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GR13 : lâche ta Souppes y’a du bouleaux à Nemours !

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foret de Nemours- randonnee sur le GR13
La forêt de Nemours..on the rocks

Il y a des randos qui vous tirent de l’hibernation et vous redonnent la pêche pour  une semaine. Celle-ci fait partie des anti -dépresseurs qui devraient être remboursés par la Sécu car  son efficacité  dépasse les 250%  ! Ce dimanche -là j’avais volontairement écarté le parcours commando de 27 km à Rambouillet proposé par Cyril de Sport et Nature pour suivre  celui de Geneviève, sympathique guide, également active auprès des Amis de la Nature, une organisation orientée  davantage « sénior ++ « . (dixit GH). J’avais convaincu Christine d’y participer en lui jurant que la météo serait magnifique, les chemins asséchés et que les 22 km en forêt de ..Fontainebleau seraient une partie de plaisir. Nemours.. Lire la suite GR13 : lâche ta Souppes y’a du bouleaux à Nemours !

GR34 Le Crouesty-Le Rohaliguen.. option polaire !

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Alaska ? Non , Bretagne sud !
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Le sentier des douaniers entre Le Crouesty et Le Rohaliguen
Les pins majestueux, princes du littoral breton

Aucun doute, les Bretons reparleront encore longtemps de cette fin février 2018 dans les buvettes du Morbihan et d’ailleurs. Nous sommes au Rohalinguen et les campings voisins sont aussi déserts que la toundra malgré les vacances scolaires. Blottis derrière la vitre de la petite maison d’été, nous regardons dubitatifs ce matin-là le thermomètre afficher – 7°c sous l’effet du vent de Nord-Est venu direct de Sibérie ! Damned, le mercure a encore chuté depuis notre arrivée. Balayage à tous les étages, le ciel bleu est éblouissant de pureté et selon Le Télégramme,

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un parcours côtier de 18 km sur le GR34

la région explose son record historique d’ensoleillement à cette date. Après trois jours d’exploration à vélo et quelques héroïques allers-retours pédestres à Sarzeau pour le ravitaillement, on profite de la fenêtre météo « supportable » pour organiser notre rando sur le GR34 avant la journée du lendemain annoncée à -10°c au lever du jour ! Nous sommes loin de la douceur du séjour de novembre dernier, de notre périple par la face nord  de la presqu’île de Rhuys par le sentier longeant les marais et parcs à huîtres du Golfe et plus encore de notre dinette improvisée sur la plage. Action ! Le car de la ligne 24 en provenance de Vannes stoppe à Sarzeau station et nous dépose au port du Crouesty vers 13h00. La brise glaciale joue dans les drisses des bateaux et sur les pontons où personne de lucide n’ose déambuler par ce climat. Le GR34 passe ici devant les terrasses des cafés clos, on le suit jusqu’au Petit Mont et son tumulus. Le vestige de pierres préhistorique nous abrite à peine et le pique-nique est  expédié. La végétation tente une timide sortie de l’hiver, pourvu que les premiers bourgeons résistent aux attaques tardives de ce froid inhabituel dans le Morbihan. La nature porte encore les traces des tempêtes récentes. Des pins jonchent ici et là encore le sol, des troncs fraichement

un profil un peu sportif par endroit

débités s’empilent déjà en stères. Le nettoyage de printemps a commencé. L’océan ridé par les fortes risées venues de terre a oublié sa houle d’ouest, peut-être tempère-t-il ses ardeurs avant les grandes marées d’équinoxe imminentes qui feront le bonheur des pêcheurs à pied. Difficile d’ imaginer le trafic monstrueux des plaisanciers aux mois d’été alors qu’au large un unique voilier sous deux ris et trinquette revient péniblement au port en tirant des bords. Sérénité éphémère presque magique, des volées de bécasseaux picorent sur la grève, quelques rares marcheurs investissent ce décor somptueux inondé de soleil. sentier gele dans le Morbihan, rando GR 34Le GR34 court par endroit sur la crête des dunes, le sable et le vent de face ralentissent souvent notre progression déjà laborieuse. balade velo golfe du MorbihanA deux pas des golfeurs sûrement venus d’une autre planète tapent la balle dans des rafales à 30 nds et par -4°c.  On enchaîne ainsi les longues plages du Fogeo, de Kerver, des Govelins avant d’atteindre la Pointe du Grand Mont et la côte rocheuse de Saint-Gildas. Des familles profitent de la belle fin d’après-midi pour mettre le nez dehors en bouclant quelques kilomètres sur ce fameux chemin des douaniers. Jambes engourdies par le froid, fatigués par seulement 17 km, nous quittons le GR à Saint-Jacques et la plage devenue soudain inhospitalière pour prendre la route abritée vers  Trévenaste et rejoindre enfin Le Rohalinguen. Cette côte sud de la Presqu’ile de Rhuys manquait au programme de Christine, la régionale estivale de l’étape. Dépeuplé de ses touristes, le GR breton 100% pur beurre et granit  nous a encore révélé quelques trésors de sa beauté magnifiée ce jour-là par tant de lumière. Game over, la tisane, le far breton-maison et le petit radiateur à huile du salon réchauffent lentement les corps.  Il est à peine 20h, le thermomètre extérieur s’affole de nouveau, une nouvelle nuit polaire s’annonce. Demain la médiathèque de Sarzeau et le Ty Poul, le café associatif local, feront encore le plein de visiteurs frileux. Le 10 juillet prochain la bourgade accueille la 4e étape du Tour de France, l’ambiance pourrait devenir cette fois torride !

 

 

 

Découvrez Vannes en une journée

un tour de quelques heures au cœur de la cité médiévale
le jardin des remparts

Lors de votre passage dans le Golfe hors- saison, alors que les liaisons maritimes vers les îles ne sont pas encore opérationnelles, pourquoi ne  pas de visiter la ville de Vannes  ?  Votre parcours  passe bien sûr par le tour des remparts de la ville. (1h30 environ) où vous admirerez les portes anciennes et le magnifique jardin. Après une collation obligatoire dans l’une des nombreuses crêperies, visitez le Musée de la Cohue, ex-marché aux poissons (ouvert uniquement l ‘après-midi). Avant de repartir,  faites un dernier détour par le quartier médiéval et ses maisons séculaires à colombages. Pour faciliter votre balade, L’Office du Tourisme vous propose désormais une visite guidée avec  « Vannes Tour » , sa nouvelle App pour smartphone. (munissez-vous d’écouteurs pour l’occasion)

 

Téléchargez la trace GPS  : https://www.visugpx.com/ZMtEgtfFau

Meaux (ise !) et la rando maudite sauvée des eaux

Lagny-Thorigny.. tout le monde rebrousse chemin par les passerelles anti-crues

Janvier, mois de toutes les résolutions de purification morales et physiques où les images bibliques de jadis se télescopent aux selfies narcissiques d’un XXIe siècle décadent, comment ne  pas songer avec nostalgie aux  Rois Mages en rando   vers la Galilée (source Wikirsch : Sheila – ‎Mars 1971 de ‎J Schmitt / C Carrère) mais plus encore à cet homme d’exception, autre randonneur infatigable qui erra dans le désert pendant quarante ans pour faire sortir d’Egypte son peuple empêtré dans un sacré pétrin, je veux parler de Moïse. Parmi ses exploits, rappelez-vous de sa fameuse traversée  de la mer ..à pied. Parallèle historique assez audacieux, je vais vous relater l’histoire d’un groupe de 27 randonneurs immergés cette fois en Seine et Marne, le premier w.e après l’épiphanie, synonyme pour vous, misérables païens, de frangipane, fève et couronne en toc . Cette fois ci, le guide du groupe se nomme Geneviève, femme rigoureuse qui veilla des décennies à faire respecter les lois gravées dans les tables républicaines et qui après une révélation probablement divine, se consacre à maintenir sur le bon chemin les brebis de Sport et Nature et des Amis de la Nature.  Sa mission est  ce jour-là de purifier une poignée de randonneurs en surpoids, et en proie à une ankylose musculaire hivernale sévère. Lors d’un premier message par mail, elle les avait prévenus sans ménagement :  » Bande de petits ..sal.. (éloignez les gosses de l’écran), vous allez expier vos fautes, de Lagny-Thorigny à Meaux lors d’un parcours de 23 km mené au rythme infernal de 4,5 km/h que je qualifierai en un mot d’allure SOU-TE-NUE. ». Ce qualificatif avait eu pour effet de décourager les moins entraînés d’entre nous qui préfèrent tester chez eux leur nouvel écran plat 82 pouces ou faire je ne sais quoi sauf d’aller au rdv à la Gare de l’Est à 9 heures du mat’ .

 

La Seine et Marne, la Brie dans toute leur splendeur

La promesse de cette purification péripatétique et un soleil radieux remplirent de joie les 27 randonneurs volontaires et tous affichaient un large sourire à l’idée de revoir la citée, sa cathédrale, Coppé son maire et ses kébabs. La ville et certains se réveillaient lentement, quelques autres avaient oublié leur déception d’avoir rater une semaine auparavant un Meaux By Night  very pathétique, ou s’en réjouissaient, au choix . (Voir  notre dernier article  « Rando d’hiver ? ..pas de la tarte mais de la galette  «   https://wp.me/p6NqC2-TA). Néanmoins les fidèles et piliers de Sport et  Nature marchaient pour beaucoup le cœur serré, l’âme encore marquée du souvenir d’une randonnée estivale douloureuse dont les faits sont relatés dans un autre article intitulé « Errance et zizanie à Meaux » – https://wp.me/p6NqC2-Ny ).

Bon, ok, raté le pique-nique à table !

Une fois encore le sort s’abattit sur  ce parcours francilien dès le premier kilomètre. Dès Lagny un univers liquide leur barra le chemin . La Marne était sorti de son lit elle aussi et les berges du GR1 submergées n’étaient plus qu’un vague souvenir.  Qu’importe, les marcheurs et leur  guide s’élancèrent au- dessus des flots  ! Rien ne semblait pouvoir anéantir leur appétit de kilomètres ni les détourner de leur but, atteindre la ville. Lorsque les dernières passerelles métalliques anti-crues disparurent du décors, tous regardèrent vers le ciel et demandèrent à Dieu lui-même : « Pourquoi cette p…de rando à Meaux est-elle maudite ? » . Aucune réponse ne se fit entendre . Alors Geneviève trouva une issue de secours dans les cartes. Fluctua nec mergitur, alleluia, une route parallèle nous conduirait jusqu’à la forêt, loin du traitre fleuve. C’est ainsi que l’on  traversa une nature aux allures de rizière (dixit Sylvie,  trekkeuse au long cours très imaginative) en remontant le canal menant à Meaux. Après 14 km, notre guide stoppa net notre progression.  Nous étions arrivés sur l’aire du pique-nique mais consternation et rigolade générales,  les tables baignaient dans une marre immense. La troupe fut invitée fermement à rester groupée sur la berge lors du repas. Seuls, quelques Judas bravèrent l’autorité pour s’installer sur un pont. Dans sa miséricorde Geneviève les pardonna et rompit une fois encore le pain et la galette, l’ apôtre André partagea le vin, je me crucifiais sur le sol pour m’imprégner du soleil miraculeux . Nous avions quitter Mareuil et nous cheminions vers Nanteuil lorsque un autre obstacle de taille se dressa devant vous : la redoutable route nationale N36. Perfide, bruyante, symbole de la triste zizanie d’octobre 2017 , l ‘artère infranchissable défiait une nouvelle fois un guide de Sport et Nature. Michel BL, meneur de cette rando à l’époque,  se remémora soudain cet instant tragique ou le groupe de 53 marcheurs se scinda en deux sous ses yeux remplis d’impuissance et  de résignation, les uns suivant un chemin incertain en lisière de forêt, les autres coupant à travers champs.

Parcours long mais facile avec le passage délicat de la RN 36

Geneviève chassa de son esprit cette visions cauchemardesque, préférant s’en remettre au bon sens , à sa carte et ..à Google Map. Quelle pitié ..Je pestais une nouvelle fois contre tous les guides de la terre hermétiques aux App de rando dignes de ce nom. Malgré tout, notamment les rond-points, nous avons réussi à rejoindre le GR1 . Les deux kilomètres se firent dans la boue des champs et une ultime route inondée nous força à escalader un coteau glissant pour  enfin rejoindre Meaux. De 23 km annoncés, nous en étions à 27. Le petit plus habituel offert par l ‘association. Ne la remerciez pas c’est cadeau !!

Téléchargez la trace GPS   en cliquant ICI

 

Rando d’hiver ? Pas de la tarte ..mais de la galette sur le GR1 !

Une longue diagonale ventée de 24 km entre bosquets et plaines.
Son altesse Anita 1ere de Bretagne et sir Vincent d’Ardèche.

Qui l’eut cru ? Pas moins de trente marcheurs un dimanche venté et pluvieux d’un moins de janvier marqué par les crues ! Il fallait bien la promesse de galettes à la frangipane pour  motiver et tirer de sous la couette bien des amateurs de grasse mat’ . De mon côté, je tenais à suivre mon objectif, celui d’enchaîner les étapes pour boucler le GR1 courant 2019, un programme proposé par Stéphane. Et puis un mois sans rando m’ avait plongé dans une semi- léthargie néfaste et avait arrondi mon tour de taille d’un kilo post-fêtes inquiétant. La gare du Nord connaissait les premiers retours de vacances, on prit la direction de Dammartin en direction de Crépy-en-Valois . Stéphane avait annoncé dans son mail 20 km relax, avec Meaux en ligne de mire . Le doute planait sur le groupe . Seule les kilos-joules de la dite galette  pouvaient justifier ce qualificatif rarement usité dans le vocabulaire du guide. L’état du sentier historique fut à la hauteur du niveau de pluie enregistré sur la Brie ces derniers jours, c ‘est à dire gras ++ . Autrement dit chacun s’adonna aux joies du patinage et dérapages plus ou moins contrôlés. L’usage des bâtons n’augmenta guère le rendement énergétique du randonneur. La recherche  constante d’équilibre et un vent de nord-Est-glacial-trois-quart face pompèrent rapidement les réserves emmagasinées lors d’un petit dèj’ déjà lointain. Une douzaine de kilomètres suffirent pour déclarer que l’heure de la pause avait sonné..au milieu de nulle part. On planta le camp dans un maigre sous-bois banal dont le seul attrait fut de nous protéger de la brise. Comme prévues, les galettes jaillirent des sacs au moment du dessert. Stéphanie et Stéphan en lutte constante contre la déshydratation sournoise proposèrent  Gewurztraminer et rhum arrangé. Les monarques du jour fut sacrés selon la tradition. Je récupérais une couronne accompagné dans mon règne éphémère par Laure

Chantal en plein rêve de baignade et de plages tropicales.

nt,  le Roi Vincent-d’Ardèche et la reine Anita -1ere-de Bretagne-et -Autres -Lieux découverts à marée basse. Un rien arrangé par le rhum, Stéphan ordonna avec une vigueur  très relative que le camp fut levé pour aller en découdre avec les 8 km restant. Gadouillage , grignotage et picolage finirent de faire chuter la moyenne jusqu’à la gare de Meaux. Le groupe se désagrégea au gré des envies  de chacun, aussi nombreuses que divergeantes : aller visiter le quartier, ancien, boire une bière ou rentrer à Paris. Meaux by Night ne nous laissera pas un souvenir impérissable. L’idée de trouver ici un bistrot ouvert après 18h un dimanche soir relève de l’utopie. Seuls quelques kébabs peuvent sauver de la famine quelques habitants errant en fin de week-end. Les portes de la cathédrale étant déjà closes, j’abandonnais déçu la balade prometteuse et les quelques amis randonneurs attardés pour reprendre un train direct vers la Gare de l’Est. Cette étape no 9 du GR1  s’allongea au final sur 25 km et fut avant tout un moment tonique convivial et un bon entraînement pour une nouvelle année de rando que je  souhaite à tous, chers lecteurs, pleine d’aventures, de soleil, de découvertes et de rencontres.

 

Téléchargez la trace GPS de cette randonnée ICI

Chevreuse pluvieuse, sa vallée, ses randonneuses joyeuses !

Et surtout bonne santé !!

Une dernière rando de l’année, ça se fête ! Pour l’occasion Stéphanie, guide expérimentée de Sport et Nature, épaulée par  Cécile, a pris les opérations en main : direction la Vallée de Chevreuse entre les gares de Coignière et St-Rémy (78). Une bonne dépression hivernale a balayé le décor de ses nuages pour un moment et le passage du front chaud offre une température à 9°c  au soulagement des 17 randonneurs  d’un groupe à composante très féminine. Les chemins portent encore le souvenir des averses de la veille, des ruisseaux slaloment entre les rochers émergeants. La forêt s’est presque dépouillée de ses oripeaux d’été et laisse découvrir un nouveau décors végétal composé de troncs enchevêtrés, de mousse et de mares. Prudence, un tapis de feuilles mortes cache désormais les pierres et les  racines glissantes, autant de pièges sournois pour randonneurs distraits. Certes, la vallée de Chevreuse n’a plus trop de secrets pour les parisiens. Combien de fois avons-nous parcouru les méandres de l’Yvette ou des ses affluents  ? Pourtant ce jour-là  le parcours bien rodé  va se heurter par endroits aux excès de la météo . Un ru a gonflé dans

 

 

la fameuse Maison de fer.

la nuit  et complique la poursuite du GR11 . Malgré les efforts de construction d’un pont de fortune signé Vincent, personne n’ayant vraiment envie de se tremper les pieds, on contournera l’obstacle par les hauts pour rejoindre Dampierre. Il est plus de 13h30, nous marchons depuis 12 km et les premières fringales se manifestent. Une pause s’impose. Les bouteilles de breuvages régionaux et de destinations exotiques sortent des sacs, Stéphanie fait circuler le foie gras et le pain de campagne, le déjeuner royal s’installe sur les hauteurs du château où les monarques festoyaient jadis. Après la ronde des desserts des plus caloriques, les selfies, le cloc des verres en plastoc qui s’entrechoquent, le groupe émerge de son demi comas pour reprendre le sentier. Les secondes parties de rando connaissent généralement une baisse de régime.

 

 

Vincent, diplômé des Ponts et Sentiers dans ses œuvres.

C’est l’heure où l’on compte les kilomètres restant, ceux qui séparent le randonneur de sa prochaine bière au bistrot en face de la gare du retour. Les pauses « techniques » se multiplient, les côtes de la Vallée de Chevreuse martyrisent les jambes encore engourdies, des signes symptomatiques d’une randonnée endormie qui s’éternise et se disperse. Stéphanie sourit et capitule, réalisant qu’elle a un peu perdu le contrôle des marcheurs qui suivent seuls à l’aveugle les marques rouges et blanches du GR, un chemin qui conduit forcément à un train. Peut être , peut être pas ! Il est plus de 16h00, ciel plombé et menaçant, près de 6 km restent à parcourir pour rejoindre St Rémy-les-Chevreuses et son RER. Le podomètre annoncera vingt et un kilomètres au final, les 18 annoncés sont une vieille histoire. 2017 s’achève en beauté. Je regarde dans le rétro des 25 randos parigots de l’année, ma semaine sur le GR34, cet inoubliable, long, difficile chemin de Compostelle entre Irun et Santiago. Et puis avec tendresse mes chaussures fatiguées qui finissent par craquer sous les 1800 km infligés !

Téléchargez la trace de cette randonnée ICI

 

 

 

sympa, facile et tonique
Une belle rando d’environ 20 km qui suit la vallée de l’Yvette.
Le château de Dampierre
place au rêve

Ouÿe fine et randonnée dans la forêt de Dourdan (91)

Une très belle randonnée de 22km en pleine forêt, avec du dénivelé intéressant
Traversée d’un bois à l’ autre à travers les champs .

Dernière débauche de couleurs avant l’hiver, RERC, gare de Dourdan, tout le monde descend ! Les feuilles se ramassent à la pelle en novembre et ce dimanche là une foule de randonneurs vient une nouvelle fois fouler les sentiers d’Ile de France, véritables tapis 100% bio dont le confort est sans égal en automne. Dourdan fait partie de ces points départ agréables,  il fait bon y flâner le long des douves du château avant de s’enfoncer au sud-ouest dans la forêt de l’Ouÿe que l’on l’appelait autrefois « forêt de Saint-Arnoult-l’Ouÿe ». Celle-ci est constituée de 2 massifs :au nord celui de Saint-Arnoult et au sud celui de l’Ouÿe. Ce domaine doit son nom à l’abbaye de l’Ouÿe fondée en 1163 par Louis VII dit le Jeune ou le Pieux, pour remercier le ciel de lui avoir permis d’entendre l’appel de ses compagnons un jour où il s’était égaré dans cette forêt. Ce splendide ensemble est aujourd’hui une propriété privée, hélas non accessible au public. Alors le marcheur ne s’y attarde pas et poursuit son périple par des sentes au nom de « Chemin de la Messe »  ou « chemin des soupirs » . Chaque route et chaque carrefour vous transporte ainsi dans un passé médiéval et religieux un voyage au temps des seigneurs et de leurs chasses, de la paysannerie et des brigands. L’immersion dans la nature est totale lors des 22 km de ce parcours à peine troublé par le passage de départementale. Des circuits pédagogiques bien documentés viennent agrémentés cette balade qui serpente du GR1 au GR111. De nombreuses essences d’arbres s’y sont développer au fil des siècles et le gibier ne manque pas

Christian prépare une fondue au chocolat en plein pique-nique ! Bientôt le cassoulet en direct.

. Il suffit de prendre le temps de découvrir les richesses de cette flore si généreuse et d’avoir l’ouïe fine pour écouter les derniers chants d’oiseaux avant un plongeon dans l’hiver silencieux !

 

Télécharger la trace de cette randonnée ICI 

Tour IDF sur le GR1 – Etape n° 7 – Rando sprint de Pontoise à l’Isle-Adam

2′ km – étape du GR1 , « ceinture verte d’Ile)de-France »
Arrivée sous le soleil à l’Isle-Adam

Lorsque Stéphane nous a proposé  à l’origine  de parcourir les 650 km du GR1, le sentier historique de Grande randonnée qui entoure l’Ile de France, il a précisé afin qu’il n’ y ait pas d’équivoque : rythme soutenu ! Afin de compléter la description de cette rando marathon  effectuée de gare à gare, j ajouterais :  étapes prévues ne descendant que rarement sous les 25 km !  Cette 7 e portion de ce GR1 appelé parfois sur certaines « Ceinture verte d’Ile de France », a débuté à  Pontoise dans des conditions idéales pour regarder la télé, c’est à dire de sous de fortes rafales accompagnées de pluie. Résultat , vu la météo et la distance annoncée de 24 km , nous n’ étions qu’une quinzaine au pour marcher jusqu’à l’Isle-Adam-Parmain.  Couleurs d’automne magnifiques, ciel plombé de 50 nuances de gris filtrant les rayons, tapis de feuilles multicolore, personne ne regrettait d’avoir quitter sa couette. Ce beau parcours en sous bois  présentait au moins l’ avantage de nous faire évoluer  à l’abri, certes  entre les quelques passages en plaine plutôt turbulents. Le plus gros du coup de vent était en fait passé dans la nuit et avait laissé des traces. De nombreux arbres brisés jonchaient le chemin çà et là et avaient emporté par endroit lignes téléphoniques ou des clôtures. Cependant ni la boue ni le vent n’avaient provoqué la moindre baisse de régime chez les meneuses du groupe. Au bout de 14 km menés au taquet, Stéphane consentit  après quelques rapides et rares pauses techniques  un pique-nique au milieu de nulle part. Faute de véritable toit mais sous un brin de soleil miraculeux, le groupe squatta une haie en lisière d’un champ accueillant. C’est beau le Vexin à l’ombre des betteraves en feuilles . L’affaire fut pliée en une demi-heure avant l’arrivée d’une nouvelle vague de grains, bref juste le temps de reprendre des forces, déguster le rhum arrangé de Stéphane et le gâteau au chocolat de Chantal, unique dessert de cette rando en terrain lourd . Ni le carburant à 40°, ni

Passage à Nesles-la-vallée

le déjeuner rapide n’affectèrent la cadence des meneuses. La remontée vers Nesles-La-Vallée se fit au même rythme  « soutenu + » reconnu enfin Stéphane. A peine deux heures plus tard, le vent avait nettoyé le ciel, nous arrivions à L’Isle-Adam, fourbus, crottés, humides mais ravis de cette fin d’après-midi radieuse. C’était l’heure des comptes, nous avions avalé les 24 km en 5 heures. Programme respecté !

 

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GR 34 – Presqu’Ile de Rhuys (Morbihan), une rando entre deux mers

Une très belle balade pour découvrir le double visage de la presqu’Ile de Rhuys
la tranquillité du petit port de la pointe de Kermer

Bienvenue sur la Presqu’ile de Rhuys et profitez de deux mers pour le prix d’une !  D’un côté le Golfe du Morbihan et de l’autre l’océan, que rêver de mieux pour marcher à nouveau une vingtaine de kilomètres sur le GR34, ce chemin que je grignote depuis quelques années avec le même appétit. Cette belle promenade assez facile débute au port du Crouesty. Le bus n° 24 (partant de Vannes) peut vous y conduire en quelques minutes si vous loger à Sarzeau ou ses environs (nous sommes partis du Rohaliguen). Le GR34 passe d’abord par le très/trop  clean Port Navalo, lieu d’embarquement vers les îles  d’Houat, Hoedic, le port de Locmariaquer et les mini-croisières dans le Golfe en saison. Puis en s’éloignant l’itinéraire redevient plus sauvage, de quoi oublier l’urbanisation forcenée. Il vous fera découvrir alors les divers aspects des réserves naturelles qui abritent de nombreuses espèces d’oiseaux, résidents ou migrateurs venant de Scandinavie. Dans un calme absolu, le marcheur chemine  souvent sur le tapis d’aiguilles des pins géants, au gré des petites criques sur un sentier sinueux parfaitement balisé et bien entretenu. Il fait bon y pique-niquer ou s’arrêter dans un petit port pour y déguster une douzaine d’huitres providentielle d’une fraicheur divine arrosée d’un verre de blanc. Le paysage change au rythme des marées et des coups de vent. Cette mer intérieure bouillonne par endroit sous la puissance du flux qui l’envahit. C’est un des rares endroits du littoral où les bateaux peuvent naviguer jusqu’à 10 nds pour vaincre la force des courants. La Presqu’Ile de Rhuys, terre des Ducs de Bretagne, abrite également quelques châteaux bien restaurés qui raviront toute la famille en balade et de bonnes biscuiteries pour les plus gourmands. Après l’effort, profitez en été des plages de l’océan. Le micro-climat du Morbihan est bien réel !  Cette portion du GR34 fait partie du Tour du Golfe, un parcours de 360 km qu’un bon randonneur peut effectuer en une semaine ou dix jours s’il souhaite visiter l’Ile Aux Moines de plus en plus chic et celle d’Arz.

Téléchargez le fichier . gpx ici :ICI

Errance et zizanie à Meaux, la rando de tous les maux !

Un itinéraire de 26 km pifométrique à rallonge !

C’est l’histoire d’un beau dimanche d’automne, un de ces jours divins où l’été allait jouer les prolongations et pousserait les franciliens les plus flemmards à profiter de la nature et regarder le soleil embraser le décor. Bref un jour de rêve pour randonneur puisque le mercure allait même grimper ce jour-là jusqu’à  24 °C  !  C’était prévisible,  pas moins 54 membres  de notre association s’agglutinèrent  dans le hall  de la gare de L’Est avec le programme initial de parcourir 20 km idylliques  sur les coteaux de la Marne. Un beau dimanche certes,  où la SNCF décida sans prévenir de supprimer le train desservant la gare de Nanteuil Saacy, une gare de banlieue anodine, banale mais hélas gare du point de départ de la rando. Aucun train avant une heure, entrain brisé net, il fallut renoncer à rejoindre la station puis de concevoir un plan B. Michel, notre malheureux et guide maudit en charge de cette meute de marcheurs affamés de sentiers opta pour aller à Meau et longer peinard le canal vers Lagny. Un beau dimanche en perspective et une promenade tranquille quoi ! Une balade même plus courte que prévue , un itinéraire  facile, sans stress ni contrainte. Il suffirait juste de cheminer sur les berges  rectilignes où 54 marcheurs  dociles  et joyeux contempleraient les cygnes et les roseaux. Arrivé à Meaux, il fallut néanmoins expliquer, réexpliquer le nouvel itinéraire.  Et  convaincre cette troupe rêvant de vignes verdoyantes et de dénivelés qu’elle ne perdrait pas au change en troquant des coteaux contre un canal. Facile .. hum..

Echange coteaux contre canaux. Ça vous va ?!!

Meaux, morne plaine..

Meaux, sa gare , au loin sa cathédrale magnifique , son maire célèbre au nom de Coppé.. Cette jolie ville est traversée par la Marne d’où part le canal depuis Vitry-Le-François. A gauche des ponts, à droite des ponts, des GR  qui suivent les rives s’étirant dans plusieurs directions. L’endroit idéal pour se planter dès le départ d’une randonnée ! Le bons sens nécessitait peut être de sortir une boussole et partir au sud-ouest et non de  suivre un balisage incertain vers l’Est lointain le long d’une berge verte et attirante ?  Il n’en fut rien, résultat le groupe de 54 marcheurs remonta la Marne au lieu de la descendre et rata le canal ! Ce n’est qu’à Nanteuil-les-Meaux qu’on réalisa avec effroi que Lagny était à l’opposé. Une erreur de navigation peut toujours se produire.  il suffit soit de revenir sur ses pas , soit de remettre le cap dans la bonne direction pour reprendre le GR dans le bon sens. Mais en ce magnifique dimanche d’automne, on piqua plein ouest dans l’inconnu avec l’espoir de rejoindre ce foutu canal. Perplexe, je déchiffrais une nouvelle fois la carte du coin sur l’App Iphigénie et constatait qu’une départementale 4 voies allait se présenter devant nous, et ce sans aucun pont ni sous-terrain, genre ligne Maginot du randonneur. Après une errance en zig zag dans une vague ZAC, des signes de forte mauvaise humeur  s’élevèrent de la meute lorsqu’elle butta sur les rails de la départementale. Il fallait contourner l’obstacle, soit en revenant à droite chercher un rond-point vers Meaux, soit descendre au sud attraper une lointaine passerelle. On choisit cette option sans conviction en longeant la 4 voies sur plus d’un kilomètre.

Et Google Maps prit subitement le pouvoir

Petit moral mais grosse fatigue au pique-nique !!
54 , record battu !!

54 marcheurs en file indienne, ça donne envie de se mettre à la rando!  Après le coup de la ZAC, certains étaient presque au bord de la rupture et manifestaient leur ras le bol et le désir de rejoindre la gare la plus proche. Une fois la départementale enjambée, aie..je réalisais avec stupeur qu’aucun chemin ne permettait de rejoindre le canal de Meaux ! Un champ immense nous séparait d’une petite forêt qui menait vers Mareuil et sa gare providentielle pour certains. L’inquiétude monta d’un cran. Le randonneur du dimanche sans chemins balisés c’est un peu comme une loco hors des rails. A cet instant de doute, une quarantaine d’entre eux préférèrent suivre  le guide officiel pour contourner le désert, j ‘attirai les plus téméraires plein ouest sur la terre retournée. Un vent de zizanie soufflait alors sur la plaine! Il n’allait pas s’apaiser sur la suite du parcours lorsqu’il s’agit de suivre ou non le GR14A en forêt et de se rallonger de 1 à 2 km. Si le randonneur du dimanche hait l’absence de sentiers balisés, il connait désormais l’usage du GPS et plus encore celui de Google Maps. J’avais pu le constater en juin dernier sur le Camino del Norte vers Compostelle. Deux jeunes lettonnes marchaient tablette en main en ignorant même qu’il existât un chemin fléché de jaune et des coquilles ! Magique, la fonction « piéton » de Google Maps permet en effet de rentrer chez soi à pied , quitte à utiliser les pistes cyclables et des nationales ! La cartographie passe-partout n’est pas au 1:25.000e mais avec un peu de chance, le randonneur peut toutefois tomber sur un GR. Smarphone en main, un groupe de dissidents taillait ainsi la route vers Lagny alors que Michel et moi, pauvres nains,  étudions encore la carte IGN et l’App Iphigénie pour concevoir un parcours digne d’une vraie rando et non pas un banal itinéraire calculé par Google. A force d’errer entre les rives de la Marne, les ZAC les départementales, hors des sentiers battus, et de chercher un canal, le podomètre s’affola. D’un parcours initial de 20 km, je comptabilisais 26 km à l’ arrivée en gare de Thorigny-Lagny … et quelques déserteurs !

 

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RANDO-PSYCHO : Pourquoi veulent-ils randonner en groupe ?

Jamais il n’y a eu autant de clubs et associations proposant des sorties en randonnée pédestre. On croise désormais en forêt des équipées de toutes tailles, rapides ou lentes, mixtes, rassemblant des marcheurs de même confession religieuse voire d’orientation sexuelle. Ils présentent néanmoins un point commun, celui d’avoir choisi délibérément de marcher ensemble. Quelles sont leurs motivations ? Quelles contraintes et avantages procure le groupe en marche ? Éléments de réponse.

En apparence, il semble facile de randonner seul, en couple ou avec quelques amis. Le regroupement autour d’une activité comme la randonnée s’appuie sur plusieurs piliers spécifiques. Hormis l’aspect purement social où prédomine l’instinct grégaire et la recherche de convivialité autour d’une passion commune, le regroupement de randonneurs est dû à une quête de sécurité ou de détente. L’immersion en pleine nature sur des itinéraires peu ou pas connus suscite bien souvent le stress de se perdre. Ce qui en IDF se solde uniquement par quelques heures d’errance jusqu’à une prochaine ville ! Cette crainte légitime est due pour beaucoup au manque de connaissances ou au manque d’intérêt des marcheurs à lire une carte ou à utiliser un GPS. Par ailleurs ces associations accueillent une large majorité de femmes, de l’ordre de 60 à 80%, notamment en IDF le plus souvent célibataires. (2,4 millions de personnes vivent seules ou en famille monoparentales, dont 80% de femmes). L’association de randonnée leur offre une activité « accompagnée » dans un environnement potentiellement anxiogène pour une femme seule.

Comme dans d’autres activités sportives plus ou moins engagées, le groupe rassure même si la randonnée pédestre présente peu de dangers d’ordre physique. Les chutes sont rares, la marche sollicite peu le système cardiaque, excepté lors de parcours incluant de forts dénivelés. Le vrai risque concerne la déshydratation ou l’insolation par négligence, ou bien le froid pour les randonneurs insuffisamment équipés en montagne. L’orage et plus spécialement la foudre constituent de véritables dangers, ainsi que les avalanches. Toutefois l’idée d‘être victime d’un accident isolé, même minime, au milieu de nulle part constitue un réel blocage à la randonnée en solo. Le téléphone portable retrouve ici une place prépondérante à titre de moyen d’alerte mais toujours avec l’angoisse plus ou moins fondée de l’absence de réseau.

Entre quête de sécurité, laisser-aller et instinct grégaire

Ainsi la randonnée en groupe libère le marcheur de ses craintes primaires en lui apportant la sécurité physique (sans la peur d’accident isolé, de mauvaise rencontre) et estompe le stress de l’égarement. Le groupe étant mené par un guide, le marcheur « encadré », affranchi de la carte et bien souvent de la logistique du transport profite pleinement des plaisirs de la rando. J’ai pu vérifier à maintes reprises le désintéressement du randonneur en groupe vis à vis de sa position géographique et sa direction.

Les questions récurrentes sont d’ordre fonctionnel et paradoxalement individuel par rapport à la forme physique, voire à des contraintes horaires : combien de kilomètres a-t-on fait ? A quelle heure le déjeuner est-il prévu? Combien de kilomètres encore à parcourir et quand pensez-vous arriver à la gare du retour ? Dans ce contexte, le guide peut se retrouver sous la pression du groupe à la moindre erreur de parcours susceptible de modifier l‘horaire prévu pour le départ.

Le programme annoncé de la randonnée s’avère ici important. Chaque individu qui intègre un groupe en connaissance de cause engage sa responsabilité à suivre le rythme sur une distance déterminée. Sa défaillance peut engendrer diverses réactions : soit de la compassion voire de la solidarité de la part du groupe, soit une critique négative, jusqu’au rejet. Le randonneur en difficulté ou en souffrance interfère avec les performances collectives et l’objectif du jour. Lors d’une récente randonnée, un guide s’est plaint de la lenteur d’un randonneur, l’accusant de ne pas « rentrer dans le moule » du programme défini. Cette remarque très dure illustre à la fois la problématique de l’homogénéité du groupe et celle de la manifestation de l’autorité dans une activité de loisir ou, paradoxalement, personne n’est soumis ni à un résultat ou à une performance. Dans un groupe de petite taille (4-5 personnes, copains ou famille) le leader calera souvent son avancée sur la personne la plus lente ou victime d’une défaillance physique. La dimension amicale ou affective génère ici davantage de tolérance. En revanche dans un groupe de taille importante (de 20 à 40 personnes), l’individu peu performant est moins bien toléré puisqu’il s’est moralement engagé à suivre. Toute surestimation physique met en péril l’homogénéité du groupe. Au pire, le guide peut alors décider de l’exclure de la randonnée en lui trouvant une solution de retour anticipé, laissant de côté toute compassion pour remplir son propre « contrat » avec la communauté. Cette décision extrême recueille en général l’approbation du groupe. Un ou deux membres peuvent alors faire preuve de solidarité (ou d’opportunisme !) en raccompagnant l’exclu jusqu’à une gare. Quant à l’auto-exclusion, donc abandon volontaire de la randonnée, elle reste une décision délicate. D’abord pour une question d’amour propre, d’échec, même si elle relève du bon sens si l’intégrité physique est en jeu. Puis intervient souvent un certain sentiment de culpabilité comme « élément perturbateur » . Si désagréable soit il, cet « incident de parcours » a le mérite de recaler le marcheur dans un programme moins ambitieux, plus réaliste. Avant de réintégrer un groupe sur un parcours de 25 km avec du dénivelé, le marcheur sera plus objectif et aura gagné en expérience.

Prisonnier volontaire d’un groupe

L’autre besoin de randonner en groupe s’appuie sur une composante psychologique moins évidente. La longueur des parcours, la fatigue, une météo défavorable… autant de paramètres qui jouent sur le mental du marcheur. Le groupe joue son rôle de moteur notamment en favorisant un « dialogue de proximité de diversion ». Le marcheur l’utilise pour « oublier »  sa fatigue voire la monotonie du chemin, au même titre que les joggers en solo utilisent de plus en plus le lecteur de musique. Le groupe l’entraîne, lui impose son rythme, il en est le prisonnier volontaire mais il y puise l’énergie nécessaire pour avancer.

Le marcheur redoute l’isolement ou la solitude dans le groupe car, souvent, elle rime avec l’ennui qu’il fuit. En regardant de près un groupe de 40 personnes en rando, on constate qu’il se scinde en plusieurs sous-groupes. Les marcheurs les plus rapides sont évidemment en tête. Le sous-groupe « peloton » central reste très compact et les individus marchent quasiment dans les pas de ceux qui les précèdent. Les marcheurs avec bâtons sont généralement critiqués pour le danger qu’ils peuvent créer. Alors qu’il est facile de conserver un mètre de distance ! En file indienne le marcheur n’a ainsi qu’un champ de vision relativement réduit en face de lui. Il reste concentré sur le sentier, les conversations accaparent une grande part de son attention et brident son potentiel d’observation de l’environnement. Le marcheur solitaire suit sa carte, décrypte le paysage sur 360° et l’intègre. Pour être objectif, cette attention extrême lui le prive parfois du relâchement et de la rêverie, bref du plaisir de se laisser guider sans réfléchir.

Sans vouloir être désobligeant, on rentre ici dans « l’effet troupeau ». Car étonnamment les randonneurs se doublent peu mais subissent souvent le rythme. Toutefois, il n’est pas rare que des marcheurs s’isolent momentanément par deux ou trois soit parce qu’ils ont décroché, pris dans leur discussion, soit volontairement. Ils forment alors le sous-groupe de queue. L’étalement excessif d’un groupe de randonneurs peut poser quelques problèmes de cohésion et de sécurité. Certains attardés perdent de vue le groupe lors d’une bifurcation. Fait anecdotique sans conséquence, si ce n’est un peu de retard pour regrouper tout le monde. Or les retardataires forcent le groupe à les attendre, ils créent ainsi parfois un peu de mauvaise humeur. Plus fâcheux, ceux-ci disposent de moins de temps de récupération et accumulent plus de fatigue en fin de randonnée. La douleur, la frustration, le regard négatif de certains provoquent le doute et des remises en cause de l’activité. Heureusement la randonnée en groupe montre le plus souvent un visage très convivial, celui du partage de pique-niques copieux et arrosés, d’une communication débridée entre marcheurs contents de se revoir après de longues absences. C’est pour beaucoup de gens isolés l’occasion de se socialiser et de dépasser leurs limites, entraînés par le groupe, et de pouvoir ainsi progresser. Certains franchiront la frontière ; ils pourront diriger les autres en leur faisant découvrir de nouveaux itinéraires dans leur région.

Randonneur et zappeur

Enfin, la multiplication des randonnées au sein d’un même groupe se solde peut créer chez le marcheur un sentiment de monotonie et de routine. Les randonneurs quittent alors l’association ou le club habituel pour rejoindre un autre groupe, un autre club afin de rencontrer d’autres personnes ou découvrir d’autres itinéraires. Toutefois, la plupart recherche une structure de même nature : même taille du groupe, même longueur de parcours, même zone géographique ! Cette rencontre avec des personnalités nouvelles crée souvent un regain d’intérêt éphémère. L’effet zapping existe aussi en randonnée.

Ainsi des marcheurs peuvent s’orienter vers des « groupes de randonnée ponctuels ». Je citerai le cas de l’association OVS (On Va Sortir). Cette grosse structure, notamment en région parisienne, propose de nombreuses sorties en journée ou en séjour de rando sur son site internet. Il y en a pour tous les profils. Son fonctionnement facile basé sur une simple inscription en ligne attire un nombre important d’adhérents. Les groupes de randonnée (et autres activités) se forment et se défont au rythme d’un turn over permanent. Si cette randonnée « en libre service » s’avère pratique et souple , et favorise les rencontres amicales ou « sentimentales », en revanche bon nombre de randonneurs regrettent rapidement le lien tissé dans une structure régulière sur le long terme. Les randonneurs se croisent, certains sans jamais se revoir.

 

 

Conclusion

La randonnée en groupe n’a rien d’un sport collectif. C’est avant tout un rassemblement d’individualités plus ou moins solidaire union par l’intérêt de la marche ou chacun vient chercher convivialité, de la facilité logistique et sécurité. Des liens s’y tissent et s’y détissent tant au fil du temps, des amitiés y naissent et dépassent les frontières du groupe. Les défauts homogénéité dues aux différences de niveau y créent parfois des tensions, des rejets, de l’auto-exclusion, voire des renoncements à l’ activité. L’instinct grégaire, la recherche de dialogue accentue la compacité du groupe en marche,

 

Prochain sujet : De quoi parle-t-on en randonnant en groupe ? Thérapie ou prise de tête ?