Le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir . C'est fait ! La randonnée occupe désormais mon temps entre des missions caritatives sur Paris. Et ce blog n'a pas d'autre but que de vous faire partager cette passion ou peut être découvrir d' autres sentiers, en France ou mes expériences vers Compostelle .
Bonne lecture et bonne route .
Contact : richard.kirsch92@gmail.com
Fabienne et Benoît, petits suisses baroudeurs, écrivains, globe-trotters…
Si la randonnée est toujours propice à la découverte, elle peut être aussi un prétexte ! Fabienne et Benoît Luisier, deux petits Suisses baroudeurs et amateurs de bonnes bières, avaient déjà réalisé une série de randonnées vers 59 brasseurs artisanaux de la Confédération Helvétique et ce basant sur le livre de Monika Saxer , Randonnées Bière en Suisse.
Après cette première expérience arrosée de succès, nos marcheurs sous perfusion n’allaient pas s’arrêter là. Ils se remirent en route durant cinq mois cette fois dans l’Hexagone pour rencontrer nos meilleurs producteurs locaux tout en répertoriant les plus belles randonnées aux alentours. Fabienne et Benoît en ont ainsi (presque) testé, classé et documenté 70 itinéraires-bière allant de la simple balade familiale à la rando la plus engagée. Randos Bière En France se présente comme une bible de la bibine itinérante de 364 pages où chaque destination comporte le descriptif de l’itinéraire, longueur, dénivelé , carte IGN associée .
Les traces sont même téléchargeables au format .gpx sur www.helvetiq.com. Bien pratique pour retrouver son chemin.. après la dégustation ! On y découvre évidemment le portrait détaillé de chaque breuvage local : degré d’alcool, couleur, parfum , le tout clairement illustré. Alors au moment d’envisager quelle sera votre prochaine escapade rafraîchissante, feuilletez les premières pages du bouquin et choisissez soit l’itinéraire dans le lexique , soit la bière sur la carte de France. A la vôtre ** ! ( 24,90€ Fnac, Nature & Découvertes)
Retrouvez toutes leurs parutions et aventures sur: https://www.novo-monde.com/ (¨ Boissons alcoolisées à consommer avec modération)
La trilogie incontournable du randonneur en terre francophone !!
Il suffit parfois de peu de chose, peut être une minute d’inattention, pour que la journée d’un groupe de randonneurs parisiens soit perturbée. Le cas s’est produit par ce matin glacé de février lorsque le soleil peinait à réchauffer les corps endormis dans un hall banlieue de la gare du Nord désertée des masses laborieuses. Les horaires SNCF défilaient sur l’écran bleu, les marcheurs s’étaient sagement regroupés et attendaient que Christian, notre guide spirituel du jour donne le signal de rejoindre le quai où stationnait le train en direction de Saint-Ouen l’Aumône afin d’y effectuer une correspondance.
Un parcours improvisé dû à une erreur de gare !
Le terme « spirituel » prit soudain un autre sens , celui de « très drôle » lorsque tout le groupe se retrouva sur le quai désert de St Ouen l’Aumône-Liesse, la mauvaise gare ! Quant au terme Liesse, synonyme de joie et d’allégresse, il fut un peu terni en apprenant que le programme initial allait connaître quelques bouleversements. Une réunion de crise rassembla sur le quai même, les meilleurs spécialistes de la cartographie topologique afin d’élaborer d’urgence un plan B pour sauver une journée de rando raccourcie par le couvre-feu..et la dite erreur. Après une étude rapide du document, il fut ainsi décidé de rejoindre la gare de l’Isle-Adam par la plaine en suivant en partie le cours de l’Oise. Place aux grands espaces et à l’impro !!
le Vexin dans toute sa splendeur ..glacée .
Errance et caillance mais bonne humeur .
Les immenses étendues agricoles du Vexin balayées par une brise glaciale sont toujours propices à la méditation, à l’introspection mais plus encore chez certains à l’interrogation : « qu’est ce qu’on fout ici par une température ressentie de -4° C au milieu de terres labourées et où le premier bosquet pour soulager sa vessie se trouve à deux kilomètres ??! » . Seul le randonneur endurci par des années d’errance hivernale en Ile-de-France peut y répondre et renoncer à un dimanche douillet chez lui.
La montée vers l’église d’Auvers sur Oise.
Retour anticipé vers la gare de Valmondois.
Notre itinéraire de secours passa ainsi par Auvers-sur-Oise, Doit-on rappeler que cette charmante ville est le berceau de l’impressionnisme et plus encore le lieux de villégiature des frères Vincent Van Gogh ? Non c’est inutile car il faut être miro (ha ha , elle est très bonne , merci) pour ne pas constater que TOUTE l’activité touristique tourne ici autour du peintre à l’oreille coupée.
Charlotte nous offre ici une version médiévale réussie de la mode hiver 2021
Christine et Maryvonne ont préféré un pique-nique élégant et confort sur un des bancs du square.
Difficile d’y échapper. Et c’est au coeur de ce temple du 3 eme art que la horde bruyante, crottée, aux oripeaux bariolés, d’une esthétique affligeante, répandit sans aucun complexe son pique-nique, aux pieds même de la statue du maître !
Un léger laisser-aller dans le relâchement au moment de la pause !
Une notion d’antigel très particulière chez le randonneur.
Si la pause-déjeuner du randonneur moyen n’a habituellement rien de reluisant, celle d’Auvers-sur-Oise fut particulièrement réussie. En quelques minutes, la vingtaine de marcheurs transforma le charmant petit square en un mini-campement d’où émanaient quelques effluves douteuses. Malgré une température frôlant le zéro, étrangement personne ne sembla s’en plaindre.
Van Gogh à tous les étages à Auvers.
Sauf erreur, nous n’avons pas vu une photo de nous sur le panneau . Pas encore !
Après une seconde concertation des experts, il paraissait difficile de rejoindre la gare de Parmain-L’Isle Adam dans les délais impartis. Aussi , le guide « drôle » décida de mettre fin à notre balade à la gare de Valmondois après un parcours de 16 à 17 km. Morale : une faute d’inattention se traduit en randonnée par deux conséquences possibles : une rallonge du parcours de plusieurs kilomètres ou la chance de regarder la seconde mi-temps d’un match de rugby des Six Nations en rentrant plus tôt !
Richard Kirsch
Téléchargez la trace de cette randonnée au format .gpxICI
Croyez-vous que c ‘est facile pour un randonneur parigot d’écrire un énième article sur la vallée de Chevreuse sans tomber dans la banalité ??! Sachant qu’en bon journaliste je reste très attaché à la doctrine : » Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il ne faut rien écrire.« , voici donc un nouveau post sur le sujet au titre particulièrement inspiré . Ce n’est pas les sentiers qui manquent en Ile-de-France me direz-vous , ne fallait-il pas marcher ailleurs que sur le sempiternel Chemin Jean Racine ?
En haut : tracé de la rando depuis la la gare de La Verrière. A gauche : le parcours complet du Chemin Jean Racine.
Responsable mais pas coupable. J’en reporte en effet l’entière responsabilité sur Geneviève notre guide du jour. L’amazone des grands chemins, que dis-je l’infatigable arpenteuse du sentier balisé francilien, aurait-elle encore tirer ce parcours du catalogue Visorando ? Pas sur .. mais ..hum ! Ce mauvais site internet doublé d’une abominable App (y a que la mauvaise foi qui sauve ) est devenu aujourd’hui une mine d’itinéraires pour les parisiens confinés en quête d’évasion de proximité. Bien sûr, rien de comparable avec trekkingzone.fr dont le contenu et l’humour des récits restent à ce jour inégalés.
Long flirt d’un bouleau et d’un chêne ….
… un coup à en perdre la tête !
Evidence, les allées interminables et rectilignes du début de cette randonnée pluvieuse me plongèrent d’emblée dans un scepticisme abyssal doublé de la question : « Allais-je survivre à l’ennui de ces premiers kilomètres » ? Afin de rassurer rapidement le lecteur je répondrais : oui. Car le Chemin Jean Racine qui serpente par la suite sur la ligne de crêtes au dessus de la rivière le Rhodon ne manque vraiment pas d’intérêt. Les plus curieux (c’est dire ceux qui ne marchent pas forcément la tête dans le guidon ou qui n’écoutent pas stoïquement le blabla d’un compagnon pris au piège) et bien ceux-là remarqueront que les sept bornes de l’itinéraire comportent chacune une jolie citation du célèbre l’écrivain. A cette séquence culture j’ajouterais un passage obligatoire sur l’Abbaye de Port-Royal..des Champs. A ne pas confondre avec l’Abbaye Port-Royal ..de Paris .
l’Abbaye de Port Royal des champs et sa petite chapelle d’un charme dingue !
Tout visiteur tombe sous le charme de la petite chapelle dans son pré verdoyant si bucolique avant de sortir son portable pour immortaliser cet instant magique d’un adroit selfie. Le Chemin Jean Racine conduit bien sûr à l’autre curiosité de la région, l’incontournable Château de la Madeleine. (Pas de confusion, le nom de cet édifice n’a pas été donné par le fameux Proust) . De ce très beau belvédère , le randonneur comblé ressort généralement son portable pour un second selfie avec en arrière-plan un panorama sur Chevreuse et sa foule de pavillons beigeasses, tous identiques, dûs aux bétonneurs de banlieue.
Les plus beaux instants ont aussi une fin et cette randonnée s’acheva en revenant à la gare de Saint-Rémy. Ce Parc Naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse comporte d’autres trésors. Et si vous n’avez pas pu en voir davantage ce jour-là, comme aurait dit Jean Racine : « n’en faites pas pour autant une .. tragédie , revenez au printemps ! «
Il y a des jours comme çà où le randonneur se demande ce qu’il fait dans une gare parisienne presque déserte pour aller traîner ses pompes dans une banlieue paumée d’ Île de France dont il situe approximativement la position . Il sait pertinemment que la pluie n’a pas cessé de tomber une bonne partie de la nuit et sait ce qu’il l’attend une fois descendu d’un RER à une autre gare dont le nom ne lui rappelle ..rien !
Une longue diagonale entre plaine et bosquets entre les gares de Lardy et Breuillet
La seule certitude naîtra lorsque le randonneur passe en mode patinage sur les chemins détrempés et que la glaise alourdit chaque pied d’un bon kilo. La moyenne n’est plus qu’un vague souvenir et l’estimation de marcher à 4km/h pour réaliser la randonnée dans les temps devient une utopie. Reste alors à prendre son mal en patience et admettre qu’un pas en avant ne signifie pas forcément progression, se réjouir d’avoir toujours des bâtons de marche pour éviter le bain de boue à chaque descente. Le randonneur avec béquilles affublé d’une cape de pluie et sur terrain gras perd alors de sa superbe.
Grisouille et gadouille à tous les étages. A l’aise glaise !
Il n’a pas seulement le look de l’escargot mais aussi son allure . Bref il en bave ! Notre récent parcours entre Lardy et Breuillet nous a offert tous les aspects de la rando hivernale par « temps de..m.. » , un choix que tous avons pleinement assumé en bons stakhanovistes. Il a fallut attendre l’heure du pique-nique pour percevoir un rayon de soleil et une bonne dose de vin pétillant pour reprendre de l’énergie. La pause reste toujours le moment préféré du randonneur, la météo n’influençant en rien .
Quelques artistes du groupe y trouvent parfois de l’inspiration, comme notre dessinatrice Agnès qui d’un trait simple et efficace immortalisa ces moments de convivialité arrosée. Après avoir survécu à la farandole habituelle des desserts et renoncé à jamais à l’idée que la rando ferait perdre du poids, le groupe mené par Christian reprit le patinage par la plaine. Si le parcours amputé de quelques lieues , vu la cadence, ne restera pas dans les annales, il aura eu la vertu de redonner aux confipotes cette bouffée d’oxygène nécessaire pour affronter une semaine durant l’univers carcéral du domicile et l’overdose de télétravail .
S’arrêter pour admirer quelques instants le spectacle de la nature sculptée par l’hiver et l’érosion.
Fin janvier, le thermomètre amorce ce jour-là un joli plongeon et flirte avec le zéro. Doudounes, polaires, gants et bonnets, les randonneurs parigots boudinés s’agglutinent sur le quai de la gare de Lyon option départs sports d’hiver pour rejoindre la forêt de Fontainebleau . Désigné guide, j’accompagne une quinzaine d’entre eux vers Bourron-Marlotte pour une randonnée de quinze kilomètres en direction de Morêt-sur-Loing.
Belle diagonale de 15 km 100% boisée au coeur de l’hiver
Le domaine au sol sablonneux reste une valeur sûre lorsque la pluie hivernale détrempe la plupart des sentiers d’Ile-de-France. Le parisien en goguette se pâme d’ordinaire au printemps devant le premier brin d’herbe sur son chemin et se réjouit d’évoluer dans cette belle nature. Cette fois, il tombe en état de grâce lorsque la vue des marres gelées s’offre à son regard ébloui par tant de merveilles . Alors il enlève ses moufles et saisit son portable afin d’immortaliser l’instant. Maryvonne, Corinne (et moi-même), probablement marquées par le dernier film La Reine des Neiges, succombent les premières face au spectacle grandiose.
Miroir, dis moi qui est la plus belle randonneuse ?!
Authentiques aventurières des chemins, elles dégainent leur appareil et enregistrent les miracles pixelisés afin de les partager avec leur fan-club de FaceBook ou Instagram. Alors que le groupe s’enfonce dans les profondeurs de cette forêt, le ciel se voile soudain . Les meilleurs météorologues d’entre nous sont formels : il va même neiger ! Chacun interroge du regard son App préférée afin d’en déterminer l’heure exacte . Insensible à leur quête scientifique, je décide de stopper à la grotte Béatrix pour organiser le pique-nique dominical. L’univers minéral bien abrité est idéal. Il est facile d’imaginer ici les hommes préhistoriques dévorant de malheureux sangliers tués à main-nue et à peine cuits avant d’honorer leurs femelles à même le roc !
Maryvonne, Reine et notre photographe des Neiges du jour .
Passage étroit à Fontainebleau in the rocks
Les randonneurs affamés par au moins une dizaine de kilomètres sur le sentier Delecourt N°11, se jettent sans retenue sur des salades de pâtes ou autres préparations peu engageantes compressées depuis la veille dans les Tupperware. Certes la fameuse gastronomie française atteint ici un degré à la limite du hors-jeu. Qu’importe ! Les bouchons des bouteilles de vin s’extirpent à grands « blop » qui résonnent dans la grotte et les conversations débridées par l’antigel divin réveille toute la faune en hibernation. La farandole des desserts tourbillonne parmi les randonneurs déjà repus. Ils se navrent dans leur Ford intérieure de leurs propres abus et se désoleront le soir venu de n’avoir pas perdu un seul gramme ! Malgré la dose de blanc servie par Patrick, notre généreux sommelier attitré, le froid saisit progressivement les convives itinérants. Incontestablement la température a encore baissé. Et là, nos prédicateurs éclairés se réjouissent : les premiers flocons voltigent dans l’air !!
La grotte Beatrix, site rêvé pour pique-nique improvisé
Et soudain le décor devint d’une blancheur virginale ! Magnifique .
En quelques minutes le sol se recouvre d’une mince couche immaculée, les épineux se transforment en sapins de Noël. Excitée par la beauté quasi virginale, Maryvonne multiplie les clichés alors que mes doigts gelés patinent grave sur l’écran de mon Iphone 6 noyé par les cristaux afin de trouver un chemin sur l’App Iphigénie. En vain. Retour à la méthode d’orientation traditionnelle des anciens marcheurs , je ressors (de mon pantalon déperlant Cimalp, 70€ en solde) la pochette A4 astucieusement fermée par un ruban adhésif qui contient les photocopies de la zone concernée de la carte au 1.25 000e. Tel le touriste perdu en ville sans GoogleMap, je décrypte dans la tempête les panneaux cloués sur les arbres à chaque carrefour. La couche de neige s’épaissit et la moindre pente réveille les souvenirs enfouis de nos dernières joyeuses descentes à skis qui remontent à l’ère glaciaire. Je dois le concéder, troublé par l’émotion j’ai à cet instant perdu la trace du GR11 qui doit nous conduire à la gare de Morêt. Sans le révéler au groupe afin de m’épargner une révolte, j’erre bien trop au sud. Puisant dans des ressources intellectuelles insoupçonnées mises à mal par la température polaire, je redresse la trajectoire pour rejoindre enfin la ville et ce une minute avant l’arrivée du TER venant de Bourgogne. Ouf ! Les randonnées hivernales deviennent un régal car elles nous offrent cette rupture providentielle avec notre quotidien douillet. Alors action !
La Haute-Vallée de Chevreuse fascine toujours le randonneur parisien, surtout à demi-confiné et en quête d’oxygène ! Il se damnerait pour un RER dans la limite du pass Navigo et celle du nouveau couvre-feu de 18h afin de s’immerger dans la nature
Très belle balade de 19 km mais rendue très glissante par la fonte de la neige tombée la veille.
Juste la veille, l’île-de-France s’était recouverte d’une bonne couche de poudreuse en prenant des allures de décor de sports d’hiver. Hélas , le redoux de la nuit allait vite transformer les pistes noires de nos rêves en des sentiers détrempés. Le voyage aux boues de l’enfer commença à la gare de Courcelle-sur-Yvette par un large contournement sud de Saint-Rémy-lès-Chevreuses, de quoi se mettre en jambes tout en dérapage plus ou moins contrôlés sur les pentes des vallons boisés. Le dit couvre-feu impose désormais soit d’augmenter la cadence soit de raccourcir la randonnée.
Décor hivernal sur les plaines de la Haute Vallée de Chevreuse
Le Château de la Madeleine se dresse au loin sur les hauteurs de Chevreuse
On opta pour gravir la colline (155 m sans oxygène ! ) menant au château de la Madeleine avant le déjeuner. (La digestion mobilisant près de 30% de notre métabolisme délicat !) Le belvédère offre ici un magnifique panorama sur la vallée de cette belle Yvette, le petit affluent de l’Orge coule en contre-bas et dont l’enfilade de ses anciens lavoirs ravit les promeneurs du dimanche. L’édifice fortifié fut bâti au XIe siècle et régulièrement relooké au fil de l’histoire. On doit à Jean Racine les importants travaux sur le donjon dont il assura la supervision. Un sentier de balade porte aujourd’hui son nom.
La randonnée, parfois c ‘est pas du gâteau.. Vive janvier et ses galettes maison !
Calé à l’abri du dans une douve, le groupe planta un pique-nique, court copieux et bien arrosé comme il se doit. Les fées Geneviève et Marion avait remis les mains à la pâte pour nous ravir de deux galettes maisons , une gourmandise dont la dégustation devrait se poursuivre jusqu’à la fin janvier. Chic ! La seconde partie de la randonnée aurait du nous conduire par le nord jusqu’à Courcelle, la gare de départ.
Marie-Françoise et Christine , nos deux perles des tropiques du Cancer et du Capricorne …
.… dont le sourire et la bonne humeur réchauffent les randos les plus glaciales !
Trop long, trop tard. Le terrain glissant et le nouveau carcan horaire du Covid nous contraignirent de couper de 3 km dans le tracé initial et de piquer plein sud vers St Rémy. Le soleil nous avait gâté toute la journée, une pluie finit signa la fin de l’embellie hivernale. On se promit de revenir sur ce bel itinéraire de 19 km au printemps.. et par temps sec !
Oyez randonneurs des forêts, elfes bossés de sac à dos, gnomes claudiquant des plaines aux guêtres boueuses et autres erres des obscures sous-bois et des combes profondes , la fête de la révolte a résonné ce dimanche 10 janvier de l’an 2021 dans le domaine royal de Rambouillet !!
Un parcours de randonnée de quatre lieux taillé à la serpe dans la forêt de Rambouille
C’est par un froid de gueux qu’une troupe de quinze de manants menée par la blonde Genevrière de Paris se lançait sur les sentiers givrés pour un découdre avec un cheminement d’au moins de quatre lieues . Chassée de leur confrérie Sport et Nature par Didier Panzer -le-fripon qui règne désormais d’une main de fer et sans partage sur ses ouailles dociles et résignées, la horde rebelle erra pas moins de quatre de longues heures par les allées gelées avant de poser ses ballots chargés de victuailles dans une clairière accueillante non loin des étangs de Hollande créés par Sir Louis le XIVe en vue d’alimenter ses bassins en son château de Versailles .
Marcheurs des longs chemins en route en la forêt de Rambouillet
Victuailles en nombre et gouailles joviales au menu des bannis de Sport et Nature par Panzer-le-fripon
Ribaudes et vilains, ces marcheurs renégats eurent la chance d’y trouver un longue et solide table de bois de hêtre pour y disposer leur festin du jour. Pour cette première sortie de l’an 21, la Marie-Franchoise , perle de de l’ile Bourbon de taille modeste mais d’une grande beauté , avait en ses fourneaux préparé pour tous les convives, un met fort apprécié sous les tropiques, son fameux rougail, délice carné relevé des dix épices des Indes lointaines et agrémenté d’un riz savoureux apporté pour l’occasion par dame Genevrière. Alors que le rougail se réchauffait sur une machine infernale au gaz et au raz le sol , ce bougre de Patrick, prince des tripots et autres bouges de la capitale arrosait les convives de son Porto Blanc dont les réserves en sa cave dépasserait les lois en vigueur.
Virginie d’Oroy du Fond du Parc et Marie-Franchoise réchauffent le plat de rougail sur le sol gelé
La blonde Genevrière apporta ce jour-là deux galette dans sa besace ainsi qu’un once de riz chaud.
A peine éclusé, ce breuvage portugais fit place aux vins transportés en leur besace par Christian B. amateur et connoisseur des meilleurs chais et Virginie d’Oroy du Fond du Parc, baroudeuse agile des sommets dont les exploits se content le soir à la veillée. Une fois les plats de résistance engloutis, l’on sortit bon nombre de galettes des rois à base de frangipane, le tout arrosé de cidre et autres breuvages à vocation dite digestive. Le dissident et hors-la-loi, désormais appelé Christian-des-Bois fit don à l’assemblée d’un échantillon fermenté à base de houblon et d’orge du nom de « Jack Daniel », l’eau de feu rapportée des Amériques alors que la Christine, autre princesse des chemins venue droit des Caraïbes, offrit un puissant sirop de cannes également fort relevé en arômes d’Orient.
La horde des bannis puisent l’énergie d’un géant pour vaincre un froid de gueux.
Puis lors de cette cérémonie champêtre chacun leva sa chope en l’honneur du bandit de grande randonnée afin de fêter ses récentes épousailles avec dame Corinne hélas retenue en sa demeure. Faute de sacristain, Genevrière tint un maigre cierge alors que Marie-Franchoise remit au jeune marié en cadeau bouteille de bon vin et drap en laine de Yak. L’épisode de peste Covid allant bon train sur le pays, personne ne put se laisser aller aux traditionnelles étreintes et embrassades.
La perle de l’Ile Bourbon offre les présents au jeune marié alors que Genevièvre tient la cierge de la cérémonie post-épousailles
Les reines et rois éphémères sacrés en pleine nature lors d’un banquet fort arrosé .
Après avoir fait table rase des traces de ces ripailles festives, la horde des bannis mit le cap sur le bourg du Perray pour y reprendre quelques moyens de transport rapides afin de rentrer avant le couvre-feu contrôlé de près par les gardes du seigneur Gerald D’ Armanin en son ministère.
Oyez randonneurs ouvrez grands vos écoutilles car demain vous entendrez encore dans la profondeur des forêt les chants et les rires d’une troupe en marche sous la bannière de Rando Amigo, aux couleurs de l’évasion et de la bonne humeur.
L’année 2020 s’est terminée sur fond d’apocalypse planétaire. Certains ont survécu à la Covid-19, d’autres à l’enchaînement des gueuletons festifs. Le confinement du citadin en télétravail le pousse à dépasser le seuil des fameuses 35h et réveillent en lui des envies d’évasion au delà du béton de la ville plombée par un couvre-feu sidérant. Premier dimanche de 2021 la gare de Lyon retrouve son influence de randonneurs. Même si le thermomètre amorce une chute sévère et qu’un épais brouillard enveloppe le domaine de Fontainebleau, rien ne pourrait entraver leur pas vers cet univers végétal propre à guérir leur morosité, au moins durant quelques heures.
Très bel itinéraire de 18 km , depuis la gare de Fontainebleau-Avon – Retour à la gare de Bois-le-Roi
J’aime aussi à retrouver cette forêt cent fois parcourue dès les premiers frimas. Tout y est changé, des combes cachées hier par les feuillages se révèlent , un tapis de feuilles en décomposition brouille la trace des sentiers. Les forestiers ont toiletté les sous-bois en laissant çà et là des souches comme autant de sculptures spontanées, vestiges de tempêtes passées. La nature en sommeil accomplie en silence son oeuvre et j’imagine déjà la renaissance des fougères assoupies, l’éclosion du feuillage des chênes , des ormes, des marronniers si nombreux sur ce domaine. Au bout d’une longue allée la blancheur des bouleaux tranche soudain dans le décor. Des troncs brisés gisent sur le sol gelé en formant des lignes brisées, comme de longs pointillés. Les pins omniprésents me rappellent souvent un paysage de Provence ou des Landes. Eux seuls savent repeindre le ciel de ces taches de couleurs au milieu de bosquets dépouillés.
Sculpture végétale née du caprice des tempêtes
La table du Grand Maître, pour pique-niques confort !
Le randonneur connait bien les pièges de leurs racines . Glissantes, luisantes, elles s’échappent du sol et ruissellent sur les pentes sablonneuses entre les feuilles mortes. Veillant à ne pas m’accrocher dans leurs anses cachées, je m’arrête pour admirer leurs ramures émergeant de la terre. Quel talent ! Depuis quelques temps, les fameux rochers de Fontainebleau se recouvrent davantage d’une mousse tendre verdoyante. Peut on y voir l’influence du réchauffement climatique ? Le végétal rejoint alors le minéral des blocs. Dans les passages étroits des sentiers Denecourt-Colinet balisés de bleu, ma main caresse parfois cette peau humide du calcaire.
Les sentiers Denecourt-Colinet sont balisés de bleu. Bien balisés, ils vous feront découvrir les plus beaux décors du domaine de Fontainebleau.
De courageux grimpeurs s’installent au coin d’un méandre et posent leur tapis de mousse …synthétique. Les adeptes du bloc , varapeurs aux mains blanches relèvent les défis de la pesanteur sur une échelle de 1 à 9. Le domaine se partage et le randonneur en plein effort sur le dur circuit des 25 bosses côtoie le promeneur au ralenti ou le vttiste casqué avalant les kilomètres à toute allure. Cette immense forêt de Seine-et-Marne ne cesse depuis des générations d’émerveiller aussi les enfants. Ils viennent y vivre une journée l’aventure , le frisson de se perdre un instant entre les rochers, la joie d’atteindre un sommet et contempler en contre-bas l’ampleur de leur exploit.
Denecourt, ce pionnier de la rando au XIXe siècle, ignorait alors que ses chemins seraient le terrain de jeu d’une jeunesse turbulente alors qu’il imaginait des balades pour bourgeois ponctuées de fontaines rafraîchissantes ! Il nous a légué des itinéraires magnifiques, parfois sinueux à souhait , parfois d’une linéarité infinie ennuyeuse. jJe ne le remercierais jamais assez de m’offrir été comme hiver cette immersion végétale magique, providentielle dans cette forêt apprivoisée.. très très fréquentée !!
Départ Gare de Fontainebleau-Avon. Retour gare de Bois-le-Roi . – Téléchargez la trace de cette randonnée au format .GPX ICI
La randonnée peut désormais reprendre. Toutefois , la réglementation actuelle (14 mai 2020) autorise les déplacements dans un rayon de 100 km autour de votre domicile . L’application Sitytrail bien connue des randonneurs propose ce lien très pratique pour déterminer votre rayon d’action et organiser votre parcours en conséquence . Il suffit de rentrer son adresse pour le visualiser . Facile !
Jeanne Fauquenot, 30 ans, n’avait pas la rando dans la peau. Qu’importe l’historienne de l’art plutôt sportive se lance direct en 2019 dans l’itinérance au long cours l’an dernier sur un périple de 2100 km entre le Puy-en-Velay et Saint-Jacques de Compostelle . Elle conclut cette première expérience avec un maximum d’ampoules, une forte dose de plaisir et une folle envie de récidiver. Approche fastoche dirait-elle .Jeanne voulait mettre la barre plus haut cette année en se frottant au 3000 km du Te Araroa en Nouzelle-Zélande.
Hélas la Covid a douché ses ambitions la renvoyant à la case de départ , dans l’Indre . Il lui fallait un nouveau projet pour calmer son appétit d’aventure. L’ été s’installe, le terrain de jeu des randonneurs se réduit à l’Hexagone, Jeanne jette alors son dévolu sur la Bretagne. Elle balance ses préjugés sur le climat et vise en juin 2020 le GR34 dans son intégralité ! Autant voir grand. « Devant moi 2 000 kilomètres de falaises, de plages, de villages et de rencontres pour découvrir cette formidable région entre ciel et mer. » explique-t-elle avant d’ajouter que la balade se fait en autonomie complète. Le challenge allait de pair avec un tempérament visiblement 100% inox .