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Le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir . C'est fait ! La randonnée occupe désormais mon temps entre des missions caritatives sur Paris. Et ce blog n'a pas d'autre but que de vous faire partager cette passion ou peut être découvrir d' autres sentiers, en France ou mes expériences vers Compostelle . Bonne lecture et bonne route . Contact : richard.kirsch92@gmail.com

Itinéraire de randonnée : Le canal du Loing et sa biodiversité

Si vous cherchez une randonnée à une heure de Paris incluant du patrimoine culturel , une balade sur des berges , une immersion dans dans un univers riche en biodiversité et un sentier en forêt au milieu des rochers , ne cherchez plus cet itinéraire est fait pour vous.

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Un tracé assez facile de 21 km de gare à gare

Ajoutons sans vous retrouver dans les bouchons de retour de w.e , puisqu’il débute à la gare de Saint-Mammès pour s’achever à celle de Bourron-Marlotte ! Après avoir traverser le très touristique bourg de Morêt et longer ses moulins endormis, très vite vous emprunterez les rives du Canal du Loing qui double cet affluent de la Seine long de 143 km. Le transport de marchandises de jadis a fait place à une plaisance de villégiature paisible et le grincement des écluses se fait rare. Les chemins de halage sont devenus des lieux de promenade et de jogging. L’effervescence des péniches chargées de vins ou de bois appartient désormais à l’histoire.

Départ de Saint Mammès
Les berges paisibles du Canal du Loing

Ces rives serpentent ainsi en douceur jusqu’à la plaine de Sorbes. Depuis des siècles les alluvions et des travaux d’aménagement ont comblé un espace de 129 ha où une riche biodiversité s’est développée sous la protection des normes Natura 2000. Dans cette mosaïque de plans d’eau, les randonneurs sont invités au silence et à l’observation dans des cabanes cachées dans les roseaux.

Le Loing
La plaine de Sorbes en fin d’orage

Des dizaines d’espèces d’oiseaux nichent ici dans une végétation sauvage ou cohabitent une multitude d’insectes et de grenouilles. La plaine de Sorbes trace une frontière entre la Seine et la forêt de Fontainebleau. Il suffit de piquer à la perpendiculaire pour rejoindre ses dizaines de sentiers sablonneux et dessiner son propre parcours dans cette forêt majestueuse, un des terrains de jeux favoris des franciliens en quête de verdure et d’aventure pour les enfants.

Fin de journée enflammée
Les berges du Loing

L’itinéraire décrit est bien balisé. Il passe par le « Restant du long Rocher » et la grotte Béatrix, un des nombreux et splendides tracés réalisés par Denecourt et Colinet. Les premières bosses de la journée échauffent soudain les cuisses, le marcheur chemine entre les blocs de gré, veille à ne pas perdre de vue les marques bleues ni trébucher sur les racines glissantes avant de reprendre de longues allées forestières bordées de pins, de chênes, de hêtres et de fougères . Le soleil d’automne décline vite et embrase les arbres rougeoyant brassés par les derniers souffles d’une tempête qui s’éloigne . Fin du voyage, il vous faut cependant traverser toute la ville de Bourron-Marlotte pour rejoindre la petite gare perdue au milieu de nulle part.

Randonnée de 20 km au Vexin : Le guide complet

Un parcours de 20 km aux portes Sud du Vexin accessible de gare à gare

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Lorsque les dépressions s’abattent sur l’Hexagone en octobre, le Parc Naturel Régional du Vexin dépouillé offre à nouveau des espaces de grande solitude. Les céréales ont disparu du décor où le randonneur n’est plus qu’un point perdu à l’horizon. Seules les fanes rases des betteraves fourragères émergent des champs et se mêlent parfois aux étendues de tournesols laissées en jachères.

Les armes agricoles abandonnées le temps des jachères
Des randonneurs perdus dans l’immensité betteravière du Vexin

Ce jour-là un vent doux et puissant balaie la région d’Ile-de-France, rien de comparable à la future brise glaciale de l’hiver. Il a chassé les nuages noirs de la matinée et redonner le moral à tous ceux qui ont subit la pluie et les rafales. Des flaques subsistent encore ici et là. La terre du Vexin ne tardera pas à boire ces derniers excès que le marcheur évite tout au long des sentiers détrempés qui se perdent à l’infini, à découvert. Chaque village traversé arrive alors comme une récompense, une occasion de souffler avant l’aller affronter les bourrasques de ces plaines désertes.

64.000 ha balayés par le vent, autant d’espaces de grande solitude.

Ce beau parcours de 20 km aux portes sud du PNR surplombe la vallée de la Seine. Le randonneur doit prendre de l’altitude, gravir les côteaux pour y accéder. Le dénivelé cumulé peut être conséquent surtout lorsque l’itinéraire côtoie les nombreux ruisseaux au fond des vallons. Les 64.000 ha du Vexin sont plus ou moins bien desservis pas les transports en commun. Il conviendra de bien tracer sa randonnée sur cette portion, soit en boucle depuis une gare, soit de gare à gare.

Vue des côteaux du château de Villette

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Depuis des semaines les randonneurs d’île de France et d’ailleurs subissaient les températures caniculaires, une torture bouleversant les horaires de marche , annulant parfois les sorties et mettant les organismes de tous à rude épreuve.

Et puis soudain une journée de septembre vécue comme une délivrance. L’anticyclone s’est installé et un ciel éclatant, une brise légère viennent éclairer notre décor de rando : le Parc Naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse , un des plus beaux sites des Yvelines.

Une randonnée (presque) automnale de 20km dans le Parc Naturel de la Haute Vallée de Chevreuse

L’itinéraire de 20 km concocté par Christine de Randif a séduit une vingtaine de marcheurs, un parcours ni trop long , ni trop tôt ni trop loin pour rejoindre la gare de Montfort l’amaury-Méré sur la ligne N au départ de Montparnasse. La petite ville de province se réveille sous le soleil , les premières terrasses de café accueillent les lève-tôt alors que les belles boutiques s’apprêtent à recevoir la vague dominicale de promeneurs. Nous atteignons rapidement la forêt de Rambouillet en piquant vers le sud après une courte traversée d’une plaine agricole. L’automne signe déjà la métamorphose de la nature dans une palette de couleurs extravagantes comme pour effacer les brûlures à blanc de l’été dont l’humus desséché sur le sol porte encore les traces.

Les longues allées du domaine s’étendent ici à l’infini bordées de parterres de bouleaux sur des lits de fougères. Les plantations rectilignes des pins tranchent avec l’apparente anarchie des chênes qui partagent l’espace avec les hêtres et les châtaigniers. Chacun est ici à sa place, un ordre immuable dicté par l’ensoleillement et les besoins spécifiques. Mais aussi une lutte secrète et silencieuse entre les espèces. Cohabiter, marcheurs, vélos et cavaliers, eux aussi ont fini par le comprendre, plus encore à Rambouillet où l’on ne compte plus les centres équestres.

Le groupe les quitte un moment et amorcent une descente à pic vers les étangs de Hollande afin d’y pique-niquer. L’étroit sentier plonge dans la verdure. En bas, les plans d’eau séparés par des digues s’étalent d’ouest en est. Le centre nautique est déjà fermé, les randonneurs s’installent dans le sous-bois voisin. La brise et le soleil jouent entre la cime des arbres laissant passer les rayons lumineux et les dernières bouffées de chaleur de l’été qui s’estompe. On resterait bien là plus longtemps à rêvasser sous l’envers des feuillages, à sentir cette douce morsure de l’astre mais il faut déjà repartir vers le Perray, notre gare de retour au terme d’une journée revigorante tant pour le corps que pour le moral.

Guide de Randonnée : Forêt de Marly et Désert de Retz

une longue randonnée entièrement en sous bois et en boucle depuis
la gare de St Germain-en-Laye

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Située en prolongement de la voisine de St Germain-en-Laye, la forêt de Marly étend ses 2000 ha d’ouest en est dans le département de Yvelines. Le randonneur y retrouve les grandes allées empruntées jadis par les rois de France partant à la chasse ou par nos présidents eux aussi en balade . Nous sommes à moins de 20 km de Paris et l’urbanisation galopante de Versailles et des villes frontalières pointe à l’orée de ce massif. Cette jolie forêt domaniale va subir une sacrée balafre en 1946 avec la construction de l’Autoroute de Normandie (A13) entre Rocquencourt et Orgeval qui la traverse intégralement.

Végétation de cette forêt domaniale de 2000 ha : principalement des chênes et des hêtres

Ajoutons deux lignes ferroviaires et voilà le décor strié ici et là par les grands axes de communication desservant la capitale. Pour se rendre à Marly , on part plein ouest de la gare de St Germain. Le RER A la dessert toutes les dix minutes, de quoi oublier la voiture. La traversée de la ville dure un bon moment avant que le marcheur atteigne enfin les bois. L’itinéraire proposé ici par Joséphine (Association Randif) passe à proximité du très chic golf de St Nom-la-Bretèche. Les amateurs de dénivelé resteront sur leur faim.

La fameuse Colonne Détruite du Domaine de Retz. Un exemple de tour ornementale.

Il existe bien une « butte témoin » de 180 m dont la structure géologique rappelle celle de Fontainebleau. Bref , le randonneur se rattrapera sur la distance en opérant ici une large boucle qui passe notamment par le Désert de Retz. N’hésitez pas à visiter ce jardin anglo-chinois du XVIIe siècle et plus encore la Fabrique, la Colonne Détruite, demeure du propriétaire, François de Montville, est assez déroutante en terme d’architecture.

La Maison de la Chine

Après un bon pique-nique dans les lieux, reprenez le périple toujours en pleine nature. Les nombreux sentiers partent souvent en étoile vers les quatre horizons et il vaut mieux avoir la carte du domaine pour s’y retrouver dans toutes ces parcelles plantées principalement de chênes et de hêtres. Le retour de cette randonnée se fait également en gare de St Germain. Un bus à l’entrée de la ville permet toutefois de s’affranchir du dernier kilomètre peu enthousiasmant.

Vincent Monluc, un peintre en marche vers Compostelle

Après avoir parcouru 800 km sur le Camino Frances de Saint-Jean-Pied-de-Port à Saint-Jacques de Compostelle, Vincent ne s’attendait pas à ce que cette première expérience devienne addictive en combinant l’itinérance et la peinture, sa passion originelle. Agé de 70 ans, ce vietnamien d’origine arrive très jeune en France.

Tardajos

Alors qu’il est encore au lycée, Vincent Monluc va tous les jours aux cours du soir pour dessiner les modèles vivants aux Beaux-Arts de Marseille. Quatre ans plus tard , il commence à peindre et à vendre ses aquarelles pendant les vacances d’été dans le sud de la France. Après avoir obtenu son diplôme en Arts Plastiques à l’Université de Bordeaux III, , il passe le CAPES d’Arts Plastiques et devient professeur dans un lycée du Havre .

Logrono

Mais derrière la peinture se cache une autre passion : le cinéma ! Il passe ainsi le concours d’entrée au département cinéma de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris et et réalise des films d’auteur de dessins animés. Son expérience en animation lui donne de nouvelles compétences dans la conception et la composition, dans la compréhension du volume et du mouvement et plus encore dans l’art de raconter des histoires. « Ma véritable passion a toujours été la peinture, en particulier l’aquarelle que je n’ai jamais cessé de pratiquer.  » confie Vincent . En observant notamment les joueurs de pétanque, il met en œuvre ses domaines de prédilection à savoir la mise en scène, la création des personnages, les scènes de la vie ordinaire.

Je vous propose de découvrir quelques œuvres de la production de ce marcheur contemplatif, réalisées sur le chemin

Najera
Urtega

Interview . Un peintre devenu addict à l’itinérance du chemin

Trekkingzone : ton parcours artistique est intense mais la peinture reste semble-t-il un éternel retour notamment vers la nature ?

VM – Je suis attiré par la beauté des paysages et par les expressions humaines. Je peins surtout à l’extérieur. Je trouve que la nature offre à voir des beautés que j’essaie d’exprimer dans les peintures. L’aquarelle est le medium que j’utilise le plus, bien que très difficile à maitriser, elle est la technique qui me donne la plus grande liberté d’expression, car elle me permet de “ dessiner avec la couleur”. La peinture en  extérieur me donne la possibilité d’observer les gens, de contempler les paysages, de capturer des scènes de vie, de comprendre lumières et contrastes, de maîtriser les formes, de composer et de recomposer, bref d’enrichir mon vocabulaire visuel. Tout est mouvant, et rien n’est figé comme sur une photo

Hortanas
Villafranca Montes de Orca

Trekkingzone : comment , à quel rythme peignais tu en chemin ? 

VM – Je faisais 1 a 2 aquarelles par jour ( 2 à 4 h de travail) quand je marchais environ 12 a 20 km par jour. Je ne peignais pas le jour ou je faisais plus de 25 km, En général je peignais le matin quand par chance je trouvais une vue intéressante, sinon l’après midi après être arrive a un gite et avoir réservé un lit mon principal problème car je ne réserve jamais ! A ce moment la j’explorais tous les coins du village avant de peindre. Il m’est arrivé ainsi de marcher 45 km quand tout était complet.

Cirauqui

Trekkingzone : quelles sont les contraintes de peindre en chemin ?

VM- C’est d’abord un poids supplémentaire de 5kg de matériel. Sac a dos de peinture. 60 feuilles d’aquarelle 28x38cm Arches 300gr, peinture, pinceaux, chaise pliante, eau. Dès que j’avais peint 30 feuilles , je les envoyais a ma fille par la poste et achetais d’autres supports. 

Trekkingzone : Quel regard portaient les autres pèlerins sur le peintre-marcheur ?

VM- Très peu de pèlerins s’arrêtent pour regarder ce que je faisais. Je crois que beaucoup étaient  plus concentres sur la marche. Je remarque même que très peu de pèlerins prennent le temps de visiter une église, un site historique. Certains passent sans regarder, sans  même prendre une photo ! Les Français sont les gens les plus intéressants et intéressés en comparaison par exemple avec les Américains et Coréens. Comme j’étais souvent assis a peindre, j’ai pu observé davantage le comportement des gens. Sans en faire une généralité, les personnes les plus sympathiques rencontrées sont les Espagnols. 

Santo Domingo

Trekkingzone : As-tu d’autres projets sur les chemins de Compostelle ou simplement de longues marches ? 

VM – Je repars en mars ou avril 2024 pour marcher et peindre sur le chemin portugais. J’espère aussi pouvoir faire les années suivantes le Mozarabe et la Via de la Plata. Je crois avoir pris une addiction de peindre  sur les Chemins de Saint Jacques. Je ferai un collection de livres de peinture.

Tores del Rio

Infos et contacts : Vincent Monluc 70 ans, né au Vietnam. il vient en France à l’âge 11 ans en 1964. Marié , aujourd’hui divorcé, papa de 2 filles, 26 et 24 ans. Site Internet et mail https://www.artmajeur.com/vincentmonluc/fr vincentmonluc@hotmail.com

Rando Grand Morin, Brie d’excellence !

Vous l’avez échappé belle, j’aurais pu débuter cet article par « Esbly, j’en ai pour mon blé ! » . Cette belle randonnée en Seine-et-Marne commence à la gare de L’Est par un cours voyage vers celle de Villiers Montbarbin avec un changement à Esbly. Nous sommes donc dans la Brie, une région très agricole avec de vastes plaines betteravières et céréalières .

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Un parcours varié de 24 km entre les gares de Villiers Montbarbin et Mouroux

Autrement dit , des itinéraires souvent à découvert, donc sans a..bri ! (Promis, je ne la refais plus). Cet itinéraire de 24 km concocté par Guy, un good, gai guide du RIF (Randonneurs d’IDF) avait pour objectif de nous faire ou refaire découvrir la vallée du Grand Morin . Le bassin fluvial du département étant du grande complexité, mieux vaut jeter un œil sur la carte ci jointe et constater qu’il s’agit d’un affluent de la Marne. Je vous laisse découvrir cette randonnée, qui malgré les apparences présente un bon dénivelé + cumulé , de quoi satisfaire la plupart des randonneurs en mal d’exercice .

Le bassin fluvial de la Marne offre de nombreux itinéraires de randonnées. (GR1, GR1 et PR –

Cette région de Seine-et-Marne très vallonnée offre une belle alternance aux marcheurs, entre longues traversées sous le soleil et zones boisées . L’idéal est de s’y rendre en juin , juste avant les moissons quand le vent doux crée des vagues dans les blés tout dorés, spectacle dont je ne me lasse pas. En cette fin juillet, les faucheuses nous ont hélas devancé mais la forêt invite les randonneurs sur ses sentiers ombragés qui plongent parfois vers de petits cours d’eau. Nous sommes à une heure de la capitale seulement et le calme de la campagne ravit le visiteur parisien en quête chronique de quiétude.

les grandes traversées des plaines de la Brie

Comme dans la plupart des départements d’IDF, on traverse des villages où d’anciennes fermes magnifiquement restaurées font désormais parties du patrimoine local. Un habitat du passé qui côtoie hélas un urbanisme contemporain uniforme, d’incontournables lotissements de maisons individuelles beigeasses qui grignotent chaque année d’avantage le décor. Quoi qu’il en soit, cette balade estivale reste une bonne idée de « rando de proximité », d’une distance intermédiaire et dénivelés intéressants . On prendra soin d’emporter suffisamment d’eau les jours de grosses chaleurs. Lors du pique-nique nous avons cependant trouver un robinet providentiel dans le jardin d’une exploitation viticole . Et puis , restez attentif, avec un peu de chance, quelques pruniers sur ce chemin vous tendent les branches. Il vous faudra encore attendre quelques semaines pour cueillir les mûres sauvages , puis les pommes. Des petits cadeaux à recevoir avec civilité bien entendu.

Le Grand Morin en direction de la gare de Mouroux.
maison insolite, décor bucolique

Guide rando du Tour de la Suisse Normande

Elu GR de Pays préféré des Français lors du 6e concours de la FFRP cette année, le « TSN» tombait à pic pour m’occuper une semaine en juillet et parfaire ma connaissance de la Normandie en randonnée. Il faut avouer que l’appellation Suisse Normande réveille chez le randonneur parigot tous les fantasmes de verdure et de paysages montagneux . Bref la grande évasion nature à deux de la Capitale me tendait les bras. En piochant un peu dans la doc, je constate alors que le nom de Suisse Normande, bon.. un peu aguicheur , n’est pas tombé de la dernière averse dans le jardin des agences de com spécialisées.

Une boucle de 117 km réalisée en 6 jours

On le retrouve en fait dans plus de 190 régions dans le monde répertoriées par Suisse Tourisme , y compris la France. Je pris ainsi la direction de l’Orne et du Calvados pour 6 jours de balade.. en altitude . On accède facilement au TSN en voiture ou par le train depuis Paris en ce qui me concerne. J’ai passé une journée à visiter Caen avant de prendre le bus 117 le lendemain matin à la gare routière afin de rejoindre mon point de départ : Thury. Ce bus dessert Flers et il est tout fait possible de débuter le TSN depuis une autre ville sur cette ligne. Beaucoup de randonneurs partent notamment de Clécy et réalisent leur boucle entre quatre jours.

117 km, 6 jours, 2947 m dénivelé + : pas si facile que ça !!

Qui dit Suisse dit montagnes et la topologie de la région justifie parfaitement ce caractère, à une exception près. Les pentes du TSN ne présentent pas la progression régulière des sentiers alpins. Il s’agit davantage de successions de montées et descentes permanentes dans un décors vallonné. Et c’est un euphémisme ! On retrouve d’ailleurs cet aspect sur une bonne partie de la Normandie, notamment dans le pays d’Auge.

Les Rochers des Parcs, la rencontre du minéral et du végétal dans les anses
de l’Orne à Clécy

De collines en fonds de vallées à répétition, cet itinéraire se révèle un rien usant , même sur des étapes de 19 à 24 km. Bien des randonneurs habitués aux alpages reconnaissent cette difficulté comme me l’ont confirmé des hébergeurs. Côté nature du sol rencontrée, il s’agit de sentiers de terre habituels, souvent pierreux ou de chemins agricoles très bien entretenus. J’ai rencontré à plusieurs reprises des équipes municipales en train de débroussailler, élaguer, ratisser . Le parcours est souvent très abrité, blotti dans des tunnels de verdure formés par des haies, barrières au vent courantes dans le bocage normand. Malgré tout, on y emprunte régulièrement d’inévitables portions de route bitumée. Mieux vaut avoir les embouts de ses bâtons de marche à portée de main pour progresser sur ces divers terrains.

Le Tour de la Suisse Normande séduit par la variété de ses paysages et l’exotisme de sa ruralité !

Pourquoi le TSN a-t-il séduit les randonneurs au point de l’élire leur GRP préféré ?

A défaut de réaliser mon propre sondage, cette expérience me donne quelques éléments de réponse. Le TSN offre d’abord de nombreux points d’accès et une modularité d’étapes pratique. On peut garer sa voiture en sécurité dans un village et faire la boucle selon son programme. C’est un circuit très varié qui mélange la verdure de la campagne à un relief plus minéral. Le randonneur est aussi immergé dans un milieu très rural bucolique où l’élevage est omniprésent . Cette région normande abrite également de nombreux ruisseaux et l’Orne, rivière majeure, y apporte une agréable touche de fraîcheur. Il fait bon suivre ses anses le long de berges bien abritées du soleil et propices aux pique-niques ou un bain de pieds improvisé ! Ce cours d’eau traverse ainsi des villages pittoresques, comme le Pont du Vey, le Pont d’Ouilly avec ses fermes bien restaurées et transformées pour certaines en gîtes.

un jardin livré au temps, quelque part dans un village
La Boutique de Laurence à Ségrié Fontaine, un gîte atypique savoureux

Certains se révèlent comme des petits coins de paradis. Mais le paradis se mérite et j’y reviens dans quelques lignes. Des écoles de kayak se sont installées ici et là sur des barrages providentiels dont le courant (très sage) permet des sorties animées, allant de quelques heures à la journée entière. Et puis, il serait impardonnable d’oublier la gastronomie normande à base de crème, de pomme mais aussi de poisson car la Manche n’est pas si loin. Si l’hôtel du Commerce où j’ai dormi ne paie pas de mine, le menu du soir (29€) est à se damner !Le cidre coule à flots, les bières locales aussi ! Les randonneurs ne sont pas les seuls usagers du TSN . Les cyclotouristes français ou étrangers ont investi la région et leur nombre ne cesse de croître avec notamment l’utilisation de vélos à assistance électrique, plutôt efficaces sur ce type de montagnes russes !

Une destination déjà en vogue au XIXe siècle
Un balisage satisfaisant qui demande un peu d’attention à certaines intersections où se croisent TSN, GR, PR

Un TSN séduisant … avec quelques hics !

Qui dit tour, dit itinérance chez le marcheur et c’est ici que le bât blesse sur le Tour de la Suisse Normande. D’abord du point de vue du ravitaillement et de l’eau, les épiceries ou supérettes ne sont pas légion et je n’ai pas repéré la moindre fontaine dans les villages. Cela dit, j’ai refait le « plein » deux fois en demandant aux habitants . Puis on passe par quelques cimetières providentiels ! Certaines boulangeries sont fermées durant les vacances voire définitivement. Il faudra donc s’informer, anticiper et prévoir un casse-croûte au départ de de votre gîte pour le midi sachant toutefois qu’on peut dénicher un bistrot ouvert en arrivant à l’étape vers 14h00.

De longues montées en sous bois et la magie de l’Orne

Ayant improvisé ce périple au dernier moment, j’ai eu des difficultés à réserver mes hébergements en plein mois de juillet, durant les vacances scolaires. J’avais acheté la fiche Topo du TSN de la FFRP (8€) . Le document comporte une liste d’établissements édités hélas dans le désordre, c’est à dire sans suivre la progression des 6 étapes. Pratique .. J’ai ainsi dû compléter cette source par une recherche sur ce bon booking.com. Et là surprise ! Les tarifs haute saison , à fortiori en solo, dépassent de très loin ceux des grands chemins de rando. Vous ne trouverez pratiquement pas de dortoirs à bas prix mais des gîtes, des chambres d’hôtes et des hôtels. Ce fut la grande vie car je ne me suis privé de rien, (surtout pas de la dite gastronomie locale ! ), mon budget quotidien, (petit déjeuner, pique-nique, boissons, hébergement et repas du soir) tourna entre 70 et 90 €. Il reste bien sûr la solution camping-crêpes-pizzas destinée aux budgets serrés qui peuvent marcher avec une douzaine de kilos sur le dos. (j’ai donné !) Au sujet poids et ça soulage, inutile d’emporter un duvet, du savon et une serviette de toilette, tout est fourni par les hôtes. J’ai donc largement dépassé mes prévisions. En revanche j’ai eu la chance d’être hébergé dans des endroits sublimes comme le gîte du Pont du Vey.

Humour normand !
Les habitations inattendues de Kotaventures

Son jardin descend jusqu’à l’Orne et c’est divin de s’y reposer le soir venu à l’ombrage d’un saule. Il existe quelques restaurants avec terrasse sur la berge pour tester la cuisine locale. Suite à une réservation pifométrique sur booking, j’ai atterri à La Boutique de Laurence un gîte atypique à Ségrié Fontaine, totalement hors parcours. Avec gentillesse, Yannick, le conjoint musicien est venu me chercher au centre bourg et m’a ramené sur le TSN le lendemain matin. Productrice locale de confitures et jus de pomme, Laurence propose à ses hôtes de loger dans une roulotte, une yourte ou une chambre confortable. On y dîne les soirs d’été dans un petit bâtiment ouvert aux quatre vents abritant un ancien four à pain. Poulailler et cocottes, serres à légumes, parterres fleuris en friche maîtrisée, la vie ici respire le bonheur 100 % bio. Le silence est à peine troublé par le violon du proprio en répétition d’une balade irlandaise pour son prochain concert.

Cabane des gosses au Konaventures , nurserie et patriarche !

En conclusion..

Le Tour de la Suisse Normande, (GRP préféré des Français en 2023, on le saura ..) s’avère une belle randonnée à concevoir « sur mesure ». La boucle de six jours au départ de Thury ou Clécy/Orne requiert un peu d’entraînement pour encaisser les 2900 m de dénivelé + cumulés . Le parcours souvent bien ombragé permet de randonner même les jours de forte chaleur en prenant soin de transporter suffisamment d’eau. Il vaut mieux voyager évidemment à deux pour limiter les frais d’hébergement dans les gîtes ou hôtels. N’hésitez pas à sortir de la boucle sur quelques kilomètres et de réserver suffisamment tôt. La fiche Topo de la FFRP , mal foutue, n’est pas d’une grande utilité. Mieux vaut télécharger la trace du TSN au format .gpx sur son smartphone via Iphigénie ou Visorando ce qui permet de s’orienter en cas de doute. Le TSN ( balisé de jaune et rouge) emprunte et coupe le GR36, les GR221 et 221 A et une foule de PR, donc restez vigilant à certaines intersections. Ce réseau dense de chemins, la proximité relative des villes vous permettront de raccourcir ou rallonger vos étapes au besoin. Bonne balade !

Les adresses

https://www.mongr.fr/sinspirer/mon-gr-prefere-saison-6/gr-de-pays-tour-de-la-suisse-normande

http://www.suisse-normande-tourisme.com/dormir-manger/ou-dormir/chambres-d-hotes/le-pont-du-vey-mme-brion-922343

https://www.relais-du-commerce.fr/restaurant-hotel-pont-ouilly-suisse-normande-calvados

La Boutique de Laurence . Laurencesoubien@gmail.com tel. 06 35 90 63 64

Budget et adresses hébergement sur le TSN

EtapeDépartarrivéehébergementPrix

P. St LazareCaen
Hôtel François D’O

60€
21 kmThuryPont du VeyGite (Mme Drion)50 €
18 kmPont du VeyPont d’OuillyHôtel du Commerce86 € DP
21 kmPont d’OuillySégrié FontaineLa Boutique de Laurence89 € DP
24 kmSégrié FontaineCondé en NdieHôtel Renaissance69 € DP
20 kmCondé en NdieClécy/OrneGîte Ferme du Vey42 €
19 kmClécy/ OrneThury


Thury -CaenP. St Lazare

Top 5 des randonnées inattendues en Île-de-France

En ce début d’été chahuté par les alertes canicules, les travaux d’été habituels, les grèves ou les émeutes à rallonge, les associations de rando changent leur programme souvent au dernier moment. Malheur à celui qui ne s’en informe pas ou trop tard. Il se retrouve bien seul un matin sur un quai de gare. Déjà la semaine précédente, excédé par les sautes d’horaires des trains, j ‘avais renoncé à attendre un groupe de randonneurs de Randif pour rentrer chez moi de la gare St Lazare à Bois-Colombes par les quais de la Seine et le Bois de Boulogne. Une belle balade de 19 km avec un pique-nique improvisé au bord du lac supérieur.

Entrée dans la forêt de Meudon

L’ alerte aux orages de ce dimanche a hélas encore bouleversé les réjouissances, de nouveau personne dans la même gare ! Un petit coup d’œil sur le site de l’asso me le confirme. Coup dur ou aubaine ? L’expérience m’a toutefois appris qu’ il faut parfois laisser faire le hasard ou l’imprévu pour pimenter parfois nos petites aventures pédestres. Je n’allais pas encore rentrer bredouille à 8h30 du matin ! Je lançais donc une exploration visuelle à 360° dans le hall peu fréquenté et repérais un groupe de randonneurs dont aucun visage ne m’était familier .

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Un beau parcours de 24 km avec 418 m de dénivelé + .. quand même !

Rien de surprenant, Il existe des dizaines d’assos qui se donnent rendez-vous dans toutes les gares parisiennes le dimanche matin. Après quelques salutations, j’appris qu’il s’agissait des membres du RIF. Rien non plus d’étonnant, ce vénérable club des Randonneurs d’Ile-de-France est omniprésent sur le terrain, il sera bientôt quinquagénaire et compte aujourd’hui plus de 4000 adhérents. Je leur exposais ma mésaventure et c’est avec spontanéité que le groupe m’accueillit non sans avoir vérifier si j’étais en mesure de parcourir les 24 km d’une allure classée « moyenne » ! Je leur donnais toutes les garanties et nous partîmes en direction de Saint-Nom- la-Bretèche. Je dois avouer ne pas avoir toujours eu une image très positive de cette « entreprise à randonner ».

Vue sur le parc du château à Marly
Rencontre en forêt de Meudon

Il n’est pas rare de croiser des groupes du RIF de 50 voire 60 personnes lancées à vive allure sur les chemins. Par chance, à cause des orages annoncés, nous étions qu’une douzaine menée par Bernard, un guide expérimenté, ancien président de l’association, et ce sur un parcours qu’il avait testé durant les divers confinements COVID. Vu les températures élevées et les risques météo évoqués, cet itinéraire très abrité présentait des gares intermédiaires en plan B. C’est ainsi, par le plus grand des hasards,( avec un peu d’audace) que j’ai découvert cette magnifique randonnée qui traversa trois forêts de la proche banlieue parisienne, des hauts de Seine : Marly, Fausses Reposes et Meudon. Attention, que l’on ne s’y trompe pas, ces bois « de proximité » offrent souvent un fort dénivelé cumulé, avec notamment sur ce jour-là 418m + . Rappelons qu’ici est organisée la fameuse rando sportive du 92, la Bossapas (35 km, 1200 m +).

Les parcours du randonneur parigot ne traversent pas toujours un urbanisme flamboyant . Les promoteurs parsèment de plus en plus les terres agricoles de leurs maisons individuelles beigeasses et les GR se faufilent désormais entre les nouvelles cités. Or cette fois, notre guide nous entraîne à la Celle Saint-Cloud, au Chesnay, à Marne La Coquette et à Chaville ou Sèvres. La pierre meulière a remplacé le préfabriqué et les vastes propriétés rencontrées transportent le visiteur de passage de son environnement de citadin étriqué dans un monde raffiné baignant dans un calme jubilatoire, à mi chemin entre le rêve et le fantasme. Bref cette balade providentielle dans cette banlieue chic et ce bel itinéraire en pleine forêt (arrosés d’un petit crachin rafraichissant providentiel) me font déclarer en toute sincérité : il y a des jours comme çà, le RIF , je kiffe !

Richard Kirsch . Un grand merci à cette asso pour son accueil et à Bernard pour l’organisation de cette sortie.

Randonnée urbaine à la découverte du Croult

Nous étions une trentaine de marcheurs en ce mois de juin 2023 à nous réunir à la Gare RER de Villiers le Bel à l’invitation du Voyage Métropolitain. La canicule persistance des derniers jours ayant « refroidi » de nombreux inscrits ! De nouveau cette association nous proposait de partir en exploration d’un territoire francilien, de ses réalisations et les problèmes récurrent à notre région ou s’affrontent depuis des décennies : la nature et l’urbanisation. D’un côté les terres agricoles nourricières de Paris (ou ce qu’il en reste) , de l’autre l’habitat , les voies d’accès et les grandes surfaces. Le pot de terre contre le saut de béton. Triste fable. Si le rapport de force reste disproportionné, il faut cependant se réjouir que la lutte pour la protection de l’environnent marque désormais des points. Les initiatives locales se multiplient .

Un parcours de 16 km entre Villiers Le Bel et Louvres, de gare à gare

Téléchargez la trace de cette randonnée périurbaine au format .gpx ICI

Comme de coutume, Jens, notre organisateur , étala ses cartes IGN et sa bibliographie sur le trottoir de la gare. La zone concernée courrait sur les départements de la Seine-Saint-Denis et du Val d’Oise. Les regards se fixèrent sur un petit court d’eau anodin : le Croult . Il illustre à lui seul toute la maltraitance infligée à notre hydrologie depuis des siècles sous la poussée de l’industrie ou de cette urbanisation cannibale.

Présentation du parcours sur les cartes IGN au 1:25.000e
Un ouvrage de référence pour approfondir le sujet.

Combien de ces rivières composantes oubliées du bassin versant de la Seine ont ainsi été prises pour des égouts, canalisées dans le ciment, polluées au point d’en devenir insalubres et d’être recouvertes ? Il a fallut attendre bien années pour comprendre enfin que ce foisonnement de rus constituait une formidable richesse naturelle à exploiter, à faire renaître . Une de ces missions fut confiée au SIAH du Croult et du Petit Rosne (Syndicat Intercommunal d’aménagement Hydrologique) , sous la direction d’Eric Chanal.

Le Croult artificialisé. (en bas : Eric Chanal directeur du SIAH)
Le Croult a retrouvé sa beauté d’antan et abrite désormais des écosystèmes complexes

Durant une dizaine de kilomètres, cet ingénieur va guider notre groupe, à forte composante d’architectes ce jour-là, sur les rives du Croult afin de nous exposer les aménagements réalisés. Après avoir traversé Arnouville et Gonesse en traversant une zone pavillonnaire, nous découvrons le sujet de notre venue. Le Croult n’est ici qu’un ruisseau emprisonné dans son étau de béton, Eric Chanal nous livre les premières explications. Derrière son air sage, le débit du Croult gonflé par les pluies pouvait atteindre 10 m3/sec, il débordait alors et inondait une bonne partie de cette banlieue. Depuis des bassins « écrêteurs » viennent régulariser les sauts d’humeur de tous ces cours artificialisés, le temps est venu de rendre l’eau de nouveau visible. Le long de cette balade le groupe va ainsi découvrir l’énorme effort déployé depuis dix ans ans par la SIAH pour redonner au Croult, long de 25 km, son costume de verdure sur seulement 800 m pour une dépense de 3 millions d’euros ! Cette renaissance s’inscrit dans un programme plus vaste comme le précise Eric Chanal : « Nous avons dix projets en cours notamment au Vignois vers la confluence du Petit Rosne dont la traversée de Gonesse. » . Car sans médiatisation et depuis vingt ans, l’aménagement des fonds de vallée ne cesse de progresser.

La rivière fait de nouveau le bonheur des pêcheurs et des promeneurs
Ici une zone humide de fond de vallée côtoie désormais les grandes surfaces

Des espaces végétalisés ont transformé le décor, des écosystèmes s’y développent avec la sédentarisation de certaines espèces d’oiseaux en pleine zone urbaine, juste aux pieds d’un Leroy Merlin ! Le défi est colossal, en terme d’investissement bien sûr , mais aussi pour faire évaluer les mentalités et s’affranchir de certaines craintes comme une prolifération de moustiques due aux zones humides. En arrivant au bel étang du Thillay, les marcheurs du Voyage Métropolitain commencent alors à cerner les résultats de ces actions, de cette volonté voire de cet entêtement à sauver les moindres mètres carrés de nature encastrés dans le milieu urbain . Les pistes cyclables et des sentiers de promenades témoignent de cette volonté d’ouvrir ces nouveaux espaces au public. En parallèle à ces réalisations, et d’ailleurs c’est une généralité, des fouilles préventives ont lieu sur chaque chantier. Melaine Lefeuvre, conservateur au Musée Archéa de Louvres interviendra régulièrement durant cette randonnée.

Lé région au XIXe .
Melaine Lefeuvre évoque les restes recueillis dans le tumulus découvert

« Sous le béton l’histoire millénaire affleure parfois , il suffit parfois de creuser et découvrir par chance ou par hasard des vestiges d’une grande richesse » raconte-t-il en nous faisant visiter les fouilles du château d’Orville illustrées d’une étonnante reconstitution 3D ou évoquant la découverte en 2017 d’un village gaulois et d’un tumulus gigantesque datant de l’Age de Bronze. Que découvriront les archéologues dans les prochains siècles lorsqu’il creuseront le sol du Parc de la Patte d’Oie à proximité ? La question est sournoise car cet espace vert vallonné cache en effet des tonnes d’ordures enfouies et recouvertes d’un manteau protecteur qui les rend invisibles ! Le conservateur nous conviera en fin de parcours à venir admirer ces trésors au Musée et clore cette balade autour d’une collation.

Ce que fut le château d’Orville
Comment enfouir durablement les ordures et faire de la Patte d’Oie un parc verdoyant !
Vieux Goussainville, village fantôme

Entre temps les participants purent se ravitailler en eau dans une salle commune du Vieux Goussainville et surtout écouter le récit de Philippe Vieillard, l’épopée d’un combat impossible, inégal , Don Quichotien contre l’aéroport de Roissy. En 1973, au moment de la construction de l’aéroport, ADP propose aux habitants de racheter leurs maisons, à des prix plutôt attractifs. Une grande partie du village part, le centre ville de Goussainville se déplace et le village devient le vieux Goussainville, mais sur les 1000 habitants, 350 décident de rester. S’en suivront des luttes juridiques à rebondissements. Il ne reste aujourd’hui qu’un « village fantôme » dont les maisons souvent murées tombent en ruine et le goût d’un immense gâchis dans la mémoire de Philippe Vieillard.

Fin de rando au splendide musée Archea de Louvres pour la trentaine de participants

Le temps d’une journée éprouvante mais passionnante, le Voyage Métropolitain nous a encore immergé dans le passé parfois douloureux de cette région aux deux aéroports, à l’urbanisation plus ou moins maîtrisée mais également fait mesurer sa réelle détermination à remettre en valeur son patrimoine naturel trop longtemps martyrisé.

Richard Kirsch

Débriefing habituel chez le Voyage Métropolitain lors d’une dégustation de bières artisanales dans le centre de Louvres

D’autres ressources

– le livre sur le Croult et le Petit Rosne

En 2017, le SIAH a publié l’ouvrage Croult et Petit Rosne – empreintes et renaissance de deux rivières du Val d’Oise que vous pouvez commander gratuitement auprès du SIAH en écrivant à monlivre@siah-croult.org. Le site du SIAH est aussi très riche en informations. 

Sur le site du Musée Archéa, vous trouvez beaucoup de ressources, d’informations et de visites sur le territoire – également sur le site archéologique d’Orville.

– le Vieux Goussainville . Pour continuer la visite avec Philippe Vieillard et en apprendre davantage sur l’aventure de la défense et du sauvetage du village, vous pouvez l’écouter sur FranceInter, le suivre dans un article de Libération datant de 1995 ou encore le lire dans celui du Temps, datant de 2016.

Le Vieux Goussainville a également été un des sites du concours Europan. Cet article très complet de la revue surmesure raconte le projet de l’équipe lauréate, qui est aussi à l’origine de la curieuse sculpture que nous avons croisé à la sortie du village.  

– références et liens

– l’Espace naturel du Vignois : https://www.arb-idf.fr/article/zone-dexpansion-des-crues-et-biodiversite-urbaine/ 

– un article du le tumulus du Parc de la Patte d’Oie : https://hal.science/hal-01485844/document

– la préhistoire et l’antiquité à Gonesse : https://www.ville-gonesse.fr/content/pr%C3%A9histoire-et-antiquit%C3%A9-%C3%A0-gonesse 

– le projet du Parc des trois Vallées de l’Institut Paris Region

– la ferme – brasserie d’Orville : https://brasseriedorville.com/

– petite bibliographie des cours d’eau

– L’histoire d’un ruisseau, Elisée Reclus (en ligne sur gallica.fr).

– Les veines de la terre – une anthologie des bassins versants, Marin Schaffner, Mathias Rollot, François Guerroué

– H2O – les eaux de l’oubli, Ivan Illich

– Histoires d’eau en Val de France, Catherine Roth, 2010, à télécharger ici (Val de France étant l’ancienne communauté d’agglomération incluant Arnouville)

COLINA : « la randonnée itinérante pour dépasser les troubles psy»

L’association Colina organise des séjours rando sur plusieurs jours adaptés aux personnes fragilisées sous forme de binômes. Des résultats prometteurs qui pourraient être insérés dans les parcours de soin.

Les bienfaits de la marche sur notre santé ne sont plus à démontrer. La discipline agit en douceur sur notre métabolisme, renforce nos capacités cardiaques, circulatoires ou encore musculaires. Au-delà de ces bienfaits, elle jouerait plus encore sur notre état mental. L’effort mesuré dans un environnement naturel, comme les forêts ou le bord de mer, favorise un relâchement psychique bénéfique et nous pousse souvent à dépasser des limites que l’on ignorait. Laurence Reckford, fait partie de celles et ceux qui se lancer un jour sur un chemin de Compostelle, un voyage où elle put mesurer au quotidien les changements bénéfiques procurés par cette aventure itinérante.

Après un chemin de Compostelle révélateur, Laurence Reckford décline aujourd’hui cette expérience bénéfique en faveur des personnes atteintes de troubles psy.

Au fil des jours, elle est revenue à l’essentiel : avancer, prendre soin d’elle, profiter de chaque journée et partager douleurs et bonheurs lors de rencontres spontanées, même éphémères. Coach de formation, formatrice en premiers secours en santé mentale, Laurence a souhaité que ces bénéfices soient mis au service de jeunes adultes en rétablissement de troubles comme la dépression, la bipolarité ou la schizophrénie. Il ne s’agit pas de guérir mais contribuer par cette expérience au rétablissement pour avancer dans sa vie. En 2020, elle part ainsi à titre expérimental et amical, en randonnée durant une semaine avec des jeunes atteints de problèmes psychiques et leurs parents : tous prennent conscience de leur capacité dans l’effort, développent la communication au sein du groupe, s’investissent et montrent une réelle reprise de confiance en eux dans un environnement tout à fait nouveau.

Accompagnés d’une personne de confiance, ils retrouvent confiance en eux au fil des jours et partagent une aventure
Sortir du cadre quotidien, dépasser l’horizon et ses limites . Colina organise désormais 5 à 7 voyages par an à leur attention

Ces résultats ponctuels satisfaisants durant ce séjour la poussent à renouveler cette expérience. Les années suivantes, elle propose le projet à une association de proches. Une fois encore cette initiative est couronnée de succès. Laurence Reckford décide cette fois de monter une structure dédiée sous la forme d’une association : Colina. Les trois syllabes de ce nom en résument le caractère : Co comme corps , Li comme lien social et Na comme nature.

Une structure originale, des objectifs ambitieux et réalistes

L’organisation d’un séjour itinérant de randonnée avec des personnes mentalement plus vulnérables, à la condition physique incertaine demande une préparation plus rigoureuse. Au-delà de l’aspect logistique, il s’agit de « déminer le terrain », notamment en levant les appréhensions lors d’un briefing en exposant clairement le projet non seulement aux intéressés mais aussi à leur proche accompagnant. Car le concept de Colina passe par la formation d’un tel binôme. Un ami proche ou un membre de la famille, joue ici un rôle primordial par sa connaissance du marcheur et sa présence rassurante. Ce binôme va donc partager durant une semaine en moyenne une expérience souvent inédite au jour le jour, franchir ainsi des étapes et les libérer des préjugés. La victoire quotidienne sur la fatigue, la répétition de l’effort, la solidarité constante du groupe va leur redonner de l’énergie, une réelle confiance en eux et les aider ainsi au retour dans leur vie de tous les jours. Deux accompagnants de l’association assurent ici l’encadrement. Un débriefing systématique a lieu après chaque voyage et se complète par la rédaction d’un formulaire individuel d’évaluation. Après les marches, des projets d’accompagnement personnel seront proposés.

Colina programme 5 marches en 2023 sur toute la France, 7 l’an prochain, et s’adresse aux personnes de 18 -35 ans atteintes de ces pathologies, une tranche d’âge ciblée pour attirer les jeunes adultes. Avec ces résultats positifs, Laurence Reckford et son équipe développent sa communication auprès des intermédiaires de santé ou d’insertion, cherchent à assurer le financement de l’association et pourquoi pas collaborer au parcours de soin global de certains hôpitaux ou de spécialistes indépendants en psychiatrie.

Richard Kirsch

Contact : contact@colina-asso.org

site : https://colina-asso.org/