le programme initial allait connaître quelques bouleversements. Une réunion de crise rassembla sur le quai même, les meilleurs spécialistes de la cartographie topologique afin d’élaborer d’urgence un plan B pour sauver une journée de rando raccourcie par le couvre-feu..et la dite erreur. Après une étude rapide du document, il fut ainsi décidé de rejoindre la gare de l’Isle-Adam par la plaine en suivant en partie le cours de l’Oise. Place aux grands espaces et à l’impro !!

le Vexin dans toute sa splendeur ..glacée .
Errance et caillance mais bonne humeur .

Les immenses étendues agricoles du Vexin balayées par une brise glaciale sont toujours propices à la méditation, à l’introspection mais plus encore chez certains à l’interrogation : « qu’est ce qu’on fout ici par une température ressentie de -4° C au milieu de terres labourées et où le premier bosquet pour soulager sa vessie se trouve à deux kilomètres ??!  » . Seul le randonneur endurci par des années d’errance hivernale en Ile-de-France peut y répondre et renoncer à un dimanche douillet chez lui.

La montée vers l’église d’Auvers sur Oise.
Retour anticipé vers la gare de Valmondois.

Notre itinéraire de secours passa ainsi par Auvers-sur-Oise, Doit-on rappeler que cette charmante ville est le berceau de l’impressionnisme et plus encore le lieux de villégiature des frères Vincent Van Gogh ? Non c’est inutile car il faut être miro (ha ha , elle est très bonne , merci) pour ne pas constater que TOUTE l’activité touristique tourne ici autour du peintre à l’oreille coupée.

Charlotte nous offre ici une version médiévale réussie de la mode hiver 2021
Christine et Maryvonne ont préféré un pique-nique élégant et confort sur un des bancs du square.

Difficile d’y échapper. Et c’est au coeur de ce temple du 3 eme art que la horde bruyante, crottée, aux oripeaux bariolés, d’une esthétique affligeante, répandit sans aucun complexe son pique-nique, aux pieds même de la statue du maître !

Un léger laisser-aller dans le relâchement au moment de la pause !
Une notion d’antigel très particulière chez le randonneur.

Si la pause-déjeuner du randonneur moyen n’a habituellement rien de reluisant, celle d’Auvers-sur-Oise fut particulièrement réussie. En quelques minutes, la vingtaine de marcheurs transforma le charmant petit square en un mini-campement d’où émanaient quelques effluves douteuses. Malgré une température frôlant le zéro, étrangement personne ne sembla s’en plaindre.

Van Gogh à tous les étages à Auvers.
Sauf erreur, nous n’avons pas vu une photo de nous sur le panneau . Pas encore !

Après une seconde concertation des experts, il paraissait difficile de rejoindre la gare de Parmain-L’Isle Adam dans les délais impartis. Aussi , le guide « drôle » décida de mettre fin à notre balade à la gare de Valmondois après un parcours de 16 à 17 km. Morale : une faute d’inattention se traduit en randonnée par deux conséquences possibles : une rallonge du parcours de plusieurs kilomètres ou la chance de regarder la seconde mi-temps d’un match de rugby des Six Nations en rentrant plus tôt !

Richard Kirsch

Téléchargez la trace de cette randonnée au format .gpx ICI

Vallée de Chevreuse : attaquez-la par le Racine !

Croyez-vous que c ‘est facile pour un randonneur parigot d’écrire un énième article sur la vallée de Chevreuse sans tomber dans la banalité ??! Sachant qu’en bon journaliste je reste très attaché à la doctrine :  » Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il ne faut rien écrire.« , voici donc un nouveau post sur le sujet au titre particulièrement inspiré . Ce n’est pas les sentiers qui manquent en Ile-de-France me direz-vous , ne fallait-il pas marcher ailleurs que sur le sempiternel Chemin Jean Racine ?

En haut : tracé de la rando depuis la la gare de La Verrière. A gauche : le parcours complet du Chemin Jean Racine.

Responsable mais pas coupable. J’en reporte en effet l’entière responsabilité sur Geneviève notre guide du jour. L’amazone des grands chemins, que dis-je l’infatigable arpenteuse du sentier balisé francilien, aurait-elle encore tirer ce parcours du catalogue Visorando ? Pas sur .. mais ..hum ! Ce mauvais site internet doublé d’une abominable App (y a que la mauvaise foi qui sauve ) est devenu aujourd’hui une mine d’itinéraires pour les parisiens confinés en quête d’évasion de proximité. Bien sûr, rien de comparable avec trekkingzone.fr dont le contenu et l’humour des récits restent à ce jour inégalés.

Long flirt d’un bouleau et d’un chêne ….
… un coup à en perdre la tête !

Evidence, les allées interminables et rectilignes du début de cette randonnée pluvieuse me plongèrent d’emblée dans un scepticisme abyssal doublé de la question : « Allais-je survivre à l’ennui de ces premiers kilomètres » ? Afin de rassurer rapidement le lecteur je répondrais : oui. Car le Chemin Jean Racine qui serpente par la suite sur la ligne de crêtes au dessus de la rivière le Rhodon ne manque vraiment pas d’intérêt. Les plus curieux (c’est dire ceux qui ne marchent pas forcément la tête dans le guidon ou qui n’écoutent pas stoïquement le blabla d’un compagnon pris au piège) et bien ceux-là remarqueront que les sept bornes de l’itinéraire comportent chacune une jolie citation du célèbre l’écrivain. A cette séquence culture j’ajouterais un passage obligatoire sur l’Abbaye de Port-Royal..des Champs. A ne pas confondre avec l’Abbaye Port-Royal ..de Paris .

l’Abbaye de Port Royal des champs et sa petite chapelle d’un charme dingue !

Tout visiteur tombe sous le charme de la petite chapelle dans son pré verdoyant si bucolique avant de sortir son portable pour immortaliser cet instant magique d’un adroit selfie. Le Chemin Jean Racine conduit bien sûr à l’autre curiosité de la région, l’incontournable Château de la Madeleine. (Pas de confusion, le nom de cet édifice n’a pas été donné par le fameux Proust) . De ce très beau belvédère , le randonneur comblé ressort généralement son portable pour un second selfie avec en arrière-plan un panorama sur Chevreuse et sa foule de pavillons beigeasses, tous identiques, dûs aux bétonneurs de banlieue.

Les plus beaux instants ont aussi une fin et cette randonnée s’acheva en revenant à la gare de Saint-Rémy. Ce Parc Naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse comporte d’autres trésors. Et si vous n’avez pas pu en voir davantage ce jour-là, comme aurait dit Jean Racine : « n’en faites pas pour autant une .. tragédie , revenez au printemps ! « 

Téléchargez la trace de cette randonnée ICI

A l’aise glaise… ! Une rando très Laurel et Lardy

Il y a des jours comme çà  où le randonneur se demande ce qu’il fait dans une gare parisienne  presque déserte  pour aller  traîner ses pompes dans une banlieue paumée d’ Île de France dont il situe approximativement la position . Il sait pertinemment que la pluie n’a pas cessé de tomber une bonne partie de la  nuit et sait ce qu’il l’attend une fois descendu d’un RER  à une autre gare dont le nom ne lui rappelle ..rien !

Une longue diagonale entre plaine et bosquets entre les gares de Lardy et Breuillet

La seule certitude naîtra lorsque le randonneur passe en mode patinage sur les chemins détrempés et que la glaise alourdit chaque pied d’un bon kilo. La moyenne n’est plus qu’un vague souvenir et l’estimation de marcher à 4km/h pour réaliser la randonnée dans les temps devient une utopie. Reste alors à prendre son mal en patience et admettre qu’un pas en avant ne signifie pas forcément progression, se réjouir d’avoir toujours des bâtons de marche pour éviter le bain de boue à chaque descente. Le randonneur avec béquilles affublé d’une cape de pluie et sur terrain gras perd alors de sa superbe.

Grisouille et gadouille à tous les étages. A l’aise glaise !

Il n’a pas seulement le look de l’escargot mais aussi son allure . Bref il en bave ! Notre récent parcours entre Lardy et Breuillet nous a offert tous les aspects de la rando hivernale par « temps de..m.. » , un choix que tous avons pleinement assumé en bons stakhanovistes. Il a fallut attendre l’heure du pique-nique pour percevoir un rayon de soleil et une bonne dose de vin pétillant pour reprendre de l’énergie. La pause reste toujours le moment préféré du randonneur, la météo n’influençant en rien .

Quelques artistes du groupe y trouvent parfois de l’inspiration, comme notre dessinatrice Agnès qui d’un trait simple et efficace immortalisa ces moments de convivialité arrosée. Après avoir survécu à la farandole habituelle des desserts et renoncé à jamais à l’idée que la rando ferait perdre du poids, le groupe mené par Christian reprit le patinage par la plaine. Si le parcours amputé de quelques lieues , vu la cadence, ne restera pas dans les annales, il aura eu la vertu de redonner aux confipotes cette bouffée d’oxygène nécessaire pour affronter une semaine durant l’univers carcéral du domicile et l’overdose de télétravail .

S’arrêter pour admirer quelques instants le spectacle de la nature sculptée par l’hiver et l’érosion.

Téléchargez la trace de cette randonnée ICI

Blanc en neige et Bourron glacé. VIVE L’HIVER en rando !

Fin janvier, le thermomètre amorce ce jour-là un joli plongeon et flirte avec le zéro. Doudounes, polaires, gants et bonnets, les randonneurs parigots boudinés s’agglutinent sur le quai de la gare de Lyon option départs sports d’hiver pour rejoindre la forêt de Fontainebleau . Désigné guide, j’accompagne une quinzaine d’entre eux vers Bourron-Marlotte pour une randonnée de quinze kilomètres en direction de Morêt-sur-Loing.

Belle diagonale de 15 km 100% boisée au coeur de l’hiver

Le domaine au sol sablonneux reste une valeur sûre lorsque la pluie hivernale détrempe la plupart des sentiers d’Ile-de-France. Le parisien en goguette se pâme d’ordinaire au printemps devant le premier brin d’herbe sur son chemin et se réjouit d’évoluer dans cette belle nature. Cette fois, il tombe en état de grâce lorsque la vue des marres gelées s’offre à son regard ébloui par tant de merveilles . Alors il enlève ses moufles et saisit son portable afin d’immortaliser l’instant. Maryvonne, Corinne (et moi-même), probablement marquées par le dernier film La Reine des Neiges, succombent les premières face au spectacle grandiose.

Miroir, dis moi qui est la plus belle randonneuse ?!

Authentiques aventurières des chemins, elles dégainent leur appareil et enregistrent les miracles pixelisés afin de les partager avec leur fan-club de FaceBook ou Instagram. Alors que le groupe s’enfonce dans les profondeurs de cette forêt, le ciel se voile soudain . Les meilleurs météorologues d’entre nous sont formels : il va même neiger ! Chacun interroge du regard son App préférée afin d’en déterminer l’heure exacte . Insensible à leur quête scientifique, je décide de stopper à la grotte Béatrix pour organiser le pique-nique dominical. L’univers minéral bien abrité est idéal. Il est facile d’imaginer ici les hommes préhistoriques dévorant de malheureux sangliers tués à main-nue et à peine cuits avant d’honorer leurs femelles à même le roc !

Maryvonne, Reine et notre photographe des Neiges du jour .
Passage étroit à Fontainebleau in the rocks

Les randonneurs affamés par au moins une dizaine de kilomètres sur le sentier Delecourt N°11, se jettent sans retenue sur des salades de pâtes ou autres préparations peu engageantes compressées depuis la veille dans les Tupperware. Certes la fameuse gastronomie française atteint ici un degré à la limite du hors-jeu. Qu’importe ! Les bouchons des bouteilles de vin s’extirpent à grands « blop » qui résonnent dans la grotte et les conversations débridées par l’antigel divin réveille toute la faune en hibernation. La farandole des desserts tourbillonne parmi les randonneurs déjà repus. Ils se navrent dans leur Ford intérieure de leurs propres abus et se désoleront le soir venu de n’avoir pas perdu un seul gramme ! Malgré la dose de blanc servie par Patrick, notre généreux sommelier attitré, le froid saisit progressivement les convives itinérants. Incontestablement la température a encore baissé. Et là, nos prédicateurs éclairés se réjouissent : les premiers flocons voltigent dans l’air !!

La grotte Beatrix, site rêvé pour pique-nique improvisé
Et soudain le décor devint d’une blancheur virginale ! Magnifique .

En quelques minutes le sol se recouvre d’une mince couche immaculée, les épineux se transforment en sapins de Noël. Excitée par la beauté quasi virginale, Maryvonne multiplie les clichés alors que mes doigts gelés patinent grave sur l’écran de mon Iphone 6 noyé par les cristaux afin de trouver un chemin sur l’App Iphigénie. En vain. Retour à la méthode d’orientation traditionnelle des anciens marcheurs , je ressors (de mon pantalon déperlant Cimalp, 70€ en solde) la pochette A4 astucieusement fermée par un ruban adhésif qui contient les photocopies de la zone concernée de la carte au 1.25 000e. Tel le touriste perdu en ville sans GoogleMap, je décrypte dans la tempête les panneaux cloués sur les arbres à chaque carrefour. La couche de neige s’épaissit et la moindre pente réveille les souvenirs enfouis de nos dernières joyeuses descentes à skis qui remontent à l’ère glaciaire. Je dois le concéder, troublé par l’émotion j’ai à cet instant perdu la trace du GR11 qui doit nous conduire à la gare de Morêt. Sans le révéler au groupe afin de m’épargner une révolte, j’erre bien trop au sud. Puisant dans des ressources intellectuelles insoupçonnées mises à mal par la température polaire, je redresse la trajectoire pour rejoindre enfin la ville et ce une minute avant l’arrivée du TER venant de Bourgogne. Ouf ! Les randonnées hivernales deviennent un régal car elles nous offrent cette rupture providentielle avec notre quotidien douillet. Alors action !

Téléchargez la trace de cette randonnée ICI

Rando gourmande : Galettes avec L’Yvette

La Haute-Vallée de Chevreuse fascine toujours le randonneur parisien, surtout à demi-confiné et en quête d’oxygène ! Il se damnerait pour un RER dans la limite du pass Navigo et celle du nouveau couvre-feu de 18h afin de s’immerger dans la nature

Très belle balade de 19 km mais rendue très glissante par la fonte de la neige tombée la veille.

Juste la veille, l’île-de-France s’était recouverte d’une bonne couche de poudreuse en prenant des allures de décor de sports d’hiver. Hélas , le redoux de la nuit allait vite transformer les pistes noires de nos rêves en des sentiers détrempés. Le voyage aux boues de l’enfer commença à la gare de Courcelle-sur-Yvette par un large contournement sud de Saint-Rémy-lès-Chevreuses, de quoi se mettre en jambes tout en dérapage plus ou moins contrôlés sur les pentes des vallons boisés. Le dit couvre-feu impose désormais soit d’augmenter la cadence soit de raccourcir la randonnée.

Décor hivernal sur les plaines de la Haute Vallée de Chevreuse
Le Château de la Madeleine se dresse au loin sur les hauteurs de Chevreuse

On opta pour gravir la colline (155 m sans oxygène ! ) menant au château de la Madeleine avant le déjeuner. (La digestion mobilisant près de 30% de notre métabolisme délicat !) Le belvédère offre ici un magnifique panorama sur la vallée de cette belle Yvette, le petit affluent de l’Orge coule en contre-bas et dont l’enfilade de ses anciens lavoirs ravit les promeneurs du dimanche. L’édifice fortifié fut bâti au XIe siècle et régulièrement relooké au fil de l’histoire. On doit à Jean Racine les importants travaux sur le donjon dont il assura la supervision. Un sentier de balade porte aujourd’hui son nom.

La randonnée, parfois c ‘est pas du gâteau.. Vive janvier et ses galettes maison !

Calé à l’abri du dans une douve, le groupe planta un pique-nique, court copieux et bien arrosé comme il se doit. Les fées Geneviève et Marion avait remis les mains à la pâte pour nous ravir de deux galettes maisons , une gourmandise dont la dégustation devrait se poursuivre jusqu’à la fin janvier. Chic ! La seconde partie de la randonnée aurait du nous conduire par le nord jusqu’à Courcelle, la gare de départ.

Marie-Françoise et Christine , nos deux perles des tropiques du Cancer et du Capricorne
.… dont le sourire et la bonne humeur réchauffent les randos les plus glaciales !

Trop long, trop tard. Le terrain glissant et le nouveau carcan horaire du Covid nous contraignirent de couper de 3 km dans le tracé initial et de piquer plein sud vers St Rémy. Le soleil nous avait gâté toute la journée, une pluie finit signa la fin de l’embellie hivernale. On se promit de revenir sur ce bel itinéraire de 19 km au printemps.. et par temps sec !

Téléchargez la trace .gpx de cette randonnée ICI

Festoye, gouaille et rougail à Rambouille !!

Oyez randonneurs des forêts, elfes bossés de sac à dos, gnomes claudiquant des plaines aux guêtres boueuses et autres erres des obscures sous-bois et des combes profondes , la fête de la révolte a résonné ce dimanche 10 janvier de l’an 2021 dans le domaine royal de Rambouillet !!

Un parcours de randonnée de quatre lieux taillé à la serpe dans la forêt de Rambouille

C’est par un froid de gueux qu’une troupe de quinze de manants menée par la blonde Genevrière de Paris se lançait sur les sentiers givrés pour un découdre avec un cheminement d’au moins de quatre lieues . Chassée de leur confrérie Sport et Nature par Didier Panzer -le-fripon qui règne désormais d’une main de fer et sans partage sur ses ouailles dociles et résignées, la horde rebelle erra pas moins de quatre de longues heures par les allées gelées avant de poser ses ballots chargés de victuailles dans une clairière accueillante non loin des étangs de Hollande créés par Sir Louis le XIVe en vue d’alimenter ses bassins en son château de Versailles .

Marcheurs des longs chemins en route en la forêt de Rambouillet
Victuailles en nombre et gouailles joviales au menu des bannis de Sport et Nature par Panzer-le-fripon

Ribaudes et vilains, ces marcheurs renégats eurent la chance d’y trouver un longue et solide table de bois de hêtre pour y disposer leur festin du jour. Pour cette première sortie de l’an 21, la Marie-Franchoise , perle de de l’ile Bourbon de taille modeste mais d’une grande beauté , avait en ses fourneaux préparé pour tous les convives, un met fort apprécié sous les tropiques, son fameux rougail, délice carné relevé des dix épices des Indes lointaines et agrémenté d’un riz savoureux apporté pour l’occasion par dame Genevrière. Alors que le rougail se réchauffait sur une machine infernale au gaz et au raz le sol , ce bougre de Patrick, prince des tripots et autres bouges de la capitale arrosait les convives de son Porto Blanc dont les réserves en sa cave dépasserait les lois en vigueur.

Virginie d’Oroy du Fond du Parc et Marie-Franchoise réchauffent le plat de rougail sur le sol gelé

La blonde Genevrière apporta ce jour-là deux galette dans sa besace ainsi qu’un once de riz chaud.

A peine éclusé, ce breuvage portugais fit place aux vins transportés en leur besace par Christian B. amateur et connoisseur des meilleurs chais et Virginie d’Oroy du Fond du Parc, baroudeuse agile des sommets dont les exploits se content le soir à la veillée. Une fois les plats de résistance engloutis, l’on sortit bon nombre de galettes des rois à base de frangipane, le tout arrosé de cidre et autres breuvages à vocation dite digestive. Le dissident et hors-la-loi, désormais appelé Christian-des-Bois fit don à l’assemblée d’un échantillon fermenté à base de houblon et d’orge du nom de « Jack Daniel », l’eau de feu rapportée des Amériques alors que la Christine, autre princesse des chemins venue droit des Caraïbes, offrit un puissant sirop de cannes également fort relevé en arômes d’Orient.

La horde des bannis puisent l’énergie d’un géant pour vaincre un froid de gueux.

Puis lors de cette cérémonie champêtre chacun leva sa chope en l’honneur du bandit de grande randonnée afin de fêter ses récentes épousailles avec dame Corinne hélas retenue en sa demeure. Faute de sacristain, Genevrière tint un maigre cierge alors que Marie-Franchoise remit au jeune marié en cadeau bouteille de bon vin et drap en laine de Yak. L’épisode de peste Covid allant bon train sur le pays, personne ne put se laisser aller aux traditionnelles étreintes et embrassades.

La perle de l’Ile Bourbon offre les présents au jeune marié alors que Genevièvre tient la cierge de la cérémonie post-épousailles
Les reines et rois éphémères sacrés en pleine nature lors d’un banquet fort arrosé .

Après avoir fait table rase des traces de ces ripailles festives, la horde des bannis mit le cap sur le bourg du Perray pour y reprendre quelques moyens de transport rapides afin de rentrer avant le couvre-feu contrôlé de près par les gardes du seigneur Gerald D’ Armanin en son ministère.

Oyez randonneurs ouvrez grands vos écoutilles car demain vous entendrez encore dans la profondeur des forêt les chants et les rires d’une troupe en marche sous la bannière de Rando Amigo, aux couleurs de l’évasion et de la bonne humeur.

Richard , Moine-Copiste

Evasion végétale à Fontainebleau en hiver

L’année 2020 s’est terminée sur fond d’apocalypse planétaire. Certains ont survécu à la Covid-19, d’autres à l’enchaînement des gueuletons festifs. Le confinement du citadin en télétravail le pousse à dépasser le seuil des fameuses 35h et réveillent en lui des envies d’évasion au delà du béton de la ville plombée par un couvre-feu sidérant. Premier dimanche de 2021 la gare de Lyon retrouve son influence de randonneurs. Même si le thermomètre amorce une chute sévère et qu’un épais brouillard enveloppe le domaine de Fontainebleau, rien ne pourrait entraver leur pas vers cet univers végétal propre à guérir leur morosité, au moins durant quelques heures.

Très bel itinéraire de 18 km , depuis la gare de Fontainebleau-Avon – Retour à la gare de Bois-le-Roi

J’aime aussi à retrouver cette forêt cent fois parcourue dès les premiers frimas. Tout y est changé, des combes cachées hier par les feuillages se révèlent , un tapis de feuilles en décomposition brouille la trace des sentiers. Les forestiers ont toiletté les sous-bois en laissant çà et là des souches comme autant de sculptures spontanées, vestiges de tempêtes passées. La nature en sommeil accomplie en silence son oeuvre et j’imagine déjà la renaissance des fougères assoupies, l’éclosion du feuillage des chênes , des ormes, des marronniers si nombreux sur ce domaine. Au bout d’une longue allée la blancheur des bouleaux tranche soudain dans le décor. Des troncs brisés gisent sur le sol gelé en formant des lignes brisées, comme de longs pointillés. Les pins omniprésents me rappellent souvent un paysage de Provence ou des Landes. Eux seuls savent repeindre le ciel de ces taches de couleurs au milieu de bosquets dépouillés.

Sculpture végétale née du caprice des tempêtes
La table du Grand Maître, pour pique-niques confort !

Le randonneur connait bien les pièges de leurs racines . Glissantes, luisantes, elles s’échappent du sol et ruissellent sur les pentes sablonneuses entre les feuilles mortes. Veillant à ne pas m’accrocher dans leurs anses cachées, je m’arrête pour admirer leurs ramures émergeant de la terre. Quel talent ! Depuis quelques temps, les fameux rochers de Fontainebleau se recouvrent davantage d’une mousse tendre verdoyante. Peut on y voir l’influence du réchauffement climatique ? Le végétal rejoint alors le minéral des blocs. Dans les passages étroits des sentiers Denecourt-Colinet balisés de bleu, ma main caresse parfois cette peau humide du calcaire.

Les sentiers Denecourt-Colinet sont balisés de bleu. Bien balisés, ils vous feront découvrir les plus beaux décors du domaine de Fontainebleau.

De courageux grimpeurs s’installent au coin d’un méandre et posent leur tapis de mousse …synthétique. Les adeptes du bloc , varapeurs aux mains blanches relèvent les défis de la pesanteur sur une échelle de 1 à 9. Le domaine se partage et le randonneur en plein effort sur le dur circuit des 25 bosses côtoie le promeneur au ralenti ou le vttiste casqué avalant les kilomètres à toute allure. Cette immense forêt de Seine-et-Marne ne cesse depuis des générations d’émerveiller aussi les enfants. Ils viennent y vivre une journée l’aventure , le frisson de se perdre un instant entre les rochers, la joie d’atteindre un sommet et contempler en contre-bas l’ampleur de leur exploit.

Denecourt, ce pionnier de la rando au XIXe siècle, ignorait alors que ses chemins seraient le terrain de jeu d’une jeunesse turbulente alors qu’il imaginait des balades pour bourgeois ponctuées de fontaines rafraîchissantes ! Il nous a légué des itinéraires magnifiques, parfois sinueux à souhait , parfois d’une linéarité infinie ennuyeuse. jJe ne le remercierais jamais assez de m’offrir été comme hiver cette immersion végétale magique, providentielle dans cette forêt apprivoisée.. très très fréquentée !!

Départ Gare de Fontainebleau-Avon. Retour gare de Bois-le-Roi . – Téléchargez la trace de cette randonnée au format .GPX ICI