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Une rando-marathon, 13 filles au taquet, un guide radical et moi et moi et moi

L’oise à l’Isle Adam
Trois grâces en extase devant un abreuvoir !

« De l’Isle Adam à Luzarches, 32 km à allure soutenue guidée par Stéphane« . Je compris immédiatement  que la randonnée proposée par Sport et Nature ce jour-là réunissait tous les ingrédients pour repousser nos limites habituelles, sachant qu’au-delà de 30 km et à 4,5 km/h en continu la fin de parcours se ferait  dans la douleur. Et puis c’était Stéphane. La réputation de cet accompagnateur radical n’est plus à faire. Ce mec  sympa  a rayé depuis longtemps les termes compassion et diminution de parcours de son vocabulaire de meneur. Seul compte le respect du programme annoncé. Mou du genoux s’abstenir ! Quelques mois auparavant des randonneurs de l’association avaient pu vérifier cette réputation lors d’un retour vers Paris plutôt rock ‘n roll.  Ça débuta par  une course contre la montre durant les trois derniers kilomètres pour attraper un train, suivie d’une montée acrobatique dans une mauvaise rame. Épuisement collectif, la journée déjà éprouvante se solda par un retour vers les 22 heures ! Record battu .
Vu la distance non négociable, le rythme imposé et malgré une météo plus que clémente, seulement quatorze randonneurs répondirent présent au rendez-vous de la Gare du Nord. Treize filles, le guide et votre serviteur. Dès le départ de la gare de l’Isle Adam-Parmain, mes craintes se confirmaient, d’autant que le groupe de tueuses mené par Stéphane partit à fond le long de l’Oise. Comment allais-je pouvoir tenir la cadence infernale sur 32 km derrière cette meute gonflée à bloc ? Stéphanie dans mes pas, une baroudeuse de l’asso qui connaissait la musique pour avoir fait les 40 km du Mont Saint-Michel avec lui, je laissais filer et pris le temps du warm up habituel. (Il me faut bien 6 à 8 km pour atteindre ma vitesse de croisière.) Nous n’étions pas les seuls à trainasser en queue de peloton. Dès le briefing j’avais remarqué  Émilie, une nouvelle venue plutôt fluette et chaussée de simples tennis. J’essayais d’écarter mes a priori relatifs à l’équipement douteux de certains randonneurs, mais par expérience je savais qu’elle allait connaître de vrais soucis sur une telle distance. Il fallut pas moins de 16 km et la pause déjeuner au bord d’un étang baigné de soleil pour que le groupe mette enfin un bémol à cette marche rapide. Heureusement ce beau parcours en forêt ne présentait pas  de grosses difficultés si ce n’est quelques bosses, histoire de nous rappeler que ce tour de l’Ile-de-France

Un ultime massage au Baume du Tigre pour Emilie avant de reprendre le train à Viarmes

sur le GR1 est loin d’être plat ou monotone. Après une heure de repos, le rhum arrangé de Stéphane, la ronde copieuse des desserts , chacun réalisa qu’il fallait marcher encore la même distance, soit 16 km, donc abandonner ce rythme proche du Nordic walking !  A la reprise, Emilie , les muscles refroidis, comprit dès les premiers pas que la rando en tennis n’était pas le meilleur choix. Je fouillais dans ma pharmacie pour lui offrir de l’Advil et calmer ses contractures jusqu’ à la gare la plus proche et prévenais Stéphane. Le guide m’écouta, étudia la carte, nous étions au milieu de la forêt de Carnelle, la gare de Viarmes semblait la solution la moins pire pour Émilie. Miracle, il consentit à dérouter le groupe  ! (On n’en revient toujours pas).  Elle tint la distance grâce aux 400 mg d’ibuprofène jusqu’à destination puis une petite randonneuse thaïlandaise sortit de son sac toutes sortes de baumes exotiques , une copine un peu kiné lui administra un ultime massage avant que le groupe l’abandonne en ville avec une autre fille. Mais Stéphane n’ avait pas du tout renoncé à ses principes , 32 km c’est 32 km ! Alors il nous entraîna plein nord  jusqu’ à l’ abbaye de Royaumont afin de remplir le contrat. En franchissant la voie ferrée, on regarda  s’éloigner la gare de Seugy distante de quelques centaines de mètres. Luzarches était encore si loin, comme la plupart d’entre nous j’aurais bien repris le train ici ou une bière dans un de ces bistrots paumés de grande banlieue plombés par l’ennui. Ni pense même pas pauvre nain me suis-je dit, tu as signé et  puis hors de question de perdre la face devant les douze amazones sous perfusion d’adrénaline ou dopées aux amandes ou autres barres de céréales survitaminées. Après ce changement de parcours et une courte halte sans intérêt à Royaumont, un rien fatigué Stéphane perdit un peu de sa lucidité et son chemin, d’autant que sa portion de carte avait atteint les limites de lecture du tracé. Lors d’un contrôle GPS sur  App Iphigénie de mon Iphone, je me mis à douter de son choix  vers le sud. Après concertation, il accepta de prendre une route directe vers Luzarches  en  évitant une rallonge aussi pénible qu’inutile sur une variante du GR1. Il était près de 17h, on avait eu notre dose,  plusieurs me demandaient quelle véritable distance affichait le compteur. Coup d’œil sur le podomètre-bracelet et le GPS, nous avions parcouru plus de 34 km !  L’ heure de train jusqu’à la gare du Nord me plongea dans un demi-sommeil, rincé mais content.

Cette belle rando marque la 6e étape du GR1. Il nous reste encore de nombreux dimanches pour boucler les 670 km de ce sentier historique qui encercle Paris. Sachant qu’avec Stéphane, on devra parfois pousser plus loin la machine ! Le prix à payer pour progresser.

Téléchargez la trace GPS ICI

La crème de la rando à Chantilly

photo delire 3
La bande de gagneurs, guerriers de grands chemins..en route vers l’apéro
trace Chantilly
Balade estivale par l’Abbaye de Royaumont et incursion dans la forêt de Chantilly
Royaumont 3
Après de nombreux obstacles, une longue errance , le groupe arriva enfin devant les grilles de Royaumont ..fermées . Shit !!

A l’occasion du 8 mai, une quinzaine de  champions d’une célèbre association parisienne de randonnée, avaient répondu à la sympathique invitation de Christian et de sa compagne Cécile. Hasard du calendrier, ce couple symbolisait ce jour , anniversaire de la victoire 1945, le rapprochement Franco-Allemand. Car Christian a franchi le Rhin vers les années 90  (??) pour venir travailler  dans l’Hexagone.  Accent de Bavière irrésistible , sens et rigueur de l’organisation incontestables, extrême gentillesse, autant d’atouts qui ont dû séduire Cécile, cette parisienne intrépide en quête à l’époque de rencontres exotiques. Lors du court briefing à la gare de Luzarches, Christian annonça le programme : la rando sera de 20,5 km. A ce jour, aucun guide n’avait fait preuve d’une telle précision . Le groupe eut du mal à dissimuler son admiration. Toutefois, cette admiration laissa rapidement place à un certain doute, lorsque qu’une demie heure plus tard nous étions ..un peu perdu à la sortie de la gare ! Cela n’avait en fait que peu d’importance, nous avions décidé de passer une journée relax. La météo annonçait 26°c , j’ avais donc opté pour une tenue légère aux couleurs blanche et grise coordonnées. Cette belle unité n’échappa pas aux femmes de goût. Elles m’en firent la remarque, de quoi flatter mon égo  et me croire durant deux secondes irrésistible. Avec cette bouffée de chaleur soudaine , les randonneuses s’allégeaient ostensiblement. Ainsi Marie-françoise  nous gratifia d’un ensemble vaporeux 100% bleu, du paréo, au t-shirt jusqu’au sac à dos. Bref de quoi s’intégrer discrètement dans le décors.  Monique dévoila une fois de plus ses jambes de rêves. Claire était de retour parmi nous, avec une  coupe de cheveux estivale et son sublissimal sourire ravageur.  La température grimpait, et Béatrice trouva la parade absolue en remontant son T-shirt suffisamment haut pour créer une atmosphère érotique inhabituelle dans un groupe de randonneurs , à majorité des sex..agénaires.  Dès le départ, tous se couvrirent de crème solaire.

Groupe Chantilly sculpture
Véritable Indiana Jones de la rando , Christian le Viking nous mena dans un train d’enfer (Au départ de la gare du Nord) .

Seule Charlotte y renonça, m’expliquant pourquoi, en détail et pendant 2 kilomètres ! Les hommes se dépouillèrent également laissant respirer leur magnifique anatomie de sportif . Il fallut cependant attendre le milieu de la matinée pour que Patrick quitte enfin son Kaway-sudisette. Il chemina alors dans un  ancien t-shirt Marathon bleu pétant, moulant son corps  sculpté par d’épuisantes séances de gym quotidiennes combinées au plaisirs de la table ! Une vraie prouesse . Après forte insistance, j’avais convaincu Edward d’ôter les bas de son pantalon convertible. Celui-ci, récalcitrant,  m’avoua souffrir d’un véritable complexe au niveau des mollets. A la vue de ces derniers, je compris  effectivement pourquoi la nature pouvait se montrer parfois si cruelle. Les yeux rivés en permanence sur sa carte IGN, Christian nous guida dans un premier temps vers l’Abbaye de Royaumont. Lorsque les pièges du parcours se dressaient devant lui,il sortait alors crayon et boussole d’une énorme pochette pendue à son cou, remplie d’une foule d’accessoires digne d’une expédition himalayenne. Hélas, l’Abbaye était en travaux.  Ayant pris déjà un « léger » retard, nous avons préféré renoncer à la visite du parc . (et garder nos 5€ ) . A la suite d’une courte errance autour de la propriété, Christian retrouva le bon chemin . Attentif à nos besoins physiologiques et nutritifs, il n’hésita pas à stopper le groupe tous les deux cents mètres, un rythme qui contraria rapidement Michel. Celui-ci avait en effet du mal à contenir son incroyable énergie , sa fougue d’efforts, et paradoxalement  malgré deux ans de Tai-Chi, une discipline pourtant relaxante censée lui apporter la sérénité. On le vit ainsi disparaître du paysage à plusieurs reprises, de quoi  affoler Christian : « ach, nous zavons perdu Michel, il faut courir rraller lé chercher ».  Vu la chaleur, personne ne bougea évidemment. Fort heureusement, le randonneur rebelle réapparaissait quelques centaines de mètres plus loin, apaisé et souriant. Ouf !

chantilly Michel MF
Marie-Françoise et Michel, deux piliers de la rando, compagnons inséparables taillés pour l’effort , ici au carrefour de l’aventure.

La pause déjeuner fut incontestablement un des moments forts de cette randonnée  dominicale entre amis. Les marcheurs manifestant une grande faim, devant leur insistance, après avoir passer quatorze rond-points, au bout de 6 allées interminables, Christian accepta l’idée de stopper malgré que nous n’ayions pas effectué  la moitié du parcours, à savoir 10,250 km mais environ 9,785 km !! . Ach ze n’est pas prévu déclara Christian, avant de se résigner.  Des troncs providentiels coupés nous offraient une aire de pique-nique idéale. Pour l’occasion j’ avais convié ma cousine Corinne à se joindre cette rando . Apéro,  pinard à volonté, ronde des desserts , etc.. elle reste encore sous le charme,  elle reviendra, impressionnée par la logistique de Patrick,  la créativité culinaire des convives .Rien ne peut remplacer des années d’expériences, voilà le secret ! Toutefois, une légère alcoolémie, le feu des discussions passionnantes, quelques monologues parasites, autant d’éléments qui nous privèrent d’une vraie sieste. A la fin du repas , les filles nous offrirent un atelier « maquillage ». Marie-Françoise leur montra son dernier rouge à lèvres spécial rando et un nouveau rafraîchissant « anti-odeur ».  On ne va pas s’en plaindre, notamment en fin de journée ! Conquises, Maria, Cécile, Monique se refirent un rapide make -up, mettant ainsi en valeur leur mine radieuse, déjà hââlées par le soleil printanier. Au fil des kilomètres, de mon côté j’affichais rapidement un teint crevette malgré la crème solaire. Béatrice, toujours le nombril à l’air,  servit enfin le digestif au pastis ,  l’heure du départ sonna.

Profil Chantilly
La forêt de Chantilly n’est pas vraiment réputée pour ses dénivelés !

Il valait mieux car la pendule affichait pas loin de 14h30 et la forêt de Chantilly s’ouvrait à peine devant nous. Christian avait presque convaincu ses troupes d’allonger la foulée lorsqu’un nouvel élément allait anéantir ses espoirs : le muguet et la cueillette  ! Les randonneuses découvrirent en effet un eldorado de brins à clochettes. La vitesse passa dès lors de 2,8 km à … 0,002 km/h.Bref nous étions carrément à l’arrêt. Michel en profita pour choisir une pousse de chêne à planter sur son balcon alors que Patrick faisait sa cueillette habituelle de déchets. Il marchera ainsi plusieurs heures avec une cuvette en zinc écrasée et un sac poubelle géant. La psychologie du randonneur n’a pas encore livré  tous ses secrets. Quelques bosses de fin de parcours vinrent agrémenter un itinéraire plutôt plat. Les réserves en eau étaient presque épuisées, c’était l’heure de fantasmer sur la bière , le panaché , le Perrier-rondelle, la douche fraîche.. bref  d’en finir  et surtout avant le dernier train à Fosses -Survillers vers la gare du Nord. Bon, ce ne fut pas la plus belle  ni la plus sportive des randos, mais un réel moment de rigolade entre copains , une vraie journée de vacances ! Merci Christian et Cécile pour  cette initiative et rendez-vous pour une prochaine sortie avec Sport et Nature, le meilleur club de rando à l’Est du Missisipi.

Téléchargez la trace GPS de cette randonnée  en cliquant ICI