Archives pour la catégorie Randonnées France

32 km de randonnée intense : De l’Isle Adam à Luzarches

L’oise à l’Isle Adam
Trois grâces en extase devant un abreuvoir !

« De l’Isle Adam à Luzarches, 32 km à allure soutenue guidée par Stéphane« . Je compris immédiatement  que la randonnée proposée par Sport et Nature ce jour-là réunissait tous les ingrédients pour repousser nos limites habituelles, sachant qu’au-delà de 30 km et à 4,5 km/h en continu la fin de parcours se ferait  dans la douleur. Et puis c’était Stéphane. La réputation de cet accompagnateur radical n’est plus à faire. Ce mec  sympa  a rayé depuis longtemps les termes compassion et diminution de parcours de son vocabulaire de meneur. Seul compte le respect du programme annoncé. Mou du genoux s’abstenir ! Quelques mois auparavant des randonneurs de l’association avaient pu vérifier cette réputation lors d’un retour vers Paris plutôt rock ‘n roll.  Ça débuta par  une course contre la montre durant les trois derniers kilomètres pour attraper un train, suivie d’une montée acrobatique dans une mauvaise rame. Épuisement collectif, la journée déjà éprouvante se solda par un retour vers les 22 heures ! Record battu .
Vu la distance non négociable, le rythme imposé et malgré une météo plus que clémente, seulement quatorze randonneurs répondirent présent au rendez-vous de la Gare du Nord. Treize filles, le guide et votre serviteur. Dès le départ de la gare de l’Isle Adam-Parmain, mes craintes se confirmaient, d’autant que le groupe de tueuses mené par Stéphane partit à fond le long de l’Oise. Comment allais-je pouvoir tenir la cadence infernale sur 32 km derrière cette meute gonflée à bloc ? Stéphanie dans mes pas, une baroudeuse de l’asso qui connaissait la musique pour avoir fait les 40 km du Mont Saint-Michel avec lui, je laissais filer et pris le temps du warm up habituel. (Il me faut bien 6 à 8 km pour atteindre ma vitesse de croisière.) Nous n’étions pas les seuls à trainasser en queue de peloton. Dès le briefing j’avais remarqué  Émilie, une nouvelle venue plutôt fluette et chaussée de simples tennis. J’essayais d’écarter mes a priori relatifs à l’équipement douteux de certains randonneurs, mais par expérience je savais qu’elle allait connaître de vrais soucis sur une telle distance. Il fallut pas moins de 16 km et la pause déjeuner au bord d’un étang baigné de soleil pour que le groupe mette enfin un bémol à cette marche rapide. Heureusement ce beau parcours en forêt ne présentait pas  de grosses difficultés si ce n’est quelques bosses, histoire de nous rappeler que ce tour de l’Ile-de-France

Un ultime massage au Baume du Tigre pour Emilie avant de reprendre le train à Viarmes

sur le GR1 est loin d’être plat ou monotone. Après une heure de repos, le rhum arrangé de Stéphane, la ronde copieuse des desserts , chacun réalisa qu’il fallait marcher encore la même distance, soit 16 km, donc abandonner ce rythme proche du Nordic walking !  A la reprise, Emilie , les muscles refroidis, comprit dès les premiers pas que la rando en tennis n’était pas le meilleur choix. Je fouillais dans ma pharmacie pour lui offrir de l’Advil et calmer ses contractures jusqu’ à la gare la plus proche et prévenais Stéphane. Le guide m’écouta, étudia la carte, nous étions au milieu de la forêt de Carnelle, la gare de Viarmes semblait la solution la moins pire pour Émilie. Miracle, il consentit à dérouter le groupe  ! (On n’en revient toujours pas).  Elle tint la distance grâce aux 400 mg d’ibuprofène jusqu’à destination puis une petite randonneuse thaïlandaise sortit de son sac toutes sortes de baumes exotiques , une copine un peu kiné lui administra un ultime massage avant que le groupe l’abandonne en ville avec une autre fille. Mais Stéphane n’ avait pas du tout renoncé à ses principes , 32 km c’est 32 km ! Alors il nous entraîna plein nord  jusqu’ à l’ abbaye de Royaumont afin de remplir le contrat. En franchissant la voie ferrée, on regarda  s’éloigner la gare de Seugy distante de quelques centaines de mètres. Luzarches était encore si loin, comme la plupart d’entre nous j’aurais bien repris le train ici ou une bière dans un de ces bistrots paumés de grande banlieue plombés par l’ennui. Ni pense même pas pauvre nain me suis-je dit, tu as signé et  puis hors de question de perdre la face devant les douze amazones sous perfusion d’adrénaline ou dopées aux amandes ou autres barres de céréales survitaminées. Après ce changement de parcours et une courte halte sans intérêt à Royaumont, un rien fatigué Stéphane perdit un peu de sa lucidité et son chemin, d’autant que sa portion de carte avait atteint les limites de lecture du tracé. Lors d’un contrôle GPS sur  App Iphigénie de mon Iphone, je me mis à douter de son choix  vers le sud. Après concertation, il accepta de prendre une route directe vers Luzarches  en  évitant une rallonge aussi pénible qu’inutile sur une variante du GR1. Il était près de 17h, on avait eu notre dose,  plusieurs me demandaient quelle véritable distance affichait le compteur. Coup d’œil sur le podomètre-bracelet et le GPS, nous avions parcouru plus de 34 km !  L’ heure de train jusqu’à la gare du Nord me plongea dans un demi-sommeil, rincé mais content.

Cette belle rando marque la 6e étape du GR1. Il nous reste encore de nombreux dimanches pour boucler les 670 km de ce sentier historique qui encercle Paris. Sachant qu’avec Stéphane, on devra parfois pousser plus loin la machine ! Le prix à payer pour progresser.

Téléchargez la trace GPS ICI

Conseils pour Randonner au Vexin Français

L’église et le prieuré d’Hétancourt

Le Parc Naturel du Vexin français constitue un formidable terrain de jeu pour le randonneur parisien, hélas certaines entrées sont moins pratiques d’accès si l’on décide d’utiliser seulement les transports en commun. Ainsi lors de cette randonnée au départ de Magny-en-Vexin, il fallut rejoindre Cergy-Le-Haut par le RER A depuis Paris-La-Défense (Navigo, Mobilis, etc..) puis prendre le Baladobus. Le tarif unique est de 4€. Ce service de car ouvert de mai à septembre propose deux lignes qui desservent les points intéressants de cet immense espace. Le dépliant de Baladobus mentionne également de nombreuses idées de rando entre 2 et 18 km et bien sûr les horaires. L’excursion depuis Cergy ne manque cependant pas d’intérêt. Durant 30 à 40 minutes ce voyage agréable offre aux visiteurs un parfait condensé du Vexin.

 

 

Pique-nique ombragé providentiel en ce dimanche caniculaire
Le Vexin agricole dans toute son immensité. Chaud !

La sortie proposée nécessite une journée complète depuis la capitale. Le retour se faisant à Chars (Ligne SNCF de Gisors à Paris St Lazare), et la fréquence des trains n’étant pas fameuse,  mieux vaut bien calculer son coup au risque de poireauter au bistrot du village. Pourquoi pas après tout .. ! Cet itinéraire de 22 km ne pose aucune difficulté même si le balisage disparait de temps dans la végétation ou devient incertain en plaine. On emprunte ici plusieurs portions des GR11 et GR 125 et différents PR. Vous traverserez de grandes étendues agricoles. Le décor sera plus agréable au printemps, le parcours très à découvert moins chaud qu’en été pour les marcheurs ..et moins polaire que l’hiver ! Cette randonnée sera une fois encore l’occasion de découvrir le potentiel culturel et historique du Vexin Français entre sites gallo-romains et médiévaux. Les corps de fermes majestueux et souvent remarquablement réhabilités témoignent de la richesse des  terres du Val d’Oise, d’hier et d’aujourd’hui. Certains sont désormais exploités en lieux d’évènements grand public ou professionnels.

Ps. Vous ne trouverez pas de points de ravitaillement mais heureusement de l’eau fraîche dans les cimetières. Prévoyez donc un pique-nique en conséquence.

Téléchargez la trace GPS de cette randonnée ICI

Plaines, petites zones boisées, un parcours très à découvert mais sans difficulté.
le Baladobus, deux lignes pour découvrir le Parc Naturel du Vexin Français de mai à septembre

Idée rando : mettez vous Auvers sur l’Oise (95) 27 km

un parcours de 27 km très boisé sans difficulté.
Le GR1 suit ici l’Oise sur quelques kilomètres

Paris s’est vidé de ses habitants, les touristes ont investi la Capitale soumise aux caprices d’un été alternant épisodes caniculaires et polaires. L’ile de France ouvre ses grandes espaces désertés aux randonneurs parigots. Notre copine Chantale nouvelle guide de Sport et Nature nous invite à découvrir la partie Est du Vexin au départ de la gare de L’Isle-Adam. La locale de St Leu a concocté une boucle de 24 km sur le papier. Nous en ferons 27, mais qu’importe, le parcours en valait la peine. La bonne idée fut de renoncer de commencer cette randonnée par  la forêt de l’Isle-Adam, tellement connue, mais de suivre l’Oise sur une longue boucle jusqu’à Champagne (sur Oise , of course ) et de traverser le Bois de la Tour du Lay en suivant notamment le GR1. Ce sentier qui encercle la région parisienne passe ici par Nesles-La-Vallée. Le charmant village nous accueille pour un pique-nique mérité sur la berge d’un canal verdoyant après 13 km menés à un bon rythme. Afin d’éviter un long passage dans la plaine, Chantal a choisi de descendre plein sud par un long goulet de verdure  ou s’enchaînent les Bois des Vignes, le Bois des Cocus (!), le Bois le Roi et qui se termine par la Côte de la Thibaude. Ce superbe chemin conduit à Auvers-sur-Oise, une destination beaucoup plus fréquentée ce dimanche. Si la présence de Van Gogh reste omniprésente bien sûr, le château, les terrasses des cafés et le calme des bords de l’Oise en font une idée de balade très accessible depuis Paris et passionnante. Une partie du groupe reprendra le train ici, le reste continuera en franchissant l’affluent de la Seine jusqu’à la gare de Mériel. C’est ici que Jean Gabin a grandi avant de devenir  l’immense acteur que l’on connaît. La ville lui a dédié un musée discret non loin du chemin de halage. Cet itinéraire ne présente pas de difficulté si ce n’est ses 27 km. Il permet de découvrir quelques perles du Vexin, un parc naturel classé vaste de 65.000 hectares regroupant 66 communes, une voie romaine sublime ainsi que des vestiges historiques remontant à 2500 ans avant J.C.  A parcourir sans modération.

panorama du Vexin
Le musée Jean Gabin à Mériel
Ici vécu Van Gogh à Auvers-sur-Oise
Demeure et restaurant de charme
La mûre toujours la mûre !
Nesle-La-Vallée
Un pollissoir de silex datant de 2500 ans avant JC découvert en 1969.

Télécharge la trace GPS de cette randonnée :  ICI

GR 34- saison 5 Rando solo, camping frigo et crêpes à gogo

Crozon express – Landévennec-Camaret en 4 étapes

Boucler le GR34, ma quête du Graal ! Ce sentier de 1700 km qui longe les côtes de la Bretagne n’en finit pas de me narguer  depuis cinq ans. Libérez moi, I want to Breizh free ! Chaque été je m’y recolle avec un sac de 12 kg histoire de conjuguer la liberté, les joies et les douleurs du trekking en camping. Avec la même question : combien de jours tiendrais-je le rythme, la météo, en solo sans bobo à l’âme et au dos ?!   Réponse cette année à Crozon.

 

 

Si ce chemin de grande randonnée n ‘est pas l’ Everest il faut  toutefois jongler avec les distances, un rapport de poids sac/bonhomme irraisonnable, une dénivelée trompeuse , le nombre  réduit de campings  ou de gîtes abordables, les épiceries aléatoires ou encore les incontournables crêperies. J’avais quitté le GR 34 à Brest l’ an passé un peu lessivé par le crachin breton. La presqu’île de Crozon était la suite obligée et attendue,  tant cette région est un petit paradis pour randonner entre ciel et mer. Seulement,  c’est aussi le bout du monde. Il m’aurait fallut trois jours de marche supplémentaires  pour m’y rendre depuis la sortie de Brest un peu ingrate et itinéraire moins côtier . Je décidais donc de zapper le tronçon et d’attaquer la cible

En rade.. à Brest !

par la face nord depuis Landévennec en bus. Le réseau de cars du Finistère est génial. Vous circulez partout dans le département pour le tarif unique de 2€ (excepté entre  Brest et Quimper). Hélas les horaires de la ligne Brest-Camaret sont rarement synchro avec ceux des trains venant de Paris.  Et surtout, damned, elle ne dessert pas Landévennec ! Mauvaise pioche.  Le département paie cependant le taxi pour vous y rendre depuis un arrêt à 7 km.  Bon gré mal gré, je suis resté en rade.. de Brest pour quelques heures, suffisamment de temps pour déjeuner sur le port et visiter le Musée Maritime situé dans le château. La vie de Brest ne cesse d’être brassée par les turbulences  de l’histoire entre chantiers militaires, fortifications, destruction, reconstruction, un vrai bagne et un camp de prisonniers civils sur l’Ile Longue devenue une base de sous-marins, son École Navale, les explorations de Lapérouse et plus récemment  les grands rassemblements de voiliers anciens. Après cette visite et une errance touristique en mode sherpa,  le bus pour Camaret décolla enfin me déposa,  en route comme prévu à 7 km du but, à un carrefour où un taxi arrivant de nulle part me prit en charge. Je retrouvais le GR34 à Landévennec, un petit port qui marque l’entrée de la presqu’île de Crozon. Pour une première nuit et une arrivée tardive je logeais au gîte d’étape communal. Une famille de la région parisienne y faisait escale et cuisinait un repas sommaire.  Je me remis au régime  local dans la seule crêperie du village. Je ne saurais trop vous conseiller ici l’Océane, à base de saumon, thon et sa salade .

Une Presqu’île si belle, parce qu’elle le Vauban !

la fortification de la presqu’ile de Crozon par Vauban: une véritable curiosité régionale
Tente Vaude (1 kg), légèreté et confort de l’habitat nomade high tech.

Après une nuit en solo dans le petit dortoir, j’attendais 8h30 l’ouverture de l’épicerie pour un shopping alimentaire de survie : banane, tomate, jambon, biscuits, pain..Le sac dépassait allégrement les 12 kilos et je retrouvais la douloureuse sensation de m’enfoncer dans le bitume. Le GR34 suit ici la côte sur plusieurs kilomètres dans le Bois de Poulmic,  un décor de pins puis il débouche sur  l’Ecole Navale évoquée, ses bâtiments d’un goût douteux et trois escorteurs désarmés ancrés dans la baie. Sachez que l’omniprésence des terrains militaires forcent souvent ici le randonneur à des contournements surréalistes en s’éloignant de la côte. Je m’enfonçais ainsi dans les terres pour rejoindre Lanvéoc et le camping de la Cale après une vingtaine de kilomètres. Je croisais en chemin un prêtre en soutane à la tête d’un groupe de jeunes marcheurs en autonomie totale. Sur le GR34 depuis quatre ans au départ du Mont St Michel, Ils avaient quitter Brest depuis une semaine et essuyé la colère divine, à savoir un orage monstrueux . Une âme charitable avait sauvé le groupe du déluge en abritant ces infortunés à domicile. Un vrai miracle.  Je payais la dime de 7,50€ à l’accueil du camping et plantais ma tente de nain sur une des  terrasses , au pied d’une forteresse. Vauban s’en est donné à cœur joie sur la Presqu’Ile de Crozon, une avancée stratégique en face Brest et son goulet, en proie aux attaques de la flotte anglaise. Les Allemands ont complété ces fortifications par un bétonnage copieux en 40. Je quittais Lanvéoc en effervescence ce matin-là, une agitation due au concours de pêche en mer de l’ été. Alors que je prenais mon petit déj sur le banc humide du camping sous les rayons du soleil, une véritable armada de plaisanciers en bottes et gilets gonflables, armés de cannes et d’épuisettes quitta la cale au coup de canon. Aujourd’hui direction Roscanvel, sa presqu’ile et son camping municipal.  Sur 21 km le GR34 alterne  des sentiers en bord de plage,  des bois et des portions de route, en passant par le petit port du Fret, sans dénivelée marquante. Après un tour d’honneur dans le bourg pour  trouver l’entrée de  ce foutu « établissement hôtelier de plein air » , je m’installais sur une autre terrasse balayée par la brise, en altitude. Le bureau n’ouvrait pas avant 15h. (Info – le Festival du Bout du Monde de Crozon, programmé cette année-là du 4 au 6 août,  sature  hôtels, gîtes et certains campings. Il est prudent réserver  notamment les gîtes d’étapes longtemps à l’avance).

Le fort émerge de la pointe des Capucins (Côte ouest de Roscanvel)

Une fois débarrassé de ma charge de mulet, je pris la route de la côte pour aller voir de près deux forts que l’on m’avait conseillés. Le sentier bien balisé me mena jusqu’à la pointe des Capucins. Imaginez un fort planté sur un rocher relié par un pont étroit au rivage, des ruines inquiétantes qui lui donnent un air de château hanté . Ce décor a  tout pour séduire un cinéaste , ou devenir  le terrain de jeu de Lara Croft dans Tomb Raider. Je laissais quelques touristes aventureux descendre une pente ultra raide et mal pavée jusqu’à l’édifice et poursuivais ma rando jusqu’à la Pointe de Cornouaille et sa forteresse. Le site en contre-bas est en cul-de-sac et oblige le visiteur à descendre et gravir près de 200 marches. Sympa avec déjà 22 km dans les jambes depuis le matin ! Le circuit des forteresses se conclut généralement par la Pointe des Espagnols et sa vue imprenable sur Brest. Sans moi ! Je rentrais au camping par les terres et réservais un table à la crêperie de Roscanvel. La nuit fut polaire et je réveillais les tentes voisines dans un concert d’éternuements irrépressibles. Une gentille crève en plein mois d’août, en rando et en camping .. Pas mal .

le sympathique port de Camaret

 

Quand le GR34 se transforme en route du rhume

Il fallut tailler malgré tout la route. J ‘avalais deux Doliprane et partis fébrile vers Camaret  sur la nouvelle portion du GR34  qui englobe dorénavant toute la presqu’île de Roscanvel. Le parcours côtier d’une dizaine de kilomètres se révéla idéal pour cette journée d’enrhumé. Je stoppais dans l’unique pharmacie faire le plein de Kleenex et dans une supérette pour un nouveau shopping alimentaire avant de me diriger vers le camping municipal de Lannic situé à proximité de l’ Auberge de Jeunesse. (Info – L’ accueil dans ces établissements passe par l’achat obligatoire de la carte d’adhésion annuelle. La nuitée coûte aux alentours de 22€ en haute saison. Moins cher pour les groupes). Une fois installé vers les 17 h, j’en profitais pour marcher le long des quais et notamment la digue où siègent l’église ND de Rocamadour , la tour Vauban et de splendides épaves de chalutiers, des stars locales croquées par les dessinateurs en balade.  A l’heure du diner, le centre ville de Camaret fut pris d’assaut très tôt et je me retrouvais un embouteillage compact de badauds affamés et de voitures.

Les restaurants affichaient complet les uns après les autres, il me fallut en essayer plusieurs afin de trouver une table. Je ressentis alors la baisse de régime due au rhume , ou la perte de poids, la fatigue encore accumulée après 900 km passés sur le Camino del Norte un mois auparavant ?  Un moral à marée basse, des prévisions météos peu engageantes, j’ avais ma dose, ça serait du Crozon Express pour cette année et un retour précoce. Il me fallut de nouveau jongler avec les horaires de bus pour dégotter un billet de train pour Paris à un tarif correct. Appli Voyage-sncf, Brest-Paris à 19h18 pour 66€ (tarif réduit) le lendemain avec un bus direct à 15h25, j ‘achète. De retour au camping, je pris cette fois plus de précautions pour affronter une dernière nuit sous tente à 9° C, avec grains prévus. J’enfilais T-Shirt coton, T-shirt Décath manches longues,  fin thermolactil Bermude et doudoune Patagonia.

la cale de Lanvéoc, sa plage, son camping

Avec le duvet doublé du sac à viande en soie, je devais en principe survivre. Après avoir secouer la toile de la rosée matinale et surtout des gouttes de la dernière averse, je tentais une

L’anse de Pen Hat, le sémaphore de la pinte du Toulinguet

première sortie à 7h vers les sanitaires. Zippp !  un vent glacial s’engouffra dans la tente. Je décidais d’attendre 8h, au chaud, l’ouverture du dépôt de pain. J’avais en effet vu la veille qu’on y servait aussi du café ! Dieu se manifeste parfois auprès du randonneur-campeur au bord du gouffre. Le camping sortait lentement de la nuit, des zombies en survet ou pyjama arpentaient les allées, les nuages noirs s’éloignaient en laissant filtrer les premiers rayons. Le pain au chocolat trempé dans le café fut un vrai bonheur, la journée partait bien.  Des heures devant moi, une louche de Baume du tigre dans chaque narine, une provision de Kleenex en poche , le sac à dos allégé , je rezippais l’habitacle pour une ultime balade sur cette  magnifique presqu’île de Crozon. Le premier panneau d’info locale mentionnait un Tour de Camaret de 22 km pour 6 heures de marche. De quoi rater allégrement le train . Après étude de la carte IGN (Ref 0418ET au 1:25.000e), j’optais pour un tour d’honneur  de 12 km. Le soleil me réchauffa le corps et l’âme, je me  dépiautais de mes couches comme on pelle un oignon au fur et à mesure de ma progression vers  la Pointe du Grand Gouin qui domine Camaret. J’admirais une fois encore ce décor magique où un tapis de bruyères multicolores résiste au vent et sel .  Le sentier  serpente ainsi jusqu’à la Pointe de Toulinguet. Tout au bout les radars du sémaphore militaire surveillent  le trafic, zone militaire défense d’entrer. Des camping-cars se sont installés en clandestin sur cette lande sauvage pour fuir la foule de Camaret. La lumière matinale douce et pure accentue encore la beauté de cette côte  déchiquetée par des siècles de tempêtes. Arrivé à l’ anse de Pen hat, au bout d’une immense plage immaculée totalement déserte, je tombe stupéfait sur le mémorial de la seconde guerre

le mémorial de l’anse de Pen Hat

mondiale. La marine et les pêcheurs ont payé un lourd tribu au conflit. Des ancres des navires coulés, des mines, une batterie anglaise, dessinent dans ce paysage paisible un musée à ciel ouvert  sur lequel plane encore la douleur du souvenir . Je  n’en avais pourtant pas fini avec le passé. Avant de rejoindre la pointe de Pen Hir, le chemin devint chaotique, les bâtons de marche heurtaient les blocs. Et puis soudain les quatre tours d’un château en ruines,  au loin une croix de Lorraine géante, un bloc monstrueux de granit presque à l’état brut surplombant la mer. Les touristes venus en voiture affluaient par vagues successives le temps d’un selfie et d’une balade entre les rochers.Il était temps de retrouver le calme et la solitude du sentier côtier  pour rejoindre Camaret avant mon retour vers Brest et Paris. Je repassais une dernière fois au camping de Lannic pour plier la tente et remplir les 50 l du sac Osprey de mon attirail de nomade. Je n’ai pas croisé les filles de  Camaret . Dommage !! Courte mais belle balade.

 

Il prend la pose (et la pause) à Roscanvel, pointe de Cornouaille.

Je reviendrais finir ce GR34  en filant  vers le sud à la Pointe de la Chèvre puis vers Douarnenez mais en revoyant ma copie de randonneur sexagénaire. L’option portage n’est plus au programme ! Je privilégierai les nuits en gîte d’étapes, quitte à alourdir cette fois le budget sachant que j’ ai toujours rendez-vous avec toutes les crêperies de Bretagne, ses caprices météo, ses plages, sa rudesse de granit.

 

Suivez le GR2 : Une Aventure Près de Paris

Le port St Nicolas

Il y a des dimanches où une étrange flemme vous cloue au lit et vous fait renoncer à prendre le train et rejoindre votre club de rando. Ce jour-là le soleil a eu cependant le dernier mot et a poussé le randonneur à boucler son sac à la hâte et claquer la porte pour une journée de balade en solo. Depuis le temps que les péniches de Conflans St Honorine me faisaient de l’œil lorsque je passais en RER sur les hauteurs de la ville, il fallait que j’ aille voir ce fleuron de la batellerie de plus près. Je rejoignais la gare de Maisons-Laffitte et commençais mon périple en suivant le GR2 qui longe la Seine. La traversée de Sartrouville, Cormeille-en-Parisi n ‘a rien de folichon entre cimenteries désaffectées et décharges sauvages. Puis soudain le GR2 prend de l’altitude (quelques dizaines de mètres ! ), un sentier étroit et verdoyant me guide vers La Frette. Un circuit thématique entraîne ici le randonneur  sur la trace des peintres Impressionnistes dont Pissaro. Il fait dire que le paysage se prête à la rêverie, à un voyage au XIXe siècle , époque des bateaux-lavoirs, des barges en partance pour Rouen ou le Havre . Le fleuve serpente lentement dans son écrin.  Au loin les usines du Val d’Oise replongent le visiteur dans le présent. Il faut presque trois heures pour atteindre le Port Saint-Nicolas de Conflans- St Honorine. Avec les années, la petite ville a pris une dimension touristique que j’ignorais. Les quais boueux de jadis ont été réaménagés en promenade où l’on se pause ou se délasse sur des transat de bois. Les péniches d’habitation fleuries bord à bord donnent une merveilleuse impression de quiétude voire de vacance. Les chantiers de naguère ont presque tous disparus, les berges ont ouvert leurs espaces aux restaurants dont les terrasses ombragées font désormais le bonheur des familles en balade ou des amoureux en quête de romantisme. Les affamés d’histoire ne manqueront pas d’aller visiter le Musée de la Batellerie. Je franchis la Seine par la passerelle en contre-bas de l’autoroute de Cergy-Pontoise afin de reprendre mon chemin par la forêt de St Germain Laye lovée dans cette boucle du fleuve. Plat et monotone avec ses allées rectilignes interminables , bois n’est pas vraiment ma tasse de thé. Son seul mérite reste à mes yeux sa proximité de la Capitale. Gps en main je repique vers l’Est  pour rejoindre la gare de Maisons-Laffitte en zigzagant de chemin en chemin . Seul un itiniraire pédagogique attirera mon attention. Une signalétique bien faite apprend aux promeneurs curieux à reconnaître les différentes essences qui peuplent la forêt . Le GR2 traverse l’ Ile de France sur  260 km,  , la variété de ses sites  justifie que l’on y reviennent s’y attarde .

 

 

 

 

Téléchargez la trace Gps de cette randonnée en cliquant ICI

Documentation sur le GR2

Idée rando : de Saint-Chéron à Lardy (91) 21 km

un beau parcours vallonné de 21 km alternant bois et plaines agricoles
La très belle église de St Sulpice de Favières

Au delà des grands massifs forestiers comme Fontainebleau, Montmorency, Meudon ou Fausses Reposes, l’île-de-France offre une infinité d’itinéraires de randonnée. Tout comme la Seine-et-Marne, L’Essonne fait partie des grands domaines à explorer en créant ses propres itinéraires en suivant les sentiers balisés GR et PR  et en les quittant pour laisser cours à son imagination. Le randonneur parisien dispose de tous les moyens de transports pour quitter la capitale et débuter sa randonnée depuis une gare. L’itinéraire proposé par de la Gare de Saint-Chiron sur la ligne du RER C.  (Pass Navigo ou Mobilis 5 zones 17,60€). Long de 21 km, il s’achève ici à la gare de Lardy. Ce joli parcours assez facile alterne les passages en sous-bois et en plaine en traversant de paisibles villages , notamment dans la Vallée de la Renarde . Bonne balade !

un profil sans difficulté

 

 

 

 

Remerciements et félicitations à Jm Sattonnay pour son excellent blog sur les merveilles de la région du Hurepoix

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Eglise de St Sulpice

 

Les grandes plaines agricoles de l’Essonnes
Cabine-bibliothèque en libre service

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rando aux marais des basses vallées de l’Essonne (91) – 22 km

Les marais de Fontenay-Le-Vicomte
Un parcours de 22 km au cœur des marais

Rien de tel qu’une rando en pleine nature après un week end électoral copieux pour se rincer la tête. Pour en finir avec son exploration aux confins de l’Essonnes, Michel nous proposait le 8 mai une remontée vers Mennecy à partir de la gare de Lardy (RER D au départ de la gare Bibliothèque François Mitterrand à Paris). C’était l’occasion de découvrir la Juine, une jolie rivière, affluent de l’Essonne mais plus encore un monde aquatique d’une grande richesse. Après une dizaine de kilomètres  nous sommes arrivés aux marais de Fontenay-le-Vicomte. Ils couvrent environ 86 hectares et font partie des marais des basses vallées de l’Essonne et de la Juine et recouvrent quelque 800 hectares repartis sur 9 communes. C’est le royaume de l’eau, de la faune et de la flore aquatique. Il existe un parcours en boucle de plus de 25 km le long du GR11C  propice à l’observation . Petits et grands auront l’occasion de découvrir les animaux de la ferme dans les différentes prairies et surtout d’observer des oiseaux aquatiques à partir de l’observatoire de l’Étang aux Pointes ou de celui de l’Étang aux Moines. Les marais ont été reconnus « Espaces naturels sensibles ».  Ils accueillent en effet la migration de nombreuses espèces. Après avoir pique-niquer sur les berges de ces marais très protégés, les moins courageux ont repris le train à la gare de Ballancourt, les autres ont continué vers Mennecy en traversant le magnifique parc de Villeroy. Cette randonnée de 22 km ne présente aucune difficulté et s’adresse à des marcheurs de niveau moyen souhaitant se familiariser avec la découverte ornithologique en Ile-de-France. Des visites guidées thématiques sont également proposées toute l’année.

Téléchargez la trace gps  : http://www.visugpx.com/gNTZjlFaRU

parc de Villeroy

 

Enregistrement de la trace du parcours avec L’App Iphigénie sur Iphone 6.

 

 

Rando, chocos et Maisse de Pâques.

Riviere Essonnes
Vallée de l’Essonne
trace Malesherbes
Un parcours magnifique de 24 km

En ce 7e dimanche avant la Pentecôte, Michel , notre guide , dit au fidèle de Sport & et Nature : « la télé tu délaisseras et tu marcheras aux confins de L’Essonne » . Une vingtaine de randonneurs lui emboîtèrent le pas ce dimanche de Pâques pour aller explorer le sud du département francilien, un frontière où s’achève la validité du pass Navigo en zone 5. C’est vous dire la force de l’ appel de l’aventure. Sachant que nous sommes ici aux environs de Malesherbes, il faut presque une heure et demie de train pour rejoindre le GR1 et le GR111, ici même ou passe le Chemin de Compostelle. (Ps – En fait quand on sort de l’Ile de France, tous les chemins mènent non pas à Rome mais vers  Saint-Jacques en Galice).  Tout commence à la gare de Boigneville, enfin un arrêt sur  un quai désert au milieu de nulle part, une gare à peine connue paraît-il des agents SNCF les plus éclairés.

Au programme, « un parcours de 23 km qui sera effectué à allure moyenne » selon les termes du mail envoyé aux adhérents de l’association . Autrement une distance honorable et un rythme plutôt cool, idéal pour admirer la nature exploser en ce début de printemps. fille -chevreCette randonnée vous fera découvrir un décor typique de l’Essonne avec ses nombreux étangs, ses canaux cachés sous les branches d’une forêt généreuse . Lavoirs, petits barrages, fermes magnifiquement rénovées , maisons de maîtres aux larges portails dont les hauts murs cachent d’immenses propriétés. vieux veloÉlevage de chèvres, poulailler à l’état sauvage , chenil pour chasse à cours , la région offre ici aux marcheurs parisiens une grande bouffée de campagne.  Milly-La-Forêt et le domaine de Fontainebleau ne sont qu’à quelques pas et les premiers rochers façonnent le paysage. Toutefois, les amateurs de dénivelée en seront pour leurs frais, seules quelques bosses viennent perturber un itinéraire facile  praticable aussi en VTT. Le retour vers Paris se fait  soit à la gare de Maisse, soit à celle de Buno-Bonnevaux pour ceux qui souhaitent se contenter de 18 km . Essonne, Seine et Marne, les deux grands départements d’IDF regorgent d’idées de randonnées. Il suffit juste d’un peu d’imagination et d’une bonne carte.

Téléchargez la trace Gps : http://www.visugpx.com/Jqxo2Y9q5C.

La grande boucle de St Rémy-Les-Chevreuse (24 km)

trace St Rémy ::4:2017
une belle rando de 24 km, un peu sportive

Je vous ai déjà parlé à maintes reprises des charmes de la vallée de Chevreuse et de tout l’intérêt à randonner de part et d’autre de la rivière Yvette et ses affluents comme la Mérantaise. Voici seulement un autre parcours . Il s’agît d’une grande boucle de 24 km au départ de la gare de St Rémy-Les-Chevreuse . (RER B au départ de Paris – Fréquence 15 mn – 11€ AR – trajet 35 mn ). Cet itinéraire nécessite une bonne forme physique car il cumule près de 1000 m de dénivelée.En cas de coup de pompe, vous pourrez toujours raccourcir l’itinéraire et reprendre un train dans l’une des gares autour de St Rémy. Cette randonnée se fera de préférence par temps sec. Certains chemins sont très abîmés par le passage des chevaux  venus des nombreux clubs locaux . Ils deviennent de véritables bourbiers avec la pluie . Les nombreux passages en sous-bois en font une balade très agréable les mois les plus chauds.

Téléchargez la trace GPS de cette randonnée ici  : http://www.visugpx.com/H6diJiiyZO

Rando culture et nature au château de Fontainebleau

un parcours facile avec le Rocher d’Avon au final
Corinne et Christian,des randonneurs très organisés !

Quelle balade faire avec les gosses ou quelques amis randonneurs de niveau moyen,  en conciliant nature et culture  ? A Fontainebleau bien sûr, toujours et encore , mais cette fois aux environs du château. Histoire de se dégourdir les gambettes, cette randonnée peut débuter à la gare de Thomery si vous décidez une fois pour toutes d’abandonner la bagnole. Étudiez un peu la carte et tracez un parcours facile suivant les grandes allées. Rien de bien sorcier sur une carte au 1:25.000e , 4 cm = 1 km . Afin de vous orientez sans angoisse, jetez un œil  sur le numéro des parcelles  (chiffres blancs sur fond noir inscrits sur les arbres ). ces numéros sont en effet mentionnés sur la carte.  Du côté pique-nique, pourquoi pas rejoindre  l’Aqueduc du Loing , un ouvrage long de 2,4 km . Vous pourrez soit vous y abriter du soleil sous les arches, soit d’une averse perfide . Si les gosses trouvent le parcours un peu plat et rectiligne, incluez dans votre sortie une zone de rochers,  leur terrain de jeu favoris . En fin de randonnée , l’idéal sera alors de passer par le Rocher d’Avon au sud de la ville et à deux pas du château. Un bel itinéraire fléché en bleu amusera tout le monde et vous fera découvrir un magnifique panorama ..à 127 m d’altitude ! Vous pouvez terminer cette randonnée dominicale par la visite du château, un ouvrage dans la pure architecture Renaissance et Classique, la demeure favorite de François 1er. Le monarque rêvait d’en faire la « Nouvelle Rome » et y invita de nombreux artistes italiens, les acteurs de la fameuse Ecole de Fontainebleau. L’édifice abrite sans doute l’une des plus grandes collections de meubles anciens. D’autres personnages célèbres de notre histoire s’installèrent dans ce château immergé dans cette magnifique forêt et ce jusqu’à Napoléon III . L’itinéraire proposé long de 20 km sans grande dénivelée se termine à la gare de Fontainebleau-Avon. Des trains vous permettront de rejoindre Paris Gare de Lyon toutes les 30 mn . (Passe Navigo ou Pass Mobilis 5 zones 17,30€ – Covoiturage plus économique en groupe).