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Retour vers une valeur sûre en hiver : la forêt de Fontainebleau. La belle s’est mise en pause et se planque dans la brume épaisse , la température descend vers les 5°c . Du coup la fréquentation subit elle aussi une chute, une véritable aubaine pour aller se balader tranquilles sur les fameux sentiers Denecourt , habituellement très fréquentés les fins de semaine. Ce sont pour ma part, et de loin, les passages les plus intéressants de ce vaste domaine. Ces dédales de blocs perdus dans les fougères et les pins constituent un formidable terrain d’exploration et de jeu.
L’ itinéraire proposé de 24 km débute à la gare par un tour du propriétaire, à savoir le château et ses bassins , puis s’enfonce plein ouest dans la forêt. Le randonneur enchaîne des séries de bosses et suit des lignes de crètes répartis sur deux petits massifs dont les Rochers du Long Boyau et les Rochers des Gorges du Houx.
Malgré les apparences , le dénivelé positif total ne dépasse pas les 185 mètres. Attention, quelques PR s’entrecroisent ici et il est conseillé de rester vigilants pour suivre cet itinéraire que vous aurez pris soin de tracer auparavant chez vous en numérique et puis de le charger sur une App de votre smarphone comme Iphigénie, VisoRando ou Openrunner. Rappelez vous que ces sentiers historiques se distinguent aujourd’hui par un balisage bleu caractéristique. De petits panneaux informent même les parents des difficultés ou dangers pour les jeunes enfants.
Il existe 250 km de sentiers Denecourt à Fontainebleau , ils sont numérotés et bien documentés dans la plupart des guides de randonnée. Cette boucle vous ramènera à la gare de Fontainebleau-Avon par les très très longues allées du château.
Vaste et verte Seine-et-Marne ! Le département francilien encercle la capitale par l’est et le sud, ses deux fleuves s’y rejoignent en banlieue, y serpentent comme ils peuvent entre plaines agricoles, bois et cités. On en oublierait presque que la Seine s’enfle très en amont d’une autre jolie rivière. En effet le Loing n’est pas loin pour le randonneur parisien en quête de balades ! Et les gares au sud du 77 ne manquent pas pour planter le point de départ d’un long périple hivernal au cœur de la forêt de Fontainebleau. C’est de Thomery que je m’y engage avec quelques marcheurs de l’association Sport et Nature. Ce parcours tracé par Christian nous conduit d’abord sur les rochers des sentiers Denecourt-Colinet, Une douzaine d’itinéraires historiques balisés de bleu. Les flaques de pluie des jours précédents se sont éclipsées comme par magie car les chemins sablonneux restent à Fontainebleau toujours praticables. La nature endormie affiche ses allures hivernales.
Un beau parcours de 22 km qui passent par deux sentiers Denecourt.
Des plaques de neige résistent ici et là. Le dernier coup de vent a eu raison des arbres les plus vulnérables. Les forestiers ayant commencé le grand toilettage, de nombreuses piles de bois bordent les allées dont les abords portent encore la trace du labourage nocturne des sangliers. Randonner à Fontainebleau n’est pas compliqué mais demande de la vigilance tant le réseau de sentiers est dense. Sur les centaines de carrefour en étoile, ils partent vers tous les horizons plongeant parfois le randonneur dans le doute et la perplexité. Chacun a sa technique ; carte en main, les vieux routards se repèrent même avec les numéros de parcelles et à la boussole. Les geeks connectés se fient aux outils numériques. Les routes, les mares, les vallons, les buttes, les sommets portent ici des noms chargés d’histoire.
Du haut de ces rochers humides 20 000 lieues sous les mers vous contemplent !
Ils nous entraînent parfois dans le faste des chasses royales, un peu plus loin dans l’angoisse d’un coupe-gorge ou encore vers des lieux pleins de poésie. Les GR11, GR1 et les PR s’y croisent, se recroisent dans cette forêt à la fois domaniale et privée de 25 000 ha, terre recouverte par la mer il y a 35 millions d’années ! Notre parcours décrit une large boucle afin d’assurer les 22 km annoncés au programme, la bonne mesure du randonneur qui lui permet ensuite de dormir saoulé de grand air. Par chance, aujourd’hui, la fenêtre météo permet au groupe de pique-niquer en plein soleil sur le belvédère situé au bout de la Route de l’Inspecteur Général. La forêt s’étend devant nous à perte de vue, un large panorama où les pins toujours verts se mêlent aux chênes, hêtres, saules, bouleaux et tilleuls dépouillés. La seconde partie de la randonnée nous ramène vers un autre chemin Denecourt, une longue route de crêtes qui contourne des combes profondes et des pierriers. Le sentier tortueux sollicite les muscles refroidis par le déjeuner ; le dénivelé cumulé positif atteindra sans doute 600 m ce jour-là. Le retour vers Paris est prévu de la gare de Moret-Veneux-les-Sablons. Sur cette ligne R, les trains se font rares les dimanches d’hiver. Une pause de trop, un pique-nique qui s’attarde et on regarde son train partir en arrivant à la gare… et on reste planté sur un quai ou dans une salle d’attente faute de trouver un bistrot ouvert ! Cette randonnée « bosselée » très agréable demandera un peu de persévérance aux moins entraînés, et à tous de bien calculer son horaire de retour pour Paris. Profitez pleinement de cette période « creuse » hivernale à Fontainebleau. Dès les beaux jours, les célèbres rochers retrouveront leur affluence. Près de 2 millions de personnes fréquentent les lieux chaque année !