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Petit guide pour réussir sa premiere grande itinérance

 Adios les balades du dimanche, bye la sortie dominicale avec le club de rando , c’est décidé, vous allez effectuer votre première grande randonnée en itinérance !  Vous  comptez marcher durant plusieurs jours et surtout organiser votre propre voyage.  Des idées de parcours se bousculent dans votre cerveau et mille interrogations aussi . Comment m’équiper ?  Aurais-je la force d’y parvenir ? Où dormir ? Et avec mon chien ? Seul ou à deux ?  pour quel budget ?  etc.. etc.. Rassurez-vous nous avons tous vécu cette vague d’angoisse mêlée d’excitation et  ponctuée de doutes .

La marche à pied et sa lenteur , un véritable luxe dans la frénésie du monde actuel . Offrez-vous en itinérance une vraie  rupture avec le quotidien.

A part le bateau, je ne connais pas de forme de voyage aussi lente que la marche ! A l’heure de l’avion, du TGV ou de la voiture imaginez, une semaine pour parcourir de 100 à 150 km ! L’itinérance en randonnée est l’occasion de découvrir chaque jour un autre décors , de multiplier pour certains les rencontres, bref elle serait la dernière aventure. Vrai .. presque et à certaines conditions !  Si la Grande Randonnée n’est pas un exploit en soit  (350.000 pèlerins sont arrivés à Compostelle en 2019) Il serait utopique et malhonnête de ma part d’affirmer que le citadin lambda est capable de marcher soudain 20 km par jour durant une à six semaines avec un barda même minimaliste,  de s’accommoder d’un inconfort inhabituel, d’une hygiène parfois douteuse ou d’affronter les caprices de la météo, le manque de sommeil et enfin de gérer en solo petit ou gros bobo. L’itinérance, on en rêve,  mais on s’y prépare sérieusement.
Ce petit guide n’a pas la prétention de donner la réponse à toutes ces questions d’une façon universelle mais davantage de vous livrer des informations et quelques conseils issus de mon parcours de randonneur  afin de préparer et réussir votre projet.

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TROIS QUESTIONS PREALABLES A VOUS POSER   :  de combien de temps je dispose ? Quel est mon budget ? Quelle est ma condition physique ?

  1. Je dispose de combien de jours ? Afin de rester concret, je vous propose des durées fréquemment rencontrées. 3 jours . C’est le cas typique du w.e de rando en famille ou entre amis .  En comptant la durée des trajets aller et retour , le temps de s’installer, et vu le poids de la logistique pour une durée si courte, l’itinérance n’est pas la meilleure solution. Privilégiez plutôt des randonnées en « étoile » depuis un lieu de résidence (gîte, hôtel, camping) .

8 jours . On retrouve ici la durée classique de la rando itinérante. Elle vous laisse le temps de rejoindre votre point de départ en France ou en Europe et de réaliser un parcours en itinérance de liaison. (par exemple de gare à gare) ou une itinérance en boucle. Ce choix implique l’entrée en jeu de deux autres paramètres que nous détaillerons plus loin : la condition physique et le budget. Côté logistique, cette durée relativement courte vous permet encore de planifier toutes vos étapes sans trop de casse-tête : transport , réservations des nuitées . C’est le cas typique des randonneurs qui font ou reviennent sur un nouveau tronçon d’un chemin de Compostelle, d’un GR20 , GR 34 sur le Stevenson. Les agences spécialisées proposent généralement des séjours de cette durée minimum

De 15 jours . On aborde ici les longues randonnées itinérantes. Vous avez par exemple la possibilité d’effectuer la moitié d’un chemin classique vers Compostelle ,  la Transjurassienne, le tour de l’Aubrac le Stevenson dans sa totalité, etc. ou encore des randonnées à l’étranger  avec une certaine souplesse…Pour cette itinérance, il serait fastidieux  voire acrobatique de réserver tous vos hébergements à l’avance. Le budget sera bien sur proportionnel au nombre de jours passés sur le chemin.

30 jours et plus. Il s’agit là de très longues itinérances comme la plupart des pèlerinages vers Compostelle , les trois-quarts du GR10   qui traverse les Pyrénées.. Hormis la condition physique et le budget, l’approche mentale sera un autre paramètre important . (Gestion des pathologies possibles, éloignement, fatigue accumulée, mauvaise météo..) .

  • Quelle est ma condition physique actuelle ?
  • Le projet ne cesse de vous faire rêver  de jour en jour, pourtant il est temps de cerner objectivement quel type de randonneur êtes-vous afin de vous préparer à l’itinérance en conséquence .
  1. randonneur inexpérimenté  -difficulté à marcher de 15 à 20 km dans la même journée
  2.  randonneur averti  – marcher 20 à 25km sur une seule journée
  3.  randonneur expérimenté  capacité d’enchaîner 20 à 25 km sur trois jours
  4. randonneur chevronné : capable de marcher 8 jours, de 25 à 30 km au quotidien.

Pas de panique, cette condition physique se travaille, évolue et vous serez tout à fait capable d’envisager des parcours plus longs en dépassant demain des limites que vous ignorez aujourd’hui ! L’âge , le surpoids, d’anciens traumatismes ou fragilités physiques seront à prendre en compte pour parcourir de telles distances.  Porter un sac de 7 à 12 kg sur des dizaines de kilomètres sur toutes sortes de terrains n’est pas anodin .

COVID- Évidemment, pour les marcheurs qui ont contracté le virus,  la reprise reste aussi une période délicate à bien gérer . Il est essentiel de parler de votre projet à votre médecin avant de partir.

Conseils : Marathoniens, trailers oubliez la performance mais pas les 10 kg que cette fois vous porterez et regardez le paysage. J’ai vu des jeunes sportifs surentrainés partir à fond et  rentrer chez eux au bout de trois jours, victimes de tendinites ou périostites

   3) – L’itinérance et mes dépenses ?

La randonnée n’est pas la plus couteuse des activités mais peut le devenir en itinérance notamment en s’équipant d’un matériel en ultra light. Néanmoins le budget d’une telle randonnée varie d’abord selon la formule d’hébergement choisie et le pays dans lequel vous voyagez. Voici quelques exemples de dépenses journalières pour une randonnée  itinérante de 7 jours en France (hors transport) . 3 repas et argent de poche.

Gites et PensionsHôtels en DPCamping en ½ autonomie (1 restau)Camping en autonomie totaleAgence de trekking
70€De 80 à 120€30 à 40€20 € à 30€120 à 150€
Portage : 5 à 8€Portage : 5 à 8€  + certains suppl.

Publication sur les Agences de Trekking : 20 agences-francaises-de-trekking

Autres exemples en gîtes ou pensions (avec petit déjeuner et DP ): Comparatif des dépenses journalières sur quelques chemins très fréquentés :

Voie Podiensis Du Puy à SJPPCamino de Frances SJPP à FisterraCamino Portugais Lisbonne- St JacquesChemin de Stevenson Du Puy à Alès
30 jours33 jours27 jours12 jours
70 €40 €30 €70 à 80 €

Conseils : Partez à deux ! Cela vous permettra de partager la même chambre dans les pensions ou hôtels. Quant au camping , vous paierez votre nuit par tente. En autonomie, les repas reviennent moins cher cuisinés pour deux.

Période de COVID : La capacité des gîtes a fortement diminué. Les hébergeurs favorisent la réservation des groupes pour rentabiliser leur dortoir face aux demandes de randonneurs voyageant seuls. Sur les chemins très empruntés  (Compostelle, Stevenson, GR20, refuges) : RESERVEZ TRES EN AVANCE ou au moins deux jours avant votre arrivée  . Par mail, sms ..Certains gîtes vous demanderont des acomptes. Booking.com fait  désormais partie des adresses utiles à retenir.

L’itinérance c’est garder d’abord la cadence !

La marche n’est pas une activité traumatisante en soi. Or sur de telles distances un entrainement de base s’impose . En voici les grandes lignes :

  • Si vous êtes novice, montez en puissance : marchez 8 km la première semaine, 12 km la suivante , 16  et enfin 20 km au terme d’un mois ou deux. IMPORTANT : buvez abondamment tous les 2 km
  • Marchez régulièrement .  Par exemple 20 à 25 km par semaine
  • Développez votre endurance par la marche nordique ou la marche afghane basée sur la suroxygénation
  • Marchez avec votre sac plein à plusieurs reprises pour habituer le corps à la cette nouvelle charge
  • A partir d’un âge avancé  (suivez mon regard !) , faites régulièrement des exercices d’assouplissement
  • En surpoids ? Faites un régime .. ou quelques efforts ! Vos genoux vous remercieront
  • Offrez-vous une séance d’ostéopathie si nécessaire afin de réaligner le marcheur .

L’itinérance, c’est le pied !

On a du mal à imaginer ce que peuvent endurer nos pieds en grande randonnée. Ils supportent de 50 à 80 kg + 10 kg de sac répartis sur quelques centimètres carrés. Durant des milliers de pas ils vont subir cette pression verticale, certaines contraintes sur des terrains accidentés, notamment lorsque le poids du sac vous déséquilibre. Les pieds vont alors d’échauffer, parfois gonfler. La peau va se boursouffler pour former les fameuses ampoules. Voici quelques précautions pour éviter ou limiter ces problèmes :

Tanner vos pieds . Soit naturellement  par la marche régulière , ou par application quotidienne, durant 2 à 3 semaines de jus de citron, ou d’une crème à base d’acide citrique . Pensez à les hydratez-les chaque soir avec la crème Akileïne NOK ou autres.

Prenez votre douche  plutôt le soir. Cela évitera un ramollissement de la peau des pieds avant juste votre départ.

– offrez-vous une soin de pédicure deux semaines MINIMUM avant votre départ car ils seront fragilisés.

Conseils :

  • Si vous êtes sujet aux ampoules, déchaussez-vous toutes les 2 heures pour assécher et aérer vos pieds. Changez si possible de chaussettes si elles sont très humides. Évitez de tremper vos pieds dans le premier ruisseau engageant. Cela risque de ramollir la peau surchauffée.
  • Ampoules ? Si elles sont percées : désinfection à la Bétadine + pansement
  • Cloques : perçage avec  aiguille propre , enfilage d’un drain en fil de coton désinfecté + pansement + straps
  • Ampoules sous le pied : PARFOIS GRAVES . Arrêt de 2 à 3 jours pour la cicatrisation …avant la case hôpital ou retour

Trouvez VOS meilleures chaussures

Fragilité articulaire, sudation excessive,  Hallux Valgus, tous les marcheurs ne sont pas logés à la même enseigne. le choix des chaussures reste de loin le plus compliqué et mériterait à lui seul tout un chapitre. En deux mots :

  • Si vous êtes un nouveau randonneur : Essayez plusieurs modèles en prenant une taille de plus . Elles doivent être IMMEDIATEMENT confortables . Légers et respirant, les modèles de trails ont la cote.
  • Si vous randonnez régulièrement . Ne partez pas sur une longue itinérance avec des chaussures très usées ( elles peuvent vous lâcher et vous mettre dans la mouise pour en acheter des neuves) . Rodez les nouvelles éventuellement sur 80 -100 km
  • Chaussures tige haute ou moyenne pour les marcheurs aux chevilles fragiles
  • Si vous avez des semelles orthopédiques, mettez-les . Sinon remplacez éventuellement celles d’origine par des semelles plus amortissantes
  • Portez des sandales légères ou des tong le soir venu .

Fringues :  l’itinérance, ce n’est vraiment pas l’élégance ! 

Attendez-vous durant une, deux, trois semaines à rencontrer toutes conditions météo avec des variations de températures parfois importantes dans la journée . La rando se révèle souvent un striptease permanent ! Gardez toujours en mémoire : le poids du sac .

 Adoptez la technique désormais  très répandue et composez avec les 3 couches , et ce en bannissant le coton, matériau hydrophile .

  • Couche 1  sur la peau : polo, T-shirt, chemise respirant (Synthétique ou mélange avec la laine Mérinos.)
  • Couche 2 intermédiaire contre le froid : polaire ou doudoune
  • Couche 3, coupe-vent   – Veste respirante (Gore-Tex ou autres membranes)
  • Tenue de pluie : veste Gore Tex  + sur pantalon ou cape de pluie

vous n’avez droit qu’à deux ou trois tenues complètes de change maximum :

 – 1 tenue propre sur vous , 1 sale dans le sac , éventuellement une tenue propre de rechange . Conseil : vous lavez et faites sécher donc vos vêtements le plus souvent possible, à la main et de temps en temps en machine ! Exemple minimaliste :  2 slips- 2 paires de chaussettes -1 T-shirt manches courtes – 1 T-shirt manches longues

Portage – Itinérance, l’affaire est dans le sac !

Le choix du volume votre sac à dos est dicté par votre programme d’itinérance. Le matériel de camping ou bivouac + nourriture lyophilisée font ici la différence. Investissez dans un sac dont le poids à vide avoisine 1 kg . C’est toujours un compromis avec le confort .  Achetez-le à votre taille, essayez-le chargé et vous les filles choisissez un modèle «  femme » mieux adapté à votre morphologie . Voici un essai de tableau récapitulatif des volumes , en se rappelant le dicton : plus il est grand, plus on en met et plus on en ch… !

Le volume du sac à dos suivant votre programme .

Agence spécialisée avec portageNuits en gites sans portageNuits en gites avec portageNuits en camping en sans autonomieCamping et bivouac en autonomie totale
Sac à la journée de  30 l.35 à 48 l.Sac à la journée de 30 l.40 à 50 l.45 à 60 l.
Mes marques de référence tous modèlesOspreyDeuterGregoryLafuma Low Alpine

Orientation – L’itinérance, ce n’est pas l’errance !

Combien de fois n’ai-je pas lu ou entendu : « C’est chouette, mais j’ai peur de me perdre » .  La plupart des chemins de grandes randonnées sont très bien documentés sur les Topoguides de la FFRP ou les Miam Miam Dodo , Lepère, Michelin ou Rothers.  Cela dit, savoir s’orienter et repérer sa position à l’instant T restent les deux connaissances fondamentales du randonneur en itinérance. La lecture des cartes, avec boussole n’est pas si facile et demande une petite formation . Exercice  de base : combien de km ai-je déjà parcouru , où suis-je ?

  1. Avec une carte IGN  1 :25.000e  1 cm=250 m : mémoriser l’heure de départ – Vitesse 4 km/h – Après deux  heures de marche  la distance à reporter sur la carte 8 km sur votre parcours (deux doigts collés = environ 1 km sur la carte) . C’est là !
  • – Même manip  si vous disposez d’un podomètre
  • Les APP de rando pour smartphone . Facile et pratique.  Les principales disponibles sur Google Play et Apple Store :  Iphigénie, VisoRando, SityTrails, MyMap. (Environ 14€/an) . ( Publication App de Rando )

conseil : téléchargez les fonds de carte de l’étape du lendemain le soir en Wifi . La 4G n’est alors plus indispensable, car seul le GPS aide au repérage . Effacez toutes les App en tâche de fond et les mises à jour auto pour économiser la batterie.

Conseils : téléchargez la trace de votre itinérance au format .gpx sur votre smartphone . Vous la retrouverez en  « Import » sur votre APP de rando . Vérifiez de temps en temps si vous êtes toujours sur le tracé enregistré . Les fonds de carte IGN 1 :25.000e communs  (commercialisé par Géoportail) à la plupart des App affichent les tracés des principaux GR et PR.  

  • Les chemins sont très bien balisés en France et en Espagne. Si vous ne voyez plus le balisage rouge et blanc des GR après plusieurs centaines de mètres : vous vous êtes planté : revenez à la marque précédente et repartez dans la bonne direction.
  • Plusieurs GR dépourvus de numéro peuvent se croiser, Veillez à suivre le bon !
  • Ne vous engagez pas sur certaines « variantes » sans informations.
  • Ne suivez pas à l’aveugle des randonneurs. Ils sont peut-être aussi perdus ou mal informés .
  • Google Map n’est pas une App vraiment adaptée à la randonnée. Oubliez !
  • Randonneur en solo : informez toujours quelqu’un de l’entourage de votre parcours ou mieux envoyez lui régulièrement votre position avec l’App MYGPS coordinates (Apple Store)

D’AUTRES QUESTIONS ?

Où garer ma voiture durant ma randonnée ?   Cette question est récurrente sur les forums. Je recommande peu de laisser son véhicule sans surveillance durant une très longue période. Pour rejoindre ou revenir de votre périple , prenez de préférence les transports publics (Trains, cars), appelez les copains, le co-voiturage , les transporteurs privés voire le taxi à plusieurs.

Parkings au départ du Puy-en-Velay :

https://trekkingzone.fr/2021/09/16/compostelle-stevenson-ou-garer-sa-voiture-au-puy-en-velay/

Puis-je partir avec mon chien sur tel chemin ??   Tout est possible sachant que des terrains sont très agressifs pour les pattes du toutou sur des centaines de kilomètres. Il est nécessaire que son alimentation soit aussi compatible avec la vôtre . Par ailleurs, certains gîtes n’acceptent pas les chiens, ce qui complique parfois les réservations. Enfin, le problème vient des autres chiens (errants) parfois peu sociaux.

Je suis une femme, puis-je partir seule ?  Tout dépend du chemin. Aucun problème sur ceux de Compostelle ou le Stevenson avec un minimum de précautions (ne pas suivre des étrangers, informer son entourage) .

Le bivouac et le camping sauvages sont-ils autorisés ? Sauf en Espagne à certains endroits , vous pouvez planter votre campement partout… avec un peu de discrétion. Je vous engage à demander l’accueil dans les fermes. Contre une petite rémunération, vous avez beaucoup de chances de bénéficier d’une douche et d’un repas chaud.

Vais-je trouver de l’eau à tel endroit ?  Le poids de l’eau à transporter est un problème en itinérance. Deux litres par jour deviennent  vite pénalisants. Lisez bien les recommandations de votre guide papier sans pour autant lui faire aveuglement confiance . Au mieux, pour se rendre dans certains endroits très isolés, emportez une cartouche filtrante ou des comprimés Micropur. 

Le numéro d’appel d’URGENCE universel, partout dans le monde : 112 Lui seul vous permettra de rentrer en relation avec un médecin dans votre langue.

Punaises de lits : Ne posez JAMAIS votre sac sur le lit. Certains gîtes vous demanderont de le laisser hors de la chambre. En cas de doute, au retour placez vos vêtements et duvet au congélateur et votre sac à dos dans un sac plastique de 100 l. avec pulvérisation d’un insecticide puissant durant 24h.

PUBLICATIONS TREKKINGZONE.FR

Articles sur les App de rando et l’orientation :

Géoportail, OpenStreet Map, Google, quel bon fond de carte numérique en randonnée ?

Comment se positionner sur une carte papier dite compatible GPS ?

Toutes les App GPS de randonnée pour smartphone

Toutes les App spéciales Compostelle IOS et Androïd

Retour d’expérience sur 5 chemins de Compostelle :

Du Puy-en-Velay à Roncevaux , un Chemin de Compostelle mythique en libre-service

Voie d’Arles, 955 km de Roman (et d’aventure) vers Compostelle

Camino del Norte vers Compostelle, plus exigeant, plus authentique.

Le Camino portugais, le Chemin de Compostelle aux trois visages

Kirschos goes to Compostelle – Chemin initiatique d’un futur récidiviste

Articles Chemin de Stevenson et GR 34

Première tentative sur le chemin de Stevenson, 100% COVID, 50% bide

Chemin de Stevenson 2e Partie de La Bastide-Puy Laurent à Alès

Comment organiser son GR34 en solo

RANDOS BIERE EN FRANCE, à lire sans modération

Fabienne et Benoît, petits suisses baroudeurs, écrivains, globe-trotters…

Si la randonnée est toujours propice à la découverte, elle peut être aussi un prétexte ! Fabienne et Benoît Luisier, deux petits Suisses baroudeurs et amateurs de bonnes bières, avaient déjà réalisé une série de randonnées vers 59 brasseurs artisanaux de la Confédération Helvétique et ce basant sur le livre de Monika Saxer , Randonnées Bière en Suisse.

Après cette première expérience arrosée de succès, nos marcheurs sous perfusion n’allaient pas s’arrêter là. Ils se remirent en route durant cinq mois cette fois dans l’Hexagone pour rencontrer nos meilleurs producteurs locaux tout en répertoriant les plus belles randonnées aux alentours. Fabienne et Benoît en ont ainsi (presque) testé, classé et documenté 70 itinéraires-bière allant de la simple balade familiale à la rando la plus engagée. Randos Bière En France se présente comme une bible de la bibine itinérante de 364 pages où chaque destination comporte le descriptif de l’itinéraire, longueur, dénivelé , carte IGN associée .

Les traces sont même téléchargeables au format .gpx sur www.helvetiq.com. Bien pratique pour retrouver son chemin.. après la dégustation ! On y découvre évidemment le portrait détaillé de chaque breuvage local : degré d’alcool, couleur, parfum , le tout clairement illustré. Alors au moment d’envisager quelle sera votre prochaine escapade rafraîchissante, feuilletez les premières pages du bouquin et choisissez soit l’itinéraire dans le lexique , soit la bière sur la carte de France. A la vôtre ** ! ( 24,90€ Fnac, Nature & Découvertes)

Retrouvez toutes leurs parutions et aventures sur : https://www.novo-monde.com/Boissons alcoolisées à consommer avec modération)

La trilogie incontournable du randonneur en terre francophone !!

COnseils pour REPRENDRE LA RANDONNEE APRES LE DECONFINEMENT

Après des mois de confinement chacun n’a qu’une envie : repartir sur les chemins de randonnée en pleine nature . Pourtant cette libération n’est pas sans risques et il convient de prendre quelques précautions avant de se lancer sur de grandes distances et parfois chargé. Voici quelques conseils de mon ami suisse, le Dr Blaise Courvoisier avec qui j’ai partagé de belles étapes sur le Chemin d’Arles vers Compostelle.

A droite .. el Doctor Blaise – Chemin d’Arles vers Punta la Reina

Redémarrage progressif

 Comme toujours, il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre : gérer la      distance et la charge que l’on va emporter, sachant que la musculature fond très vite   avec un arrêt sportif de longue durée.

Profiter du reste du confinement pour reprendre des exercices à domicile : isotoniques, vélo appartement par ex., puis dès que possible des promenades aux alentours de son domicile.

Maintenir la distanciation et l’hygiène Covid

En groupe, il faudra malheureusement conserver les habitudes de distanciation : pas de bises ou de poignée de main, ne pas être les uns sur les autres, tousser ou éternuer dans son coude et se désinfecter les mains avant de manger son pic nic, en évitant de partager sa nourriture avec les autres. En d’autres termes faire le contraire de ce que l’on a l’habitude de faire dans ces moments de convivialité.

Ceux qui auront été atteints par le virus et seront guéris ( plus de 97%!), doivent savoir que cette maladie entraîne des troubles respiratoires plus ou moins graves, avec inévitablement des séquelles transitoires au début : en d’autres termes, un essoufflement plus rapide et une fatigabilité plus grande dans les débuts post convalescence. Ceci va durer de quelques semaines à quelques mois en fonction de la forme et de l’entraînement avant la maladie. Il faut donc, une fois encore, gérer ses envies de randonnées avec une bonne dose de modestie sous peine d’être très déçus après la maladie.

Pour ce qui est de l’étranger, je pense que les frontières vont encore mettre des semaines avant de s’ouvrir aux marcheurs, en particulier les albergues qui de fait sont des lieux de promiscuité très grande, ce que l’on aime aussi ! Personnellement, avec grande tristesse, je vais privilégier la randonnée longue distance en Suisse dans les temps prochains et faire le trajet de Saint Gall à Genève, le camino helvétique que je n’ai fait que par bouts, en attendant de pouvoir reprendre mon bourdon et ma besace dans la péninsule ibérique  l’an prochain !

Dr Blaise Courvoisier

Gerald Sterlich, un artiste-pèlerin sur les chemins de Compostelle

Gerald Sterlich, pèlerin multirécidiviste autrichien et artiste de grand chemin.

Les chemins de Compostelle sont toujours l’occasion de rencontres passionnantes . C’est à Saint-Julia que j’ai fait la connaissance de Gerald et de sa femme, comme çà simplement , autour de la table du petit déjeuner dans un gîte confortable planté sur une colline du Gers. Le couple venait d’Autriche, comme Hans Peter , mon compagnon  suisse de route  et de hasard nous étions tous les quatre parti  d’Arles sur le GR653 en direction de Punte La Reina en Espagne.  Après quelques échanges, alternant l’anglais et l’allemand  histoire de faire connaissance, Gerald ouvrit naturellement un carnet de moleskine sous mes yeux . Je lui demandais alors de le parcourir, et c’est avec surprise que je découvris que derrière ce pèlerin jusque là anodin et discret se cachait un artiste . Depuis 2015, cet ancien architecte de 70 ans, vivant aujourd’hui dans une vallée viticole proche de Vienne, dessine désormais pour son seul plaisir sur les chemins jacquaires de France et d’Espagne, en consacrant à cette passion de 30 à 45 minutes par jour environ. Alors que la plupart des randonneurs au long court se concentre sur la longueur des étapes ou shootent avec frénésie des centaines de photos numériques, Gerald savoure le temps d’une pause et prend le temps de fixer sur ses carnets la beauté des édifices ou des décors qui rythment son parcours. Equipé de Rotring et de quelques peintures à l’eau, l’ex-architecte devenu marcheur perpétue l’art du carnet de voyage en mettant à profit un sens aigu de l’observation propre à son ancien métier. Une fois le dessin terminé, il le complète d’une fine légende dont l’encre de Chine relève encore la finesse de l’ensemble. J’ai feuilleté ce carnet  jusqu’à la dernière page et je l’ai refermé encore sous le charme de ce chemin d’Arles coloré. Mais au-delà des croquis j’ ai aussi découvert ce matin-là une autre philosophie du voyage, celle d’un pèlerin libéré du temps. Plusieurs de ses dessins m’ont aussi révélé des  lieux  où j’étais passés sans rien voir de leur intérêt, en randonneur trop pressé .

Eglise d’Argonnet Lauragais

Ecluse sur le Canal du Midi

Jeu-test : feriez-vous un bon guide de randonnée ?

Vous êtes un passionné de randonnée et ne manquez jamais une sortie en groupe avec votre association préférée. Et si un jour on vous demandait justement d’en prendre les rênes , quel genre de guide seriez-vous ?  Répondez à ces quelques questions, notez la réponse (a, b, c) pour chaque question sur un papier . Puis faites le total des points à l’aide du tableau et affrontez le verdict  !

1) Comment s’organisent habituellement vos randonnées ?

  • a) Je prépare mes itinéraires avec soin en étudiant la distance, le transport, le dénivelé, etc..
  • b) J’attends le mail hebdomadaire ou regarde des propositions sur le web de l’association et je suis le mouvement.
  • c) Je regarde brièvement une carte d’un parcours et je pars à l’aventure, seul ou avec des copains. J’ai le nez !

2) Sur une rando  facile de 18km , vous seriez du genre .. ?

  • a) à partir sans même un cachet d’aspirine dans le sac, sur 20 km pas de risques.
  • b) à emporter une trousse complète de premiers soins, on ne sait jamais.
  • c) à compter sur les copains, il y en a forcément un avec des médocs de base.

3) en cas de gros coup dur, genre blessure ou malaise, vous composez quel numéro de secours sur votre portable ?

  • a) Le 18, car les pompiers connaissent mieux le terrain et arrivent rapidement d’ordinaire.
  • b) le 112 , certain de tomber sur un médecin compétent.
  • c) Le 17 car la gendarmerie est présente dans toutes les campagnes et ils ont des hélicos.

4) Pour partir sur une courte randonnée dans un nouveau coin, quel genre de carte emportez-vous ?

  • a) Je n’emporte pas de carte j’ai Google Map sur mon portable. C’est moderne, gratuit et pratique
  • b) Pas besoin d’investir, je pioche dans mon imposante collection de cartes Michelin, attention ! genre précis au 1:50.000e tout de même
  • c) J’achète la carte IGN au 1 :25.000e du lieu, même si ça me coûte 10€. Je regarde aussi les App Gps de rando.

5) A quoi sert  réellement une boussole en randonnée ?

  • a) à m’orienter et me situer sur la carte.
  • b) à trouver la bonne direction sur un carrefour avec plusieurs sentiers.
  • c) à trouver le nord sur la carte, hyper important pour s’orienter.

6) Un membre du groupe que vous guidez traîne la patte et s’attarde, que faites-vous ?

  • a) Je l’attends deux, trois fois puis bon gré mal gré je l’envoie à la gare la plus proche en lui donnant quelques infos.
  • b) je l’attends et demande à d’autres marcheurs de l’aider derrière à finir la randonnée car je suis responsable de tous.
  • c) J’attends qu’il me rejoigne et je le recadre car il retarde le groupe. Il n’avait qu’à lire le programme.

7) Il est à peine midi le groupe a parcouru ce matin seulement 10 km plutôt difficiles . Ca commence à râler car ils sont fatigués et un peu affamés . Que faîtes-vous ?

  • a) Ils me connaissent et j’avais prévu de faire 13 km sur les 26 du programme, ils attendront !
  • b) je cherche immédiatement un coin sympa pour le pique-nique.
  • c) Il est vraiment tôt, je fais le bilan global de l’état des troupes et prends une décision.

8) lors d’une bifurcation mal fléchée vous avez perdu 4 membres du groupe. Que faîtes-vous ?

  • a) Je demande si quelqu’un possède le portable d’un des attardés et j’appelle pour faire le point.
  • b) j’attends deux minutes et repars, pas question de pénaliser le groupe pour quelques attardés qui ne suivent pas les consignes.
  • c) J’arrête tout le monde et on attend patiemment que les attardés rappliquent.

9) Fin de la rando, vous êtes complètement crevé et bien paumé sur votre carte ! Un membre sort son GPS et conteste vos décisions . Votre réaction ?

  • a) Je me concerte avec lui et je prends seul le choix de la direction pour rentrer.
  • b) Je lui fais totalement confiance et remets le destin du groupe entre ses mains.
  • c) je lui dis de se mêler de ses affaires, le guide c’est moi !

10) C’est le moment de choisir un itinéraire pour votre prochaine mission de guide. Vous décidez ..

  • a) de reprendre un parcours connu et le faire en sens inverse pour varier le plaisir.
  • b) de chercher  et proposer un nouveau parcours , jamais testé.
  • c)  de choisir un parcours déjà fait et d’opérer quelques modifications histoire de faire neuf .

VERDICT (page suivante)

Lire la suite Jeu-test : feriez-vous un bon guide de randonnée ?

Camino del Norte vers Compostelle, plus exigeant, plus authentique – Récit complet

Parmi tous les chemins qui traversent la péninsule ibérique vers Saint-Jacques de Compostelle, le Camino del Norte se démarque par sa tranquillité et sa relative difficulté. Après mes expériences sur le Camino de Francès et le Portugais, J’en garde surtout le souvenir d’un parcours splendide empreint d’une heureuse solitude.

Un camino sauvage entre montagne, campagne et océan.

Aussi appelé le Camino de la Costa, ce chemin qui suit en effet la côte nord de l’Espagne n’est pas le plus fréquenté par les pèlerins en marche vers Compostelle. Seulement 6 et 8 % d’entre eux l’empruntent depuis Irun à la frontière espagnole pour rejoindre la capitale de la Galice au Nord Ouest du pays. Après mes voyages en 2014 et 2015 sur les chemins Francès et Portugais, parcourus toujours d’une seule traite, un divorce, des épreuves sentimentales et familiales, me poussaient à repartir vers Compostelle, une longue marche qui se posait comme une thérapie évidente tant la rupture avec la quotidien m’est bénéfique. Lequel choisir ? Les chemins espagnols ne demandent aucune réservation des hébergements et le budget global de 20 à 30€ par jour me convenait d’avantage que les parcours en France pourtant magnifiques. Depuis longtemps je lorgnais avec intérêt, curiosité et une pointe d’angoisse le profil du Camino del Norte. Je relus quelques passages du controversé bouquin de Ruffin « Immortelle Randonnée ». J’effectuais des recherches sur les forums et demandais enfin l’avis de mes amis pèlerins. Résultat, si le Camino del Norte n’est pas l’Everest , ses 15.000 m de dénivelée positive, son isolement, les trop longues portions bitumées, le nombre réduit de ses hébergements avaient de quoi me faire réfléchir et douter. Cela dit, sur le papier ce parcours me séduisait irrésistiblement avec ses 815 km alternant des passages un peu montagneux, le chemin côtier et ses petits ports , des sentiers en pleine campagne et la traversée de villes passionnantes comme Bilbao, Santander ou Gijon. J’allais être comblé.

Franchir le fossé entre l’envie le doute

Prendre le bateau pour traverser les baies

D’une forme physique médiocre, des douleurs dorsales persistantes, des élections présidentielles imminentes, la culpabilisation de laisser seule ma vieille maman, bref je trouvais une foule de prétextes pour repousser deux fois la date de mon billet de train. « Basta, me suis-je dis. Ça sera pour le 15 mai ou ça ne sera pas !  ». L’idée de renoncer et rentrer au bout d’une semaine, un peu cassé moralement n’était cependant pas exclue. Alors trop vieux Kirsch , trop long le chemin, top dur le profil ?! Je doutais. Histoire de me rassurer je pensais alors à mon ami Daniel, 75 ans, toujours en marche sur les chemins. Puis je revoyais aussi Edward, mon copain de rando de Sport et Nature. Je l’avais revu avant de partir, là, cloué sur lit d’hôpital par la maladie. J’ignorais alors que je ne le reverrais pas vivant. Il faut parfois mesurer sa chance et arrêter de trop se regarder le nombril vautré sur son canapé. Quitte à avoir mal partout, autant que ce soit en marchant ! Rassuré par un scanner vertébral satisfaisant et dotée de la trousse à pharmacie du parfait hypocondriaque, je devais tailler la route.

D’autant que j’étais prêt depuis un moment ! Mon fidèle sac à dos Osprey m’attendait sagement dans ma chambre depuis un mois. Je le refaisais une à deux fois par semaine afin de trouver un poids optimum de 9 kg. Je recomposais à maintes reprises les trois pochettes de congélation qui constituent le trousseau du pèlerin ordinaire: une avec les affaires de nuit (T-shirt, caleçon, boules Quiès, écouteurs, lampe frontale,..), une autre de linge propre et enfin une avec kit de toilette (un savon de Marseille, des épingles à linge et la serviette).

Prêt pour un nouveau camino cette fois en solo (ma girl-friend marcheuse berlinoise voguant et roucoulant vers d’autres horizons). L’idée de cheminer seul ne m’a jamais effrayé. Bien au contraire, j’apprécie plutôt cette liberté totale et puis les chemins de Compostelle sont l’occasion de rencontrer beaucoup d’autres marcheurs venus du monde entier. J’allais vite découvrir que le Camino del Norte s’avère une exception.

L’albergue de pèlerin, un mélange savoureux de convivialité et promiscuité !

Lundi 15 mai. Train de banlieue, métro et gare Montparnasse, un pèlerin parigot ressemble à n’importe quel touriste à Paris ou vacancier en partance pour la montagne. Au bout de 6h de TGV, je débarquais à Irun pour rejoindre l’albergue municipale. La petite ville espagnole sortait de la siesta, les locataires d’un soir s’affairaient à leurs occupations : manger, se reposer, laver, soigner les bobos. Durant ces heures, j ‘avais eu le temps de parcourir virtuellement les 34 étapes élaborées dans le guide de poche Rother. Dès le lendemain matin, j’attaquerais la première plutôt motivé. Pour 8 euros la nuit l’hospitalero m’affecta un lit dans le dortoir. Je retrouvais l’ambiance un rien minimaliste des établissements bon marché du bas de l’échelle hôtelière espagnole. Il suffit juste d’imaginer deux étages d’appartements avec des dortoirs dans la chambre des gosses et des parents. L’incontournable micro-ondes, des accessoires de cuisine disparates, un serveur wifi au rayon d’action limité, une salle de douche refaite à l’économie. Et puis les prises multiples destinées à la charge des portables et tablettes du nouveau pèlerin connecté. J’y reviendrais. Des duvets sur les lits, du linge qui sèche sur les montants métalliques, des odeurs confuses de savon, de pommades, de bouffe, des discussions entre novices et vieux routards sous les néons de la salle commune. Une albergue quoi !

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Comment (re) faire son sac à dos pour (re) partir vers Compostelle ?

J-21  Camino Del Norte (Départ  Hendaye)

Et toujours le même casse-tête : le sac à dos !  Même après le Camino de Francès en 2014  (810 km depuis St Jean Pied de Port) , le Camino portugais en 2015  (700 km depuis Lisbonne) , rien n’y fait, je n’ arrive pas vraiment à respecter la règle : le poids du sac ne doit pas dépasser les 10% du poids du marcheur . Après ces deux expériences, j ai pourtant mis au rebus : gamelle, boussole, couverture de survie, un t-shirt, etc.. J’ai investi dans bâtons de marche en carbonne, j ‘ai même coupé toutes les sangles non utiles du sac Osprey . Car le plus dur reste à rogner sur la trousse de toilette, la pharmacie et les accessoires.

Profil - Camino Del Norte

Avec au programme de 30 à 35 jours de marche , j’ai déjà mal avant de partir et pare davance à tous les bobos et autres déssèchements cutanés  !  Ajoutons que tout bon  pélerin-connecté a autant besoin de recharger ses batteries que celles de son smarphone et appareil photo. La normalisation 5V USB est ici providentielle, un seul chargeur suffit désormais. Je pars donc surchargé avec toutefois la certitude d’envoyer en poste restante de St Jacques un colis de surplus , comme à chaque fois. Le bureau de poste en regorge !  Pour ceux qui se lancerait dans l’ aventure, voici la composition du dit sac et de mon équipement .

Sac à doc Camino

Et un seul conseil : chaque kilo inutile est un kilo en trop.

Investissez européen dans  du vrai matériel  léger en oubliant notre cher Décathlon sur certains produits. Mes choix  : Veste Arc Térix (US) , pantalon Vaude (D), duvet Cumulus (PL), Sac Osprey  (US), Chaussures Meindl (D). La tente et le tapis de sol sont inutiles à moins que vous ne supportiez pas les dortoirs et les ronfleurs. Quant aux vêtements, on peut résumer la question : une tenue sèche, une tenue de rechange et une tenue sale.

vêtements et accessoires Norte

Une sacoche fourre-tout pour la journée et pour le soir 

C’est bien pratique d’avoir sous la main de quoi se payer un verre, une paire de lunettes ou le guide , la crédentiale (votre passeport pour les auberges) ou encore de la crème solaire . Chacun choisit et trimballe cette sacoche suivant son style : en bandouillère , dans le sac ou accrocher au sac. Beaucoup de randonneurs transforme leur sac à doc en sapin de Noël , les multiples étuis pendouillent  de partout ! Mon conseil : ne laissez jamais votre portefeuille sans surveillance, même en prenant votre douche.

sacoche pélerin-norte

 

Compostelle : guide Rother 2017 Camino Del Norte, la Bible.

Depuis quelques années et notamment suite au succès du livre de Jean-Christophe Rufin  « Immortelle randonnée », le Camino Del Norte connaît une fréquentation en hausse. Ce chemin attire en effet de nombreux pèlerin par son caractère sauvage et son relief . Je compte bien m’y attaquer  mi avril 2017 après mes expériences sur le Caminos de Francès et le Camino portugais. Malgré cette fréquentation en hausse, la documentation en terme de guides, restait plutôt pauvre. Il y a bien le Guide Lepère, mais sa conception et la qualité de sa cartographie m’ont déçu. C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ ai appris que l’éditeur allemand Rother lancerait fin mars un guide sur le Camino del Norte  en plusieurs langues dont une version en français. J’ai eu la chance de m’en procurer déja un exemplaire pour préparer mon voyage et j ‘avoue que cet ouvrage m’ a plus que séduit . Et ce pour les raisons suivantes.

couverture guide CNCe guide de  215 pages est proposé au format 16,5 X 11, 5 cm , une taille idéale pour se loger dans un poche de pantalon de rando ou une sacoche d’appoint.Les couvertures sont plastifiées, un point important vu les conditions météos parfois humides. Prix : de 15 à 17 €. Disponible en librairies spécialisées, en ligne, sur le site de Rother

 

 

Une cartographie astucieuse et un concentré d’information

Carte villes guide CNRother a particulièrement travailler sur la cartographie des 34 étapes proposées pour relier Irun à Fisterra puis Muxia sur la côte (80 km après St Jacques. Chacune d’entre elles comporte un tracé au 1.100.000e , suffisant pour visualiser le parcours. Ces cartes mentionnent les points de vue remarquables, les sites historiques mais aussi toutes les facilités pour le pèlerin sous formes de pictogrammes avec légendes et abréviations : auberges, campings, pharmacies,  cafés, transports..etc..

 

 

Profil et trace étape guide CN
Entrer une légende

la partie vraiment novatrice concerne le profil des étapes. D’un seul coup d’oeil le marcheur visualise sur une échelle graduée en heures de marche et en kilomètres sa progression et les dénivelées du parcours, mais aussi la présence des facilités évoquées . Chaque villes ou villages comporte un numéro que l’on retrouve dans le texte courant. L’auteur  guide le pélerin presque pas en pas en fonction des changements et repères de direction. Ce guidage est particulièrement utile dans la traversée des grandes villes, des passages où l’on se perd  souvent quand le fléchage jaune ou les coquilles disparaissent soudainement !

Cette version a été réalisée  à partir d’ infos très récentes récoltées lar l’auteur Cordula Rabes. C’est donc la garantie d’y trouver les adresses des derniers gîtes et auberges ouvertes sur le chemin. Chaque établissement comporte le prix de la nuité, le nombre de places ainsi que des infos générales (four à micro ondes, dates ..)

Des données historiques et géographiques passionnantes

infos histoireTout au long de sa progression, le marcheur trouve un condensé d’informations culturelles sur les lieux traversés maid aussi des références historiques . L’auteur y mentionne également les dates des principaux évènements notamment les fêtes et festivals . Ces textes sur fond jaunes donnet une meilleure lisibilité à l’ensemble.

 

 

Et pour les geeks, Rother offre les traces GPS  (.gpx) de toutes les étapes !

Malgré le fléchage plutôt efficace sur les chemins vers Compotelle, beaucoup de randonneurs garde l’apppréhension de se perdent . C’est légitime même si ces petites errance permettent de favoriser les contacts avec la population. Toutefois j’ ai pu aussi constater que les explications de mes sympathiques interlocuteurs m’ont mené parfois sur des routes assez éloignées du chemin voire  des  routes vers Compostelle mais en voiture !

traces gpx CN.jpgLe GPS fait désormais partie de la panoplie du randonneur pourquoi s’en priver . C ‘est pourquoi  Rother propose à ses lecteurs de son guide papier de télécharger la trace du parcours au format classique .GPX  sur son site . www.rother.de . Le login et le password sont mentionnés à la page 6 . L’utilisation de ces traces .gpx est simple . D’abord il faut charger  sur son appareil  le fond de carte au 1:25.000e (cartes SD  ou couches avec l’application l’Iphigénie. Cette application IGN  (France) comprend toutes les cartes de topographie IGN Espagne et ce gratuitement. Puis on charge les traces proposées par Rother. (par mail sur le smartphone avec Iphigénie) que l’on visualise simplement ou que l’on suit en temps réel en marchant .

Conclusion.

Voici un compagnon de voyage très bien pensé qui  sera accessible facilement dans votre panoplie de parfait pèlerin. La cartographie très condensée et bien illustrée vous aidera à planifier vos étapes selon votre forme en trouvant les hébergements sur le parcours. Le texte et les picto de directions vous guidera efficacement tout au long des 836 km ce Camino del Norte qui emprunte le Primitivo. Pour les inquiets et les geeks , téléchargez et suivez la trace des 34 étapes  sur votre GPS (type Garmin ou Smartphone)

 

 

 

Duo et rando en traveller’s tchèques

grande arche 1
la porte majestueuse de Pravacicka Bana

Un mec de Paris, une fille de Berlin, histoire d’un trek sans frontière d’une semaine dans un parc national à couper le souffle, un pied en Suisse Saxonne , l’autre en Bohème tchèque !

Le magnifique parc national «  Sächsiche Schweiz » se situe à cheval sur l’Allemagne et la République Tchèque. Cet espace protégé classé depuis 1990, s étend de part et d’autre de l’Elbe et s’avère être un des plus spectaculaires par les 16 parcs nationaux allemands.

Lorsque mon amie Sabrina m’a proposé de découvrir ce parc en une randonnée de 8 jours, j’ai évidemment été emballé par l’idée de cheminer sur deux pays pour le prix d’un et dans une nature aussi intéressante. Nous marchons ensemble depuis deux ans, avec notamment 2 chemins de Compostelle à notre actif et de nombreuses randonnées en France et en Allemagne. Alors ok, tchèque baby tchèque ! En terme d’organisation, la Berlinoise rivalise avec les meilleures agences en faisant preuve d’une grande imagination et d’une rigueur toute germanique. Son rôle fut donc d’établir des journées de marche de 20 km en moyenne et de réserver des nuits en pensions au meilleur prix . Itinérance, un peu d’errance, des sacs à dos de 10 kg, mais des bières à tous les étages, 36.000 ha grandeur nature et 400 km de chemins de rando ..

Téléchargez tout le récit de cette randonnée en cliquant  ici :

http://pdf.lu/bJ8H

http://www.fichier-pdf.fr/2016/08/11/pdf-national-park-vers-3-d-czs/

Jan, 80 ans, un extra-terrestre vers Compostelle

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Une carriole en stratifié de polyester pour tout bagage.

Au début, j’ai cru à une hallucination lorsque j’ai vu arriver ce bonhomme maigrichon en ville, dans une albergue à Palace del Rei sur le Camino de Francès l’an dernier. Il tirait une remorque blanche derrière lui, avec un drapeau hollandais flottant dans l’air tiède . Je me suis approché pour voir à quoi ressemblait cet étrange équipage.  Il m’a fallut juste lire les inscriptions sur le capot pour commencer à comprendre à quel genre de personnage j’avais à faire.  L’air éreinté mais souriant, le type, véritable bête de somme sorti de nulle part, s’est débarrassé  lentement du harnais  puis il prit un des deux bidons accrochés sur la remorque pour se ré-hydrater. Il était grand, très mince, des cheveux gris tombaient de chaque côté de son beau visage . Puis il a maœuvré pour garer sa carriole dans le garage à vélo. Il ne cessait de sourire, visiblement comptant d’être arrivé.  Jan vient de Hollande mais Compostelle ne signe pas la fin de son voyage, son pèlerinage. Avant d’arriver sur le Camino, il est d’abord passé par Lourdes . Après Santiago, il se rendra à Fatima puis repartira encore plus loin : à Rome ! J’allais diner avec d’autres pèlerins et je le recroisais au centre ville .

The walking Dutschman, 80 ans, des Pays-Bas jusqu’à Compostelle

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Départ au petit jour pour une journée d’effort vers St Jacques de Compostelle

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Un ex-marathonien nomade animé par la foi et nourri aux yaourts

Lui aussi cherchait un bon menu à 10€ . De retour à l’albergue, il était là et  bricolait  je ne sais quoi dans sa carriole. Toute sa vie de nomade organisée était dans ce coffre fabriqué en polyester. Il en tira ses affaires pour la nuit et disparu dans un dortoir. Je le retrouvais le lendemain matin au départ , puis le perdis de nouveau de vue . Un soleil pâle se levait et je pris la route vers Arzua. A la sortie d’un bois je revis Jan. Il cheminait sur l’asphalte le long du rail de sécurité, doublé par les voitures . La route montait et je mesurais combien il souffrait. il s’arrêtait régulièrement pour reprendre des forces et son souffle . Mais derrière cette souffrance, je voyais toujours le même sourire sur son visage. Avec ce type de carriole, le bonhomme ne pouvait suivre le Camino par tous les sentiers.

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