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Le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir . C'est fait ! La randonnée occupe désormais mon temps entre des missions caritatives sur Paris. Et ce blog n'a pas d'autre but que de vous faire partager cette passion ou peut être découvrir d' autres sentiers, en France ou mes expériences vers Compostelle . Bonne lecture et bonne route . Contact : richard.kirsch92@gmail.com

La Via de la Plata .. un poquito más …

Parmi les Chemins de Compostelle que j’ai eu la chance de parcourir depuis 2014 , la Via de la Plata suivie du Camino Sanabrès reste une expérience exceptionnelle. Un camino qui exige un peu plus de résistance, d’improvisation, de temps, d’équilibre face à la solitude, bref.. un poquito más .. comme disent nos voisins espagnols. Récit de cette belle balade de 44 jours sur près de 1000 km, une remontée du sud au nord de cette ancienne voie romaine, en traversant l’Andalousie, l’Extremadura, Castille y Léon puis la Galice.

Via de la Plata .. départ de nuit

Bivouaquer sur les chemins de Compostelle, entre choix et improvisation.

Alors que ces célèbres chemins sont le plus souvent parsemés de nombreux hébergements pour tous les budgets, allant de la simple auberge à l’hôtel confortable en passant par les campings , certains pèlerins choisissent de passer la nuit à la belle étoile ou planter leur tente en pleine nature. Afin de répondre à la multitude de questions que se posent les néophytes, j’aurais pu écrire un article technique. Mais entre temps, je suis tombé par hasard sur le post FaceBook de Nicolas de Rauglaudre sur ce thème. Flash back . J’ai rencontré ce garçon sur le Voie d’Arles en 2017 , quelque part en Espagne, de l’autre côté du col du Somport.

Il poussait sur des béquilles et comme moi rejoignait un gite improbable perdu dans un champs de ruines . Je l’y croisais à nouveau le soir et par la porte entre- ouverte, je vis une prothèse posée sur le sol, celle d’un unijambiste marcheur au long court tenace et patient, au mental inébranlable. Depuis cette rencontre Nicolas n’a cessé de parcourir d’autres chemins, contraint parfois de recourir au bivouac . Il nous livre ici de précieux conseils basés sur ces expériences, puis de savoureuses anecdotes histoire de convaincre les plus sceptiques que ces nuits au grand air restent des moments de vie intense !

Lors des marches sur les différents Caminos de Compostelle (soit 4200 km sur plus de 300 jours), j’ai dû dormir une vingtaine de fois dehors (étapes trop longues pour un handicapé et plaisir de dormir à la belle étoile). J’ai bivouaqué dans des forêts, dans des vignes, sous des oliviers, contre une meule de foin, sur une colline dans une prairie, dans un bosquet de bambous (extra), près d’une église (catastrophique), dans des parcs et même dans une caravane abandonnée. Cela vaut bien quelques idées (ou conseils) pour l’une ou l’un d’entre vous.

1. De préférence, NE PAS BIVOUAQUER PRÈS D’UNE HABITATION OU D’UN VILLAGE.
– Personne n’est à l’abri d’une mauvaise surprise. Pour les dames, veiller à ne pas être suivie.
– Il y a des chiens qui aboient et parfois rôdent.
– Le bruit et les lumières des voitures, voire des tracteurs qui rentrent, sont agaçants.
– Être prudent avec sa torche et s’installer quand la nuit tombe (pas trop tôt pour ne pas être repéré).
Bien sûr, on peut toujours demander à quelqu’un un lieu où dormir : il est préférable que ce soit quelqu’un de sûr. Je n’ai jamais eu de problèmes.


2. Corollaire : dormir à la belle étoile permet :
– de goûter la solitude et les merveilles de la nature.
– de s’émerveiller des levers du Soleil et dans la nuit, de contempler les étoiles et de sentir la Terre tourner sur elle-même (Oui, parce que ce n’est pas le Soleil qui tourne autour de la Terre).
– de profiter des premiers instants de marche après le lever du Soleil qui sont souvent les plus extraordinaires.
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3. Si dans la nuit, vous voyez une nymphe ou une ondine (pour les messieurs) ou un faune (pour les dames), pas de souci : vous êtes en train de dormir.
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4. ÉVITER DE DORMIR PRÈS D’UN POINT D’EAU
– Moustiques et autres petites bébètes inévitables, sans compter le concert des grenouilles.


5. MON PLUS GROS PROBLÈME et peut-être le vôtre : le FROID.
– Je ne suis jamais parvenu à vaincre ce problème. De plus, le moignon, mal vascularisé, est souvent glacial au lever.
– Démonter sa tente ou ranger ses affaires quand les mains sont gelées, ce n’est pas évident… même si la marche qui suivra réchauffe l’organisme.
– Remarque : ce n’est pas spécifique au bivouac. À Salamanca, j’étais gelé et j’ai dû acheter une doudoune. —–
6. Autre souci, l’HUMIDITÉ ou LA PLUIE (notamment en France et en Galice).
– Regarder la météo si possible avant de bivouaquer. Et s’il n’y a pas d’autres solutions :
→ monter sa tente avant la pluie.
→ S’il n’y a pas de tente, laisser tomber s’il va pleuvoir. Mieux vaut alors aller jusqu’au prochain village, s’abriter (porche d’une église ou d’une mairie) et souffrir jusqu’au lendemain…
Plusieurs fois, je me suis fait avoir par l’humidité, notamment en Galice et en Gascogne. Jamais en Andalousie. Pour sécher, c’est compliqué. En Espagne, heureusement, le coleil revient assez vite. Toutefois, la dernière fois que je suis arrivé à Santiago, mes vêtements étaient moites et n’ont séché qu’au bout de 3 jours, L’hébergement n’avait pas de chauffage…


6. MATÉRIEL
– En France, une tente. En Espagne, un sursac. J’ai rencontré une jeune femme qui dormait dans un hamac. Je n’ai jamais essayé.
– Prévoir un bon matelas gonflable et un sac de toile dans lequel on peut mettre ses vêtements pour l’oreiller.
Moi, comme oreiller, je me sers de ma prothèse que je place sous le sac.
– Bien sûr, un sac de couchage qui garde la chaleur : malheureusement, je n’en ai pas et ça coûte cher !
– NE PAS OUBLIER DE QUOI BOIRE et éventuellement de quoi manger.

7. LES ANIMAUX.
– Les gros : à titre personnel, cavalcades de chevreuils (c‘est chouette), renards, écureuils, lapins, et même une loutre une fois. Pas de sangliers. Des oiseaux (vautours, coucous, pies, outardes, hérons, cigognes…). Petits bruits très sympas la nuit : la nature est habitée. Un vrai plaisir.

– Les animaux domestiques : mieux vaut les éviter. Ai dormi une fois près d’un troupeau de moutons (Quercy). Clochettes toutes la nuit, et possibilité d’un patou (qui n’est heureusement pas venu) ! Pas près d’un âne non plus : alors là, c’est le réveil en fanfare assuré. Quant aux vaches, le danger est celui des mouches.

– Les petits : faire gaffe aux insectes. Je n’ai jamais eu de souci. Il faut toutefois veiller aux fourmis et surtout aux tiques dans les grandes herbes. Quant aux serpents et aux scorpions, ils ont plus peur que nous.
– Le CAUCHEMAR : les chiens sauvages, abandonnés et ceux qui aboient toute la nuit.


DE BONS SOUVENIRS ..DU NIRVANA AU CAUCHEMAR !
– Des chevreuils et peut-être même des cerfs ont tourné une bonne demi heure autour de moi, dans une forêt du Quercy. Les cris des chevreuils sont comme des aboiements tristes. Cela m’a impressionné longuement.
– Une fois, je m’étais installé dans un bois (en Castille). Un tracteur est passé plus bas. L’agriculteur est descendu et un autre l’a rejoint. Ils ont regardé un long moment dans ma direction. Ils m’avaient vu. J’ai pris mes affaires et ai été dormir 5 km plus loin.
– Une autre fois, alors que je dormais dans une prairie, le propriétaire du terrain m’a vu, il est venu m’apporter des sandwichs, des boissons et des gâteaux. Sympa, non ?
– Sur le Chemin Piémontais, en me réveillant un matin, tout était gelé. Mains glacées, le démontage de la tente a été très long et compliqué, En marchant quelques centaines de mètres, je me suis arrêté près d’un âne, je l’ai caressé et j’ai réchauffé les mains contre sa toison… tout en lui faisant écouter la Septième Symphonie de Beethoven.
– Après Salamanque, j’ai dormi dans un champ. Malheureusement, il y avait un chemin pas loin que je n’avais pas vu. Dans la nuit, une voiture est passée, a fixé ses feux dans ma direction et est resté un long moment ainsi. Je me suis dressé : la voiture est alors partie.
– J’ai dormi sous des oliviers en Andalousie. Nuit extraordinaire sous les étoiles, température agréable. Pas d’insectes. Le lendemain matin, j’avais des petits boutons sur le visage : j’ai songé à une plante allergène. Mais plus tard, je me suis demandé avec quels produits chimiques on arrosait les oliviers !


– Après Pampelune (Pamplona), j’ai dormi sur une pelouse près d’une église. Pas de bol : grosse lumière dans la patate, puis cloches tous les quarts d’heure et pour arroser le tout : pluie dans la nuit. J’ai dû repartir avant l’aube.
– En Gascogne ; J’ai monté une fois ma tente sous un orage ! Il est arrivé plus vite que prévu. Pas marrant pour ensuite entrer tout trempé dans la tente. Quant au lendemain, j’ai dû transporter la tente toute humide sous une météo maussade.
– Dans le Languedoc, j’ai une fois installé ma tente sous des éoliennes. Mauvaise idée : ça fait un de ces bruits !
– J’ai dormi une fois sur une plage (Hendaye) : tranquille jusque vers minuit où une bande de jeunes est arrivé. L’un d’entre eux a fait pipi à une vingtaine de mètres de moi… Mais on ne m’a pas vu.
– Dans un village, en Castille, nous étions deux. On nous a indiqué un joli parc. Malheureusement, un chien a aboyé toute la nuit…
– Sous le Pont du Diable, avant Saint-Guilhem-le-Désert, il était interdit de camper. Site extraordinaire, mais perturbé par l’idée que la Maréchaussée débarque en pleine nuit pour me virer.
BREF MIEUX VAUT DORMIR LOIN DES HABITATIONS : des bois, des coins sauvages, dans le silence et la solitude. C.Q.F.D.



BON, il ne faut pas s’arrêter sur ces mauvaises anecdotes. En réalité, dormir dehors est une expérience inoubliable, même avec une jambe amputée. À titre personnel, je m’endors très facilement, mais souvent je m’éveille dans la nuit : c’est le moment de méditer, de contempler la nuit et ses significations, de profiter de sa réserve de psaumes et de prières. Quant au matin, c’est souvent juste avant l’aurore que je me réveille.

Texte et photos Nicolas de Rauglautre

www.nicolasderauglaudre.net

Idée rando Gâtinais – 17 km entre Lardy et Etrechy, de gare à gare.

Les PNR d’Ile-de-France
En pleine campagne à une heure de Paris !

Voici une randonnée facile qui vous fera découvrir un visage verdoyant de l’Essonne, notamment le PNR du Gâtinais français (Parc Naturel Régional) . Situées sur la ligne RER C de Saint -Martin d’Etampes, les gares de Lardy et d’Etrechy constituent deux étapes idéales pour tracer cette randonnée de 17 km environ autour d’Auvers-Saint-Georges . Le parcours proposé ne présente pas de difficultés en terme de dénivelé et offre aux marcheurs de tous niveaux l’occasion de découvrir les différentes facettes de ce département, entre petits bois et grandes plaines agricoles. Ce parcours passe par de charmants villages, comme Jonville-sur-Juine, souvent bien restaurés, avec leur belle église et souvent un lavoir. Ces bourgs relativement préservés dans le PNR sont devenus les lieux de villégiature privilégiés ou de résidences secondaires, d’une population francilienne en quête d’espace et ce à une heure de la capitale par le train !

Téléchargez la trace de cette randonnée au format .gpx ICI

Un département au patrimoine naturel et culturel très riche.

Idée rando 77 : la boucle des villages de la Brie au sud de Provins. (20 km)

Parmi les nombreux itinéraires de la Seine-et-Marne, je vous propose cette semaine une boucle de 20 km au départ de la gare de Longueville ( Ligne de Provins depuis la gare de l’Est) . Malgré les apparences cet itinéraires comporte quelques bons dénivelés mais reste très facile sur son ensemble . Il alterne les passages en sous-bois et en plaine . Tout son charme réside dans la traversée des villages de la Brie, de petits bourgs où siège des églises de styles roman . Je vous conseillerais cependant d’effectuer cette randonnée de préférence par temps sec et au printemps car le chemin est parfois boueux et à découvert. Le balisage n’est pas toujours évident à suivre car les tronçons s’alternent aussi en PR (jaune) PR local (bleu ou vert et jaune) et le GR11 habituel en blanc et jaune. Bonne balade !

Téléchargez la trace de cette randonnée au format. GPX ICI

Création d’artistes locaux mode récup !
le viaduc SNCF de Longueville
Prudence encore dans les zones de chasse. Un accident mortel a eu lieu à Aurillac sur un chemin balisé ce we là
Le bistrot-épicerie du village , un vrai patrimoine à conserver .

Idée rando : Les Vaux de Cernay, 24 km sur un concentré de nature

Il existe en Ile-de-France des coulées boisées qui échappent encore à l’urbanisation galopante et rassemblent sur quelques hectares une richesse naturelle préservée . Les Vaux de Cernay en sont le symbole même.

Pour y accéder, il suffit de vous rendre à la gare du Perray-en-Yvelines, sur la ligne L qui mène à Rambouillet. L’itinéraire proposé, une large boucle de 24 km, vous fera randonner de chaque côté du Ru de Cernay, ou alternent les petits sentiers tortueux et les grandes allées qu’empruntaient jadis les carrosses de la noblesse. La fameuse abbaye n’est qu’à deux pas mais son parc est hélas en accès privé.

L’hiver révèle toute la majesté des chênes dépouillés.

Ces hauteurs mêmes modestes sont un formidable terrain de jeux pour ceux qui souhaitent en découdre avec les dénivelés qu’ils auront tracés sur le papier . Si vous êtes plus contemplatif, laissez-vous guider et admirez la beauté des chênes parfois centenaires qui étendent leur ramure dépouillée et majestueuse vers les quatre horizons en hiver. Près de 10.000 nouveaux arbres seront d’ailleurs replantés ici .

Quelques jolies buttes pour vous mettre en jambes !

Des bosquets de bouleaux se mêlent parfois au décor alors que des troncs , vestiges des tempêtes passées, tapissent le sol de leur mousse verte éclatante. En contre-bas, la mince rivière se fraie un destin vers l’étang de Cernay et laisse ici et là des marécages aux rives couvertes de jongs. A mi-parcours, ne manquez pas de rejoindre les rochers pour un pique-nique panoramique . La forêt de Rambouillet s’étend devant vous , plein sud , à l’infini .

Pique-nique raclette avec Amigo Rando

« J’ai choisi de parcourir le Chemin Stevenson en plein hiver, comme un défi « 

François Le Rouzic, étudiant en physique, pur breton de 25 ans, taillé dans le granit assurément traité 100% inox, s’est lancé celui de parcourir le Chemin de Stevenson en plein hiver et sous la neige, en autonomie totale avec un sac de 24 kg ! Il revient sur cette rando de givré hors normes aux parfums d’aventure

 FLR . J’aime bien me lancer des défis et me dépasser, je suis sportif, je cours beaucoup donc je n’ai pas eu besoin d’une préparation physique particulière. Je me suis renseigné sur la météo en hiver en Lozère et dans les Cévennes et j’ai préparé mes affaires avec l’équipement adéquat pour ne prendre aucun risque. Je n’avais pas fait de chemin de grande randonnée avant celui de Stevenson, seulement des marches d’une semaine quand j’étais gamin.

Camping sauvage sur une aire de pique-nique au parc d’éoliennes de Chasseradès

Je cherchais un chemin sur lequel marcher entre une et deux semaines. Je me suis renseigné sur la grande traversée du Jura, le GR 509, mais il s’avéra un peu trop long pour le parcourir en une dizaine de jours. J’ai regardé alors vers le Tour du Mont Blanc mais le chemin est trop dangereux en hiver. J’ai donc choisi le chemin de Stevenson, l’itinéraire mythique de moyenne montagne et pas trop escarpé. Je limitais donc les risques en cette saison. J’étais parti avec l’idée de m’arrêter là où je trouverais un endroit où planter ma tente le soir, pas loin d’une ville ou d’un village dans l’idéal, ne sachant pas vraiment quelle distance je pouvais parcourir en une journée en fonction du terrain, de la météo, de la quantité de neige et surtout du poids de mon sac ».  Celui-ci était de 24kg au départ dont environ 10kg de nourriture (Lyophilisé, barre de céréales, saucisson, fruit sec..).  Il ne pesait plus que  15/16kg à l’arrivée !  

la route du Mont Lozère lors de la descente vers Finiels
Saint-four du Mercoire dans son écrin immaculé .. un grand moment de solitude aussi .
La montée du Pont de Monvert..parfois de la neige jusqu’aux genoux

En liberté totale , avec une bonne dose d’impro, je voulais tester l’autonomie complète et savoir si c’était réalisable. (je n’ai pas dit raisonnable ! ). Aujourd’hui je pense que le plus efficace serait sans doute de partir avec 5/6 jours d’autonomie et de me ravitailler en cours de route. J’avais emporté probablement un peu plus que le strict nécessaire pour être sûr de ne manquer de rien. Si je repars dans une aventure similaire, je sais mieux désormais à quoi m’attendre et comment réduire cette charge excessive. Côté mental, à aucun moment je ne me suis senti en danger ou découragé. J’ai quand même passé deux nuits à l’hôtel pour que le chemin reste un plaisir et pas uniquement un défi physique. Je n’ai pas vraiment eu de moment de doute, même dans les phases difficiles.

La montée du Mont Lozère depuis le Bleymard sous le regard (bovin !) d’un admirateur de poids !

Notamment à partir du 5ème jour, l’humidité ambiante commençait à être un peu gênante mais je m’y attendais. Sinon, la montée vers le col du Bougès a été un peu longue à cause de la quantité de neige sur le chemin. Par endroit je m’y enfonçais jusqu’aux genoux !  Au sommet, il y avait beaucoup de vent, la progression devint difficile . J’ai même dû m’abriter derrière un local électrique au sommet pour me restaurer à l’abri des rafales de vent. Je voulais arriver à Florac le soir, c’était une longue étape de 34km et  je suis arrivé de nuit !

«  A aucun moment je ne me suis senti en danger ou découragé « 


Le mental fut bon tout du long, j’avançais à mon rythme et je n’ai manqué de rien. Chaque jour je me rapprochais de mon but avec un sac de moins en moins lourd et moins de neige sur les dernières étapes. La solitude ne m’a pas dérangé, au contraire, ce moment hors de la « civilisation » m’a fait du bien. Je n’en étais pas complètement déconnecté pour autant, j’avais mon portable afin de  pouvoir donner de mes nouvelles de temps en temps. J’ai quand même apprécié les échanges que j’ai pu avoir avec les gens que j’ai croisés.

Le Pont Monvert m’attendait pour enfin une nuit au sec

Bilan : En hiver tout est calme, c’est un euphémisme ! J’ai marché des jours sans jamais croiser quelqu’un sur les chemins. J’observais simplement  ici et là quelques traces d’animaux dans la neige. Pour une telle balade hivernale, il ne faut pas avoir peur de se retrouver seul avec soi-même.  Pour ceux qui voudraient tenter cette expérience , il faut vraiment un équipement adapté. Veillez notamment à choisir plutôt une tente double-paroies qui supportera mieux le poids de la neige, un bon duvet et un bon tapis de sol sur un terrain humide et glacé. Il faut également prendre le soin de manger chaud au moins une fois par jour. N’hésitez pas à faire un détour si nécessaire pour éviter de vous retrouver dans des situations cocasses voire galère . La météo est parfois capricieuse mais la beauté de ces paysages enneigés, presque insolites récompensera tous vos efforts . Courage !

Texte et photos de François Le Rouzic

Le matériel de François :
Sac (Forclaz MT900 Symbium 70+10L ) : 24 kg au départ !
2 tapis de sol. Un en mousse (Rvalue ~2) et un matelas gonflable (Forclaz MT500 Air) (Rvalue ~1,5)
Duvet (Valandré Bloody Mary T°Confort ~5,4°C)et une polaire fine en habits de rechange
Drap en soie – Un sursac (Millet Bivy bag)
Tente (Forclaz MT 900 ultralight)
Petit rechaud, une bombonne de gaz, popote (Forclaz MT500)
Doudoune chaude au cas ou (Simond makalu)
Une paire de gants – couverture de survie
Petite pelle et paire de crampons
Petit kit de survie (Un briquet, des mèches allume feux, une boussole, des piles de rechange, un filtre à eau, du scotch américain, un morceau de corde)
Trousse de toilette avec pansements, compresses, bandages, de l’antiseptique.
Veste imperméable (Quechua MH900)
Une paire de lunette – Des bâtons (Forclaz MT500)
Un parapluie – une lampe frontale (Petzl Actik Core)
Un couteau – Une batterie externe
Une poche à eau dans le sachant (3L)
2 petites gourdes dans les poches extérieures. (2x500ml)
Une carte du chemin de Stevenson

Nourriture
Barres de céréales protéïnées, gateaux sec, fruits sec, saucisson, lait concentré, café en poudre, plats lyophilisés pour le matin et le soir dans un sac étanche, eau.


Vêtements
Des guêtres
Pantalon chaud déperlant (Quechua SH500 X-WARM)
Doudoune légère (Forclaz MT100)
Veste Softshell (Forclaz MT500 Windwarm)
T-shirt manche longues en laine mérinos
une paire de chaussette en laine mérinos
Chaussure de marche mi-haute (Salomon X Ultra 3 MID gtx)
Un bonnet – une paire de gants – une paire de sous gants en laine mérinos

Black river, tu me sool ..!

I see a red door and i want it paint in black …Alors autant le faire lorsque la lumière abandonne le photographe ! Les Stones n’ont pas d’égaux pour partager les émotions du Blues, une musique qui nous transperce l’âme durant ces randonnées où le soleil répond aux abonnés absents. So, we walked down the river aurait aussi clamé the Mallet Brother Band ce dimanche de janvier depuis la gare de Vulaines-Samoreau jusqu’à celle de Melun.

Un long flirt avec la forêt de Fontainebleau sur le TMF
Samois d’île en île.

Ce parcours de …21 , 22, 24 km , qui sait , suit les méandres de la Seine, flirte avec la forêt de Fontainebleau dont le balisage blanc et vert du TMF (GR du tour du Massif) se mêle au rouge du GR2 . Blues universel et intemporel , ou la sodade de Cesaria Evora, une musique triste berce parfois nos pas trop lourds. Mais à Samois, je croise Django Reinhard, le manouche qui a vécu et s’est éteint ici en léguant au jazz des morceaux éternels dont la vitalité me redonne de l’entrain. Et puis il y a la Seine qui s’en moque. L’eau qui coule sous ses ponts traverse le temps sans état d’âme. Quoi que..Elle sort parfois de son lit pour rappeler aux hommes leur vulnérabilité. Là, elle me nargue, mais je la prends de haut à Fontaine-le-Port sur l’étroit sentier planté les coteaux .

Les escaliers de Samois
Joues encore pour moi Django ….
Galette des rois..tardive mais divine !

Moins d’une heure auparavant, le groupe y avait improvisé son pique-nique de la pause sur la rive, à bonne distance de la route et la ligne SNCF de Montargis. A la fin du repas dominical, Geneviève avait extirpé un Tupperware taille soucoupe volante de son sac à dos pour nous révéler une galette des Rois, une création tardive mais divine des fêtes de fin d’année. Anne-Marie l’arrosa de cidre et puis nous reprîmes la route, cette fois sans déprime. Les kilomètres défilaient puis s’éternisaient en passant d’une rive à l’autre, Melun semblait à des lieues.

Et contre les randonneurs ?!
les Affolantes des bords de Seine, délires architecturaux du XIXe

C’est à l’arrivée que les Stones revinrent soudain se manifester à mon esprit vagabond avec un autre air : leaving the station, l’histoire d’un type qui voit son amour brisé partir avec sa valise et le train s’éloigner. Les gares sont toujours pleines d’histoires, celle de Melun marqua juste l’heure bénie du retour vers la gare de Lyon, puis la gare St Lazare et enfin la gare des Vallées à La Garenne ! Randonneur francilien du dimanche soir , poor lonesome trekker du réseau !!

Richard Kirsch

GR75 tour de Paris – part.3 serres d’ Auteuil – Pte de la Villette 18 km

Un tour de Paris à pied de 50 km en 3 étapes

Cette troisième et dernière portion du GR75, le tour de Paris à pied, repart donc des serres d’Auteuil. Ce site historique, voisin des courts de Roland Garros, doit absolument faire l’objet d’une visite à part entière car il abrite de formidables collections. La traversée du Bois de Boulogne m’est familière car j’en connais tous les sentiers. Cependant j’aime m’y balader pour son atmosphère hivernale et surtout sa tranquillité . Le GR75 en sort à la Porte Maillot et il est très bien balisé jusqu’à la Porte de la Villette, son point de départ. La promenade Bernard Lafay qui mène à la Porte d’Asnières fut une autre surprise. Imaginez une suite de squares qui s’enchaînent en bord du périphérique Ouest, serpente entre les immeubles , bref une bordure de verdure tout à fait improbable à cet endroit !

GR75 Partie Sud-ouest
GR75 Partie Nord

Le quartier des Batignolles m’a également étonné car j’avais totalement ignoré sa mutation depuis ces dernières années. Ministère de la Justice, Maison des Avocats, parc Martin-Luther King, passerelle Marcelle-Henry, ce quartier de Paris a fait un bon dans le XXIe siècle en héritant d’une véritable audace architecturale. J’avoue que les derniers kilomètres depuis la Porte de Clichy ne sont pas les plus passionnants, à part le mail Bréchet et la Forêt linaire qui apportent une touche naturelle dans ce nord parisien lui aussi en pleine mutation. C’est ici en effet que va grandir le campus Condorcet et ses milliers d’étudiants. Le quartier de la Chapelle International à proximité, vaste projet immobilier implanté sur 7 ha cédés par la SNCF, est presque terminé. Toutefois il souffre encore de son image pour attirer parait-il suffisamment entreprises.

Ce GR75 se termine donc par un retour à la Cité des Sciences. J’ai donc mis trois jours pour le parcourir les 50 km annoncés en prenant mon temps. Je vous conseillerais de le faire au printemps pour profiter des jardins en fleurs.

GR75 Etape 1 Villette-Bibliothèque Nationale F.Mitterand
GR75 Etape 2 Bibliothèque F.Mitterand – Serres d’Auteuil

Conclusion. Ce parcours péri-urbain vous donnera une autre approche de la Capitale, loin de certains clichés touristiques. Des fortifs au périph’, en passant par le déroulement du tramway des boulevards des Maréchaux et l’ aménagement progressif de la petite ceinture ferroviaire, depuis le XIXe siècle les frontières de Paris ne cessent de se transformer pour faciliter son accès, loger sa population, moderniser ses transports, offrir à ses habitants des ilots de verdure , accueillir dans ses moindres espaces libres des équipements sportifs.

GR75 Etape 3 – Serre d’Auteuil – Cité des Sciences et de l’industrie (Porte de la Villette

La prolongation des lignes de métro, l’implantation de lignes de tramway circulaires dans la cadre du Grand Paris Express lui donnent un autre visage. En tant que parisien, j’ai pris beaucoup d’intérêt à en découvrir des rues, des monuments jusqu’à présent complètement inconnus.

GR75 – Tour de Paris Part. 2 Bibliothèque Nationale- Serres d’Auteuil . 17 km

Ce deuxième tronçon de mon tour de Paris par le GR75 reprend donc à la Bibliothèque Nationale François Mitterand. Guide de la FFRP en main , App iphigénie calée sur l’Iphone, je quitte le quartier vers 10 h du matin sous un vent glacial et un soleil d’hiver rasant . Cette partie sud de Paris est tout aussi intéressante, avec l’alternance de zones ultra urbaines comme le parvis des Olympiades , fief d’origine de la communauté asiatique et des parties plus aérées.

Départ de la Bibliothèque François Mitterand
Arrivée aux Serres d’Auteuil

Le GR75 se fraie un chemin entre les tours de la dalle et les petits centres commerciaux du quartier. Force est de constater que la ville de Paris aménage depuis plusieurs décennies le moindre espace vert pour installer des aires de jeux dans ces nids de béton . Il faut franchir l’avenue d’Italie pour retrouver un peu d’air, vers le Stade Charlety. Le Tramway T4 et son tapis de gazon vert ont éclairé le décor de ce boulevard autrefois si triste. Indubitablement les baliseurs du GR75 ont d’ailleurs fait leur possible pour oxygéner le marcheur car l’itinéraire passe par un nombre important des squares de cette périphérie et dorénavant par la petite ceinture, une vraie voie réservée aux piétons, joggers ..et randonneurs. En effet, alors que les Parisiens avaient l’habitude de se mettre en orbite au volant autour de la capitale sur le Périph ou les boulevards de Maréchaux , on leur offre aujourd’hui de superbes balades sur les divers tronçons aménagés de cette ancienne voie ferrée . A ce sujet, je ne saurais trop vous conseiller de découvrir la passionnante histoire de cette épopée sur le site officiel La Petite Ceinture .

La Petite Ceinture ferroviaire de Paris au XIXe siècle
Les tronçons ouverts aux piétons et ceux en travaux

Ces immersions sur de tels axes sont assez surprenantes. Vous tournicotez par des rues et placettes au gré du GR puis vous virez soudain pour emprunter les escaliers aménagés ou prendre un ascenseur et vous retrouver vingt à trente mètres plus bas dans une coulée rectiligne qui se déroule sur parfois un kilomètre ! Avec une question :  » comment je la quitte!? ». Mon autre véritable surprise fut la traversée de la Cité Universitaire ( j’ignorais même que l’on puisse la faire !) . Ce parcours verdoyant me mène ainsi au Cimetière de Montrouge bordées de cités de brique et enfin au Parc André Citroën. Deux énormes serres , un ballon géant sur une pelouse menant vers la Seine, une arcade de RER C en toile de fond, l’endroit est plutôt agréable, des parterres de jets d’eau font le bonheur des jeunes parisiens les jours de canicule.

On y trouve également une des six fontaines naturelles puisant l’eau pure dans la nappe phréatique de la ville. Les habitants du quartier y font le plein régulièrement. Après avoir enjambé la Seine au Pont de Garigliano , je tombe quai Louis Blériot sur le mur magnifique de pelote basque de Paris, quelques buvettes et de petits centres sportifs improbables . Décidément pas un mètre carré de libre dans cette métropole de 2.5 millions d’âmes intra-muros ! L’arrivée à la gigantesque Porte de St Cloud est plutôt déroutante. Le GR75 y a pourtant trouvé deux squares en enfilade coincés entre cette place en étoile et le périph à demi-souterrain. Plus loin , le Parc des Princes semble avoir atterri sur l’artère bruyante puis le rutilant centre Molitor . (Adhésion à 3000 € l’année sur parrainage et à 150€ la journée de piscine !) Il est très très loin le temps ou j’allais dragué sur la patinoire ! Après 16 ou 17 km, je quitte le GR75 pour rejoindre le métro Michel-Ange-Molitor dans le très chic XVIe arrondissement . Prochaine étape et dernière étape : des serres d’Auteuil jusqu’à la porte de la Villette .

GR75 – Tour de Paris Part. 1 Cité des Sciences -Bibliothèque Nationale 14 km

Pourquoi tout randonneur parigot doit-il mettre un jour cette balade à son programme ? Parce qu’il connaît peu , mal ou carrément pas la capitale où il habite !! D’abord parcourir le GR75 Est un formidable jeu de piste de 50 km donc un excellent et amusant exercice pour apprendre à suivre un GR et s’orienter . Et celui-ci n’est pas des plus faciles car les fameuses marques blanches et rouge se perdent dans le mobilier urbain ou sont souvent recouverts de stickers ou de pubs en tous genres !

Topoguide FFRP GR75 – 50 km de balade à pied aux frontières de Paris
Partie 1 – Cité des Sciences Porte de la Villette – Grande Bibliothèque 14 km

Mais rien d’insurmontable, il suffit en premier lieu d’investir 4,90 € dans le TopoGuide de la FFRP et utiliser par exemple Iphigénie en App de randonnée. Le TopoGuide propose ce grand tour au départ de la Porte de la Villette, à la Cité des Sciences . Et je vous conseille de le suivre très attentivement. Il comporte une foule d’infos historiques passionnantes. Voici dont la partie 1 de mon tour, soit 14 km parcourus jusqu’à la Bibliothèque Nationale en face de Bercy .

J’y ai découvert des églises, des squares et des panoramas tout à fait inconnus. Prenez cette balade comme une petite exploration urbaine où il est agréable de pique-niquer dans un quartier nouveau , de profiter des bistrots et boulangeries omniprésents sur cet itinéraire . OUI ! on se perd parfois et l’on improvise un nouvel itinéraire sur l’App Gps . A noter au passage que le GR ou PR (s) affichés ne suivent pas toujours le balisage du terrain à cause des mises à jours. Rien de grave et puis il existe toujours une station de métro ou un tram pour improviser son retour . Bonne balade et à bientôt pour partager vos impressions sur ce blog.