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Mon chemin de Stevenson ? 100% COVID.. 50% bide !

Faute d’avoir sous évaluer l’effet Covid sur l’hébergement, sous évaluer le nombre de randonneurs encore sur Stevenson en septembre , faute d’avoir emporter ne serait-ce qu’une tente et un tapis de sol, je renonçais ainsi à finir ce chemin. Quel âne  aurait dit Robert Louis !

Cela devait bien arriver un jour. Combien de fois me suis-je demandé lors de mes longues randonnées quand sonnerait la fin de l’aventure sur une blessure ou en tombant malade ? En parfait hypocondriaque, réponse : presque tous les jours ! En me lançant sur le Chemin de Stevenson début septembre, j’étais loin d’imaginer ce scénario. Tout avait parfaitement commencé au départ TGV du Paris Gare de Lyon en direction du Puy-en Velay .. ou presque . Car à la correspondance de Saint-Etienne, le TER a pris d’emblée une  première heure de retard à cause d’un passage à niveau brisé, puis encore une demi-heure. Heureusement les hôtes du Grand Séminaire du Puy en Velay  avaient mis la soupe au chaud en attendant les naufragés. Le bâtiment a été totalement rénové et la propreté compense la relative austérité  du lieu. 

Le grand Séminaire au Puy en Velay

Ex-chambre de moine

Après une nuit sereine en ex-chambre de moine, je me lançais gonflé à bloc vers le Monastier et me voyais déjà arrivant triomphant aux arènes de Nîmes, tel César en ayant vaincu les 260 km. Malgré les dires des forums, ces premières étapes de ce chemin de Stevenson sont plutôt dures pour les muscles encore froids et martyrisés par la dizaine de kilos habituels du randonneur itinérant. Le Velay n’est en effet qu’une succession de bosses et des sentiers du GR70 se dressent comme des murs de pierres qui viennent briser net votre bel élan. Tels sont les débuts de chemin, entre bonheur et douleur.  Aux premiers diners changement de sujet, les échos de surpeuplement se font déjà entendre.

Par prudence, je forçais les réservations sur une période de cinq jours, ce qui fut tout à fait inhabituel pour ma part, notamment durant mes cinq chemins de Compostelle. Dès les premiers coups de fil à tous les gites mentionnés dans le Guide Miam Miam Dodo, je sentais l’affaire se corser et je montais d’ores et déjà en gamme pour trouver un hébergement. Mais à ce moment j’ignorais encore les causes de cette pénurie. J’étais même résolu à exploser le budget . Le tarif d’une nuitée en demi-pension avec le petit dej dépassa largement  les 60 € notamment en hôtel. Et puis , voyager en solo revient sans aucun doute le plus cher.

D’autre part, je commençais à comprendre ainsi pourquoi le camping occupait une place importante sur les forums. En fait la raison de cette pénurie relevait du simple bon sens et d’un minimum d’information.  Enfantin, le Covid et la distanciation physique imposaient aux hébergeurs de réduire de plus de 50% leur capacité d’accueil . Environ 90% des établissements était ouverts mais un dortoir de 5 places n’accueillait plus qu’un seul ou deux randonneurs. La plupart d’entre eux avaient réservé un ou deux mois à l’avance !

Game over !!

Je cheminais malgré tout  quelques jours avec l’espoir d’un désistement ici et là et faisais chauffer l’IPhone en rappelant les hébergeurs. Velay, Gévaudan, la région est un pur régal sur ce parcours entre 900 et 1300 m d’altitude. J’étais presque bien en jambes lorsque l’étape vers Pont-Monvert doucha mon optimisme. Afin d’optimiser mes recherches durant ma marche, j’avais même mis mon amie au standard. Son bilan des appels durant toute une matinée fut catégorique : plus aucune place en gite, en hôtel et ce jusqu’à Alès.

En désespoir de cause, je me retournais vers la mairie, les offices de tourisme sans plus de résultats. J’étudiais la possibilité de sauter une ou deux étapes en comptant sur un miraculeux désistement en étudiant les transports publics et les services de La Malle Postale. Je regardais aussi les possibilités de bifurquer que le Chemin voisin de la Régordane.

Lors de l’étape qui sera la dernière, je passais à la Bastide Saint Laurent, l’une des rares gares qui dessert Alès et Nîmes. Dépité , je jetais l’éponge et pris un billet pour Nîmes et Toulouse.

Mon lit à l’Auberge de la Mère Cadenette
Ma cabane de nain de jardin !

Mais je reviendrais car les Cévennes et ce GR70 recèlent de vrais trésors . Passer une nuit à l’Auberge de la Mère Cadenette , partir tôt le matin avec ces volées d’oiseaux au milieu des collines reste de grands moment. Attention, selon la saison, et dans les conditions sanitaires actuelles, veillez à bien préparer votre Chemin de Stevenson. De nombreux cafés ont fermé, il manque de points d’eau, partez à deux pour réduire les frais. Allez, foncez et déguster sans modération le décor que vous offrent les gorges de l’Allier et de la Loire . A très bientôt pour partager la fin de périple !

Pèlerinage initiatique vers Compostelle, entre bonheur et douleur

Kirschos Goes to Compostelle saison 1

9 avril – 14 mai 2014. De Saint-Jean-Pied -de -Port à St Jacques de Compostelle , sur le Camino de Francès – 800 km

Lors de multiples sorties effectuées dans divers clubs de rando, en Indre et Loire ou à Paris, j’avais eu l’occasion de débattre avec mes collègues de l’intérêt ou non de parcourir les chemins de Compostelle. Ces itinéraires mythiques ne présentent plus aucun secret pour le randonneur aguerri tant la littérature, les forums, les derniers films et les livres en font écho. Les partisans invoqueront les bienfaits d’un voyage intérieur en rupture totale avec le quotidien ou encore le potentiel culturel et humain du parcours. Leurs adversaires les plus virulents évoqueront la douleur, de l’ennui de parcourir souvent des kilomètres d’asphalte sous le cagnard ou la pluie, la surpopulation de pèlerins , le business, les distributeurs de canettes en rase campagne ou que sais-je encore, le risque croissant de rapporter des punaises de lit !

Après une première analyse du projet, j’avoue que mon cœur penchait plutôt du côté des sceptiques ou des adversaires. Tout aurait pu en rester là si un jour Françoise, encore mon épouse à l’époque, ne n’avait pas offert le bouquin de Jean-Christophe Rufin « Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi »

L’Académicien, auteur entre autres du fameux livre « Rouge Brésil », y raconte son périple improvisé sur le Camino Del Norte, le chemin de Compostelle qui suit la côte nord espagnole depuis Irun, alors qu’il avait planifier à l’origine de traverser les Pyrénées d’Ouest en Est. La météo en décida autrement. Ce récit m’a tout de suite emballé et donné l’envie immédiate de tenter cette aventure en solo. Je choisissais de partir seul pour des raisons d’ordre privé, je ne voyais dans mon entourage personne suffisamment complice, disponible et en forme à qui proposer une telle marche.

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