Il ne suffit qu’une heure de train depuis la gare St Lazare à Paris pour arriver au Parc Naturel régional du Vexin et s’ouvrir un terrain de randonnée de 65.000 ha ! Cet immense territoire protégé depuis 1995 s’étend sur les départements du Val d’Oise au Nord sur les Yvelines au sud . Il regroupe 99 communes où seulement 80.000 personnes y habitent ! C’est avant tout une terre agricole mais les amoureux de nature et passionnés d’histoire y trouveront un patrimoine culturel remontant au néolithique. Les randonnées dans le PNR vous feront découvrir un panorama assez typique composé de plaines fertiles à perte de vue, des villages blottis au fond des vallons, un patchwork de petits bois et puis un réseau de rivières, autant d’affluents et de sous affluents qui alimentent la Seine . Il existe près d’une vingtaine d’itinéraires de balade proposée par le site officiel www.pnr-vexin-francais.fr .Lors de cette sortie de 23 km, organisée par Thérèse du club Randif , nous sommes partis de la gare de Juziers l’un des 6 villes-portes du PNR, à l’extrême sud. La guide avait concocté son propre parcours avec l’idée de quitter parfois les chemins balisés ( GR ou PR) afin d’éviter la foule des randonneurs qui investit la région dès les beaux jours. Alors investissez 11€ dans la carte IGN 2212 O et tracez votre propre route de randonnée en boucle ou en visant une gare de retour. Celui proposé vous fera passer notamment par deux vestiges remarquables , des anciens meuniers : le Moulin Brûlé aux environs de Oinville-sur -Moncient (petite rivière) et le Moulin Gaillard . Parmi les curiosités, ne manquez pas également une visite de la Cave aux fées qui fut une allée couverte dans la préhistoire. Attention, des forces telluriques y règnent encore paraît-il ! Le Parc Naturel régional du Vexin n’en finira pas de vous surprendre par la diversité de ses sites, la douceur et le charme de son décors mais aussi la sensation d’une immersion 100% nature, si lointaine de Paris.
En choisissant l’abandon de la bagnole pour parcourir l’IDF, le randonneur va connaître d’autres frissons de l’aventure, ceux des transports en commun. Grèves, incidents techniques, maintenance, suicides, malaises, une sortie le dimanche n’est jamais gagnée d’avance. Bienvenue dans une épopée ordinaire du RER C lors d’une rando rigolade Sport et Nature très Lorel et.. Lardy !
un joli parcours de 22 km dans le GatinaisSimple, il suffit de suivre le balisage IGNAnne toucha du doigt ce jour là une certaine image du bonheurMichel B. sous perfusion d’adrénaline
Pour l’organisation de SA sortie guidée pour Sport et Nature , Michel B. n’a pas eu de chance. Son plan initial prévu en Seine et Marne au départ de la Gare de Lyon est en effet tombé à l’eau la veille. Pourquoi ? Manque d’info, suprise .. ? Il ignorait que la SNCF avait choisi le jour de SA sortie pour changer un poste complet d’aiguillages ! Résultat aucun train ne circulait durant ce week-end en cette gare et celle de Bercy ! Damned ! jura t-il dans son for intérieur avant d’échaffauder en un temps record un plan B. Puisant dans sa banque de randos constituée depuis dix ans , notre spécialiste expérimenté en extirpa un parcours partant de la gare d’Etrechy et devant se terminer à celle de Chamarande sur la ligne du RER C (entre Paris et Etampes ). Je le sais, en général ces noms de villes vous semblent carrément exotiques, voire elles n’évoquent même pas grand chose même chez les parisiens habitant à l’intérieur du Périph’ . C’est vous dire . Pour faire bref , nous sommes au sud d’Arpajon et cette randonnée printanière concentre son intérêt autour de la Juine, un charmant affluent de l’Essonne. Ponts de pierres, lavoirs, barrages, anciens moulins le cours d’eau recèle quelques petits trésors. Se balader dans le Gâtinais, c ‘est aussi découvrir de magnifiques corps de fermes, des bâtiments témoins de cette période agricole faste mais aussi laborieuse avec l’exploitation des carrières de grès. Sitôt arrivé à la gare d’Etrechy, le guide annonça la couleur du parcours et les règles élémentaires de sécurité, notamment à l’ attention de nos deux petites anglaises récemment inscrites, des filles totalement bilingues en partance pour la Bolivie et le Pérou. Rien de tel qu’un training dans l’Essonne et ses sommets culminant à 180 m pour se frotter à la cordillère des Andes ! Le groupe ne dépassait pas vingt cinq marcheurs ce jour-là, une majorité d’habitués contente de se retrouver pour échanger les derniers potins du boulot sur les sentiers de cette belle région, ou encore évoquer les prochaines aventures des vacances d’été . Pourtant le blabla- climat de ce mois de mars ne ressemblait à aucun autre. Les rebondissements des élections présidentielles toutes proches planaient mollement sur un groupe qui tentait de ne pas en parler tout en parlant. Ainsi Anne qui rêve en secret de voir enfin Emmanuel Macron en meeting, se pâma devant son portrait placardé dans un bourg. Edward, qui avait gonflé la veille la foule des partisans de Mélanchon le tribun magnifique rassemblés à République, marchait cette matinée sans grande conviction et tenait des propos résignés tout à fait inhabituels. Quant à notre ami Patrick, virulent anarchico- gauchiste-anti-cléricale assumé il se remettait de sa semaine difficile de sorties culturo-divertissantes à répétition. Il évita lui aussi les polémiques stériles avec l’auditoire à l’engagement politique inexistant, préférant raconter les détails de sa prochaine croisière en Méditerranée programmée pour octobre. Parmi ses angoisses récurrentes, une question le tenaillait : les douze bars seraient-ils ouverts au départ du bateau !? Un autre Michel, très remonté contre les oligarques, le fameux système et inquiet de l’opacité de l’horizon social des prochains mois, distillait ça et là sa relative mauvaise humeur au gré des conversations du chemin. Mal réveillé, j’avais décidé de ne pas m’en mêler, préférant écouter geindre ma pauvre carcasse en proie à des maux inédits. Mon départ pour le Camino del Norte vers Compostelle étant prévu pour le 18 avril, ces « bobolas » inquiétaient déjà le bon hypocondriaque que je suis. Après trois heures plutôt tranquilles, notre guide décida que l’heure du déjeuner dominical avait sonné et arrêta la meute affamée au bord du chemin dans un sous-bois, avouons le d’une grande banalité. Un pique-nique Sport et Nature n’ a rien d’un arrêt express ou chacun ingurgite un sandwich à la hâte. Ici on plante le camp en dépliant les nappes et les bâches puis c’est le grand déballage des victuailles. Je m’étonne encore depuis des mois que je fréquente cette association de la qualité voire de l’inventivité culinaire des randonneurs en matière de repas en itinérance. La palme revient sans doute aux amuse-gueule de Patrick alors qu’André surprend son monde par la richesse de ses pinards . Le summum est atteint lors de la phase, que dis-je la farandole des desserts ! Un festival. Lorsque le groupe est important , beaucoup d’entre nous calent littéralement tant l’offre est copieuse. J’avoue que ce pique-nique du dimanche dépasse largement en saveur mon quotidien d’une pauvreté gastronomique assez pathétique. Le mélange du Porto Blanc habituel et du vin chinois proposé ce jour-là provoqua l’ euphorie collective assez courante et un redémarrage poussif . De rythme moyen, on passa à une vitesse de marche erratique, chacun s’arrêtant à maintes reprises devant une jonquille , une ferme-brocante, ou comme notre guide pour ramasser des pissenlits destinés à la salade du soir. Après une erreur de navigation sur la carte (due au degré d’alcoolémie.;?) , et malgré ma vive protestation de randonneur geek armé d’un GPS et de l’App Iphigénie, Michel nous conduisit à Lardy par le chemin des écoliers au bout de 14 km. Peu motivés, 5 ou 6 d’entre nous désertèrent alors le groupe pour reprendre le train vers Paris. L’objectif étant de rejoindre la fameuse gare de Chamarande et de pousser le compteur jusqu’à 22 km , on fit un grand détour par une zone inconnue sur les hauteurs de Lardy ou quads et motos tout-terrain jouaient dans un bac à sable géant. Puis comme personne n’y croyait plus, et que Denis insistait pour nous servir son vin chaud préparé avec amour, le groupe replongea vers … Lardy ! Adieu Chamarande, il était près de 17h00 . Le RER C du retour stoppa à la station Bibliothèque François Mitterrand, ma connexion pour reprendre la ligne 14 et rejoindre la Gare St Lazare, puis Bois-colombes . (j’en vois qui ne suivent pas, ça va barder) . Et là, place au gag STIF du soir (Société des Transports d’Ile de France), option gentil cauchemar de fin de rando. Surréaliste, les navettes hi tech sans chauffeur de la ligne 14 arrivaient dans la station les unes après les autres mais sans prendre de voyageurs suite à un incident technique . Toutefois, à chaque nouvelle rame les portes s’ouvraient, quelques entêtés sourdingues montaient alors que les haut parleurs du quai ainsi qu’une agent talky en main hurlaient pour les virer des wagons ! Je renonçais avec sagesse pour reprendre le RER C vers La Gare d’Austerlitz et ses lignes de métro. Et là… plus d’affichage des numéros de quais, des destinations et ou des horaires, un seul message : « un passager est victime d’un malaise, si vous êtes médecin faites vous connaître..etc.. ». Parmi les centaines d’usagers plantés , la RATP allait bien trouver un toubib, mon brevet de secouriste ne ferait pas l’affaire. Il était 19h30 lorsque j’arrivais enfin dans ma banlieue. Quand je vous répète que l’aventure c’est aussi en Ile-de-France !
Ca sentait bon la sortie de l’hiver en ce dimanche 12 mars ! Le soleil inondait les cultures parées d’un fin duvet vert pétant, les premiers bourgeons, les boutons d’or pointaient encore timidement et les chemins pierreux évacuaient les dernières pluies en long filets d’eau. C’était donc le moment d’explorer la Seine et Marne en quittant pour une fois la forêt de Fontainebleau et les boucles de la Seine pour se rendre à la Ferté-sous-Jouarre. Cette jolie ville au patrimoine historique passionnant est accessible par le train depuis la gare de l’Est en direction de Chateau-Thierry. Voici une randonnée de 24 km en boucle au départ de la gare. Le mieux est de télécharger la trace .Gpx ci-dessous et de tracer ce parcours sur Openrunner par exemple . Vous pouvez ensuite, le cas échéant le reporter sur une carte IGN 1:25.000e. Ce parcours alterne les longs passages en plaine et la traversée de forêts domaniales. C’est parfait à réaliser au printemps avant que le soleil ne plombe cette randonnée assez dégagée. Il n’y a pas de grosses difficultés hormis le passage de quelques rus potentiellement gonflés par les pluies. Côté culturel, vous ne manquerez pas de visiter les églises romanes de Jouarre. Les vitraux sont de pures merveilles. On trouve ici et la trace des fameuses voies romaines.
Soyons objectif, la rando en février est un peu ingrate. La nature a du mal à se débarrasser de son manteau gris, les terres se refont une santé en jachères. Alors les randonneurs semblent errer dans la steppe balayée par un vent frisquet à la recherche d’un endroit abrité pour leur pique-nique. Quelques courageux cavaliers des nombreux clubs locaux bravent aussi un hiver tirant gentillement sa révérence. Nous sommes dans l’Essonnes, quelque part vers Etrechy, Saint-Chéron. Le chemin de Compostelle passe ici par le GR1 et le GR55 pour filer vers Tours. Pas l’ombre d’un pèlerin, il faudra attendre mars ou avril pour apercevoir les premiers marcheurs en route vers la Galice. Histoire de garder la forme en guétant des jours meilleurs, voici une balade de 22 km , toujours de gare à gare sur la ligne du RER C. (Pass Navigo ou Mobilis 5 zones). Ce parcours très à découvert ne présente pas de difficulté majeure, et seule la belle abbaye de St Chéron et la jolie église romaine de St Sulpice méritent le détour. Pourtant il faudra revenir dans l’Essonnes, juste pour découvrir les champs de tournesols à l’heure ou le soleil printanier innonde ces plaines fertiles. S’enfoncer dans les bosquets, longer les lisières bordées de blé blond oscillant sous la brise. L’Ile de France n’ a pas fini de vous surprendre . A très vite .Téléchargez la trace au format .gpx ICI
Comment un vétéran des armées napoléoniennes va consacrer quarante ans de sa vie à faire de la forêt de Fontainebleau un formidable univers de randonnée, les 150 km des fameux sentiers bleus.
une cartographie exemplaireDenecourt un militaire rigoureux et imaginatifles fameux sentiers Denecourt-Colinet de Fontainebleau
Amoureux de la Seine et Marne, je vous ai souvent entraîné en randonnée dans ce département notamment sur les sentiers de la forêt de Fontainebleau. Les parcours s’y déclinent à l’infini dans une nature riche, luxuriante et dont les blocs de grès font le bonheur des passionnés d’escalade. Cet engouement pour ce domaine forestier de 25.000 ha situé au sud de Paris, ne date pourtant pas d’aujourd’hui. Bien avant moi et bien avant que les sportifs et les familles en fassent leur terrain de jeu et y prennent une bouffée d’oxygène dominicale, un homme avait déjà succombé à ses richesses : Claude-François Denecourt. Ce vétéran des Armées Napoléoniennes, alors sergent, est nommé concierge dans une caserne de Fontainebleau en 1832. Ses idées « républicaines » peu appréciées dans la hiérarchie militaire de l’époque lui valent d’être révoqué. Seulement âgé de 44 ans, l’ancien soldat ne cesse de s’émerveiller devant la forêt. Dès lors il va lui consacrer tout son temps , son énergie et une grande partie de ses économies pour assurer sa promotion auprès des « excursionnistes » . Denecourt n’a pas reçu une solide éducation. Il ne saura lire qu’à 20 ans grâce à l’aide providentielle d’un instituteur. Et pourtant il va publier rapidement son premier guide et ce à l’occasion d’une manœuvre militaire organisée en 1839. Il va en effet concevoir un petit
Des guides remis à jour durant des décennies
fascicule documenté de cartes afin de guider les troupes dans ce dédale alors peu accessible. De 1839 à 1848, Denecourt ne cesse de perfectionner ses ouvrages lors des publications successives. Dès 1842, Denecourt n’est plus qu’un simple guide accompagnant les marcheurs, il commence à tracer lui-même des sentiers de promenade avec l’ aide des carriers et autres tailleurs de pavés. A sa mort, on compte près de 150 km de sentiers fléchés en bleu afin que les promeneurs s’y repèrent facilement. Denecourt poussent encore plus loin son travail en aménageant des grottes et des fontaines ou encore en faisant construire une tour d’observation , la fameuse Tour Denecourt inaugurée en 1853 par l’Empereur Napoléon III. Dans sa quête de perfection, il baptise les lieux les plus remarquables. Près de 600 arbres et 700 rochers sont ainsi répertoriés avec des noms tirés de la mythologie ou de la littérature ou alors carrément inventés selon la typologie des sites. Sa notoriété s’accroit, bientôt les plus grands écrivains comme Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Musset ou encore Georges Sand lui rendent hommage suite à un recueil de textes où Théophile Gautier le surnomme le « Sylvain de la forêt » , en référence à ces divinités romaines des Bois et des champs. Charles Colinet, l’autre « Sylvain » reprend le travail de Denecourt à sa mort et le poursuivra jusqu’en 1905. Les premiers chemins de randonnée balisés venaient de voir le jour. La description de ces itinéraires centenaires est parfaitement documenté sur le site de l’AFF (Amis De la Forêt de Fontainebleau) :http://www.tl2b.com/2000/01/connaissez-vous-les-sentiers-bleus.html
Une randonnée de 22 km à Fontainebleau passant par deux des sentiers Denecourt-Colinet. Prenez le temps de découvrir les fontaines cachées dans le feuillage, les grottes et toutes les traces commémorant le travail de cet infatigable Sylvain.
Cet itinéraire débute par l’arrêt SNCF en forêt juste avant la gare de Fontainebleau-Avon, notre point de retour vers Paris Gare de Lyon. Téléchargez la trace .gpx en cliquant ICI
Des dégâts sans doute irréversibles pour cette randonneuse .Sous l’emprise des mélanges, les randonneurs ont manifesté des réactions inquiétantes.
A l’heure des débauches des fêtes de Noël et du Nouvel an, je voulais aborder celles peu connues des randonnées hivernales. Et oui, malgré ses apparences trompeuses d’activité oxygénante, la marche dans les bois déserts par une température de 5 degrés, en plein brouillard, n ‘est pas sans danger. Le dernier exemple en date remonte à ce dimanche. Tout avait pourtant bien commencé, le TER quitta la gare de Montparnasse dans un épais brouillard. Une vingtaine de randonneurs partaient rejoindre Robert , notre guide du jour, à celle de Rambouillet. Le rythme soutenu imposé par ce spécialiste, qui tout petit courait déjà avant de savoir marcher, semblait doper le groupe équipé « haute montagne ». Seulement au 12e kilomètre, Robert souhaita pique-niquer près d’un étang accueillant. Nous étions à peine arrivés et vautrés sur l’herbe humide que les canards d’une espace endémique arrivaient en escadrille, attirés par une promesse de victuaille. Cette immersion dans la nature hostile, ce climat polaire, cette brume persistante, autant d’éléments qui déclenchèrent probablement les évènements qui s’en suivirent. Notre ami Patrick probablement terrassé par une soirée tumultueuse la veille n’était pas venu. Pour une fois, nous allions pouvoir marcher en toute sobriété, sans son incontournable Porto Blanc ! Signe du destin, jour providentiel, Robert avait même oublié d’apporter une bouteille de vin issue de la récente fête du Club ! Hélas c’était sans compter sur les initiatives de deux garçons. Christian sortit une bouteille de son sac à dos ! Chez lui, cet accessoire ressemble d’avantage à un restaurant ambulant qu’à un simple sac de randonnée. Verres à pied, planche à découper, couteau sophistiqué, saucisson modèle familial, breuvages divers, gageons qu’il pourrait faire face sans soucis à une prise d’otages de dix personnes à l’heure de l’apéro . Et puis Michel . Ce randonneur expérimenté revenait d’un séjour à la Réunion et à Maurice. Sur-entraîné, bronzé comme Julio Iglesias à ses plus belles heures, Michel marcha sans broncher dans cette forêt si plate en comparaison du relief tourmenté rencontré à l’Ile Bourbon. Et bien à l’heure de la pause, à notre grande surprise, il extirpa de son sac une fiole inquiétante. Le flacon mesurait à peine 50 cl, des fruits d’origine inconnue flottaient dans un liquide jaunâtre de nature indéterminée. Le tout ressemblait à un échantillon géant d’analyse d’urine d’un individu en proie à une hépatite C doublée d’une jaunisse aigüe. L’étiquette douteuse gribouillée à la main mentionnait rhum coco .. arrangé ou quelque chose de ce genre.. ? TOUS goutèrent au breuvage diabolique aux allures inoffensives, la bouteille de Christian se vida rapidement.
Et soudain, une croix une le chemin, ultime rappel à l’ordre de Dieu ??!
Déjà les premières visions suspectes apparurent. Certains s’étonnèrent d’une baisse soudaine de luminosité, d’autres dont Edward manifesta une envie irrépressible de cloper, Geneviève vacilla sur son siège pliant, j’eus mille difficultés à me remettre debout. Rare, Michel jeta son restant de salade à l’escadrille de canards. C’est à cet moment que Christian profita de ce flottement pour sortir l’arme fatale d’une poche secrète : une fiole d’aluminium remplie de rhum ! Malgré cet état collectif pitoyable, le groupe se remit en marche et rejoignit les bois. Alors que je nous croyais tirés du coma, Robert appela les randonneurs à encercler un arbre exceptionnel classé « remarquable de catégorie 3 * « .Les randonneurs se donnèrent alors la main et se collèrent contre le tronc afin de ressentir ensemble les vibrations magiques de l’arbre. Jusqu’où ces boissons diaboliques allaient-elles nous conduire alors que plus de 10 km nous séparaient encore de Rambouillet ? Par miracle, les effets s’estompèrent. Je découvrais cependant sur mon GPS que le parcours ressemblait à un rectangle parfait, et surtout sans la moindre erreur, surprenant de la part de Robert , un garçon qui n’hésite pas habituellement à nous offrir quelques kilomètres de bonus. Enfin , dernier signe du destin salvateur, le bar de la gare de Rambouillet était fermé. Ouf ! Surdose de desserts, rhum, vin, froid, brouillard, une heure de train omnibus 24 km dans les pattes, un retour pénible en scooter, je rejoignais mon canapé après une douche brûlante et me laissais bercer par le film Viking, avec Kirk Douglas dans le rôle d’un chef de guerre borgne et amoureux d’une princesse mais doublé sur le fil par un esclave affranchi ! Afin de noyer son chagrin, Kirk s’enivrait de cervoise tiède lors d’un banquet. Sans pouvoir contrôler quoique ce soit, cette vision me poussa jusqu’au frigo pour y chercher une canette de 1664. De quoi m’achever définitivement !
Joli parcours proposé par Geneviève , 22 km de sentiers et paysages très variés.La Seine, sur les quais de Tomery
Il y a des matins d’automne où le soleil éclatant vous tire du lit un randonneur même terrassé par un rhume. Le temps de faire mon sac sans oublier la pile de Kleenex et une dose d’Aspirine, je rejoins mes camarades de Sport et Nature à la Gare de Lyon. Nous ne sommes pas les premiers ni les plus courageux . D’autres clubs encombrent déjà les quais des trains en partance pour Fontainebleau et tout le sud de la Seine et Marne. Rien d’étonnant, avec 12 millions d’habitants l’ Ile-de-France affiche la plus forte concentrations de randonneurs au kilomètre carré. Au menu de la journée , un recette concoctée par Geneviève, soit 22 km entre les gares d’Héricy et Veneux-Les-Sablons, de quoi éviter astucieusement la foule sur les sentiers. Notre guide fait partie des routardes que je classerais dans la catégorie des « cumulardes de mandat » . Elle guide en effet des randonnées pour une autre asso : les Amis de la Nature. De cette structure vient aussi André, un « cumulard d’assos » un randonneur acharné, négociant en pinard, vintage qui marche depuis trente ans. Aujourd’hui le retraité s’offre trois sorties par semaine avec quatre associations différentes , dont l’inévitable RIF ! Sport et Nature fait donc partie d’une nébuleuse de clubs, asso privées , rattachés ou non à la FFRP. Les randonneurs-zappeurs vont ainsi de l’un à l’autre au gré des rencontres, de leur état d’âme … Notre camarade Michel fait ainsi régulièrement référence à ses anciennes amours du CIHM, une autre machine à loisirs populaires. Et comme celle de Geneviève, sa banque d’itinéraires est une vraie mine d’or dont profite désormais Sport et Nature. Quant à Robert dit « Bob » , notre président navigue allègrement avec OVS (On Va Sortir), le site géant à tout faire pour partager tout et n’importe quoi en tant que célibataire. Brefs, des hommes et des femmes d’expérience qui conjuguent passion et intérêts personnels , des responsabilités à géométrie variable ! Au fil des kilomètres, je découvre et suis le parcours de Geneviève sur l’app Iphigénie. Je constate qu’il descend plein sud par le GR32 jusqu’à Champagne-sur Seine en suivant la courbe du fleuve. le chemin tortueux surplombe le coteau et s’enfonce dans des sous-bois superbes. On changera de rive à Tomery, une joli bourg d’une grande tranquillité et dont la vigne constitue le patrimoine historique. Geneviève nous installe pour la pause déjeuner au bord d’un « long sillon » , contruction typique de cette culture viticole locale. Trois tables avec bancs sous le soleil , que rêver de mieux ?! Comme d’habitude, c ‘est la ronde des desserts mais cette fois ci pas question de faire la sieste. Après un nouveau passage le long de la Seine, la guide nous entraîne sur les sentiers familiers de la Forêt de Fontainebleau. Des groupes de randonneurs squattent les aires de pique-niques, des connaisseurs . Après un court passage par le fameux TMF Tour du Massif de Fontainebleau) , direction Veneux par le GR1 . Les plus speed d’entre nous décident de prendre le train de 16h50 et forcent le pas . Alexandre, la tête dans les nuages décolle avec un autre groupe ! Pas grave c’est tout droit . Nous le rattrapons au bout d’un kilomètre, il est crevé le garçon mais serre les dents. Il faut dire que le rythme n’ a pas molli depuis le départ sans être pour autant épuisant . Les petits futés n’ont finalement pas eu leur train , nous les rejoignons à la gare. Exercice de strech collectif sur les rambardes SNCF , partage du restant de desserts histoire d’oublier les bonnes colories brûlées. Le train venant de Montereau ou Montargis (?) est plein comme un oeuf, la gare de Lyon a des airs de retour de vacances d’été tant la foule est dense. Mais nous sommes bien en automne, une saison splendide pour découvrir les itinéraires inédits de cette Seine et Marne décidément passionnante .
Un grand merci à Geneviève et Frère Eric, toujours efficace dans son rôle de collecteur d’impôt sur rando !
Richard Kirsch
Téléchargez la trace de cette rando en fichier .Gpx ICI
Retrouvez toutes randos également sur le blog de Sport et Nature : sport-et-nature.org
Empruntez les petits chemins en lisière, ils sont plus tranquilles et offrent des dénivelées intéressantes aux plus sportifs.
Inutile d’aller très loin de Paris pour trouver des parcours de randonnée très agréables. Parmi mes préférés, voici Ville d’Avray dans les Yvelines. Cette jolie ville se trouve sur les hauteurs de Sèvres. De nombreux transports Le mieux est de garer sa voiture ou son scooter sur le parking à proximité de la D985 , à deux pas des étangs de Corot.
Ces deux plans d’eau très bucoliques accueillent toute l’année des familles ou amoureux en balade. Ils s’ornent l’été d’un manteau de nénuphars, quelques pécheurs y plantent leurs lignes dans un calme absolu. Le but de cette randonnée en boucle sera de faire un tour complet de la Forêt de la Fausses-Reposes par le Parc de Saint-Cloud et revenir à votre point de départ. La carte IGN 2314 OT au 1:25.000e et une boussole ne seront pas superflus. L’App Iphigénie (IGN) s’avère aussi très pratique sur smartphone. Cette boucle dans le sens horaire débute par une remontée par la gauche des étangs, le long du Domaine de la Ronce. Au sommet de cette longue côte, je vous conseille de descendre immédiatement à gauche par un petit sentier . Il serpente gentiment jusqu’à la lisière.
La carte indispensable pour randonner à proximité de Paris
Essayez de rester au maximun près de celle-ci. Parfois en été les ronces bouchent le passage. Inutile d’insister, faites demi-tour et empruntez un chemin plus dégagé en marchant toujours vers l’ouest.Vous passerez alors au abord de la Saussaie. Après deux kilomètres, remontée vers la Butte de Picardie. Traversez un petit parc et son aire de jeu , un robinet d’eau permettra refaire le plein le cas échéant. Le marcheur arrive alors sur la D182, à l’entrée de Versailles. Il y a une station-service, sympa pour prendre un petit café avant de continuer votre parcours vers le nord. Arrivé au croisement du GRP et de la Route des puits, bifurquez immédiatement à droite pour rejoindre la Route du Butard qui longe les Haras de Jardy. Le but ici est de trouvé l’unique entrée du hara. Ce n’est pas évident car la grille se cache dans la végétation. Il faut savoir que ce site, haut lieu de l’équitation en Ile-de-France, est un domaine public. Libre à tous de s’y balader dans le respect bien sûr de ses hôtes quadrupèdes. Très chic et hupé, le hara est le siège de nombreuses compétition. Vous trouverez dans l’un des bâtiments une petite cafétaria où les cavaliers viennent consulter les plannings de cours.
Domaine public des Haras de Jardy . Très chic ! Pause-café à la cafétaria.
Bon, c’est vrai que le randonneur s’y sent un peu étranger. Vous pouvez pique-niquer près des nombreux manèges à l’ombre de grands arbres. Après avoir traversé le hara d’Ouest en Est, vous trouverez la sortie . Prenez alors le GR1 à gauche et ne le quittez plus, il vous mènera juqu’à Marne-La-Coquette, petite ville ravissante et aussi très chic, avec ses proprietés luxueuses, le tout dans une ambiance bourgeoisie de province. Suivez le GR1, il pénètre dans le Parc de Saint-Cloud par la Porte Blanche et s’enfonce à droite dans les bois . Si vous restez sur ce chemin, il vous conduira aux confins du domaine royal jusqu’à la Porte de Saint-Cloud. Il est alors possible de reprendre les nombreux transports en commun. Quant à notre randonnée, passez au dessus de la D985 qui coupe le en deux le parc et ressortez à la Porte de la Ville d’Avray. Il suffit alors de rejoindre l’église sur la place. Il y a un marché sympa le dimanche matin . Poursuivez juste à droite vers l’aire de jeu et un petit square (il y a des toilettes) .
Domaine royal de Saint-Cloud. Il est en prolongement du GR1 depuis la forêt de Fausses Reposes
Ce charmant petit chemin traverse des jardins fleuris et débouche sur l’étang . A cet instant, vous aurez parcouru plus de 15 km. Rien ne vous empèche de faire un tour des deux étangs ou poussez votre parcours vers Chaville et la forêt de Meudon. La fameuse rando sportive La Bossapas passe par les deux forêts . Vous rejoindrez le parking en remontant la petite ruelle près de l’Hotel des Etangs de Corot et en traversant la départementale. Du côté physique, le tour de la forêt de Fausses Reposes , très vallonnée, offre de vrais dénivélés , parfois assez raides . De quoi se concocter un bon entrainement aux portes de Paris dans un cadre forestier magnifique.
Comment se rendre à Ville-d’Avray ?
Par le bus : ligne 426 depuis Boulogne Billancourt ou Sèvres, ligne 471 depuis Saint-Cloud ou Versailles et ligne 469 depuis les Hauts-de-Sevre
Par la gare : Arrêt gare de Sèvres / Ville-d’Avray, ligne desservant la gare Saint-Lazare ou La Défense et Versailles rive-droite
En voiture : à 10 minutes de Pont de Sèvres ou Pont de Saint-Cloud
Téléchargez la trace de cette randonnée au format .gpx en cliquant ICI
A l’occasion de ma troisième expérience de guide chez Sport et Nature entre Héricy à Melun (77) ce dimanche 3 juillet, voici un premier point sur cette activité passionnante.
L’organisation d’une randonnée dominicale chez Sport et Nature requiert une véritable préparation, de la réflexion, un niveau zen de vingt ans de yoga . Etudions ensemble un cas concret : Héricy-Melun, 24 km, niveau moyen, temps sec, un cocktail à la fois aérien, culturel, rafraîchissant et oxygénant sur les coteaux de la Seine rive droite. Voici mes modestes recommandations.
1) Testez la motivation des randonneurs du dimanche
Alors que mes camarades Cyril ou Stéphane proposent des kilométrages impressionnants à parcourir en deux heures, sans pause, sous le cagnard, j’ai opté ce dimanche là par une heure de RDV très avancée, c’est à dire… 8h00 gare de Lyon ! Fallait oser . Planifiez ainsi vos randos de plus en plus tôt. Si un jour, vous êtes seul en gare, la limite est probablement atteinte.
2) En donner toujours d’avantage au groupe.
Avec l’aide complice de la SNCF, j’ai eu ce jour-là la chance d’offrir aux 14 participants une excursion surprise gratuite en autobus de Melun à Héricy . Chacun a ainsi pu découvrir le parcours dans un car dit de « Substitution pour travaux » . N’hésitez donc pas à repérer les jours de grèves, les itinéraires en chantier pour pimenter vos sorties. De même, une partie du GR2 était fermé sur notre parcours. Comme nous, franchissez les barrières et offrez leurs un parfum d’aventure devenu si rare !
Belle ballade de 25 km sur les coteaux de la Seine
3) Restez à l’écoute de l’adhérent isolé
Même si le groupe manifeste bruyamment l’envie d’avancer vite, ne jamais négliger le cas individuel, notamment le randonneur qui a oublié d’acheter sa baguette. Un petit détour d’un kilomètre par la boulangerie du village fait toujours plaisir et s’avère bénéfique pour l’économie locale.
Que faire si l’adhérent retarde tout le monde en ramassant du muguet tous les trois mètres, en rasant trois champs blé pour se faire des bouquets ou encore confond randonnée ou une étude biologique de la faune en rapportant à la maison des orvets, des insectes, des hérissons morts, des morceaux de plastique..que sais-je..?
Certains guides comme Geneviève choisissent alors l’option « recadrage », c’est à dire le petit coup gueule autoritaire qui enfonce l’adhérent un mètre sous terre mais en revanche force le respect des autres marcheurs tétanisés.
Mais après trois recadrages ? Selon moi et les principes démocratiques en vigueur dans ce pays, l’adhérent a parfaitement le droit de s’attarder. Selon les mêmes principes, j’estime que le guide a aussi le droit de l’abandonner en rase campagne, surtout s’il est jeune, en bonne santé, pas épuisé, bien nourri et en forme. Bref, qu’il se dém.. !
les randonneuses into the wild
4) Respectez le repos de l’adhérent (si possible)
La randonnée reste un espace convivial où règne souvent une communication débridée. Certains adhérents profitent de ces rencontres pour raconter durant 25 km non stop leurs problèmes de promotion, révéler des fantasmes sexuels incroyables, des idées politiques les plus révolutionnaires ou réactionnaires, leurs pires opérations médicales, à infliger à tous la litanie d’années où ils ont fait successivement le Maroc comme des rocks, l’Espagne en pagne , l’Indonésie avec frénésie, l’Afrique du Sud si rude, Compostelle à genoux, l’Ardèche dans la dèche, le Lubéron en rond, Oléron-Ré-Belle ile en solo, PITIE ! L’heure de la pause déjeuner pourrait être salvatrice, une heure de calme ..une seule ! Et bien non. Le recadrage du bavard s’impose ici également, hélas souvent ponctué par des échecs cuisants chez Sport et Nature .
tout un symbole de liberté ..totale !
Enfin, doit-on réveiller le marcheur durant sa sieste ? C’est cruel, mais ma réponse sera : oui . Surtout si le niveau de décibels devient difficilement supportable et qu’il reste encore 15 km à parcourir et que l’unique train de retour est dans deux heures. Réveiller Edward chaque semaine reste une douleur.
5) prendre en compte le métabolisme compliqué de l’adhérent (e)
Vessie atrophiée, prostate en fin de vie, hydratation surabondante, transit suractif, je ne m’étendrais pas sur le sujet . Les pauses s’imposent, même si cela fait baisser la moyenne.
Les ravages des dernières inondations
6) Intégrer les nouvelles générations
Les jeunes n’hésitent pas aujourd’hui à venir côtoyer les seniors en randonnée . Bravo . Essayez donc de vous montrer accueillant, patients, compréhensifs, d’éviter le discours moralisateur délivré à vos petits enfants, même si ces nouveaux adhérents marchent en minijupe , en tong, au milieu des ronces et des orties, chattent sur Facebook ou par sms ou n’achètent pas de titre de transport !!
Merci à Eric pour son appui administratif.
Richard Kirsch
Des aventures à retrouver également sur Sport et Nature
Un profil bien sageLa Seine et Marne regorge de vestiges du passé
La nature, si belle qu’elle soit, a horreur du vide. Le dimanche 26 juin s’avérait dépourvu de tout programme, rien, une espèce de néant d’activités au début d’un été radieux surgi d’une éternité de pluies. Randonneuse ad dicte, Geneviève ne résista pas à l’envie de combler ce vide abyssal et d’organiser ce jour-là un parcours au départ de Nézel, au sud de Mantes-La-Jolie. Un dimanche ordinaire ? Non ! Le jour du match entre la France et l’Eire en 8e de final de l’Euro 2016, une rencontre programmée à 15h00 ! l’UEFA ne s’était concerté avec Sport et Nature.
Tout d’abord j’ai hésité à venir. Non pas que je sois un aficionado forcené mais l’affiche avait de quoi faire vibrer mon patriotisme enfoui. Toutefois l’idée de perdre une journée de marche dans la verdure et passer 90 mn devant un écran me parut peut enthousiasmante. Alors je décidais que la France se passerait de moi et qu’elle m’attendrait jusqu’aux quarts de final.
une rando qui sentait bon l’été retrouvé
Nous étions une vingtaine au départ à la Gare Montparnasse vers Mantes-La-Jolie, des habitués et deux jeunes nouveaux Maxime et Kimberley, frères et sœur, conquis par leur dernière sortie avec le plus beau club du monde, à savoir Sport et Nature. Parmi les absences inhabituelles soulignons celle d’Edward, ce drogué du trek ayant raté son train d’une minute. Côté encadrement Geneviève tiendrait donc la carte et Michel le portefeuille. Rigueur implacable, elle nous rappela qu’il ne fallait pas confondre balade et randonnée question vitesse. Quant à lui, il réitéra le principe fondamental de S & N : « les bons comptes font les bons adhérents. », et il fit job d’administratif avec sérieux tel le contrôleur SNCF non-gréviste verbalisant.
un parcours de 25 km plutôt à découvert. A éviter si canicule.
Un voyage entre Nézel et la gare Montparnasse permet sans problème de remplir une grille géante complète de mots croisés , venir à bout de quatre Sudoku force 5 ou alors de tricoter un pull manches longues taille XXL pour l’hiver ! Bref c’est du très très long. Ce trajet nous permit néanmoins de faire des commentaires très avisés sur cette compétition footballistique. Michel enregistrant ce match, il demanda à tous de s’abstenir de toutes informations sur le score durant la randonnée à partir du coup d’envoi. Maxime et moi, rigolions déjà, le jeune marcheur recevant toutes les notifications d’Eurosport sur son portable et moi celle de l’App officielle Euro 2016. La matinée se déroula à un bon rythme, Geneviève marchant toujours en tête d’une colonne de petits salopards de randonneurs mou du genoux et Michel jouant les chiens de berger sans grand succès. Les kilomètres défilaient dans les grandes plaines agricoles aux confins de Vexin. Geneviève planta le pique-nique dans le joli bourg d’Horgeville, sur la pelouse accueillante de la magnifique mairie, un ancien presbytère. Des drapeaux tricolores ornaient quelques fenêtres, on sentait la pression montée dans le groupe avec de nombreux flashes back sur les matchs passés et des visions fantasmatiques sur les suivants.
Horgeville, son château, sa mairie 18e , ses supporters.
L’avenir du pays , son moral, l’économie voire le destin de François Hollande semblaient en effet tenir au jeu de 22 beaux gosses survitaminés, tatoués et gominés dont la recherche dans le look capillaire reste pour moi un grand mystère. Les marcheurs les plus au fait se lançaient dans des pronostics sophistiqués ou expliquaient aux plus novices la différence entre temps additionnel et prolongations. Le parcours de l’après-midi prenait un peu de relief et de charme. Nous marchions souvent dans l’ombre des petits bosquets et les chemins vallonnés. A quelques kilomètres de l’arrivée, Michel perdit soudain tout espoir de visionner le match sans en connaître le score tant les communiqués faisaient vibrer nos portables.
Michel drague la randonneuse au volant . Classe !
Maxime savait dès le début que l’on s’était chopé un penalty , je le savais aussi et quelques minutes plus tard tout le monde connaissait l’issue du match. Car à environ un kilomètre d’Orgerus le vent porteur nous fit en effet entendre une immense clameur , deux explosions de joie successives : Antoine Griezzman venait de qualifier la France. Le compteur affichait près de 25 bornes, la pression de l’enjeu était retombée, il nous restait plus qu’à faire remonter celle d’une bière fraîche à Montparnasse !