Tous les articles par parigot92270

Le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir . C'est fait ! La randonnée occupe désormais mon temps entre des missions caritatives sur Paris. Et ce blog n'a pas d'autre but que de vous faire partager cette passion ou peut être découvrir d' autres sentiers, en France ou mes expériences vers Compostelle . Bonne lecture et bonne route . Contact : richard.kirsch92@gmail.com

Trekkingzone accueille son 4500 e visiteur et fête aujourd’hui ses 10.000 pages vues (2017)

Trekkingzone.wordpress.com fête aujourd’hui son 4.500 e visiteur et ses 10.000 pages vues pour 2017 !

Un grand merci à tous les passionnés de randos et de voyages.. à pied !

Et pour fêter ça, en prépa une compil des  35 plus belles randos en IDF.

A bientôt !

Richard

Découvrez la Forêt de l’Ouÿe : Circuit Pédagogique de 22 km

Une très belle randonnée de 22km en pleine forêt, avec du dénivelé intéressant
Traversée d’un bois à l’ autre à travers les champs .

Dernière débauche de couleurs avant l’hiver, RERC, gare de Dourdan, tout le monde descend ! Les feuilles se ramassent à la pelle en novembre et ce dimanche là une foule de randonneurs vient une nouvelle fois fouler les sentiers d’Ile de France, véritables tapis 100% bio dont le confort est sans égal en automne. Dourdan fait partie de ces points départ agréables,  il fait bon y flâner le long des douves du château avant de s’enfoncer au sud-ouest dans la forêt de l’Ouÿe que l’on l’appelait autrefois « forêt de Saint-Arnoult-l’Ouÿe ». Celle-ci est constituée de 2 massifs :au nord celui de Saint-Arnoult et au sud celui de l’Ouÿe. Ce domaine doit son nom à l’abbaye de l’Ouÿe fondée en 1163 par Louis VII dit le Jeune ou le Pieux, pour remercier le ciel de lui avoir permis d’entendre l’appel de ses compagnons un jour où il s’était égaré dans cette forêt. Ce splendide ensemble est aujourd’hui une propriété privée, hélas non accessible au public. Alors le marcheur ne s’y attarde pas et poursuit son périple par des sentes au nom de « Chemin de la Messe »  ou « chemin des soupirs » . Chaque route et chaque carrefour vous transporte ainsi dans un passé médiéval et religieux un voyage au temps des seigneurs et de leurs chasses, de la paysannerie et des brigands. L’immersion dans la nature est totale lors des 22 km de ce parcours à peine troublé par le passage de départementale. Des circuits pédagogiques bien documentés viennent agrémentés cette balade qui serpente du GR1 au GR111. De nombreuses essences d’arbres s’y sont développer au fil des siècles et le gibier ne manque pas

Christian prépare une fondue au chocolat en plein pique-nique ! Bientôt le cassoulet en direct.

. Il suffit de prendre le temps de découvrir les richesses de cette flore si généreuse et d’avoir l’ouïe fine pour écouter les derniers chants d’oiseaux avant un plongeon dans l’hiver silencieux !

 

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Tour IDF sur le GR1 – Etape n° 7 – Rando sprint de Pontoise à l’Isle-Adam

2′ km – étape du GR1 , « ceinture verte d’Ile)de-France »
Arrivée sous le soleil à l’Isle-Adam

Lorsque Stéphane nous a proposé  à l’origine  de parcourir les 650 km du GR1, le sentier historique de Grande randonnée qui entoure l’Ile de France, il a précisé afin qu’il n’ y ait pas d’équivoque : rythme soutenu ! Afin de compléter la description de cette rando marathon  effectuée de gare à gare, j ajouterais :  étapes prévues ne descendant que rarement sous les 25 km !  Cette 7 e portion de ce GR1 appelé parfois sur certaines « Ceinture verte d’Ile de France », a débuté à  Pontoise dans des conditions idéales pour regarder la télé, c’est à dire de sous de fortes rafales accompagnées de pluie. Résultat , vu la météo et la distance annoncée de 24 km , nous n’ étions qu’une quinzaine au pour marcher jusqu’à l’Isle-Adam-Parmain.  Couleurs d’automne magnifiques, ciel plombé de 50 nuances de gris filtrant les rayons, tapis de feuilles multicolore, personne ne regrettait d’avoir quitter sa couette. Ce beau parcours en sous bois  présentait au moins l’ avantage de nous faire évoluer  à l’abri, certes  entre les quelques passages en plaine plutôt turbulents. Le plus gros du coup de vent était en fait passé dans la nuit et avait laissé des traces. De nombreux arbres brisés jonchaient le chemin çà et là et avaient emporté par endroit lignes téléphoniques ou des clôtures. Cependant ni la boue ni le vent n’avaient provoqué la moindre baisse de régime chez les meneuses du groupe. Au bout de 14 km menés au taquet, Stéphane consentit  après quelques rapides et rares pauses techniques  un pique-nique au milieu de nulle part. Faute de véritable toit mais sous un brin de soleil miraculeux, le groupe squatta une haie en lisière d’un champ accueillant. C’est beau le Vexin à l’ombre des betteraves en feuilles . L’affaire fut pliée en une demi-heure avant l’arrivée d’une nouvelle vague de grains, bref juste le temps de reprendre des forces, déguster le rhum arrangé de Stéphane et le gâteau au chocolat de Chantal, unique dessert de cette rando en terrain lourd . Ni le carburant à 40°, ni

Passage à Nesles-la-vallée

le déjeuner rapide n’affectèrent la cadence des meneuses. La remontée vers Nesles-La-Vallée se fit au même rythme  « soutenu + » reconnu enfin Stéphane. A peine deux heures plus tard, le vent avait nettoyé le ciel, nous arrivions à L’Isle-Adam, fourbus, crottés, humides mais ravis de cette fin d’après-midi radieuse. C’était l’heure des comptes, nous avions avalé les 24 km en 5 heures. Programme respecté !

 

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GR 34 – Presqu’Ile de Rhuys (Morbihan), une rando entre deux mers

Une très belle balade pour découvrir le double visage de la presqu’Ile de Rhuys
la tranquillité du petit port de la pointe de Kermer

Bienvenue sur la Presqu’ile de Rhuys et profitez de deux mers pour le prix d’une !  D’un côté le Golfe du Morbihan et de l’autre l’océan, que rêver de mieux pour marcher à nouveau une vingtaine de kilomètres sur le GR34, ce chemin que je grignote depuis quelques années avec le même appétit. Cette belle promenade assez facile débute au port du Crouesty. Le bus n° 24 (partant de Vannes) peut vous y conduire en quelques minutes si vous loger à Sarzeau ou ses environs (nous sommes partis du Rohaliguen). Le GR34 passe d’abord par le très/trop  clean Port Navalo, lieu d’embarquement vers les îles  d’Houat, Hoedic, le port de Locmariaquer et les mini-croisières dans le Golfe en saison. Puis en s’éloignant l’itinéraire redevient plus sauvage, de quoi oublier l’urbanisation forcenée. Il vous fera découvrir alors les divers aspects des réserves naturelles qui abritent de nombreuses espèces d’oiseaux, résidents ou migrateurs venant de Scandinavie. Dans un calme absolu, le marcheur chemine  souvent sur le tapis d’aiguilles des pins géants, au gré des petites criques sur un sentier sinueux parfaitement balisé et bien entretenu. Il fait bon y pique-niquer ou s’arrêter dans un petit port pour y déguster une douzaine d’huitres providentielle d’une fraicheur divine arrosée d’un verre de blanc. Le paysage change au rythme des marées et des coups de vent. Cette mer intérieure bouillonne par endroit sous la puissance du flux qui l’envahit. C’est un des rares endroits du littoral où les bateaux peuvent naviguer jusqu’à 10 nds pour vaincre la force des courants. La Presqu’Ile de Rhuys, terre des Ducs de Bretagne, abrite également quelques châteaux bien restaurés qui raviront toute la famille en balade et de bonnes biscuiteries pour les plus gourmands. Après l’effort, profitez en été des plages de l’océan. Le micro-climat du Morbihan est bien réel !  Cette portion du GR34 fait partie du Tour du Golfe, un parcours de 360 km qu’un bon randonneur peut effectuer en une semaine ou dix jours s’il souhaite visiter l’Ile Aux Moines de plus en plus chic et celle d’Arz.

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Errance et zizanie à Meaux, la rando de tous les maux !

Un itinéraire de 26 km pifométrique à rallonge !

C’est l’histoire d’un beau dimanche d’automne, un de ces jours divins où l’été allait jouer les prolongations et pousserait les franciliens les plus flemmards à profiter de la nature et regarder le soleil embraser le décor. Bref un jour de rêve pour randonneur puisque le mercure allait même grimper ce jour-là jusqu’à  24 °C  !  C’était prévisible,  pas moins 54 membres  de notre association s’agglutinèrent  dans le hall  de la gare de L’Est avec le programme initial de parcourir 20 km idylliques  sur les coteaux de la Marne. Un beau dimanche certes,  où la SNCF décida sans prévenir de supprimer le train desservant la gare de Nanteuil Saacy, une gare de banlieue anodine, banale mais hélas gare du point de départ de la rando. Aucun train avant une heure, entrain brisé net, il fallut renoncer à rejoindre la station puis de concevoir un plan B. Michel, notre malheureux et guide maudit en charge de cette meute de marcheurs affamés de sentiers opta pour aller à Meau et longer peinard le canal vers Lagny. Un beau dimanche en perspective et une promenade tranquille quoi ! Une balade même plus courte que prévue , un itinéraire  facile, sans stress ni contrainte. Il suffirait juste de cheminer sur les berges  rectilignes où 54 marcheurs  dociles  et joyeux contempleraient les cygnes et les roseaux. Arrivé à Meaux, il fallut néanmoins expliquer, réexpliquer le nouvel itinéraire.  Et  convaincre cette troupe rêvant de vignes verdoyantes et de dénivelés qu’elle ne perdrait pas au change en troquant des coteaux contre un canal. Facile .. hum..

Echange coteaux contre canaux. Ça vous va ?!!

Meaux, morne plaine..

Meaux, sa gare , au loin sa cathédrale magnifique , son maire célèbre au nom de Coppé.. Cette jolie ville est traversée par la Marne d’où part le canal depuis Vitry-Le-François. A gauche des ponts, à droite des ponts, des GR  qui suivent les rives s’étirant dans plusieurs directions. L’endroit idéal pour se planter dès le départ d’une randonnée ! Le bons sens nécessitait peut être de sortir une boussole et partir au sud-ouest et non de  suivre un balisage incertain vers l’Est lointain le long d’une berge verte et attirante ?  Il n’en fut rien, résultat le groupe de 54 marcheurs remonta la Marne au lieu de la descendre et rata le canal ! Ce n’est qu’à Nanteuil-les-Meaux qu’on réalisa avec effroi que Lagny était à l’opposé. Une erreur de navigation peut toujours se produire.  il suffit soit de revenir sur ses pas , soit de remettre le cap dans la bonne direction pour reprendre le GR dans le bon sens. Mais en ce magnifique dimanche d’automne, on piqua plein ouest dans l’inconnu avec l’espoir de rejoindre ce foutu canal. Perplexe, je déchiffrais une nouvelle fois la carte du coin sur l’App Iphigénie et constatait qu’une départementale 4 voies allait se présenter devant nous, et ce sans aucun pont ni sous-terrain, genre ligne Maginot du randonneur. Après une errance en zig zag dans une vague ZAC, des signes de forte mauvaise humeur  s’élevèrent de la meute lorsqu’elle butta sur les rails de la départementale. Il fallait contourner l’obstacle, soit en revenant à droite chercher un rond-point vers Meaux, soit descendre au sud attraper une lointaine passerelle. On choisit cette option sans conviction en longeant la 4 voies sur plus d’un kilomètre.

Et Google Maps prit subitement le pouvoir

Petit moral mais grosse fatigue au pique-nique !!
54 , record battu !!

54 marcheurs en file indienne, ça donne envie de se mettre à la rando!  Après le coup de la ZAC, certains étaient presque au bord de la rupture et manifestaient leur ras le bol et le désir de rejoindre la gare la plus proche. Une fois la départementale enjambée, aie..je réalisais avec stupeur qu’aucun chemin ne permettait de rejoindre le canal de Meaux ! Un champ immense nous séparait d’une petite forêt qui menait vers Mareuil et sa gare providentielle pour certains. L’inquiétude monta d’un cran. Le randonneur du dimanche sans chemins balisés c’est un peu comme une loco hors des rails. A cet instant de doute, une quarantaine d’entre eux préférèrent suivre  le guide officiel pour contourner le désert, j ‘attirai les plus téméraires plein ouest sur la terre retournée. Un vent de zizanie soufflait alors sur la plaine! Il n’allait pas s’apaiser sur la suite du parcours lorsqu’il s’agit de suivre ou non le GR14A en forêt et de se rallonger de 1 à 2 km. Si le randonneur du dimanche hait l’absence de sentiers balisés, il connait désormais l’usage du GPS et plus encore celui de Google Maps. J’avais pu le constater en juin dernier sur le Camino del Norte vers Compostelle. Deux jeunes lettonnes marchaient tablette en main en ignorant même qu’il existât un chemin fléché de jaune et des coquilles ! Magique, la fonction « piéton » de Google Maps permet en effet de rentrer chez soi à pied , quitte à utiliser les pistes cyclables et des nationales ! La cartographie passe-partout n’est pas au 1:25.000e mais avec un peu de chance, le randonneur peut toutefois tomber sur un GR. Smarphone en main, un groupe de dissidents taillait ainsi la route vers Lagny alors que Michel et moi, pauvres nains,  étudions encore la carte IGN et l’App Iphigénie pour concevoir un parcours digne d’une vraie rando et non pas un banal itinéraire calculé par Google. A force d’errer entre les rives de la Marne, les ZAC les départementales, hors des sentiers battus, et de chercher un canal, le podomètre s’affola. D’un parcours initial de 20 km, je comptabilisais 26 km à l’ arrivée en gare de Thorigny-Lagny … et quelques déserteurs !

 

Téléchargez la trace de cette randonnée : https://www.visugpx.com/BdaehgOgss

Rando-psycho n° 2 – La rando de groupe, une activité trek sex and sun ?

Une activité peu sexy ..A quelques exceptions près .. !

Suite à notre premier volet sur le thème Pourquoi veulent-ils randonner en groupe ? ce nouveau dossier  rando-psycho vous propose de déchirer  le voile pudique  jeté sur les rencontres amoureuses en randonnée. Comme on l’ a vu les clubs de rando sont composés en moyenne à 80% de femmes seules, célibataires, veuves, des randonneuses qui viennent s’immerger dans la nature en toute sécurité dans une ambiance conviviale et pour certaines saisir l’opportunité de rencontrer un compagnon, homme ou femme. La dite recherche est aussi valable dans l’autre sens évidemment. Cette disproportion entre les deux sexes fait de l’homme-randonneur, et de préférence libre, une denrée rare !  Ainsi l’arrivée d’un nouveau membre masculin  constitue un micro évènement régulièrement commenté en début de randonnée. Entre chasse à l’homme d’un côté et opération séduction dans le cheptel de l’autre, rien n’interdit alors l’aventure sentimentale entre randonneurs. Cette rencontre de grand chemin peut se distinguer par 4 phases distinctes : l’approche , le contact , la concrétisation et l’intégration.

Randonneurs, un niveau de séduction proche du zéro

On est très très loin du glamour de Singing in the rain !

L’approche . Durant de nombreux mois les marcheurs habitués au même groupe peuvent se côtoyer sans aucune pensée ou intention de drague. Jusqu’au jour.. Révélation ou audace?  Après une phase d’observation réciproque, place aux initiatives, le fameux premier pas. La séduction en randonnée est avant tout en priorité de nature verbale. les érudits, les beaux parleurs, le pro de la tchach facile disposent  de meilleurs atouts et sauront faire oublier un look à la limite du hors-jeu. Car rien n’y fait, les efforts des fabricants restent vains, le look des marcheurs demeure désespérément banal et anti-sexy. L’uniformité apporté par Décathlon, fournisseur à 70% de l’activé, renforce encore la transparence d’un individu immergé dans le groupe. Et cet individu, à part quelques rares exceptions, fait tout pour s’y fondre. Toute originalité ou tentative « hors normes » a pour effet, au mieux de générer un peu de « casse »  sans conséquence, au pire une certaine marginalisation ou un étiquetage . Le changement de saison  n ‘a que peu d’effet sur cette misérable séduction vestimentaire. Les randonneurs ne sont guère plus attirant l’été . Le débardeur ou le pantalon transformé en short auraient même pour effet de renforcer nos imperfections physiques. Malgré un retour « tendance » , les sandales et chaussettes ne réveillent guère  de pulsions érotiques. Le summum du tue-l’amour est atteint les jours pluvieux. Les capes de pluie enveloppant le sac à dos achèvent de casser toute silhouette présentable. Les averses ont raison de toute tentative de brushing décent. Quant aux chapeaux de rando  sans forme, n’en parlons pas ! Alors il faut outrepasser les apparences et seul le dialogue permet de percer la personnalité de l’individu convoité et de jouer sa partition. Pour les plus audacieux ou expérimentés, le premier contact peut déjà avoir lieu durant le voyage en train vers la gare de départ de la rando mais il requiert davantage de tact, de rapidité à choisir la bonne place. Humour, récits de voyage, expertises diverses, ces conversations de train offrent  parfois à certains l’occasion de briller et de sortir de l’anonymat du groupe. A doser cependant avec modération, la séduction verbale en tête à tête devra être à la hauteur. Le blabla peut devenir aussi creux que le chemin.

Le contact. Ainsi les discussions spontanées  ou savamment engagées permettent un rapprochement efficace et un premier défrichage ou déchiffrage.  A l’exception d’être affligé d’une timidité maladive, le contact est plutôt facile en randonnée.  Le bon choix du sujet de conversation, un zeste d’humour créent un climat propice pour faire connaissance ou au moins à passer quelques kilomètres agréables en bonne compagnie. Néanmoins,  une discussion mal choisie ou qui s’éternise peut aussi s’avérer contre-productive voire fatale. Une couleur politique incompatible, l’étalage maladroit et soudain de sa dernière opération, son divorce, son licenciement ou ses problèmes financiers  sapent d’emblée une position favorable alors que dix minutes auparavant vous aviez tous les atouts en main en distillant du rêve et de l’exotisme !  Si cela vous semble couler de source, n’oublions pas que la fatigue des kilomètres fait perdre souvent beaucoup de lucidité.. un dérapage est alors vite arrivé . Sur le chemin, ces discussions spontanées entre individus passent en général inaperçues par le reste du groupe. Toutefois cela n’exclut pas une réelle et discrète observation des autres marcheurs notamment si la discussion d’un couple se prolonge lors du pique-nique. A fortiori si celui-ci se met à l’écart. Le pique-nique révèle ainsi des affinités  et les favorise. Même si ce repas pris dans des Tupperware par des randonneurs avachis sur des bâches en plastique n’est pas non plus un grand moment de séduction ni d’intimité. Enfin, lors de la rando ce contact ne dépasse que rarement le verbal. Il est extrêmement rare que deux randonneurs se prennent spontanément la main au sein d’un groupe en marche.

La concrétisation . Ces 45 ou 60 minutes de pause déjeuner sont néanmoins l’occasion d’échanger mail ou téléphone si l’ affinité existe. Rien de très original à notre époque pour ces randonneurs si ce n’est leur appartenance à un groupe à majorité de célibataires.  Ainsi la concrétisation d’une rencontre amoureuse se fera presque toujours exclusivement à l’ extérieur de cette entité. Quel paradoxe ! Pourquoi tant de secret et de précautions de la part d’individus totalement libres de leur engagement amoureux ? J’ajouterais par prudence : apparemment car peu d’informations ne filtrent sur la vie sentimentale de chacun en randonnée. L’adultère en randonnée est toujours possible. Des randonneurs (euses) marié(e)s profitent de sorties en solo pour tenter leur chance. Le prétexte principal au secret reste  la protection de sa vie privée. Soit . L’individu en phase de « liaison » peut aussi être victime d’un blocage , une forme de trahison, vis à vis de ses amitiés construites le long du chemin. La concrétisation par conséquent extérieure est l’occasion de manifester  sa séduction  cette fois « en civil  » , de dévoiler sa personnalité  en terrain neutre (restaurant, expo, ciné) et bien sûr de révéler sa face cachée,  avec de bonnes et mauvaises surprises.

L’intégration (et la rupture) . La liaison avérée de deux célibataires dans le groupe n’est pas un phénomène si fréquent que cela. Soit elle se passe dans l’indifférence soit elle génère des commentaires habituels liés à ce type micro-évènement. Elle nourrit ensuite pour un temps les conversations du chemin. Rien de plus. Néanmoins , le randonneur (se)  « lié(e) » va changer de statut. Il passe de « proie potentielle » au rang de randonneur lambda. Selon sa sensibilité, ce nouveau « couple » va profiter avec plus ou moins de retenue de son nouveau plaisir à randonner à deux au milieu de ce groupe.

L’absence ponctuelle de l’un des deux lors d’une sortie suscitera d’autres commentaires sans conséquences, disons une simple curiosité un rien intrusive, assez commune dans tous les groupes. Enfin, la rupture d’une liaison et un retour en randonnée devient un passage un peu plus délicat. Redevenu célibataire, le randonneur peut tenter une nouvelle aventure, voire plusieurs, avec toutefois davantage de difficultés  à les intégrer au groupe. Une réputation de dragueur est plus collante que la boue du sentier ! Toutefois certains (es) l’ assume sans problème dans ce microcosme de loisir . Ils partent parfois s’oxygéner ou se refaire une virginité dans d’autres clubs ou associations de randonnée.

Conclusion .

Si la randonnée de groupe  n’a rien de réellement glamour  côté look et se caractérise par  une disproportion marquée entres les deux sexes (et une moyenne d’âge élevée), cette activité de loisir à majorité de célibataires plongés en pleine nature favorise les rencontres amoureuses et ce grâce à la multiplication des sorties hebdomadaires de plusieurs heures ou jours sur de nombreux kilomètres , la proximité physique sur les sentiers,  les pique-niques conviviaux etc..Néanmoins, le groupe génère ses propres barrières psychologiques à initier et assumer une relation sentimentale. Paradoxalement elle reste un phénomène marginal vu la masse de randonneurs, du moins en apparence. A l’inverse, les Chemins de Compostelle, haut lieu de la grande randonnée, sont réputés pour leur taux élevé des rencontres. Nous y reviendrons dans un prochain article.

 

 

 

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Rando on the rocks de Fontainebleau à Bois-Le-Roi

Un joli parcours de 22 km alternant sentiers de Denecourt et longues allées
Cécile et Christian dans la version walking in the rain

Lorsque le  temps est plutôt grisouille et que ça gadouille en Ile -de-France, rien de tel qu’un repli stratégique vers une valeur sûre de la rando : Fontainebleau et ses sentiers sablonneux répartis sur les 25.000 ha de forêt, dont 450 ha de réserves biologiques.  Y a de quoi faire et pour tous les goûts. Et comme en témoigne Christian notre guide à Sport et Nature en ce jour pluvieux  :  » Je parcours le domaine depuis plus de quinze ans et je découvre encore de nouveaux itinéraires  !  »  . Si cette forêt ne présente plus vraiment de dangers depuis des siècles, les brigands ayant désertés les lieux,  elle est cependant traversée par l’autoroute A6, les Nationales 6 et 7  ainsi que des routes secondaires, autrement dit autant de passages dangereux qui appellent le public à la prudence. Côté distractions de ce bac à sable xxl, les fameux rochers attirent  non seulement les grimpeurs  mais aussi une masse de randonneurs parisiens. Moins cassant que le fameux circuit des 25 bosses (19 km, 1100 m de dénivelé) , les sentiers Denecourt-Colinet offrent de formidables parcours tourmentés à souhait entre les blocs de calcaires, les pins, les fougères. Afin de tout connaître sur leur histoire et leur étendue, je vous invite à suivre le lien mentionné ci-dessous. Cette randonnée dominicale partait de l’ arrêt SNCF en pleine forêt proche d’Avon et se bouclait à la gare de Bois-Le-Roi, soit 21 à 22 km dont plus de deux heures à crapahuter par ces itinéraires historiques. Ce jeu de piste pourtant bien balisé en bleu se transforme parfois un véritable labyrinthe quand le marcheur distrait rate une marque. La randonnée en groupe important exige a fortiori  plus de cohésion car il est facile d’en égarer la moitié au cours d’une bifurcation mal indiquée voire effacée. Notre équipe ne comportait que 24 personnes ce jour-là, sauf erreur , personne ne fut perdu  ! Il existe de nombreuse grottes à Fontainebleau. Certains y squattent les nuits d’été malgré les interdictions dues aux forts risques d’incendies. Quant un bon crachin breton s’abattit sur le domaine lors du pique-nique, la grotte au point 8 du sentier Denecourt N°4  nous offrit un répit au sec  avant de repartir à l’assaut des rochers très très humides et ce pour encore 11 km. Faut bien l’admettre, avec  cette topologie les bâtons de marche deviennent encombrant et les parapluies de rando passent assez mal entres les blocs ! Et puis il est préférable de disposer de ses deux mains à certains endroits, sans parler pour autant d’escalade. Après ce long périple tortueux, rocheux, glissant et escarpé où la vitesse de progression fut plus que lente, cette boucle se termina par une séquence accélération sur de longues allées rectilignes du GR1 et du TMF (Tour du Massif de Fontainebleau), puis un court passage urbain jusqu’à la gare de Bois-le -Roi. Si vous êtes en avance, la  terrasse très agréable du bistrot permet de patienter  (et de se réhydrater  !) juste en face. Malgré un dénivelé cumulé de seulement 500 m, cette randonnée cache bien son jeu et peut s’avérer éprouvante par temps de pluie car le terrain truffé de racines, de pierres instables, mobilise davantage l’attention du randonneur. Enfin, dès l’automne, la plupart des buvettes sont fermées, prévoir donc le ravitaillement adéquat. La carte IGN locale  ou les App GPS sont évidemment fortement recommandées.

Téléchargez la trace de cette randonnée au format .GPX  ICI

Retrouvez toute l’histoire des sentiers Denecourt ICI

 

Rando d’Automne : Parcours de 22 km en Île-de-France

Hélène et Christine, deux profs en marche.

Marie-Françoise fait sa rando-diapo aux copines lors d’un arrêt pipitoresque !

En tournée  sur toutes les chemins d’Ile de France hiver comme été, elles ne manquent que rarement à l’ appel et mènent souvent la danse en tête. Sous le projo d’un sun light d’automne elles ont encore joué des gambettes nos randonneuses de Sport et Nature ! Dans le rôle de meneuse de revue, on trouvait une fois encore Geneviève, le pied sûr et l’autorité bien dosée elle entraina ce jour sa troupe sur un parcours de 22 km dans le Val de Marne au départ de la gare de l’Est,  puis de Crécy-La-Chapelle à Mouroux. Pour l’occasion, la Seine et Marne nous avait déroulé le tapis vert des grands jours en laissant ça et là des miroirs liquides où  se reflétaient de sages nuages poussés par la brise tiède. Les chevaux des nombreux élevages de la région étaient aussi de sortie volant parfois la vedette aux sportives lancées sur ce très beau parcours qu’aucune fatigue ne sembla arrêter durant cinq à six heures. Elle imposèrent une fois encore un rythme soutenu malgré une poussée de fièvre météo inattendue. Le groupe s’étira plus d’une fois au point de perdre de vue les plus attardés. Heureusement que Marie-Françoise, notre perle de la Réunion,  joua son rôle serre-file avec  humour et  sérieux. Et personne ne manquait à la pause-déjeuner pour investir une petite clairière au bord du Grand Morin, cette rivière qui court sur 120 km depuis Villeneuse-Les-Charleville avant de se jeter dans la Marne. Bronzette,

dinette, causette, le pique-nique s’éternisa à Guérard sous le soleil. On en oublia presque que 11 km nous séparaient encore de la gare de Mouroux. Rien ne pressait et les quelques nouvelles adhérentes prirent facilement le pas de nos habituelles meneuses requinquées par cette heure de repos au soleil. L’itinéraire suivait le GR14  de bosquet en bosquet comme pour nous offrir de longs moments de fraîcheur  et même de relative solitude.

La belle église gothique de Crécy-La-Chapelle
Faites passer le massage !

A mi-parcours, notre randonnée était pourtant tombée dans un  véritable bouchon : 67 marcheurs d’une association locale de Pommeuse avaient pris possession du  chemin. Ils disparurent soudain au croisement d’un autre sentier avant de réapparaître par enchantement plus loin attablés autour d’un barbecue champêtre. Une organisation de professionnels avec tables, tente et bancs ! Le soleil un rien traître, les kilomètres accumulés durant cette longue journée, la fatigue de la semaine, finirent par entamer la résistance de certains. Je partageais alcool de menthe et sucres avec Christine et distribuait de l’aspirine à une autre alors que des filles passèrent à la séance massage au bord du sentier. La petite gare de Mouroux accueillit rapidement le train de retour vers la gare de l’Est. Des premiers jours d’automne éclatant de lumière, des randonneuses bavardes, joyeuses et toniques  sur un parcours bien choisi, que demander de plus pour fêter la rentrée ?!

Téléchargez la trace au format .gpx ICI

 

Ca bouchonne parfois quand on croise un groupe de 67 marcheurs en route vers leur BBQ champêtre .
Un magnifique parcours de 22 km tracé par Geneviève.

Idée rando Essonne : GR1-GR111A de Boutigny à la Ferté-Alais 21 km

Une jolie balade de 21 km facile depuis la gare de Boutigny/Essonnes
Christian et Corinne, nos guides du jour sur ce parcours.. confortable !

Nous revoici dans l’Essonne (91) , toujours dans un programme de rando de gare à gare. Cette fois-ci au départ de la Gare de Lyon (RER D)  pour rejoindre celle de Boutigny-sur -Essonne  (Comptez une bonne de heure de trajet, pass Navigo ou ticket Mobilis 5 zones 17,60€ – Attention ! Fréquence d’un train par heure au retour par la Ferté-Alais).

Le décors de ce parcours calé une grande partie sur les GR1 et GR111A  est typique la région avec ses vastes plaines agricoles où se nichent de courts passages en sous-bois. Cette randonnée-balade est idéale pour une reprise après les vacances car cette distance de 21 km sans dénivelé ne présente aucune difficulté. Evitez de vous y rendre par mauvais temps, certains chemins peuvent devenir assez délicats en bordure de champs, à cause des profondes ornières creusées par les engins agricoles. Par endroits,  vous y retrouverez des sentiers sablonneux qui serpentent entre des rochers, le paysage familier rencontré en forêt de Fontainebleau  toute proche. Ce parcours est parfaitement balisé mais certaines variantes peuvent vous faire perdre le fil. La carte IGN 2316T est recommandée dans le sac. Enfin côté ravitaillement, prévoir le pique-nique et l’eau car peu de commerces sont ouverts dans cette région le dimanche.

Téléchargez la trace GPS de cette randonnée  au format .gpx en cliquant ICI .

RANDO-PSYCHO : Pourquoi veulent-ils randonner en groupe ?

Jamais il n’y a eu autant de clubs et associations proposant des sorties en randonnée pédestre. On croise désormais en forêt des équipées de toutes tailles, rapides ou lentes, mixtes, rassemblant des marcheurs de même confession religieuse voire d’orientation sexuelle. Ils présentent néanmoins un point commun, celui d’avoir choisi délibérément de marcher ensemble. Quelles sont leurs motivations ? Quelles contraintes et avantages procure le groupe en marche ? Éléments de réponse. En apparence, il semble facile de randonner seul, en couple ou avec quelques amis. Le regroupement autour d’une activité comme la randonnée s’appuie sur plusieurs piliers spécifiques. Hormis l’aspect purement social où prédomine l’instinct grégaire et la recherche de convivialité autour d’une passion commune, le regroupement de randonneurs est dû à une quête de sécurité ou de détente. L’immersion en pleine nature sur des itinéraires peu ou pas connus suscite bien souvent le stress de se perdre. Ce qui en IDF se solde uniquement par quelques heures d’errance jusqu’à une prochaine ville ! Cette crainte légitime est due pour beaucoup au manque de connaissances ou au manque d’intérêt des marcheurs à lire une carte ou à utiliser un GPS. Par ailleurs ces associations accueillent une large majorité de femmes, de l’ordre de 60 à 80%, notamment en IDF le plus souvent célibataires. (2,4 millions de personnes vivent seules ou en famille monoparentales, dont 80% de femmes). L’association de randonnée leur offre une activité « accompagnée » dans un environnement potentiellement anxiogène pour une femme seule. Comme dans d’autres activités sportives plus ou moins engagées, le groupe rassure même si la randonnée pédestre présente peu de dangers d’ordre physique. Les chutes sont rares, la marche sollicite peu le système cardiaque, excepté lors de parcours incluant de forts dénivelés. Le vrai risque concerne la déshydratation ou l’insolation par négligence, ou bien le froid pour les randonneurs insuffisamment équipés en montagne. L’orage et plus spécialement la foudre constituent de véritables dangers, ainsi que les avalanches. Toutefois l’idée d‘être victime d’un accident isolé, même minime, au milieu de nulle part constitue un réel blocage à la randonnée en solo. Le téléphone portable retrouve ici une place prépondérante à titre de moyen d’alerte mais toujours avec l’angoisse plus ou moins fondée de l’absence de réseau. Entre quête de sécurité, laisser-aller et instinct grégaire Ainsi la randonnée en groupe libère le marcheur de ses craintes primaires en lui apportant la sécurité physique (sans la peur d’accident isolé, de mauvaise rencontre) et estompe le stress de l’égarement. Le groupe étant mené par un guide, le marcheur « encadré », affranchi de la carte et bien souvent de la logistique du transport profite pleinement des plaisirs de la rando. J’ai pu vérifier à maintes reprises le désintéressement du randonneur en groupe vis à vis de sa position géographique et sa direction. Les questions récurrentes sont d’ordre fonctionnel et paradoxalement individuel par rapport à la forme physique, voire à des contraintes horaires : combien de kilomètres a-t-on fait ? A quelle heure le déjeuner est-il prévu? Combien de kilomètres encore à parcourir et quand pensez-vous arriver à la gare du retour ? Dans ce contexte, le guide peut se retrouver sous la pression du groupe à la moindre erreur de parcours susceptible de modifier l‘horaire prévu pour le départ. Le programme annoncé de la randonnée s’avère ici important. Chaque individu qui intègre un groupe en connaissance de cause engage sa responsabilité à suivre le rythme sur une distance déterminée. Sa défaillance peut engendrer diverses réactions : soit de la compassion voire de la solidarité de la part du groupe, soit une critique négative, jusqu’au rejet. Le randonneur en difficulté ou en souffrance interfère avec les performances collectives et l’objectif du jour. Lors d’une récente randonnée, un guide s’est plaint de la lenteur d’un randonneur, l’accusant de ne pas « rentrer dans le moule » du programme défini. Cette remarque très dure illustre à la fois la problématique de l’homogénéité du groupe et celle de la manifestation de l’autorité dans une activité de loisir ou, paradoxalement, personne n’est soumis ni à un résultat ou à une performance. Dans un groupe de petite taille (4-5 personnes, copains ou famille) le leader calera souvent son avancée sur la personne la plus lente ou victime d’une défaillance physique. La dimension amicale ou affective génère ici davantage de tolérance. En revanche dans un groupe de taille importante (de 20 à 40 personnes), l’individu peu performant est moins bien toléré puisqu’il s’est moralement engagé à suivre. Toute surestimation physique met en péril l’homogénéité du groupe. Au pire, le guide peut alors décider de l’exclure de la randonnée en lui trouvant une solution de retour anticipé, laissant de côté toute compassion pour remplir son propre « contrat » avec la communauté. Cette décision extrême recueille en général l’approbation du groupe. Un ou deux membres peuvent alors faire preuve de solidarité (ou d’opportunisme !) en raccompagnant l’exclu jusqu’à une gare. Quant à l’auto-exclusion, donc abandon volontaire de la randonnée, elle reste une décision délicate. D’abord pour une question d’amour propre, d’échec, même si elle relève du bon sens si l’intégrité physique est en jeu. Puis intervient souvent un certain sentiment de culpabilité comme « élément perturbateur » . Si désagréable soit il, cet « incident de parcours » a le mérite de recaler le marcheur dans un programme moins ambitieux, plus réaliste. Avant de réintégrer un groupe sur un parcours de 25 km avec du dénivelé, le marcheur sera plus objectif et aura gagné en expérience. Prisonnier volontaire d’un groupe L’autre besoin de randonner en groupe s’appuie sur une composante psychologique moins évidente. La longueur des parcours, la fatigue, une météo défavorable… autant de paramètres qui jouent sur le mental du marcheur. Le groupe joue son rôle de moteur notamment en favorisant un « dialogue de proximité de diversion ». Le marcheur l’utilise pour « oublier »  sa fatigue voire la monotonie du chemin, au même titre que les joggers en solo utilisent de plus en plus le lecteur de musique. Le groupe l’entraîne, lui impose son rythme, il en est le prisonnier volontaire mais il y puise l’énergie nécessaire pour avancer. Le marcheur redoute l’isolement ou la solitude dans le groupe car, souvent, elle rime avec l’ennui qu’il fuit. En regardant de près un groupe de 40 personnes en rando, on constate qu’il se scinde en plusieurs sous-groupes. Les marcheurs les plus rapides sont évidemment en tête. Le sous-groupe « peloton » central reste très compact et les individus marchent quasiment dans les pas de ceux qui les précèdent. Les marcheurs avec bâtons sont généralement critiqués pour le danger qu’ils peuvent créer. Alors qu’il est facile de conserver un mètre de distance ! En file indienne le marcheur n’a ainsi qu’un champ de vision relativement réduit en face de lui. Il reste concentré sur le sentier, les conversations accaparent une grande part de son attention et brident son potentiel d’observation de l’environnement. Le marcheur solitaire suit sa carte, décrypte le paysage sur 360° et l’intègre. Pour être objectif, cette attention extrême lui le prive parfois du relâchement et de la rêverie, bref du plaisir de se laisser guider sans réfléchir. Sans vouloir être désobligeant, on rentre ici dans « l’effet troupeau ». Car étonnamment les randonneurs se doublent peu mais subissent souvent le rythme. Toutefois, il n’est pas rare que des marcheurs s’isolent momentanément par deux ou trois soit parce qu’ils ont décroché, pris dans leur discussion, soit volontairement. Ils forment alors le sous-groupe de queue. L’étalement excessif d’un groupe de randonneurs peut poser quelques problèmes de cohésion et de sécurité. Certains attardés perdent de vue le groupe lors d’une bifurcation. Fait anecdotique sans conséquence, si ce n’est un peu de retard pour regrouper tout le monde. Or les retardataires forcent le groupe à les attendre, ils créent ainsi parfois un peu de mauvaise humeur. Plus fâcheux, ceux-ci disposent de moins de temps de récupération et accumulent plus de fatigue en fin de randonnée. La douleur, la frustration, le regard négatif de certains provoquent le doute et des remises en cause de l’activité. Heureusement la randonnée en groupe montre le plus souvent un visage très convivial, celui du partage de pique-niques copieux et arrosés, d’une communication débridée entre marcheurs contents de se revoir après de longues absences. C’est pour beaucoup de gens isolés l’occasion de se socialiser et de dépasser leurs limites, entraînés par le groupe, et de pouvoir ainsi progresser. Certains franchiront la frontière ; ils pourront diriger les autres en leur faisant découvrir de nouveaux itinéraires dans leur région. Randonneur et zappeur Enfin, la multiplication des randonnées au sein d’un même groupe se solde peut créer chez le marcheur un sentiment de monotonie et de routine. Les randonneurs quittent alors l’association ou le club habituel pour rejoindre un autre groupe, un autre club afin de rencontrer d’autres personnes ou découvrir d’autres itinéraires. Toutefois, la plupart recherche une structure de même nature : même taille du groupe, même longueur de parcours, même zone géographique ! Cette rencontre avec des personnalités nouvelles crée souvent un regain d’intérêt éphémère. L’effet zapping existe aussi en randonnée. Ainsi des marcheurs peuvent s’orienter vers des « groupes de randonnée ponctuels ». Je citerai le cas de l’association OVS (On Va Sortir). Cette grosse structure, notamment en région parisienne, propose de nombreuses sorties en journée ou en séjour de rando sur son site internet. Il y en a pour tous les profils. Son fonctionnement facile basé sur une simple inscription en ligne attire un nombre important d’adhérents. Les groupes de randonnée (et autres activités) se forment et se défont au rythme d’un turn over permanent. Si cette randonnée « en libre service » s’avère pratique et souple , et favorise les rencontres amicales ou « sentimentales », en revanche bon nombre de randonneurs regrettent rapidement le lien tissé dans une structure régulière sur le long terme. Les randonneurs se croisent, certains sans jamais se revoir. Conclusion La randonnée en groupe n’a rien d’un sport collectif. C’est avant tout un rassemblement d’individualités plus ou moins solidaire union par l’intérêt de la marche ou chacun vient chercher convivialité, de la facilité logistique et sécurité. Des liens s’y tissent et s’y détissent tant au fil du temps, des amitiés y naissent et dépassent les frontières du groupe. Les défauts homogénéité dues aux différences de niveau y créent parfois des tensions, des rejets, de l’auto-exclusion, voire des renoncements à l’ activité. L’instinct grégaire, la recherche de dialogue accentue la compacité du groupe en marche, Prochain sujet : De quoi parle-t-on en randonnant en groupe ? 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