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Tour de Thaï (XXL !)

Après une expérience réussie au Viet Nam l’an dernier, j’avais hâte de retourner en Asie, cette fois en Thaïlande et en roue libre. Randonnant toute l’année, j’ai écarté les excursions nature. J’ai laissé à d’autres les « incroyables rencontres avec les ethnies minoritaires » et plus encore la nouba nocturne sur la plage. Juste le besoin de sentir encore l’air chaud le soir au coucher du soleil, de profiter de l’eau claire sur le sable blanc et de me perdre dans les villes pour en découvrir les bonnes adresses, en sentir les vibrations et la ferveur !

Quelque part ..à Ko Lanta !!

Bangkok, tentaculaire, écrasante

Atterrissage à l’aéroport international Survarnabhumi de Bangkok, je m’incruste au flot de touristes un peu hagards qui convergent vers la douane en possession du QR code TDAC (Thailand Digital Arrival Card) pour obtenir mon visa (de 30 jours désormais). J’ai réservé un petit hôtel pour trois jours dans le quartier historique. Décalqué par le vol, je préfère m’y rendre en taxi.. plus précisément en taxi meter ! Cela évite ici les malentendus. Un dispatcheur situé sur le boulevard m’oriente vers un numéro de file, me prélève la somme exacte de la course (780 B.) et me donne l’immatriculation du taco. C’est carré et efficace.

On range la doudoune, il fait 26 °C. Que le spectacle commence ! La ville est immense, parcourue de bretelles d’autoroutes qui planent sur 12 millions d’âmes. Les buildings de verre et d’acier émergent au milieu des tours d’habitations de cinquante étages et d’une mer de petits immeubles ou de maisons enchevêtrées. Les panneaux de publicité sont ici à la démesure de cette ruche. D’immenses affiches de dix mètres sur vingt vantent la cosmétique, les banques, les bagnoles et, pour l’heure, les SEA Games 2025. Les JO du Sud-Est asiatique se disputent l’espace avec les portraits de la défunte reine et du roi. Patrie, monarchie et religion, les trois piliers de la Thaïlande s’inscrivent partout ici en lettres d’or. Après une nuit réparatrice, je pars en exploration dans le vieux quartier blotti dans une anse du fleuve Chao Phraya.

Que de souvenirs.. ! Mon dernier voyage à Bangkok remonte à 2008, j’étais alors en reportage et l’Office du Tourisme avait attribué aux journalistes un guide privé sur le thème de son choix. Royal ! Des images savoureuses ressurgissent et c’est avec plaisir que je redécouvre ces symboles du royaume. Malgré mon arrivée précoce vers 8 h 30 , je me heurte déjà à la vague des visiteurs. Les militaires et une armée de volontaires de la Croix-Rouge locale gèrent parfaitement ce flux. En touriste distrait, je suis venu en short malgré l’avertissement du Routard, ce qui me vaut l’achat d’un pantalon thaï obligatoire, moche, taille XXL. Ce Royal Palace se présente comme un grand délire architectural sur plusieurs hectares , étincelant de tout son or.

J’y reste deux bonnes heures, essayant tant bien mal de comprendre son histoire et plus encore de le photographier sous les meilleurs angles sans avoir une famille chinoise ou un couple d’amoureux du selfie dans le champ. Autrement dit, un exploit. J’enchaîne au National Muséum , une pure merveille, un endroit passionnant.. et reposant. Le parcours de la présentation des œuvres est limpide et d’une grande beauté d’éclairage. Cette immersion dans l’histoire, l’art et les traditions de la Thaïlande est incontournable pour le voyageur curieux.

Ces visites m’ont ouvert l’appétit, direction les nombreux petits restos du quartier. Tous disposent d’un classeur où les plats sont présentés en photo sous des pochettes cristal, parfois en plusieurs langues. Je découvre les soupes épicées, des plats de pad thaï à base de riz ou de nouilles collantes (noodles), garnis de porc, de poulet , de bœuf, de calmar, de fruits de mer ou de divers poissons grillés. On arrose le tout à la bière locale Chang, Singha ou Léo. Je n’y ai pas trouvé la moindre différence ! Les plus sobres optent pour leurs délicieuses préparations à base de mangue, fruit de la passion, etc., en jus ou en smoothies. Comme partout en Asie, inutile de fantasmer sur le dessert, quasi inexistant, à part quelques glaces, les fameux fruits et surtout le riz gluant sucré accompagné de mangue. Ça cale ! (7 à 10 € pour un repas)

mini croisière dans les Khlongs
l’écluse à l’entrée du khlong
Traversée du Chao Phraya

Bangkok est immense, épuisante, j’ai parcouru tout de même une douzaine de kilomètres chaque jour ! Je renonce toutefois à me rendre à pied à l’embarcadère très éloigné desservant les khlong, ces canaux qui sillonnent la Cité des Anges  sur la rive droite du fleuve. La moto Grabe me dépose sur le site calé sous un pont, je négocie un tarif solo et embarque sur un long tail avec un jeune couple de Hollandais suréquipés en matos photo. La balade débute par une courte traversée jusqu’à l’écluse d’entrée du canal, plus bas que le fleuve.

C’est une bonne occasion de découvrir un autre visage de Bangkok, plus paisible. Après une heure de navigation bercée par le moteur de camion ronronnant à ciel ouvert , tenu à bout de bras par un pilote costaud, retour sur le fleuve. Les long tails des touristes défient ici les convois de barges tirées par des remorqueurs, un balai bien orchestré. J’ai choisi de rentrer à mon hôtel en utilisant le bateau-bus qui dessert tout le quartier de la vieille ville pour éviter la circulation du centre-ville pendant la période de pointe. Je termine cette première balade dans la capitale en allant dîner (à pied !) au Night Bazaar, situé au sud-est de la ville. Camelots, street food, boutiques à souvenirs, empire du toc, débauche de néons, un vrai bonheur.

Chiang Rai, des allures de province

Mon petit hôtel me propose un bon prix pour un transfert vers l’aéroport de Don Muelang (vols intérieurs) situé au nord-ouest de Bangkok. La plupart des compagnies nationales et low cost présentes desservent l’ensemble du pays ainsi que quelques destinations internationales. J’ai trouvé un bon prix sur l’App 12Go.Asia.

Après les exubérances de Bangkok, j’ai l’impression de débarquer à Chiang Rai comme en province. Petit aéroport, un tuk tuk , je me retrouve au centre-ville, à la gare routière. Le bâtiment est ouvert aux quatre vents et des bus de toutes tailles y stationnent en épi. Des routards et des locaux attendent l’heure du départ dans un climat de nonchalance divin. À l’extérieur, les chauffeurs des taxis collectifs et les tuk tuk lézardent sous le soleil.

La Clock Tower et le second batiment du White Temple – Night Bazaar.

Après avoir déposé ma valise dans un petit hôtel dégoté sur Booking, je décide d’aller rendre visite au bureau du tourisme local. La température monte vers les 30 °c, après un smoothie mangue en terrasse je marche une bonne demi-heure pour trouver à l’arrivée porte close ! De retour à l’hôtel, je repère une petite laverie, car une lessive est devenue urgente.

Les filles du salon de massage d’en face n’en finissent pas de proposer leurs services (pas de méprise !). Je craque 250 baths pour un massage de pieds. La véritable attraction de Chiang Rai se trouve à quelques kilomètres. Je prends ainsi un bus pour aller visiter le White Temple , un édifice hors normes dans ce pays. Imaginez un ensemble immaculé , genre meringue géante sculptée, avec une débauche de fioritures. L’architecte, un habitant de la ville très croyant, a souhaité une rupture totale avec la tradition, en adoptant le blanc, symbole de la pureté.

C’est époustouflant. A ne pas manquer aussi lors de la balade en ville, la Clock Tower cette fois dorée à souhait et bien sûr, le Blue Temple, un autre édifice un fou gardé par ses deux nâgas géants au regard inquiétant. En fin d’après-midi la gare routière s’anime. J’achète mon billet de bus pour Chiang Mail distante de 350 km et passe la soirée au night market local en dégustant une soupe face à la scène où sévissent quelques chanteurs et danseuses dans une relative indifférence.

Chiang Mail, la plaque-tournante animée du Nord

Impossible de se perdre à Chiang Mail, le centre historique est délimité par le carré d’anciennes douves et les berges de la rivière Ping. Les joggers en font le tour aux heures fraîches de la matinée avant de prendre un petit déjeuner intra-muros. Chiang Mail recèle une multitude de sanctuaires bouddhistes, il en existerait plus que les églises à Rome ! J’ai trouvé un hôtel familial à l’extérieur, à proximité de la porte nord (Chang Puak Gate). Pratique, mais un peu bruyant.

Ascension et visite du temple perché sur le mont Suthep

La cité grouille d’expositions d’art contemporain, de galeries et bien sûr de restos, d’agences de voyages et bien sûr de salons de massage. C’est ici que vous partirez en trek dans le fameux Triangle d’or, ses montagnes, ses minorités ethniques, peut même à la rencontre des éléphants et du Mékong. Pour ma part, un autre programme. La montée au mont Suthep et la visite du temple au sommet restent un must. Je décide de m’y rendre tôt et me rends à la station des taxis collectifs (rouges) à côté du marché. Les chauffeurs y prennent leur petit déj en attendant qu’au moins six clients se présentent. Rien ne presse vraiment, mais après d’une demi-heure, nous sommes seulement trois : une Argentine, une Japonaise et moi. Lassés d’attendre , nous prendrons finalement un Grabe en commun. Les cyclistes sportifs se frottent à une interminable montée pour atteindre 1676 m d’altitude et admirer , avec un peu de chance, le lever de soleil sur la ville.

Arrivé à destination, il est possible de prendre un funiculaire jusqu’au temple ou se coltiner les 309 marches. L’enceinte du temple très ombragée est ventilée par un vent doux. En bon pèlerin de Compostelle, j’emboîte le pas de quelques fidèles qui font trois fois le tour du grand chédi doré en récitant des prières une fleur jaune à la main ! Des moines bouddhistes peuvent vous y bénir moyennant rétribution. La descente passe par une foultitude de magasins de souvenirs et se serait un péché mortel de ne pas y marchander un stock de porte-bonheur pour la famille et les amis. (Ravissant petit cœur accroché à une clochette!)

De nombreuses écoles de boxe thaï attirent des pratiquants étrangers . Les salons de massage partout dans les rues !

Ko Samet, l’île village de vacances

De Bangkok, à Chiang Mail en passant par Chiang Rai, j’estimais avoir visité suffisamment de temples et de sanctuaires pour le restant de mon séjour en Thaïlande. Il était grand temps de me mettre au vert et mettre le cap vers l’une des fameuses plages. Et vu leur nombre, leur ambiance et les distances pour s’y rendre, le choix fut un bon casse-tête . Après avoir paginé fébrilement le Routard, après des heures de connexion passées à la recherche des meilleurs vols, et sachant que je terminerai mon voyage à Ko Lanta, je me décidais de faire au plus simple et me rendre ainsi trois ou quatre jours à Ko Samet, le Deauville des gens de Bangkok, pour ainsi dire.

Ko Samet, l’île-club de vacances !
Le débarcadère à Ko Samet
Calme et farnentie ! La haute saison débute ici en décembre

J’ai mis un moment pour comprendre qu’il fallait atterrir à l’aéroport de Pattaya-Reyong puis prendre un taxi jusqu’à l’embarcadère de Ban Phé distant de 60 km et enfin embarquer que un ferry ou un speed boat. L’App 12GO, m’embrouilla dans de multiples forfaits minibus + speeboat incompréhensibles. Fatigué, j’appelais directement un prestataire de taxi qui m’expliqua tout en me proposant un tarif correct depuis l’aéroport. La traversée par une mer formée est assez rock’n’roll, mais heureusement ne dure qu’une demi-heure. Les taxi-collectifs (verts !) attendent le touriste au débarcadère comme l’attendent les autorités de cette île classée « Parc National » pour l’alléger de 200 bath.

plage, fumette et petits plats !!

Ko Samet reste une destination familiale d’une grande quiétude avec de jolies plages à peine troublées par la ronde des jet skis près du village. (Remarque : le touriste est toujours collé par pilote thaï et ne fait guère plus que des ronds dans l’eau !). Il fait bon y dîner le soir, les pieds dans le sable, (y fumer discrètement) ou prendre un dernier verre dans l’unique rue commerçante. (Pour info, le cannabis est en vente libre et encadrée en Thaïlande. Néanmoins, il est interdit de fumer dans les lieux publics) . En résumé, Ko Samet est une sorte d’immense club de vacances bien tranquille. Les Chinois s’y retrouvent en groupe pour y faire une fête bon enfant, entre eux. Franche rigolade collective, selfies et bain habillé ou sous ombrelles pour ces dames qui craignent plus que tout le soleil . (Un teint hâlé est réservé aux travailleuses des champs ! ). Les hôtels proposent souvent des tarifs avantageux pour rejoindre Bangkok en minibus .

Ko Lanta, authentique et relax

Après une autre nuit à Bangkok en transit, je prends un vol vers Krabi, de quoi ruiner mon bilan carbone jusqu’à la fin de la décennie. Il existe plusieurs solutions pour rejoindre l’île de Ko Lanta : le taxi (2500 baths) ou le minibus (450 baths) voire le bateau. Les agences présentes dans le hall de l’aéroport pratiquent toutes le même tarif. Bon, vaut mieux être patient, car le trajet peut durer de trois à quatre heures selon les déposes des touristes dans les divers resorts qui s’étalent sur les 30 km de la côte ouest et les livraisons du chauffeur.

J’ai rendez-vous chez mes amis à Old Town, au sud-est de l’île. Installés ici depuis une dizaine d’années, ils comptent bien garder secrets les meilleurs spots ! Durant une dizaine de jours, Felipe et Dom vont ainsi nous distiller (Kamel, un autre copain venu de France) les adresses des restos et bars lors d’un parcours initiatique de rêve ! Plus de bagnoles, vive la Wave Honda, la mule locale à 4 vitesses. Indestructible !

Pas un feu rouge, des journées qui commencent tôt par un petit déj sur la terrasse de leur maison posée sur l’eau, et se terminent par le coucher du soleil selon un programme journalier à géométrie variable. Baignades, tapas, noix de coco, dégustations des spécialités locales chez Ben, un chef français, sans oublier des parties de backgammon avec les expats du coin. Le séjour s’est terminé par une sortie en mer, sur un bateau privé et un pique-nique avec cuisinier sur une île déserte et secrète ! N’insistez pas, vous ne saurez RIEN, à part que le thermomètre de mon Apple Watch afficha ce jour-là une température de l’eau à 31 degrés !!

Epilogue

Fascinante Asie, mon regard ne cesse de tourner mon vers toi depuis des années, attiré par la richesse de ta culture, la diversité de ta nature, l’accueil chaleureux de tes habitants. Le succès de la Thaïlande ne se dément pas. Au point d’attirer, hélas, un tourisme de masse parfois sans respect, sans limites et sans retenue. Avant de venir et revenir en Thaïlande, il convient juste de bien choisir son programme, d’éviter les sites surpeuplés ou à la réputation douteuse . Alors, ce pays vous offrira sa merveilleuse douceur de vivre.

Une grande bouffée de chaleur et d’amitié au bout du monde. Merci.

Infos pratiques

J’ai choisi de gérer ce voyage de A à Z sans l’aide d’une agence locale. Quelques applications sur smartphone suffisent pour tout organiser, presque au jour le jour. (attention, toutefois, d’anticiper vos réservations en haute saison, qui va de décembre à mars). J’ai confié mes hébergements au puissant Booking (de 20 à 40 €/nuit), les vols intérieurs (de 30 à 70 €) et le bus à l’excellente App 12GO.asia et mes déplacements en ville au performant Grabe. Le copieux Guide du Routard resta le compagnon indispensable pour affiner et vérifier mes choix et y puiser de vrais bons tuyaux sur.. tout ! Merci Google Map et Traduction,qui m’ont évité quelques errances géographiques et linguistiques. Qui dit App, dit Internet. J’ai acheté une carte SIM locale à l’aéroport (30 G0, 30 jours, 28 euros). Les petits kiosques de vente n’acceptent que le cash (change actuel 1 euro=37bath) — les retraits aux distributeurs coûtant 250 bath de commission par opération, mieux vaut les limiter ou tirer gros. Le vol aller-retour CDG-Bangkok a été réalisé sur Air China avec une escale à Beijing (durée 16 heures , 610 euros). Cette compagnie est sérieuse et accueillante. Même si ses plateaux-repas ne laissent pas un souvenir impérissable. Même si ma valise resta bloquée à Beijing au retour lors d’un transfert acrobatique ! Dernier conseil : attention de ne pas oublier votre carte bancaire en tirant de l’argent au distributeur. Il vous livre l’argent en premier et le retrait de la carte après, sur instruction à l’écran.

Le Voyage Métropolitain, droit dans l’Axe Historique de Paris

Briefing à 9h sur le parvis de l’église St Germain -l’Auxerrois. Montage de l’Axe avec des cartes IGN au 1:25.000e

L’association spécialisée dans l’exploration périurbaine en Ile-de-France depuis dix ans invitait une quarantaine de marcheurs à parcourir un itinéraire moins habituel qu’à l’accoutumé. Après un tour complet du Périph parisien en quatre étapes précédemment, elle nous embarque en effet sur une très longue ligne droite, sans le moindre virage : l’Axe Historique.

L’Axe Royal et sa perspective lors de la création du Palais des Tuileries par Catherine de Médicis

Ce concept a été imaginé par Catherine de Médicis lorsqu’elle fit construire le Palais des Tuileries dans le prolongement du Louvre. Cette perspective remarquable partait du célèbre musée, passait sous l’arc de triomphe du Carrousel et touchait l’Obélisque de la place de la Concorde. Puis, il continuait jusqu’à l’Arc de Triomphe de la place de l’Étoile et se prolongeait en banlieue jusqu’à Nanterre. Nous avons donc patiemment remonté cet axe, en nous attardant sur l’histoire de quelques sites marquants, et surtout en écoutant les exposés des architectes, des paysagistes et des urbanistes, ou des chercheurs.

Un central téléphonique existait sous le Jardin des Tuileries
Le bel alignement entre les deux arcs de triomphe

Ce fut l’occasion d’apprendre qu’un important central téléphonique existait sous le Jardin des Tuileries, de comprendre pourquoi les Champs-Élysées concentrent autant de boutiques de luxe. Le chantier actuel de l’immeuble Louis Vuitton, emballé dans sa malle géante argentée, mérite le coup d’œil. Ces sorties sont souvent l’occasion de remettre en question les idées reçues et même de susciter des débats. Ainsi, l’imposant Arc de Triomphe, symbole de mémoire et d’admiration pour des milliers de touristes, aurait une image plus guerrière qu’il ne le voudrait !

Pique-nique sur l’île de Puteaux
l’Esplanade de la Défense ..une dalle à 25m au-dessus du sol !

Après un pique-nique dans un parc de l’île de Puteaux, les marcheurs vont traverser le centre d’affaires de la Défense, une dalle maintenue à une vingtaine de mètres au-dessus du sol par un labyrinthe de béton, un univers inachevé , le phantasme de promoteurs, ou encore le squat de sans-abri. Après quelques bidouillages de verdure, l’esplanade profite aujourd’hui d’une vraie végétalisation. Il est impossible de manquer la Grande Arche, qui domine l’ensemble du site. Il suffit de grimper la volée de marches pour admirer cet axe historique vers l’Est, magnifique enfilade où se devine le Louvre.

Le projet de l’Axe Parisien reliant les ports de Paris, Rouen et Le Havre.
Le chantier mégalo de Louis Vuitton aux Champs Elysées

Presque ! En réalité, l’énorme cadre est décalé de 6,5°. En se retournant vers l’ouest, on peut suivre durant quelques centaines de mètres une passerelle qui mène .. qui ne mène nulle part ! À ce jour personne n’a d’explications plausibles à l’arrêt brutal de cette artère prometteuse, aujourd’hui un joli cul-de-sac aérien ! Toutefois, une promenade verdoyante permet de poursuivre ce cap à l’ouest et de chaque côté du toit de l’autoroute A14 à son arrivée à Nanterre.

Une passerelle qui mène nulle part !
Vue côté ouest sur les Terrasses de Nanterre qui conduisent au Champ de la Garde et à la Ferme du Bonheur.

Notons que le recouvrement des grandes artères traversant Paris est à l’ordre du jour pour diminuer les nuisances sonores, avec notamment le recouvrement des huit voies qui émergent du tunnel de la Porte-Maillot. Un chantier nécessaire et hors de prix ! L’axe qui se poursuit sur Nanterre comporte plusieurs terrasses et abrite même un espace d’exposition. L’équipée a terminé sa visite au Champ de la Garde, un espace vert de 4 hectares entièrement artificiel créé en collaboration avec la Ferme du Bonheur dans le cadre du Programme de Réussite éducative. Agriculture et élevage en communauté à 3 km de la capitale !

A Dourdan, où y’a du chêne, y’a du plaisir !

Téléchargez la trace de cette randonnée au format .gpx ICI

les itinéraires de randonnée proposés par la comité régional de la forêt de Dourdan

La forêt domaniale de Dourdan marque la limite nord-est du plateau de la Beauce. Elle est traversée par la vallée de l’Orge qui sépare le massif de Saint-Arnoult, au nord, de celui de l’Ouye, au sud, au relief plus accidenté.

Une boucle facile de 22 km depuis la gare de Dourdan
Je ne m’en lasse pas …

Le sous-sol calcaire est recouvert d’argiles, de sables et de limons qui ont produit des sols acides favorables aux chênes. Le Chêne sessile, largement dominant, est souvent accompagné par d’autres feuillus (Charme, Hêtre) et quelques résineux (pins). De ce côté, les randonneurs vont en voir de toutes les tailles et de tous les âges notamment celui de St Louis, un costaud de 500 ans ou encore le chêne des Six frères ou Henri IV rassembla ses troupes avant l’assaut sur Paris.

Le chêne s’ étire parfois en très grande largeur.
Les Six Frères transmettent leur énergie séculaire aux randonneurs ..comme au temps d’Henri IV !

Ce parcours, concocté, repéré et guidé Tom de Randif (aucune parenté avec Tom de Savoie) se présente comme une boucle de 22 km, sans aucune difficulté. Elle vous fera découvrir plusieurs zones de préservation de la biodiversité très protégées. C’est aussi l’occasion d’admirer quelques joyaux du patrimoine régional comme l’Abbaye de Notre-Dame de l’Ouÿe. Enfin, cet ancien domaine de chasse résonne encore de mille histoires plus ou moins heureuses.

La fontaine de St Mesmes et la jeune fille décapitée

Même au seuil de sa vie, le chêne conserve toute sa majesté

A la fontaine de St Mesmes, on y raconte celle d’une jeune fille qui fut décapitée par son frère pour n’avoir pas voulu renoncer à sa foi.. Brrrr… Ce parcours est accessible depuis la gare de Dourdan (RER C depuis la Bibliothèque François Mitterrand par exemple. Il emprunte plusieurs tronçons du GR1 en complément avec des GR de Pays. Bonne balade !

Randonnée sur les bords de Marne et mini croisière.

Téléchargez la trace de cette randonnée au format .gpx ICI

Parmi les balades estivales à proximité de Paris, je vous propose cette belle randonnée concoctée par Sylvie de Randif. Ce parcours très facile et plutôt court (16km) vous fera découvrir le charme des bords de Marne de Lognes à Neuilly Plaisance.

Une randonnée de 16 km entre les gares de Lognes et Joinville-le-Pont (RER A)

Vous rejoignez Lognes par le RER A au départ de la gare de Lyon par exemple . Les premiers kilomètres traversent une succession de lacs artificiels destinés à contenir les crues du Maubée, un affluent de la Marne. Ces réalisations se sont accompagnées par la création de parcs verdoyants où il fait bon flâner avant de rejoindre la rivière.

Une suite d’étangs artificiels et d’espaces verts aménagés

Vous atteindrez rapidement l’ancienne cité industrielle de « la pièce aux chats » composée principalement des bâtiments de l’ancienne chocolaterie Meunier. Ce trésor du patrimoine se visite. Des barques sont aussi proposées en aval pour faire le tour du propriétaire. Toujours sur la même rive vous laisserez sur votre gauche le vaste Parc de Noisiel faisant face au Parc de Loisirs de Vaires situé sur la rive droite.

La fraîcheur des rives ombragées
La zone humide de l’Île Haute
L’arrivée à la chocolaterie Meunier
le petit embarcadère en aval de la chocolaterie

L’itinéraire se poursuit jusqu’à Gournay-sur-Marne où vous pénétrez dans le Parc de l’Ile Haute, une large réserve naturelle en zone humide qui est lovée dans un anse. La randonnée passe par une guinguette accueillante et s’achève au petit port de Neuilly Plaisance, l’occasion de prendre un verre à l’embarcadère en attendant le bateau . Et oui, car votre journée se poursuit par une mini croisière d’une heure et demie entre ce port et Joinville-le-Pont, soit une dizaine d’escales.

Arrivé à Neuilly Plaisance, faite une halte à la guiguette puis embarquez pour une mini croisière d’une heure trente en bateau-bus.

Ce bateau-bus remis en service le 2 juin dernier par Paris Est Marne & Bois est compatible avec le pass Navigo. Cette randonnée fraîche et verdoyante peut se réalisée aussi à vélo grâce aux nombreuses pistes cyclables présentes sur les deux rives de la Marne.

Le grand tour de Belle-île en 5 jours

Bienvenue sur le sentier côtier GR340 , un bonus au fameux GR34 , le chemin des douaniers qui fait le tour de la Bretagne. Cette randonnée fait désormais partie des grandes classiques et j’ai le plaisir de la faire découvrir à tous les amoureux d’escapades en bord de mer. Le parcours est parfaitement balisé de marques jaunes et rouges, symbole des GR de pays et ce dans les deux sens. On y remarque aussi des bornes d’orientation et d’information plantées sur les principales plages. Ces panneaux comportent notamment les distances et la direction des points remarquables. Le parcours totalise 80 km pour un dénivelé positif entre 2200 m et 2400 m . Autant à la descente ! Autrement dit, cette randonnée a tout d’une balade de moyenne montagne. Les plus affûtés la font en 3 jours, les bons marcheurs en 4 et les flemmards comme moi, en 5 jours . La plupart choisit le sens anti-horaire.

Une idée sur la longueur des étapes
Bornes et balisage du GR340

Rejoindre Belle-Île

Breizhgo Oceane est le principal transporteur maritime depuis Quiberon . Trois bateaux assurent les 6 rotations globalement quotidiennes à des fréquences variables. (Coût adulte environ 20 euros la traversée). La société Navix assure aussi la navette . Les Iliens propose la traversée vers Sauzon à bord du Sanoa, un splendide catamaran d’une capacité de 65 places (29 euros adulte). On rejoint Quiberon en train depuis la gare d’Auray avec le « tire-bouchon » (TER)

Le Port du Palais – Plusieurs navettes quotidiennes depuis Quiberon

Les hébergements

Il y a très peu de possibilités sur le parcours en terme d’hôtels et de gîtes. L’itinérance est plutôt souhaitable via les terrains de camping , sachant que le camping sauvage est strictement interdit sur toute l’île. Cela n’empêche pas de découvrir de temps en temps des tentes plantées sous les pins. La bonne solution reste de se loger à l’ Auberge de jeunesse du Palais, donc de faire cette en randonnée en étoile. L’établissement est situé sur les hauteurs derrière la Citadelle. L’hébergement se fait en chambre de 2 , 3 ou 4 en lits superposés. (tarifs de 29 à 39 euros) Sanitaires communs, draps fournis , petit déjeuner inclus dans le forfait . Possibilité d’y prendre son dîner sur réservation . L’auberge dispose d’une cuisine partagée très bien équipée. Autre avantage : Elle se situe à quelques centaines de mètres de la gare routière ! J’y arrive.

Une auberge de jeunesse très conviviale à quelques minutes de la gare routière
Capacité de 96 personnes en chambres de 2,3,4 personnes

Une rando en étoile depuis l’Auberge de Jeunesse

Faire le tour de Belle Ile en rando consiste donc à revenir en bus tous les jours là où vous avez terminé votre étape la veille. (3 euros/trajet). Il existe 4 lignes des Cars Bleus dont les premiers départs débutent à 9h30 en général. On regrette un peu qu’il n’y en ait pas plus tôt les jours de grosse chaleur. A ce sujet, prévoyez suffisamment d’eau car il n’existe aucune fontaine sur le parcours ..et pas de bistrots ! Les bâtons doivent impérativement comporter des bouchons de protection. Les pointes risquant à la longue de détériorer les dunes et sentier fragiles . (L’auberge en vend aux étourdis ! ) . Si vous avez raté le bus , pas de stress. L’autostop fonctionne très bien sur Belle-Île .

Un réseau de bus bien orchestré permet de randonner sur tout l’île depuis un point fixe

Les 5 étapes en détail .

Voici le parcours effectué en sens inverse des aiguilles du montre.

J1 – Le Palais – La pointe des Poulains : 19 à 20 km. Dénivelé 469 m +/481m – Le tronçon très torturé vous mettra à rude épreuve le premier jour. Les montées et descentes qui desservent les criques s’enchaînent tout du long sans vous laisser de répit ! Le sentier est très bien entretenu et passe au travers d’une végétation peu haute (fougères, épineux et ronciers) – Très peu d’ombre – A la bonne saison : profusion de mûres sauvages ! Vous rencontrerez quelques pierriers et des dalles rocheuses à franchir facilement. Certains passages sont un peu vertigineux mais sans danger. La pointe des Poulains est une jolie presqu’île. Le bus y dépose les familles et touristes qui viennent s’y baigner, admirer le petit phare et visiter la maison de Sarah Bernhardt transformée aujourd’hui en musée. L’actrice tomba sous le charme de ancien fortin très isolé , elle y passa ses vacances durant trente ans.

La pointe des Poulains.. au bout de la terre.

Téléchargez la trace GPX de cette étape ICI

J2 – La pointe des Poulains – Port Coton 16,26 km Dénivelé 256m+ /249m – Le bus n°2 vous y reconduira depuis la gare routière (si vous logez à l’Auberge) . Cette fois le parcours se situe principalement sur le haut des falaises très fracturées . Le paysage est désertique et ne présente aucun point d’ombre. Le sentier descend et monte également au fond des criques souvent profondes et escarpées mais avec une fréquence moindre. D’où ce dénivelé moins important . L’arrivée sur Port Coton est majestueuse. Ses fameuses aiguilles rocheuses jaillissent d’une côte très découpée avec en toile de fond le superbe phare de Goulphar qui se détache sur l’horizon. Cette côte fait bien sûr le bonheur des plaisanciers. Ils y trouvent des mouillages bien abrités et des spots de pêche sous-marine pour taquiner le bar, le lieu ou dénicher des homards avec un peu de chance et de technique.

Les impressionnantes Aiguilles de Port Coton

Téléchargez la trace GPX ICI

J3 Une étape de 26 km ou deux étapes de 13 km. Mon choix : Port Coton – Herlin 13,56 km. Dénivelé 534m+/522m – Cette journée de rando revient dans le même décors que la première avec ses incalculables , épuisantes montées et descentes dans les criques, de quoi se torturer les gambettes ! Là encore pas de point d’eau ni de ravitaillement . Vous arrivez sur deux magnifiques plages cachées dans des criques sablonneuses . La première vous conduira jusqu’au bourg de Kervarigeon distant d’un kilomètre environ. La seconde, la plage d’Herlin est aussi à un kilomètre de cet autre bourg . C’est ici, sur la D25, que vous prendrez le bus n°3 pour rentrer au Palais. Prudence , cette route étroite est très fréquentée et fortement déconseillée aux vélos .

Un sentier côtier souvent exigeant
Le plateau des hautes falaises est souvent désertique, les points ombragés quasi inexistants
Une infinité de criques ou viennent mouiller les voiliers

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J4 Port Coton -Locmaria 13,08 km Dénivelé 274m+/281m- Comme le qualifia mon interlocuteur à l’office du Tourisme au Palais :  » c’est une portion plus cardio ! » . Le parcours comporte en effet de très longues montées assez régulières. Ce qui n’exclut pas les bonnes amplitudes habituelles. Histoire de garder le rythme ! L’étape se termine par un très beau chemin davantage verdoyant, prémisse de ce que vous découvrirez le lendemain. Vous sortirez du sentier côtier à Port Maria, par exemple. Une petite route vous conduit à la mairie de Locmaria . On y trouve deux cafés, une superette, un marché .. Sympa pour prendre un verre en attendant le bus dont l’arrêt se trouve à deux pas. (ligne n°3)

Les longues montées pour rejoindre Locmaria
Fin de la côte au vent, le décor devient plus végétal en arrivant vers Port Blanc

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J5 Locmaria – Le Palais 17,36 km Dénivelé 735m +/760m – Voici, à mon goût, la plus belle des étapes de ce tour de Belle-Île ; ce qui en fait le tronçon le plus fréquenté. Cette côte très très vallonnée combine toutes les beautés en terme de couleurs et de végétation. Attention ! Si le sentier ne présente pas ici de fortes amplitudes et ne s’élève pas très haut, il comporte une infinité de petites montées et descentes au milieu des champs de fougères . Le dénivelé cumulé est ainsi plus important. Le sentier surplombe le littoral à quelques dizaines de mètres et offre de sublimes panoramas sur l’eau translucide. La citadelle du Palais se profile au loin comme la promesse de la fin de vos efforts. Les plages de sable blanc s’enchaînent en douceur et invitent à la baignade. Des bosquets de pins offrent enfin de l’ombre aux randonneurs. Mon conseil : réaliser cette étape dans ce sens vous permettra de rejoindre le Palais soleil dans le dos et avec de la chance, rafraîchi de face par une brise de nord ouest ! Elle est pas belle cette île !!?

Dernière étape entre Locmaria et Le Palais . Un délice visuel sur un sentier encore très casse-patte !

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A découvrir sur Belle Île

La maison de vacances de Sarah Bernhard aujourd’hui un joli musée
La citadelle du Palais , du Vauban pur granit.
La colonie pénitentiaire de Belle-Île accueillit à l’époque des jeunes délinquants, des marginaux, des enfants rejetés. Elle se trouve en face de l’Auberge de Jeunesse !

A dr. Le grandiose phare de Goulphar

Découverte de la Via Gebennensis : Itinéraire de Genève au Puy

Les différentes chemins gérés par l’Association ARA

Un profil très exigeant totalisant 24.000 m +

Parmi les chemins de Compostelle moins connus figure celui de Genève au Puy-en-Velay. La Via Gebennensis  est pourtant empruntée depuis des siècles par les pèlerins venant de l’Europe de l’Est, transitant pas la Suisse. C’est notamment le cas aujourd’hui des autrichiens et des allemands qui devront parcourir encore près de 1900 km pour atteindre St Jacques de Compostelle. On y croise donc que de rares français, ceux-ci partant en priorité depuis Vézelay, Le Puy, le Mont St Michel, Tours, ou Arles .

Le véritable  développement du tronçon Genève – Le Puy remonte aux années 90 date à laquelle l’Association Rhône-Alpes de Amis de St Jacques, regroupant 6 départements, s’est mobilisée pour offrir aux pèlerins de véritables accueils jacquaires. Afin de finaliser le projet, ce chemin fut classé au rang de GR (65) par la FFRP en 1998 . C’est pourquoi on y retrouve le double balisage de coquilles jaunes sur fond bleu et des marques blanches et rouges habituelles. Côté documentation, l’ARA édite deux guides  : un jaune  pour l’itinéraire sud (via Chavanay) et un rouge passant au nord (via  Lyon) . La FFRP propose un topoguide classique.

Champs de blé au dessus de l’étang de Panabru

Mon choix :  l’itinéraire Jaune 

Les méandres du Rhône vus du haut du Mt Tournier

Les maisons traditionnelles du Dauphiné en pisé

Sur les chemins de Compostelle depuis une dizaine d’années, je me suis lancé sur ce GR  suite à une rencontre avec un ami suisse sur la voie d’Arles. J’avoue avoir sous estimé sa difficulté. S’il ne mesure que  350 km et  doit se faire théoriquement en deux semaines , le profil très vallonné affiche près de 24.000 m de dénivelé +  et autant à la descente. Soit environ autant que le Camino del Norte sur 890 km , alors que le Chemin de Stevenson est donné pour 6400 m + sur 12 jours. Autrement dit, ce chemin n’ a rien d’initiatique et implique une bonne condition physique  (notamment après la soixantaine bien sonnée !! ) . Le dénivelé quotidien reste important  car le profil global n’est pas linéaire mais ponctué de montagnes russes permanentes. Une fois la distance et le profil intégrés, il reste à régler le nombre et l’alternance des étapes. Le guide Jaune de l’ARA répertorie correctement les accueils jacquaires (théoriquement donativo selon sa charte) . Il existe en complément des gîtes, des chambres d’hôtes et quelques hôtels sur ou hors chemin. Il faut donc s’attendre à marcher parfois quelques kilomètres supplémentaires.   Bon, la cartographie du doc n’est pas des plus lisibles, la mise en page non plus en comparaison d’un guide Miam Miam Dodo au même prix.  (16€). Côté ravitaillement , ce GR n’est pas le mieux loti . Les épiceries, les cafés sont plutôt rares et les supermarchés un peu excentrés. Mieux vaut partir le matin avec des provisions en eau et nourriture.  Ce chemin très boisé présente malgré tout aussi de nombreux passages sur asphalte. Le balisage de tous les chemins de randonnée de la région est remarquable.

les nombreux vignobles de Savoie, coopératifs ou indépendants

Mon parcours : 8 jours entre Genève et St Romain de Surieu. (220 km/350)

Parti pour effectuer la totalité du chemin   « as usual » , je me suis cependant limité à une bonne semaine de randonnée assez éprouvante. Motivation, âge, forme ?  Sans doute   Mais aussi une certaine lassitude à marcher totalement seul durant ces jours. Je suis parti mi-mai et n’ai  rencontré que 4 pèlerins !! L’affluence est, paraît-il après Pâques , en juin et plus tard.  L’accueil jacquaire exceptionnel a donc constitué les rares moments de convivialité.

Le bon  balisage évoqué est suffisant pour s’orienter , excepté quelques variantes. En bon geek, j’avais toutefois télécharger la trace gpx de tout le GR . Je l’utilisais sur ma montre Apple Watch Ultra 2 , avec le fond de carte de l’ ENORME application Workoutdoor suggérée par Apple .  Cet outil surpuissant propose une quantité de statistiques jamais atteinte et un nombre d’alertes en tous genres .. usantes !!  (mais heureusement paramétrables).  Je pouvais également suivre et enregistrer  mon itinéraire quotidien sur l’App Iphigénie embarquée sur  la montre  et bien sûr sur mon smartphone. A ma connaissance, il n’existe pas d’App spécifique sur ce tronçon Genève  Le Puy.  Ma randonnée sur ce 8e chemin de Compostelle au compteur s’est achevée à la gare du Péage de Roussillon et un retour via le TER jusqu’à Lyon pour le TGV (3 heures au total) .

le Château Louis XI de la Côte St André

Conclusions : beau, raid, isolé !

Cette portion du GR65 entre Genève et St Romain de Surieu reste très spécifique en terme de difficulté et logistique . Il me reste à parcourir celle de Chavanay au Puys dont le dénivelé cumulé devrait être encore plus important ! Une fois passé la vallée du Rhône, les 5 étapes finales restent en effet très « casse-pattes »  entre 500 et 1200 m . J’ai eu beaucoup de plaisir   à découvrir les vignobles  de Savoie,  le Dauphiné, l’Isère , des paysages ruraux, un décor d’un calme absolu. Ce fut surprenant  (et reposant) aussi de me retrouver sur ce chemin de Compostelle  ancestral un peu hors du temps et de la médiatisation mais dont l’hospitalité  jacquaire est des plus chaleureuses.

 

 

 

 

le tracé suivi sur l’Apple watch Ultra 2

les stats suivies sur l’App Workoutdoor

 

 

 

 

 

 

Mes étapes (Distance – hébergement  diner et petit déjeuner)

Genève-Charly 21 km  551 +/-241 m  – Geneva Hostel 50€

Charly- Frangy 19 km  594 +/-1053 –  Chez Laurence Bourgeois 40€

Frangy- Serrières 24 km  458+/-535 m – Camping le Clairet 35€

Serrières – Yenne 25 km 278+/-234m L’Hermitage 30€

Yenne – St Ginix 24 km 790+/-915 m  Gite A pied, à bicyclette 43€

St Ginix – Valencogne  22 km 648+/-273 m   Chez Annette Rossi (donativo 45€)

Valencogne- Grand Lemps  22 km 471+/-569 m   Chez Paul & Line Chomat (donativo 40€)

Grand Lemps – Faramans  26 km 736m+/-831 m   Chez Jacqueline Charrel (donativo 40€)

Faramans – St Romain 31 km 454+/-561 m  Chez Françoise Meyrand (donativo 40€)

Ma rando avec Marinette, non-voyante

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Un magnifique parcours de 18 km tracé par Thèrèse (RANDIF)

Après une semaine digne de l’été, une vingtaine de marcheurs se retrouvait à la gare de Champagne dans la fraîcheur printanière aux portes du Vexin. La brise du nord balayait le paysage, entraînant dans sa course un train de nuages sages qui laissaient de l’espace au soleil généreux. J’emboîtais leurs pas à travers les ruelles de la petite ville qui allaient nous mener sur les hauteurs dominant l’Oise. Nous étions partis pour une balade de 17 km qui devait s’achever à la gare de Valmondois, sur la même ligne .

Les muscles étaient encore froids et le cœur n’avait pas encore trouvé son rythme. Très vite, l’asphalte laissa la place aux sentiers d’une forêt vallonnée. Une lumière pure révélait une nature qui explosait sous la poussée du printemps. Calé dans le groupe aux conversations sonores, je remarquais deux femmes qui cheminaient devant moi. L’une d’elles tenait une sangle du sac à dos de sa voisine.

Marinette (à g.) et Dominique, partage une complicité chaleureuse depuis plus de quinze ans .

Ce geste me sembla anodin et dû à leur proximité amicale . Il me faudra parcourir davantage de kilomètres pour comprendre que la marcheuse, dont l’un des bâtons était blanc, était non-voyante . Je me demandais qui était le plus aveugle des deux, alors que la réalité et l’évidence s’étalaient devant moi ! Je vins à leur niveau. La femme au bâton blanc s’appelle Marinette et celle qui la guide, Dominique. Le duo bavarde d’un sujet banal, mais leur complicité dégage une réelle chaleur . Je restais silencieux un bon moment, laissant libre cours à des interrogations idiotes : comment cette femme percevait elle cette journée splendide, comment partagions nous le même plaisir, avec moi le randonneur « normal » et contemplatif ?

Eglise de Saint-Symphorien à Nesles

Et puis, ma curiosité désespérément journalistique l’emporta et je me décidais à parler avec ma voisine non-voyante. Frappée de cécité irrémédiable depuis sa naissance, Marinette n’avait jamais vu les couleurs de ce monde, tout comme son frère . Elle avait travaillé pendant de nombreuses années à la caisse d’Épargne de Besançon, mais la routine l’avait lassée. Elle avait alors repris des études pour devenir kinésithérapeute à Paris, jusqu’à sa retraite. Elle partage aujourd’hui sa vie avec un compagnon dont la cécité n’a cessé d’amplifier depuis l’âge de 29 ans. L’homme vit dans un monde intérieur intense et est devenu un écrivain engagé. Malgré son handicap, je découvre à mes côtés une femme en mouvement permanent que rien ne semble pouvoir limiter .. Excepté la neige m’avouera-t-elle ! Alors, ce matin-là, Marinette randonne comme les autres. Elle a pris son train de banlieue comme nous autres, Dominique l’a juste cueillie sur le quai comme elle le fait régulièrement depuis plus de quinze ans. Amie dévouée (c’est un euphémisme), elle la guide ainsi sur tous les terrains, y compris à Fontainebleau entre les rochers. Et ces randonnées prennent des airs de défis tant les obstacles sont nombreux. Afin de mesurer cette difficulté, Dominique me propose de marcher avec Marinette. J’accepte.

Celle-ci va m’initier en quelques minutes à un rôle dont j’ignore tout. Elle m’apprendra ainsi que les longues phrases sont inutiles, encombrantes, voire inefficaces . Guider une non-voyante nécessite des mots brefs : rigole devant, racine, marre à droite, branche basse. Lorsque le sentier devient étroit, je passe devant elle, laissant sa main posée sur mon sac à dos, ou prenant le bâton que je lui tends derrière. Je découvre et endure un rythme plus lent, mon esprit est focalisé sur elle, et cette concentration soutenue me fatigue plus que je ne l’imaginais. Le groupe s’est étiré sur quelques centaines de mètres, je reste seul avec Marinette à discuter. Je savoure un certain silence retrouvé et lui demande si les conversations souvent fortes des randos ne la perturbent pas en masquant les bruits de la nature . Sa réponse surprend le randonneur valide souvent solitaire : « Non, leurs paroles servent à me guider ! « . Puis j’apprends que Marinette randonne dans ce club depuis 2008, date de la création de Randif. Nous ne nous sommes jamais croisés ! Je rejoindrais mon tandem marcheur sur le quai de la gare de Valmondois à la fin de la randonnée . Les copines s’enivrent des rayons encore chauds en attendant notre train . Dominique revient sur le passé de l’ association, au temps de Lucien, le premier président :  » C’était un homme très ouvert et il accepta immédiatement la présence de Marinette dans les groupes. L’époque connaissait une plus grande solidarité, dit-elle avec une pointe de nostalgie. Aujourd’hui chacun se mure dans ses problèmes, tout à fait légitimes. J’aimerais que quelqu’un prenne le relais de temps en temps. » Marinette partage ce point de vue. Non seulement pour bénéficier de l’indispensable guidage, mais aussi pour rencontrer et partager ses randos avec des personnes nouvelles. Le message est passé. Je reverrais sans doute Marinette dans quelques semaines. Elle part cette semaine en Guadeloupe. Nous discuterons de la douceur de l’Alizé … et du bleu des lagons. Promis !

NEW ! Les 30 meilleures agences de randonnée et de trekking

L’organisation d’une randonnée présente parfois de véritables difficultés surtout si cette aventure à lieu dans un pays étranger compliqué d’accès. Certains randonneurs moins autonomes veulent simplement confier leur projet en France à un professionnel pour se libérer de toutes les contraintes. Dans tous ces cas, le mieux sera de passer par une agence spécialisée dotée d’une solide expérience de la destination, en terme de guide, d’hébergement et de logistique. Nous vous présentons une sélection des 30 principaux acteurs français et belges. Vous découvrirez leur histoire dans les quelques lignes de présentation. Il vous suffit de cliquer sur le lien vert pour accéder à leur site et à leurs offres. N’hésitez pas à les contacter par téléphone, ces passionnés sont réactifs et sauront vous aider dans la conception de votre voyage, en fonction de votre budget, niveau .. et de vos rêves.

  Allibert Trekking est né il y a 50 ans du désir de trois guides de haute montagne de vivre de leur passion. Philippe Allibert et son épouse, Simone, se lancent dans  l’aventure en 1975 depuis leur appartement de Grenoble. Ils sont rapidement rejoints par Jef Tripard et Jean-Luc Poulat. Ensemble, ils vont parcourir le monde : des Alpes à l’Himalaya, des Andes au Sahara, à la recherche  de nouvelles destinations. Ils permettent à l’entreprise familiale de s’implanter solidement dans le secteur du voyage à pied. Aujourd’hui, 5 agences,  une équipe de plus de 150 personnes en France ,  près de 400 partenaires et guides à travers le monde, conçoivent et organisent des voyages sur les cinq continents.

En 1995, Isabelle et Olivier ouvrent une agence de voyage à Bastogne, Lux Evasion. Passionné par la randonnée pédestre et le trekking, Olivier décide en 2002 d’étendre leurs activités vers l’aventure, un créneau à la mode, en proposant à leur clientèle des voyages vers les destinations comme les Alpes, l’Himalaya, les déserts, les volcans, … En 2015, Isabelle et Olivier donnent une  orientation locale à leur agence belge. Dans le village de Bertogne, au cœur des Ardennes et d’une nature généreuse, Ardennes Rando voit le jour en proposant une offre complète de séjours à pied et en vélo sur l’ensemble du massif ardennais ainsi que sur les régions voisines.

En France et dans le monde,  depuis
40 ans, Atalante s’appuie sur  une imposante équipe  de 450 guides confirmés  qui partagent : la même passion du voyage à pied : découvrir, contempler, échanger, aller toujours plus loin et ce avec les mêmes convictions : respect de la nature et des populations locales, la même vision du voyage : celle d’un enrichissement personnel où chacun revient grandi. Chaque année, Atalante fait ainsi vivre à près de 5000 voyageurs des treks authentiques aux quatre coins du globe en s’appuyant sur son propre réseau  de 30 d’agences locales.

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Itinéraire Rando de 22 km en Vallée de Chevreuse

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Le Parc de la Haute Vallée de Chevreuse n’ a pas fini de vous faire souffrir ! Cette enclave boisée à moins d’une heure de la capitale par le RER B reste toujours un petit paradis pour randonneurs et cyclistes à la recherche des dénivelés costauds . Alors quoi de plus normal que de rencontrer les deux pratiques sur cette bande de verdure qui borde le plateau de Saclay et se diffuse de part et d’autre de l’Yvette dans un enchevêtrement périurbain diffus .

La Vallée de Chevreuse, beau terrain de jeu pour les passionnés de nature .. et grimpettes .

Le bassin hydrologique de l’Yvette. Un décor splendide composé de forêts et petites rivières.

Les traceurs de rando ,comme Gérard (Randif), n’ont que l’embarras du choix pour concevoir des itinéraires entre les jolis villages de la vallée qui s’échelonnent le long de cette ligne RATP, autant de points de sorties de ces parcours parfois physiques. Vous pouvez donc les moduler à souhait . Celui proposé ici part de la gare de Courcelles sur Yvette pour atteindre celle de Lozère après 22 km de grimpette alternant avec un passage en plaine sur le plateau. Cette randonnée vous fera aussi découvrir toutes les facettes de ce bassin hydrologique de l’Yvette fascinant avec notamment les beaux sentiers de la Mérantaise. Bonne balade !

Randonnée improvisée à Paris: explorez la ville.

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Grande balade dans une toute petite ville dont la largeur ne dépasse pas 10 km ! Le tour mesure 50km , on le parcourt à pied par le GR75 . Il est désormais entièrement cyclable.

Il y a des jours où rien ne se déroule comme prévu . Ce dimanche là plus aucun train n’était en service sur les lignes L et J vers la gare Saint Lazare . Après avoir jonglé avec un bus de banlieue et deux lignes de métro, j’arrivais enfin à rejoindre la Gare de Lyon pour rejoindre une rando de club… repoussée à plus d’une heure et au fin fond de l’Essonne ! J’y renonçais. Alors, face à l’adversité place à l’impro . Je décidais de rentrer à Bois Co par le chemin des écoliers, smartphone à portée de main.

l’incontournable Pont Bir-Hakeim, star des tournages et des pubs glamours
La passerelle Leopold Sédar Senghor au pied du musée d’Orsay

Une météo incertaine planait sur la capitale désertée lors de ce w.e de pâques, le vent du nord jouait avec des nuages menaçant lorsque je pris la direction des quais de Seine afin de l’accompagner dans sa descente vers l’Ouest. La ville se réveillait lentement, les bouquinistes ouvrant leur petit commerce pour touristes. Je les retrouvais devant Notre-Dame. Une queue interminable gérée par quelques CRS s’étendait devant l’entrée de l’édifice resplendissant.

le colosse du sublissime pont Alexandre III . Inauguré pour pour l’Expo Universelle de 1900, le pont porte le nom du tsar de Russie, gage d’amitié avec le président de la République Sadi Carnot.

Je me frayais un chemin dans cette foule polyglotte disciplinée et marchais vers le Louvre . Il était environ 9h30 et la pyramide de verre subissait son premier siège de visiteurs. Je franchissais de nouveau la Seine côté rive gauche en direction de la Tour Eiffel. Les rayons du soleil perçaient dans un ciel subliment menaçant et illuminaient les coupoles de l’église russe comme astiquées au Miror. La dame de fer se dressait dans son écrin de plexiglass et faisait de l’œil au Trocadéro en face.

La Tour Eiffel désormais ceinturée de sa verre de sécurité. 6,3 millions de visiteurs en 2024
Statue commémorant la rafle du Vel d’Hiv du 16 et 17 juillet 1942. 12844 juifs arrêtés par la police française y transitèrent

Des anneaux Olympiques encore présents sur le pont faisaient le bonheur photographique des absents lors de cette période de folie . Je dépassais le pont star Bir-Hakeim fraîchement repeint. Sa couleur argent me replongea dans mon enfance. C’est la même que mes maquettes d’avion ! En poussant plus loin, je découvris le mémorial et sa sculpture rendant hommage aux victimes de la terrible rafle du Vel d’Hiv. Les kilomètres rive gauche défilaient, je dus retraverser la Seine Pont Garibaldi pour rejoindre le Bois de Boulogne.

Longue de près de 13 km, avec une profondeur variant entre 3,40 et 5,70 m, d’une largeur de 30 à 200 m, la Seine aujourd’hui est traversée par 37 ponts dont 4 passerelles accessibles uniquement aux piétons.

La Maison de la Radio, gros camembert, encombrait le décor. Je songeais à mes émissions préférées de Radio France .. FIP, Inter, Info ..Tout se passait donc là, à deux pas . Après une immersion dans les beaux quartiers, je débouchais sur le bois à la porte de Passy. Il était près de midi, l’heure de pique-niquer sur les bords du Lac inférieur. Dans la lune, je ratais la buvette de la porte d’Auteuil et remontais vers le nord par les grandes allées du Bois.

Fastueux pont Alexandre III sur fond du Grand Palais.
La passerelle Debilly vestige de fer datant de l’Expo Universelle de 1900
Le pont Neuf, massif et esthétique, le plus ancien de Paris! Il traverse l’ile de la Cité

Deux, trois kilomètres plus haut j’arrivais à la terrasse de celle du petit lac de Neuilly. Les toutous à leur maman chic piliers du bar gambadaient ici et là, la chaleur montait d’un cran. Café, madeleine pour la gourmandise, je taillais la route pour retrouver la Seine qui avait pris un large virage vers la Défense. Le quartier d’affaires se détachait au loin au dessus de la péniche de l’Armée du Salut.

Renaissance printanière du bois de Boulogne . 846 hectares et .. 8 millions de promeneurs par an !

Paris ou Neuilly , deux mondes se côtoient et s’ignorent . Mine de rien, le compteur dépassait les 22 km lorsque j’arrivais au Pont de Courbevoie pour un long faux plat et un saut de l’île de Jatte .. Encore un effort, je piquais vers Bois Co aussi calme qu’un bourg de province ce jour-là ! Game Over .

le 1er quartier d’affaires européen. 3 millions de m² de bureaux, 3 600 entreprises dont 15
parmi les 50 premières mondiales, 1 500 sièges sociaux,180 000 salariés.
Les bateaux-mouche, (terme générique de toutes les compagnies)
La Cathédrale de la Sainte-Trinité incarne le retour de l’église orthodoxe russe au cœur de la capitale