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Errance et zizanie à Meaux, la rando de tous les maux !

Un itinéraire de 26 km pifométrique à rallonge !

C’est l’histoire d’un beau dimanche d’automne, un de ces jours divins où l’été allait jouer les prolongations et pousserait les franciliens les plus flemmards à profiter de la nature et regarder le soleil embraser le décor. Bref un jour de rêve pour randonneur puisque le mercure allait même grimper ce jour-là jusqu’à  24 °C  !  C’était prévisible,  pas moins 54 membres  de notre association s’agglutinèrent  dans le hall  de la gare de L’Est avec le programme initial de parcourir 20 km idylliques  sur les coteaux de la Marne. Un beau dimanche certes,  où la SNCF décida sans prévenir de supprimer le train desservant la gare de Nanteuil Saacy, une gare de banlieue anodine, banale mais hélas gare du point de départ de la rando. Aucun train avant une heure, entrain brisé net, il fallut renoncer à rejoindre la station puis de concevoir un plan B. Michel, notre malheureux et guide maudit en charge de cette meute de marcheurs affamés de sentiers opta pour aller à Meau et longer peinard le canal vers Lagny. Un beau dimanche en perspective et une promenade tranquille quoi ! Une balade même plus courte que prévue , un itinéraire  facile, sans stress ni contrainte. Il suffirait juste de cheminer sur les berges  rectilignes où 54 marcheurs  dociles  et joyeux contempleraient les cygnes et les roseaux. Arrivé à Meaux, il fallut néanmoins expliquer, réexpliquer le nouvel itinéraire.  Et  convaincre cette troupe rêvant de vignes verdoyantes et de dénivelés qu’elle ne perdrait pas au change en troquant des coteaux contre un canal. Facile .. hum..

Echange coteaux contre canaux. Ça vous va ?!!

Meaux, morne plaine..

Meaux, sa gare , au loin sa cathédrale magnifique , son maire célèbre au nom de Coppé.. Cette jolie ville est traversée par la Marne d’où part le canal depuis Vitry-Le-François. A gauche des ponts, à droite des ponts, des GR  qui suivent les rives s’étirant dans plusieurs directions. L’endroit idéal pour se planter dès le départ d’une randonnée ! Le bons sens nécessitait peut être de sortir une boussole et partir au sud-ouest et non de  suivre un balisage incertain vers l’Est lointain le long d’une berge verte et attirante ?  Il n’en fut rien, résultat le groupe de 54 marcheurs remonta la Marne au lieu de la descendre et rata le canal ! Ce n’est qu’à Nanteuil-les-Meaux qu’on réalisa avec effroi que Lagny était à l’opposé. Une erreur de navigation peut toujours se produire.  il suffit soit de revenir sur ses pas , soit de remettre le cap dans la bonne direction pour reprendre le GR dans le bon sens. Mais en ce magnifique dimanche d’automne, on piqua plein ouest dans l’inconnu avec l’espoir de rejoindre ce foutu canal. Perplexe, je déchiffrais une nouvelle fois la carte du coin sur l’App Iphigénie et constatait qu’une départementale 4 voies allait se présenter devant nous, et ce sans aucun pont ni sous-terrain, genre ligne Maginot du randonneur. Après une errance en zig zag dans une vague ZAC, des signes de forte mauvaise humeur  s’élevèrent de la meute lorsqu’elle butta sur les rails de la départementale. Il fallait contourner l’obstacle, soit en revenant à droite chercher un rond-point vers Meaux, soit descendre au sud attraper une lointaine passerelle. On choisit cette option sans conviction en longeant la 4 voies sur plus d’un kilomètre.

Et Google Maps prit subitement le pouvoir

Petit moral mais grosse fatigue au pique-nique !!
54 , record battu !!

54 marcheurs en file indienne, ça donne envie de se mettre à la rando!  Après le coup de la ZAC, certains étaient presque au bord de la rupture et manifestaient leur ras le bol et le désir de rejoindre la gare la plus proche. Une fois la départementale enjambée, aie..je réalisais avec stupeur qu’aucun chemin ne permettait de rejoindre le canal de Meaux ! Un champ immense nous séparait d’une petite forêt qui menait vers Mareuil et sa gare providentielle pour certains. L’inquiétude monta d’un cran. Le randonneur du dimanche sans chemins balisés c’est un peu comme une loco hors des rails. A cet instant de doute, une quarantaine d’entre eux préférèrent suivre  le guide officiel pour contourner le désert, j ‘attirai les plus téméraires plein ouest sur la terre retournée. Un vent de zizanie soufflait alors sur la plaine! Il n’allait pas s’apaiser sur la suite du parcours lorsqu’il s’agit de suivre ou non le GR14A en forêt et de se rallonger de 1 à 2 km. Si le randonneur du dimanche hait l’absence de sentiers balisés, il connait désormais l’usage du GPS et plus encore celui de Google Maps. J’avais pu le constater en juin dernier sur le Camino del Norte vers Compostelle. Deux jeunes lettonnes marchaient tablette en main en ignorant même qu’il existât un chemin fléché de jaune et des coquilles ! Magique, la fonction « piéton » de Google Maps permet en effet de rentrer chez soi à pied , quitte à utiliser les pistes cyclables et des nationales ! La cartographie passe-partout n’est pas au 1:25.000e mais avec un peu de chance, le randonneur peut toutefois tomber sur un GR. Smarphone en main, un groupe de dissidents taillait ainsi la route vers Lagny alors que Michel et moi, pauvres nains,  étudions encore la carte IGN et l’App Iphigénie pour concevoir un parcours digne d’une vraie rando et non pas un banal itinéraire calculé par Google. A force d’errer entre les rives de la Marne, les ZAC les départementales, hors des sentiers battus, et de chercher un canal, le podomètre s’affola. D’un parcours initial de 20 km, je comptabilisais 26 km à l’ arrivée en gare de Thorigny-Lagny … et quelques déserteurs !

 

Téléchargez la trace de cette randonnée : https://www.visugpx.com/BdaehgOgss

RANDO-PSYCHO : Pourquoi veulent-ils randonner en groupe ?

Jamais il n’y a eu autant de clubs et associations proposant des sorties en randonnée pédestre. On croise désormais en forêt des équipées de toutes tailles, rapides ou lentes, mixtes, rassemblant des marcheurs de même confession religieuse voire d’orientation sexuelle. Ils présentent néanmoins un point commun, celui d’avoir choisi délibérément de marcher ensemble. Quelles sont leurs motivations ? Quelles contraintes et avantages procure le groupe en marche ? Éléments de réponse. En apparence, il semble facile de randonner seul, en couple ou avec quelques amis. Le regroupement autour d’une activité comme la randonnée s’appuie sur plusieurs piliers spécifiques. Hormis l’aspect purement social où prédomine l’instinct grégaire et la recherche de convivialité autour d’une passion commune, le regroupement de randonneurs est dû à une quête de sécurité ou de détente. L’immersion en pleine nature sur des itinéraires peu ou pas connus suscite bien souvent le stress de se perdre. Ce qui en IDF se solde uniquement par quelques heures d’errance jusqu’à une prochaine ville ! Cette crainte légitime est due pour beaucoup au manque de connaissances ou au manque d’intérêt des marcheurs à lire une carte ou à utiliser un GPS. Par ailleurs ces associations accueillent une large majorité de femmes, de l’ordre de 60 à 80%, notamment en IDF le plus souvent célibataires. (2,4 millions de personnes vivent seules ou en famille monoparentales, dont 80% de femmes). L’association de randonnée leur offre une activité « accompagnée » dans un environnement potentiellement anxiogène pour une femme seule. Comme dans d’autres activités sportives plus ou moins engagées, le groupe rassure même si la randonnée pédestre présente peu de dangers d’ordre physique. Les chutes sont rares, la marche sollicite peu le système cardiaque, excepté lors de parcours incluant de forts dénivelés. Le vrai risque concerne la déshydratation ou l’insolation par négligence, ou bien le froid pour les randonneurs insuffisamment équipés en montagne. L’orage et plus spécialement la foudre constituent de véritables dangers, ainsi que les avalanches. Toutefois l’idée d‘être victime d’un accident isolé, même minime, au milieu de nulle part constitue un réel blocage à la randonnée en solo. Le téléphone portable retrouve ici une place prépondérante à titre de moyen d’alerte mais toujours avec l’angoisse plus ou moins fondée de l’absence de réseau. Entre quête de sécurité, laisser-aller et instinct grégaire Ainsi la randonnée en groupe libère le marcheur de ses craintes primaires en lui apportant la sécurité physique (sans la peur d’accident isolé, de mauvaise rencontre) et estompe le stress de l’égarement. Le groupe étant mené par un guide, le marcheur « encadré », affranchi de la carte et bien souvent de la logistique du transport profite pleinement des plaisirs de la rando. J’ai pu vérifier à maintes reprises le désintéressement du randonneur en groupe vis à vis de sa position géographique et sa direction. Les questions récurrentes sont d’ordre fonctionnel et paradoxalement individuel par rapport à la forme physique, voire à des contraintes horaires : combien de kilomètres a-t-on fait ? A quelle heure le déjeuner est-il prévu? Combien de kilomètres encore à parcourir et quand pensez-vous arriver à la gare du retour ? Dans ce contexte, le guide peut se retrouver sous la pression du groupe à la moindre erreur de parcours susceptible de modifier l‘horaire prévu pour le départ. Le programme annoncé de la randonnée s’avère ici important. Chaque individu qui intègre un groupe en connaissance de cause engage sa responsabilité à suivre le rythme sur une distance déterminée. Sa défaillance peut engendrer diverses réactions : soit de la compassion voire de la solidarité de la part du groupe, soit une critique négative, jusqu’au rejet. Le randonneur en difficulté ou en souffrance interfère avec les performances collectives et l’objectif du jour. Lors d’une récente randonnée, un guide s’est plaint de la lenteur d’un randonneur, l’accusant de ne pas « rentrer dans le moule » du programme défini. Cette remarque très dure illustre à la fois la problématique de l’homogénéité du groupe et celle de la manifestation de l’autorité dans une activité de loisir ou, paradoxalement, personne n’est soumis ni à un résultat ou à une performance. Dans un groupe de petite taille (4-5 personnes, copains ou famille) le leader calera souvent son avancée sur la personne la plus lente ou victime d’une défaillance physique. La dimension amicale ou affective génère ici davantage de tolérance. En revanche dans un groupe de taille importante (de 20 à 40 personnes), l’individu peu performant est moins bien toléré puisqu’il s’est moralement engagé à suivre. Toute surestimation physique met en péril l’homogénéité du groupe. Au pire, le guide peut alors décider de l’exclure de la randonnée en lui trouvant une solution de retour anticipé, laissant de côté toute compassion pour remplir son propre « contrat » avec la communauté. Cette décision extrême recueille en général l’approbation du groupe. Un ou deux membres peuvent alors faire preuve de solidarité (ou d’opportunisme !) en raccompagnant l’exclu jusqu’à une gare. Quant à l’auto-exclusion, donc abandon volontaire de la randonnée, elle reste une décision délicate. D’abord pour une question d’amour propre, d’échec, même si elle relève du bon sens si l’intégrité physique est en jeu. Puis intervient souvent un certain sentiment de culpabilité comme « élément perturbateur » . Si désagréable soit il, cet « incident de parcours » a le mérite de recaler le marcheur dans un programme moins ambitieux, plus réaliste. Avant de réintégrer un groupe sur un parcours de 25 km avec du dénivelé, le marcheur sera plus objectif et aura gagné en expérience. Prisonnier volontaire d’un groupe L’autre besoin de randonner en groupe s’appuie sur une composante psychologique moins évidente. La longueur des parcours, la fatigue, une météo défavorable… autant de paramètres qui jouent sur le mental du marcheur. Le groupe joue son rôle de moteur notamment en favorisant un « dialogue de proximité de diversion ». Le marcheur l’utilise pour « oublier »  sa fatigue voire la monotonie du chemin, au même titre que les joggers en solo utilisent de plus en plus le lecteur de musique. Le groupe l’entraîne, lui impose son rythme, il en est le prisonnier volontaire mais il y puise l’énergie nécessaire pour avancer. Le marcheur redoute l’isolement ou la solitude dans le groupe car, souvent, elle rime avec l’ennui qu’il fuit. En regardant de près un groupe de 40 personnes en rando, on constate qu’il se scinde en plusieurs sous-groupes. Les marcheurs les plus rapides sont évidemment en tête. Le sous-groupe « peloton » central reste très compact et les individus marchent quasiment dans les pas de ceux qui les précèdent. Les marcheurs avec bâtons sont généralement critiqués pour le danger qu’ils peuvent créer. Alors qu’il est facile de conserver un mètre de distance ! En file indienne le marcheur n’a ainsi qu’un champ de vision relativement réduit en face de lui. Il reste concentré sur le sentier, les conversations accaparent une grande part de son attention et brident son potentiel d’observation de l’environnement. Le marcheur solitaire suit sa carte, décrypte le paysage sur 360° et l’intègre. Pour être objectif, cette attention extrême lui le prive parfois du relâchement et de la rêverie, bref du plaisir de se laisser guider sans réfléchir. Sans vouloir être désobligeant, on rentre ici dans « l’effet troupeau ». Car étonnamment les randonneurs se doublent peu mais subissent souvent le rythme. Toutefois, il n’est pas rare que des marcheurs s’isolent momentanément par deux ou trois soit parce qu’ils ont décroché, pris dans leur discussion, soit volontairement. Ils forment alors le sous-groupe de queue. L’étalement excessif d’un groupe de randonneurs peut poser quelques problèmes de cohésion et de sécurité. Certains attardés perdent de vue le groupe lors d’une bifurcation. Fait anecdotique sans conséquence, si ce n’est un peu de retard pour regrouper tout le monde. Or les retardataires forcent le groupe à les attendre, ils créent ainsi parfois un peu de mauvaise humeur. Plus fâcheux, ceux-ci disposent de moins de temps de récupération et accumulent plus de fatigue en fin de randonnée. La douleur, la frustration, le regard négatif de certains provoquent le doute et des remises en cause de l’activité. Heureusement la randonnée en groupe montre le plus souvent un visage très convivial, celui du partage de pique-niques copieux et arrosés, d’une communication débridée entre marcheurs contents de se revoir après de longues absences. C’est pour beaucoup de gens isolés l’occasion de se socialiser et de dépasser leurs limites, entraînés par le groupe, et de pouvoir ainsi progresser. Certains franchiront la frontière ; ils pourront diriger les autres en leur faisant découvrir de nouveaux itinéraires dans leur région. Randonneur et zappeur Enfin, la multiplication des randonnées au sein d’un même groupe se solde peut créer chez le marcheur un sentiment de monotonie et de routine. Les randonneurs quittent alors l’association ou le club habituel pour rejoindre un autre groupe, un autre club afin de rencontrer d’autres personnes ou découvrir d’autres itinéraires. Toutefois, la plupart recherche une structure de même nature : même taille du groupe, même longueur de parcours, même zone géographique ! Cette rencontre avec des personnalités nouvelles crée souvent un regain d’intérêt éphémère. L’effet zapping existe aussi en randonnée. Ainsi des marcheurs peuvent s’orienter vers des « groupes de randonnée ponctuels ». Je citerai le cas de l’association OVS (On Va Sortir). Cette grosse structure, notamment en région parisienne, propose de nombreuses sorties en journée ou en séjour de rando sur son site internet. Il y en a pour tous les profils. Son fonctionnement facile basé sur une simple inscription en ligne attire un nombre important d’adhérents. Les groupes de randonnée (et autres activités) se forment et se défont au rythme d’un turn over permanent. Si cette randonnée « en libre service » s’avère pratique et souple , et favorise les rencontres amicales ou « sentimentales », en revanche bon nombre de randonneurs regrettent rapidement le lien tissé dans une structure régulière sur le long terme. Les randonneurs se croisent, certains sans jamais se revoir. Conclusion La randonnée en groupe n’a rien d’un sport collectif. C’est avant tout un rassemblement d’individualités plus ou moins solidaire union par l’intérêt de la marche ou chacun vient chercher convivialité, de la facilité logistique et sécurité. Des liens s’y tissent et s’y détissent tant au fil du temps, des amitiés y naissent et dépassent les frontières du groupe. Les défauts homogénéité dues aux différences de niveau y créent parfois des tensions, des rejets, de l’auto-exclusion, voire des renoncements à l’ activité. L’instinct grégaire, la recherche de dialogue accentue la compacité du groupe en marche, Prochain sujet : De quoi parle-t-on en randonnant en groupe ? 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32 km de randonnée intense : De l’Isle Adam à Luzarches

L’oise à l’Isle Adam

Trois grâces en extase devant un abreuvoir !

« De l’Isle Adam à Luzarches, 32 km à allure soutenue guidée par Stéphane« . Je compris immédiatement  que la randonnée proposée par Sport et Nature ce jour-là réunissait tous les ingrédients pour repousser nos limites habituelles, sachant qu’au-delà de 30 km et à 4,5 km/h en continu la fin de parcours se ferait  dans la douleur. Et puis c’était Stéphane. La réputation de cet accompagnateur radical n’est plus à faire. Ce mec  sympa  a rayé depuis longtemps les termes compassion et diminution de parcours de son vocabulaire de meneur. Seul compte le respect du programme annoncé. Mou du genoux s’abstenir ! Quelques mois auparavant des randonneurs de l’association avaient pu vérifier cette réputation lors d’un retour vers Paris plutôt rock ‘n roll.  Ça débuta par  une course contre la montre durant les trois derniers kilomètres pour attraper un train, suivie d’une montée acrobatique dans une mauvaise rame. Épuisement collectif, la journée déjà éprouvante se solda par un retour vers les 22 heures ! Record battu .
Vu la distance non négociable, le rythme imposé et malgré une météo plus que clémente, seulement quatorze randonneurs répondirent présent au rendez-vous de la Gare du Nord. Treize filles, le guide et votre serviteur. Dès le départ de la gare de l’Isle Adam-Parmain, mes craintes se confirmaient, d’autant que le groupe de tueuses mené par Stéphane partit à fond le long de l’Oise. Comment allais-je pouvoir tenir la cadence infernale sur 32 km derrière cette meute gonflée à bloc ? Stéphanie dans mes pas, une baroudeuse de l’asso qui connaissait la musique pour avoir fait les 40 km du Mont Saint-Michel avec lui, je laissais filer et pris le temps du warm up habituel. (Il me faut bien 6 à 8 km pour atteindre ma vitesse de croisière.) Nous n’étions pas les seuls à trainasser en queue de peloton. Dès le briefing j’avais remarqué  Émilie, une nouvelle venue plutôt fluette et chaussée de simples tennis. J’essayais d’écarter mes a priori relatifs à l’équipement douteux de certains randonneurs, mais par expérience je savais qu’elle allait connaître de vrais soucis sur une telle distance. Il fallut pas moins de 16 km et la pause déjeuner au bord d’un étang baigné de soleil pour que le groupe mette enfin un bémol à cette marche rapide. Heureusement ce beau parcours en forêt ne présentait pas  de grosses difficultés si ce n’est quelques bosses, histoire de nous rappeler que ce tour de l’Ile-de-France

Un ultime massage au Baume du Tigre pour Emilie avant de reprendre le train à Viarmes

sur le GR1 est loin d’être plat ou monotone. Après une heure de repos, le rhum arrangé de Stéphane, la ronde copieuse des desserts , chacun réalisa qu’il fallait marcher encore la même distance, soit 16 km, donc abandonner ce rythme proche du Nordic walking !  A la reprise, Emilie , les muscles refroidis, comprit dès les premiers pas que la rando en tennis n’était pas le meilleur choix. Je fouillais dans ma pharmacie pour lui offrir de l’Advil et calmer ses contractures jusqu’ à la gare la plus proche et prévenais Stéphane. Le guide m’écouta, étudia la carte, nous étions au milieu de la forêt de Carnelle, la gare de Viarmes semblait la solution la moins pire pour Émilie. Miracle, il consentit à dérouter le groupe  ! (On n’en revient toujours pas).  Elle tint la distance grâce aux 400 mg d’ibuprofène jusqu’à destination puis une petite randonneuse thaïlandaise sortit de son sac toutes sortes de baumes exotiques , une copine un peu kiné lui administra un ultime massage avant que le groupe l’abandonne en ville avec une autre fille. Mais Stéphane n’ avait pas du tout renoncé à ses principes , 32 km c’est 32 km ! Alors il nous entraîna plein nord  jusqu’ à l’ abbaye de Royaumont afin de remplir le contrat. En franchissant la voie ferrée, on regarda  s’éloigner la gare de Seugy distante de quelques centaines de mètres. Luzarches était encore si loin, comme la plupart d’entre nous j’aurais bien repris le train ici ou une bière dans un de ces bistrots paumés de grande banlieue plombés par l’ennui. Ni pense même pas pauvre nain me suis-je dit, tu as signé et  puis hors de question de perdre la face devant les douze amazones sous perfusion d’adrénaline ou dopées aux amandes ou autres barres de céréales survitaminées. Après ce changement de parcours et une courte halte sans intérêt à Royaumont, un rien fatigué Stéphane perdit un peu de sa lucidité et son chemin, d’autant que sa portion de carte avait atteint les limites de lecture du tracé. Lors d’un contrôle GPS sur  App Iphigénie de mon Iphone, je me mis à douter de son choix  vers le sud. Après concertation, il accepta de prendre une route directe vers Luzarches  en  évitant une rallonge aussi pénible qu’inutile sur une variante du GR1. Il était près de 17h, on avait eu notre dose,  plusieurs me demandaient quelle véritable distance affichait le compteur. Coup d’œil sur le podomètre-bracelet et le GPS, nous avions parcouru plus de 34 km !  L’ heure de train jusqu’à la gare du Nord me plongea dans un demi-sommeil, rincé mais content.

Cette belle rando marque la 6e étape du GR1. Il nous reste encore de nombreux dimanches pour boucler les 670 km de ce sentier historique qui encercle Paris. Sachant qu’avec Stéphane, on devra parfois pousser plus loin la machine ! Le prix à payer pour progresser.

Téléchargez la trace GPS ICI

GR 34- saison 5 Rando solo, camping frigo et crêpes à gogo

Crozon express – Landévennec-Camaret en 4 étapes

Boucler le GR34, ma quête du Graal ! Ce sentier de 1700 km qui longe les côtes de la Bretagne n’en finit pas de me narguer  depuis cinq ans. Libérez moi, I want to Breizh free ! Chaque été je m’y recolle avec un sac de 12 kg histoire de conjuguer la liberté, les joies et les douleurs du trekking en camping. Avec la même question : combien de jours tiendrais-je le rythme, la météo, en solo sans bobo à l’âme et au dos ?!   Réponse cette année à Crozon.

 

 

Si ce chemin de grande randonnée n ‘est pas l’ Everest il faut  toutefois jongler avec les distances, un rapport de poids sac/bonhomme irraisonnable, une dénivelée trompeuse , le nombre  réduit de campings  ou de gîtes abordables, les épiceries aléatoires ou encore les incontournables crêperies. J’avais quitté le GR 34 à Brest l’ an passé un peu lessivé par le crachin breton. La presqu’île de Crozon était la suite obligée et attendue,  tant cette région est un petit paradis pour randonner entre ciel et mer. Seulement,  c’est aussi le bout du monde. Il m’aurait fallut trois jours de marche supplémentaires  pour m’y rendre depuis la sortie de Brest un peu ingrate et itinéraire moins côtier . Je décidais donc de zapper le tronçon et d’attaquer la cible

En rade.. à Brest !

par la face nord depuis Landévennec en bus. Le réseau de cars du Finistère est génial. Vous circulez partout dans le département pour le tarif unique de 2€ (excepté entre  Brest et Quimper). Hélas les horaires de la ligne Brest-Camaret sont rarement synchro avec ceux des trains venant de Paris.  Et surtout, damned, elle ne dessert pas Landévennec ! Mauvaise pioche.  Le département paie cependant le taxi pour vous y rendre depuis un arrêt à 7 km.  Bon gré mal gré, je suis resté en rade.. de Brest pour quelques heures, suffisamment de temps pour déjeuner sur le port et visiter le Musée Maritime situé dans le château. La vie de Brest ne cesse d’être brassée par les turbulences  de l’histoire entre chantiers militaires, fortifications, destruction, reconstruction, un vrai bagne et un camp de prisonniers civils sur l’Ile Longue devenue une base de sous-marins, son École Navale, les explorations de Lapérouse et plus récemment  les grands rassemblements de voiliers anciens. Après cette visite et une errance touristique en mode sherpa,  le bus pour Camaret décolla enfin me déposa,  en route comme prévu à 7 km du but, à un carrefour où un taxi arrivant de nulle part me prit en charge. Je retrouvais le GR34 à Landévennec, un petit port qui marque l’entrée de la presqu’île de Crozon. Pour une première nuit et une arrivée tardive je logeais au gîte d’étape communal. Une famille de la région parisienne y faisait escale et cuisinait un repas sommaire.  Je me remis au régime  local dans la seule crêperie du village. Je ne saurais trop vous conseiller ici l’Océane, à base de saumon, thon et sa salade .

Une Presqu’île si belle, parce qu’elle le Vauban !

la fortification de la presqu’ile de Crozon par Vauban: une véritable curiosité régionale

Tente Vaude (1 kg), légèreté et confort de l’habitat nomade high tech.

Après une nuit en solo dans le petit dortoir, j’attendais 8h30 l’ouverture de l’épicerie pour un shopping alimentaire de survie : banane, tomate, jambon, biscuits, pain..Le sac dépassait allégrement les 12 kilos et je retrouvais la douloureuse sensation de m’enfoncer dans le bitume. Le GR34 suit ici la côte sur plusieurs kilomètres dans le Bois de Poulmic,  un décor de pins puis il débouche sur  l’Ecole Navale évoquée, ses bâtiments d’un goût douteux et trois escorteurs désarmés ancrés dans la baie. Sachez que l’omniprésence des terrains militaires forcent souvent ici le randonneur à des contournements surréalistes en s’éloignant de la côte. Je m’enfonçais ainsi dans les terres pour rejoindre Lanvéoc et le camping de la Cale après une vingtaine de kilomètres. Je croisais en chemin un prêtre en soutane à la tête d’un groupe de jeunes marcheurs en autonomie totale. Sur le GR34 depuis quatre ans au départ du Mont St Michel, Ils avaient quitter Brest depuis une semaine et essuyé la colère divine, à savoir un orage monstrueux . Une âme charitable avait sauvé le groupe du déluge en abritant ces infortunés à domicile. Un vrai miracle.  Je payais la dime de 7,50€ à l’accueil du camping et plantais ma tente de nain sur une des  terrasses , au pied d’une forteresse. Vauban s’en est donné à cœur joie sur la Presqu’Ile de Crozon, une avancée stratégique en face Brest et son goulet, en proie aux attaques de la flotte anglaise. Les Allemands ont complété ces fortifications par un bétonnage copieux en 40. Je quittais Lanvéoc en effervescence ce matin-là, une agitation due au concours de pêche en mer de l’ été. Alors que je prenais mon petit déj sur le banc humide du camping sous les rayons du soleil, une véritable armada de plaisanciers en bottes et gilets gonflables, armés de cannes et d’épuisettes quitta la cale au coup de canon. Aujourd’hui direction Roscanvel, sa presqu’ile et son camping municipal.  Sur 21 km le GR34 alterne  des sentiers en bord de plage,  des bois et des portions de route, en passant par le petit port du Fret, sans dénivelée marquante. Après un tour d’honneur dans le bourg pour  trouver l’entrée de  ce foutu « établissement hôtelier de plein air » , je m’installais sur une autre terrasse balayée par la brise, en altitude. Le bureau n’ouvrait pas avant 15h. (Info – le Festival du Bout du Monde de Crozon, programmé cette année-là du 4 au 6 août,  sature  hôtels, gîtes et certains campings. Il est prudent réserver  notamment les gîtes d’étapes longtemps à l’avance).

Le fort émerge de la pointe des Capucins (Côte ouest de Roscanvel)

Une fois débarrassé de ma charge de mulet, je pris la route de la côte pour aller voir de près deux forts que l’on m’avait conseillés. Le sentier bien balisé me mena jusqu’à la pointe des Capucins. Imaginez un fort planté sur un rocher relié par un pont étroit au rivage, des ruines inquiétantes qui lui donnent un air de château hanté . Ce décor a  tout pour séduire un cinéaste , ou devenir  le terrain de jeu de Lara Croft dans Tomb Raider. Je laissais quelques touristes aventureux descendre une pente ultra raide et mal pavée jusqu’à l’édifice et poursuivais ma rando jusqu’à la Pointe de Cornouaille et sa forteresse. Le site en contre-bas est en cul-de-sac et oblige le visiteur à descendre et gravir près de 200 marches. Sympa avec déjà 22 km dans les jambes depuis le matin ! Le circuit des forteresses se conclut généralement par la Pointe des Espagnols et sa vue imprenable sur Brest. Sans moi ! Je rentrais au camping par les terres et réservais un table à la crêperie de Roscanvel. La nuit fut polaire et je réveillais les tentes voisines dans un concert d’éternuements irrépressibles. Une gentille crève en plein mois d’août, en rando et en camping .. Pas mal .

le sympathique port de Camaret

 

Quand le GR34 se transforme en route du rhume

Il fallut tailler malgré tout la route. J ‘avalais deux Doliprane et partis fébrile vers Camaret  sur la nouvelle portion du GR34  qui englobe dorénavant toute la presqu’île de Roscanvel. Le parcours côtier d’une dizaine de kilomètres se révéla idéal pour cette journée d’enrhumé. Je stoppais dans l’unique pharmacie faire le plein de Kleenex et dans une supérette pour un nouveau shopping alimentaire avant de me diriger vers le camping municipal de Lannic situé à proximité de l’ Auberge de Jeunesse. (Info – L’ accueil dans ces établissements passe par l’achat obligatoire de la carte d’adhésion annuelle. La nuitée coûte aux alentours de 22€ en haute saison. Moins cher pour les groupes). Une fois installé vers les 17 h, j’en profitais pour marcher le long des quais et notamment la digue où siègent l’église ND de Rocamadour , la tour Vauban et de splendides épaves de chalutiers, des stars locales croquées par les dessinateurs en balade.  A l’heure du diner, le centre ville de Camaret fut pris d’assaut très tôt et je me retrouvais un embouteillage compact de badauds affamés et de voitures.

Les restaurants affichaient complet les uns après les autres, il me fallut en essayer plusieurs afin de trouver une table. Je ressentis alors la baisse de régime due au rhume , ou la perte de poids, la fatigue encore accumulée après 900 km passés sur le Camino del Norte un mois auparavant ?  Un moral à marée basse, des prévisions météos peu engageantes, j’ avais ma dose, ça serait du Crozon Express pour cette année et un retour précoce. Il me fallut de nouveau jongler avec les horaires de bus pour dégotter un billet de train pour Paris à un tarif correct. Appli Voyage-sncf, Brest-Paris à 19h18 pour 66€ (tarif réduit) le lendemain avec un bus direct à 15h25, j ‘achète. De retour au camping, je pris cette fois plus de précautions pour affronter une dernière nuit sous tente à 9° C, avec grains prévus. J’enfilais T-Shirt coton, T-shirt Décath manches longues,  fin thermolactil Bermude et doudoune Patagonia.

la cale de Lanvéoc, sa plage, son camping

Avec le duvet doublé du sac à viande en soie, je devais en principe survivre. Après avoir secouer la toile de la rosée matinale et surtout des gouttes de la dernière averse, je tentais une

L’anse de Pen Hat, le sémaphore de la pinte du Toulinguet

première sortie à 7h vers les sanitaires. Zippp !  un vent glacial s’engouffra dans la tente. Je décidais d’attendre 8h, au chaud, l’ouverture du dépôt de pain. J’avais en effet vu la veille qu’on y servait aussi du café ! Dieu se manifeste parfois auprès du randonneur-campeur au bord du gouffre. Le camping sortait lentement de la nuit, des zombies en survet ou pyjama arpentaient les allées, les nuages noirs s’éloignaient en laissant filtrer les premiers rayons. Le pain au chocolat trempé dans le café fut un vrai bonheur, la journée partait bien.  Des heures devant moi, une louche de Baume du tigre dans chaque narine, une provision de Kleenex en poche , le sac à dos allégé , je rezippais l’habitacle pour une ultime balade sur cette  magnifique presqu’île de Crozon. Le premier panneau d’info locale mentionnait un Tour de Camaret de 22 km pour 6 heures de marche. De quoi rater allégrement le train . Après étude de la carte IGN (Ref 0418ET au 1:25.000e), j’optais pour un tour d’honneur  de 12 km. Le soleil me réchauffa le corps et l’âme, je me  dépiautais de mes couches comme on pelle un oignon au fur et à mesure de ma progression vers  la Pointe du Grand Gouin qui domine Camaret. J’admirais une fois encore ce décor magique où un tapis de bruyères multicolores résiste au vent et sel .  Le sentier  serpente ainsi jusqu’à la Pointe de Toulinguet. Tout au bout les radars du sémaphore militaire surveillent  le trafic, zone militaire défense d’entrer. Des camping-cars se sont installés en clandestin sur cette lande sauvage pour fuir la foule de Camaret. La lumière matinale douce et pure accentue encore la beauté de cette côte  déchiquetée par des siècles de tempêtes. Arrivé à l’ anse de Pen hat, au bout d’une immense plage immaculée totalement déserte, je tombe stupéfait sur le mémorial de la seconde guerre

le mémorial de l’anse de Pen Hat

mondiale. La marine et les pêcheurs ont payé un lourd tribu au conflit. Des ancres des navires coulés, des mines, une batterie anglaise, dessinent dans ce paysage paisible un musée à ciel ouvert  sur lequel plane encore la douleur du souvenir . Je  n’en avais pourtant pas fini avec le passé. Avant de rejoindre la pointe de Pen Hir, le chemin devint chaotique, les bâtons de marche heurtaient les blocs. Et puis soudain les quatre tours d’un château en ruines,  au loin une croix de Lorraine géante, un bloc monstrueux de granit presque à l’état brut surplombant la mer. Les touristes venus en voiture affluaient par vagues successives le temps d’un selfie et d’une balade entre les rochers.Il était temps de retrouver le calme et la solitude du sentier côtier  pour rejoindre Camaret avant mon retour vers Brest et Paris. Je repassais une dernière fois au camping de Lannic pour plier la tente et remplir les 50 l du sac Osprey de mon attirail de nomade. Je n’ai pas croisé les filles de  Camaret . Dommage !! Courte mais belle balade.

 

Il prend la pose (et la pause) à Roscanvel, pointe de Cornouaille.

Je reviendrais finir ce GR34  en filant  vers le sud à la Pointe de la Chèvre puis vers Douarnenez mais en revoyant ma copie de randonneur sexagénaire. L’option portage n’est plus au programme ! Je privilégierai les nuits en gîte d’étapes, quitte à alourdir cette fois le budget sachant que j’ ai toujours rendez-vous avec toutes les crêperies de Bretagne, ses caprices météo, ses plages, sa rudesse de granit.

 

Claude-François Denecourt , le pionnier de la randonnée pédestre (1788-1875)

Comment un vétéran des armées napoléoniennes va consacrer quarante ans de sa vie à  faire de la forêt de Fontainebleau un formidable univers de randonnée, les 150 km des fameux sentiers bleus.

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une cartographie exemplaire

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Denecourt un militaire rigoureux et imaginatif

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les fameux sentiers Denecourt-Colinet de Fontainebleau

Amoureux de la Seine et Marne, je vous ai souvent entraîné en randonnée dans ce département notamment sur les sentiers de la forêt de Fontainebleau. Les parcours s’y déclinent à l’infini dans une nature riche, luxuriante et dont les blocs de grès font le bonheur des passionnés d’escalade. Cet engouement pour ce domaine forestier de 25.000 ha situé au sud de Paris, ne date pourtant pas d’aujourd’hui. Bien avant moi et bien avant que les sportifs et les familles en fassent leur terrain de jeu et y prennent une bouffée d’oxygène dominicale, un homme avait déjà succombé à ses richesses : Claude-François Denecourt. Ce vétéran des Armées Napoléoniennes, alors sergent, est nommé concierge dans une caserne de Fontainebleau en 1832. Ses idées « républicaines » peu appréciées dans la hiérarchie militaire de l’époque lui valent d’être révoqué. Seulement âgé de 44 ans, l’ancien soldat ne cesse de s’émerveiller devant la forêt. Dès lors il va lui consacrer tout son temps , son énergie et une grande partie de ses économies pour assurer sa promotion auprès des « excursionnistes » . Denecourt n’a pas reçu une solide éducation. Il ne saura lire qu’à 20 ans grâce à l’aide providentielle d’un instituteur. Et pourtant il va publier rapidement son premier guide et ce à l’occasion d’une manœuvre militaire organisée en 1839. Il va en effet concevoir un petit

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Des guides remis à jour durant des décennies

fascicule documenté de cartes afin de guider les troupes dans ce dédale alors peu accessible. De 1839 à 1848, Denecourt ne cesse de perfectionner ses ouvrages lors des publications successives. Dès 1842, Denecourt n’est plus qu’un simple guide accompagnant les marcheurs, il commence à tracer lui-même des sentiers de promenade avec l’ aide des carriers et autres tailleurs de pavés. A sa mort, on compte près de 150 km de sentiers fléchés en bleu afin que les promeneurs s’y repèrent facilement. Denecourt poussent encore plus loin son travail en aménageant des grottes et des fontaines ou encore en faisant construire une tour d’observation , la fameuse Tour Denecourt inaugurée en 1853 par l’Empereur Napoléon III. Dans sa quête de perfection, il baptise les lieux les plus remarquables. Près de 600 arbres et 700 rochers sont ainsi répertoriés avec des noms tirés de la mythologie ou de la littérature ou alors carrément inventés selon la typologie des sites. Sa notoriété s’accroit, bientôt les plus grands écrivains comme Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Musset ou encore Georges Sand lui rendent hommage suite à un recueil de textes où Théophile Gautier le surnomme le « Sylvain de la forêt » , en référence à ces divinités romaines des Bois et des champs. Charles Colinet, l’autre « Sylvain » reprend le travail de Denecourt à sa mort et le poursuivra jusqu’en 1905. Les premiers chemins de randonnée balisés venaient de voir le jour. La description de ces itinéraires centenaires est parfaitement documenté sur le site de l’AFF (Amis De la Forêt de Fontainebleau) :http://www.tl2b.com/2000/01/connaissez-vous-les-sentiers-bleus.html

A consulter également la source Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude-Fran%C3%A7ois_Denecourt

Une randonnée de 22 km à Fontainebleau passant par deux des sentiers Denecourt-Colinet. Prenez le temps de découvrir les fontaines cachées dans le feuillage, les grottes et toutes les traces commémorant le travail de cet infatigable Sylvain.

Cet itinéraire débute par l’arrêt SNCF en forêt juste avant la gare de Fontainebleau-Avon, notre point de retour vers Paris Gare de Lyon. Téléchargez la trace .gpx en cliquant ICI

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Pose tes charentaises et viens randonner autour de la Mérantaise !

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le réseau hydrographique de la vallée de l’Yvette

Retour dans le Parc Naturel de la Haute Vallée de Chevreuse à frontière entre les départements des Yvelines (78) et de l’Essonnes (91). Après avoir randonné dans la vallée de l’Yvette, je vous propose de découvrir celle d’un de ses affluents : la Mérantaise. Cet itinéraire se fait en boucle au départ de la gare de St Rémy-Les-Chevreuses. Comptez une journée complète pour cheminer sur près de 24 km, un très beau parcours qui passe à 75% en sous-bois . Cette longue balade vous fera découvrir dans un premier temps la Réserve Naturelle du Coteau de St Rémy. Après avoir longer la lisière du Bois de Vaugondran, vous rejoindrez l’Yvette en passant par la Gare de Courcelle. C’est là que cette randonnée va prendre du « relief » avec une belle grimpette du Bois de Chevincourt. Le sentier escalade le coteau avant de repartir vers l’est vers le Bois d’Aigrefin. Vous rentrez ici dans la Vallée de la Mérantaise pour une succession de montagnes russes ! En ce début d’automne très humide , le sous-bois sort à peine de la brume matinale. Le sol est tapissé de feuilles de chênes et de hêtres et offre aux randonneurs un tapis confortable. Ambiance de forêt tropicale, les arbres immenses à demi-dénudés étendent leurs bras vers le ciel plombé de grains ménaçant. Après avoir franchi la Mérantaise à proximité du fond Guérin et la fontaine Billehou, vous remontez sur l’autre face de la Vallée de la Mérantaise vers la Forêtdépartementale de la Tête Ronde.

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carte topo tracée sur le logiciel Openrunner

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ce matin brumeux, la forêt prenait des airs tropicaux

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un beau parcours de 24 km à travers bois

Là, le sentier monte très raide pour rejoindre le plateau. Simple visite sur les hauteurs avant de redescendre vers la Mérantaise et la suivre sur quelques kilomètres. La petite rivière  sillonne dans un joli décor où se succèdent les petits ponts de pierres ou de bois, quelques beaux lavoirs restaurés. Vous traversez plus loin la D95 vers le sud pour passer les Prés Bicheret . Le pique-nique est recommandé à Chateaufort. Vous avez alors déjà 12 km dans les jambes et près de 350m de dénivelé , les cuisses chauffent, la montée vers l’église du village finit de vous casser gentiment les pattes , il est temps de poser votre sac dans le pré surplombant la vallée de cette Mérantaise. Vous continuerez de longer la vallée pour atteindre presque Magny-Le-Village. Après un passage dans le bourg de Villeneuve, direction Milon-La-Chapelle. Vous affronterez l’ avant dernière grosse bosse de cette randonnée puis descendrez vers le Rhodon, un des autres petits affluents de la Mérantaise. Traversée de la Forêt domaniale de Claireau, puis les Hauts de Chevreuse, vous voilà de nouveau à St Rémy-Les-Chevreuses. sous-bois-fausseSi vous rentrez sur Paris, le RER B passe ici tous les 20 minutes environ. Cette balade dans la Mérantaise est superbe, elle se mérite aussi . Par temps de pluie, le passage des cavaliers nombreux dans cette zone proche de la Capitale, tend à rendre les sentiers  plus difficiles.  Le dénivelé positif  total n’est pas loin des 500 m . Ce chemin est en partie balisé. Alors n’hésitez pas à reprendre la trace gpx pour le reporter sur une carte IGN au 1:25.000e ou  vous servir d’un GPS . Au risque de me répéter, je vous engage à charger l’APP Iphigénie sur votre smarphone doté du GPS.  Coût 30 euros/an pour toute la France et l’Espagne ! Bonne balade et à très vite sur trekkingzone.worpress.com pour d’autres idées de rando.. en Ile-de-France et plus loin.

Téléchargez la trace au format .gpx ICI

 

 

 

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Rando royale à Versailles (18 km)

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l’aqueduc de Buc

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Une très belle balade de 20 km , un voyage dans l’histoire

Il suffit à peine d’un quart d’heure de train pour rejoindre la gare de Versailles Chantier et improviser une balade de 18 à  20 km près du célèbre château. Le domaine royal est en effet cerné par la forêt domaniale qui s’étend de Jouy en Josas à l’Est et  Viroflay au nord . Le parcours de randonnée proposé se passe donc principalement en sous-bois et vous amènera à suivre la Bièvre, charmante rivière qui se jette dans la Seine,  sur un ou deux kilomètres , à longer le spectaculaire aqueduc de Buc . Vous pourrez aussi improviser un pique-nique sur les rives du petit étang de la Genest ou au bord de la pièce d’eau des Suisses face au château, non loin du potager du roi . Cette jolie randonnée pédestre peut se terminer ou compléter par une longue balade sur les quatre axes du Grand Canal. Je vous conseillerais de la faire le matin car l’ après-midi le Versailles est pris d’assaut par les centaines de touristes. Le retour vers Paris se fait à partir des gares de Versailles Chantier ou Versailles Rive Droite. (c’est carrément long ..pfff)

Téléchargez la trace gps  (fichier.gpx) ICI

 

 

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un beau parcours sans réelle difficulté.

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Héricy ou ailleurs, vive la rando en Seine et Marne !

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Joli parcours proposé par Geneviève , 22 km de sentiers et paysages très variés.

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La Seine, sur les quais de Tomery

Il y a des matins d’automne où le soleil éclatant vous tire du lit un randonneur même terrassé par un rhume. Le temps de faire mon sac sans oublier la pile de Kleenex et une dose d’Aspirine, je rejoins mes camarades de Sport et Nature à la Gare de Lyon. Nous ne sommes pas les premiers ni les plus courageux . D’autres clubs encombrent déjà les quais des trains en partance pour Fontainebleau et tout le sud de la Seine et Marne. Rien d’étonnant, avec 12 millions d’habitants l’ Ile-de-France affiche la plus forte concentrations de randonneurs au kilomètre carré. Au menu de la journée , un recette concoctée par Geneviève, soit 22 km entre les gares d’Héricy et Veneux-Les-Sablons, de quoi éviter astucieusement la foule sur les sentiers. Notre guide fait partie des routardes que je classerais dans la catégorie des « cumulardes  de mandat » . Elle guide en effet des randonnées pour une autre asso : les Amis de la Nature. De cette structure vient aussi André, un « cumulard d’assos » un randonneur acharné, négociant en pinard, vintage qui marche depuis trente ans. Aujourd’hui le retraité s’offre trois sorties par semaine avec quatre associations différentes , dont l’inévitable RIF ! Sport et Nature fait donc partie d’une nébuleuse de clubs, asso privées , rattachés ou non à la FFRP. Les randonneurs-zappeurs vont ainsi de l’un à l’autre au gré des rencontres, de leur état d’âme … Notre camarade Michel fait ainsi régulièrement référence à ses anciennes amours du CIHM, une autre machine à loisirs populaires. Et comme celle de Geneviève, sa banque d’itinéraires est une vraie mine d’or dont profite désormais Sport et Nature. Quant à Robert dit « Bob » , notre président navigue allègrement avec OVS (On Va Sortir), le site géant à tout faire pour partager tout et n’importe quoi en tant que célibataire. Brefs, des hommes et des femmes d’expérience qui conjuguent passion et intérêts personnels , des responsabilités à géométrie variable ! Au fil des kilomètres, je découvre et suis le  parcours de Geneviève sur l’app Iphigénie. Je constate qu’il descend plein sud par le GR32 jusqu’à Champagne-sur Seine en suivant la courbe du fleuve. le chemin tortueux surplombe le coteau et s’enfonce dans des sous-bois superbes. On changera de rive à Tomery, une joli bourg d’une grande  tranquillité  et dont la vigne constitue le patrimoine historique. cabanonGeneviève nous installe pour la pause déjeuner au bord d’un « long sillon » , contruction typique de cette culture viticole locale. Trois tables avec bancs sous le soleil , que rêver de mieux ?! Comme d’habitude, c ‘est la ronde des desserts mais cette fois ci pas question de faire la sieste. Après un nouveau passage le long de la Seine, la guide nous entraîne sur les sentiers familiers de la Forêt de Fontainebleau. Des groupes de randonneurs squattent les aires de pique-niques, des connaisseurs . Après un court passage par le fameux TMF Tour du Massif de Fontainebleau) , direction Veneux par le GR1 . Les plus speed d’entre nous décident de prendre le train de 16h50 et forcent le pas . Alexandre, la tête dans les nuages décolle avec un autre groupe ! Pas grave c’est tout droit . Nous le rattrapons au bout d’un kilomètre, il est crevé le garçon mais serre les dents. Il faut dire que le rythme n’ a pas molli depuis le départ sans être pour autant épuisant . Les petits futés n’ont finalement pas eu leur train , nous les rejoignons à la gare. Exercice de strech collectif sur les rambardes SNCF , partage du restant de desserts histoire d’oublier les bonnes colories brûlées. Le train venant de Montereau ou Montargis (?) est plein comme un oeuf, la gare de Lyon a des airs de retour de vacances d’été tant la foule est dense. Mais nous sommes bien en automne, une saison splendide pour découvrir les itinéraires inédits de cette Seine et Marne décidément passionnante .

Un grand merci à Geneviève et Frère Eric, toujours efficace dans son rôle de collecteur d’impôt sur rando !

Richard Kirsch

Téléchargez la trace de cette rando en fichier .Gpx  ICI

Retrouvez toutes randos également sur le blog de Sport et Nature : sport-et-nature.org

 

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GR34 – I want to Breizh free ! (épisode 4 complet)

Retour sur le GR34, le sentier des douaniers du littoral breton . Morlaix, Roscoff, Brignogan, le Conquet, des abers, des abus , un peu de bus, des grands moments d’extase …et parfois de solitude.

GR Fleuri
Aux beaux jours le GR34 a des airs de jardin sur des dizaines de kilomètres.

Pour un amoureux de la Bretagne et un adepte de la grande randonnée, le GR34 est une drogue dure voire une fascination. Pour mémoire, ce « sentier des douaniers » court sur près de 1300 km le long de la côte. Il fait partie des grands classiques de la rando en France. Si certains le font en une seule fois, pour ma part je le découvre depuis quatre ans d’une façon plus anarchique et improvisée, au rythme de mon budget et mes envies. Ma première expérience entre le Mont Saint-Michel fut une demie réussite. J’avais eu l’ambition totalement irréaliste de me lancer seul en camping fin avril. Il n’ y avait que très peu d’établissements ouverts, la météo et l’immense sentiment de solitude avaient fini par  casser un moral que je croyais inoxydable. Je m’étais arrêté du côté de St Malo, gelé, cassé et finalement réfugié dans l’auberge de Jeunesse locale !   La seconde marche sur le GR34 se passa vers St Brieuc et le Cap Fréhel. Pour l’occasion, j’avais convaincu mon fils Etienne, un ado de 15 ans, de m’accompagner.  Après trois ou quatre jours, il avait consenti à lâcher son portable et à regarder enfin le paysage. Hélas, cette embellie ne fut que de courte durée, il se foula la cheville et on reprit le traîn à St Brieuc. Pour ma troisième balade en 2015, je décidais donc de repartir seul. J’avais entretemps fait le chemin de Compostelle avec mon amie Sabrina de Berlin, j’étais physiquement en forme mais toujours peu convaincu d’aimer repartir sur ce GR en solitaire. L’appel de la Bretagne fut malgré tout le plus fort. Au programme la Côte de Granit Rose d’Est en Ouest. La rando fut superbe, parfois douloureuse aussi. Après une semaine, le crachin breton et un bon mal de dos dû au 12 kg du sac ruinaient mes ambitions, je jetais l’éponge pour rentrer à Paris depuis Morlaix.

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Morlaix , la belle et son viaduc 100% granit

20 Août 2016 – Nouveau départ depuis Morlaix, des kilomètres de côtes sauvages et un magnifique désert s’ouvre devant moi !

Pas question de lâcher le projet, faut bien le boucler un jour ce GR34 ! Fort de mes trois expériences précédentes, je reprenais mon sac à dos avec cette fois l’objectif majeur de l’alléger davantage. Car en grande randonnée, le poids est le pire ennemi du marcheur. Le principe veut qu’il ne dépasse pas 10% de son propre poids. Une vraie gageure lorsqu’on pèse 75 kg, que l’on prévoit de camper et que Compostelle vous a délesté de 5 ou 6 kg jamais repris !  Bref, je ne suis pas parvenu à descendre sous les 11 kg. Et pourtant j’ai mis le paquet et le budget. Tente Vaude (1kg), matelas gonflable Therm A Rest (450 gr), duvet Cumulus (400 gr), veste Arc’Térix (300 gr) .. une vraie fortune de MUL (Matériel Ultra Léger) !

Le GR34, en solo, en camping après le 15 août, il faut vraiment le vouloir. Seuls les scandinaves et nordiques jouent les prolongations dans leur luxueux camping-cars . Les plages à demi désertes me renvoient à mon statut de randonneur errant sur les dunes. Arrivé par TGV à Morlaix, je pensais trouver un semblant d’animation dans cette très jolie ville, histoire de démarrer avec la pêche. Que nenni ! Je m’installe pour la nuit à la Pension des Ecluses, je suis seul dans une super maison de 200 m2 et le proprio me laisse les clefs. Trois ou quatre personnes arriveront plus tard. La plupart des bistros sont déjà fermés le dimanche, je pose mon sac et pars visiter la ville.

Néanmoins les stations balnéaires comme Roscoff restent très vivantes et le camping Les Alouettes ****  que j’ avais visé afficha  complet. Je fus obligé de prendre une navette pour sortir de la place et rejoindre le camping municipal à quelques kilomètres. Certaines auberges de jeunesse et gîtes d’étapes n’accueillent que des groupes et sont en revanche prises d’assaut pour les derniers stages de voiles pré-rentrée ou encore des passages de BAFA tardifs.

Au pays des Abers de dune en dune , de plage en plage au bon vouloir des marées

Ce passage sur les premières plages du Finistère nord fut l’occasion de découvrir les Abers bretons ainsi que les plus beaux phares locaux. Le GR34 quitte ici parfois les dunes pour s’aventurer par les plages. Et là, ça passe ou pas, c’est une question de marée. Et lorsque ce ne passe pas, j’ai eu le droit à un petit détour par la route. Une fois le GR s’était effondré suite à des pluies très abondantes, une autre fois il était barré pour cause de pollution par les algues vertes. C’est un problème aigu et récurent. Déjà il y a deux j’avais été détourné dans la baie de St Brieuc. Des sangliers avaient été retrouvés morts, intoxiqués par les émanations de gaz. Ces fortunes de chemin sont en fait très rares et ce sentier très bien entretenu par les localités permet de découvrir toutes les richesses de ce littoral unique. Cette année j’avais donc choisi d’aller voir de près ces fameux fjords notamment l’ Aber Wrach et Aber St Benoît. Ces longs bras de mer s’enfoncent loin dans les terres et abritent de nombreuses espèces d’oiseaux. Ces abers protégés des tempêtes servent évidemment de mouillages aux bateaux. Encrés en files indiennes et sous l’emprise du courant, ils dessinent des lignes géométriques parfaites sur ces petites mers intérieures entourées de verdure. Le GR34 en fait le tour et rallonge votre parcours. Il m’a fallut en tenir compte pour élaborer la longueur de quelques étapes. Le GR peut aussi traverser la pointe de ces abers en passant généralement par des ponts ou alors des passages cimentés uniquement praticables à marée basse. Ils sont souvent rendus glissant par les algues résiduelles, donc prudence. Enfin, même à marée basse, il subsiste de petits cours d’eau en bout d’aber. J’étais tenté à maintes reprises de faire une traversée sauvage pour gagner du temps mais l’aspect vaseux, la profondeur inconnue m’ont vite fait changé d’avis.

maison 2 rochersDes trajets en car à 2€ dans tout le Finistère, sans limite de distance.

Durant près d’une semaine, j’ai eu la chance exceptionnelle d’avoir une météo de rêve. Une seule journée humide m’a gentiment rappelé que la Bretagne avait du caractère. Après avoir marché le long des deux abers, j ai pris le car pour me rendre au Conquet. A ce sujet, j’ai eu le plaisir de profiter du nouveau forfait à 2 € , quelque soit la distance , avec une correspondance autorisée. Ce programme sponsorisé à l’année par le Conseil Général du 29, permet aux bretons comme aux touristes de circuler à moindre frais sans voiture en favorisant le développement du Finistère.

Cela dit la Bretagne a paraît-il connu cette année une affluence record, même si je n’ai rencontré que trois ou quatre vrais GRistes durant mon périple. Hormis le nombre de campings et de gîtes assez réduit, cette partie du pays des Abers ne présente pas de difficultés majeures d’organisation. Il suffit de bien calculer le découpage du parcours et prévoir certaines étapes approchant les 30 km. En cas de coups durs, coups de pompes, on peut toujours progresser ou revenir en auto stop ou prendre le car . Pour cela, une seule adresse : www.viaoo29.com . Côté physique, les dénivelés sont peu important sur ce tronçon du GR34, rien à voir avec la torture de la côte de Granit Rose extrêmement découpée et cassante avec sa succession sans fin de passages de criques.

I wanted to Breizh free.. again,  c ‘est fait. Si tout va bien, je compte revenir l’été prochain pour découdre avec ce sentier, cette fois sur la presqu’île de Crozon, une pure merveille mais au climat un peu capricieux . Kenavo !

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le matos complet pour camper sur le GR34 . 11 kg (avec 2 litres d’eau compris)

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Orge profonde

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Un parcours de 27 km entre ombre et soleil

Dans la chaleur torride d’un dimanche d’août, rien de tel que de quitter un Paris déserté pour aller randonner dans la verdure . C’est ce que nous proposa Patrick dans un élan de générosité spontanée, nous sauvant ainsi d’un sédentarité dominicale aussi nuisible que déprimante. Nous sommes à peine une douzaine d’exclus de la transhumance des juillettistes et aoûtiens, pour nous retrouver Bibliothèque François Mitterrand sur le quai du RER C, direction Étampes. Je rejoignais le groupe après avoir payer ma dime à la RATP, soit 17,60€ pour un pass Mobilis garant d’accès illimité dans les 5 zones érogènes du randonneur d’Ile de France. Lardy, tout le monde descend ! L’heure est à la crème lubrifiante et protectrice des épidermes. Le soleil matinal pointe discrètement ses rayons et caresse nos corps engourdis par la nuit, partiellement dénudés des oripeaux d’hiver. Fallait être un peu maso pour accepter l’invitation sado du Patrick à 7h50 !

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Des airs de Fontainebleau

Notre guide aussi spirituel que porté sur le spiritueux , nous a concocté un itinéraire à longueur variable de 20 à 30 km , c’est à dire bordé de gares en issues de secours. Armé d’une carte IGN ancienne classée au patrimoine national, le G.O du jour va nous mener lentement vers la vallée de l’Orge, un parcours alternant l’extase dans les sous-bois et la torture du soleil sur les plaines en terrain découvert. Très lentement même, puisque vers 11h, Patrick sonne déjà l’heure de l’apéro ! Rien ne presse, les sacs s’ouvrent, le porto blanc coule dans les gobelets et les divines brochettes jambon-melon de Patrick ravissent nos bouches avides de fines saveurs. Après une bonne demi-heure, ce dernier nous rappelle que l’on habite pas ici. Il le rappela d’ailleurs plusieurs fois face à la propension collective du groupe à s’enraciner. Saint-Chéron, Saint Yon, Saint-Sulpice de Favière, faudra-il passer par  tous les saints du paradis pour atteindre la jouissance ultime, celle  d’arriver à Dourdan ? La pause déjeuner s’éternise, un vrai bonheur pour Edward et moi-même, grands partisans de la sieste devant l’Eternel . Le redémarrage s’annonce douloureux, l’astre a grimpé dans le ciel et la température aussi. La fièvre du dimanche s’empare de Michel qui enlève soudain  le haut, dévoilant une anatomie à l’érotisme insoupçonné,  réveillant sans doute un  désir inavoué chez  nos amies Marie-Françoise, Maria, Florence ou Chantal ! La colonne s’étend, se distend, se regroupe, au gré des discussions. Étourdi par la chaleur, je marche dans les pas de la jeune Kimberley.  Fièvre, fantasmes de pervers-pépère sur sa robe de tennis, encore dix kilomètres et je ne saurais plus à quels seins me vouer ! L’eau s’écoule dans les gorges assoiffées et vient vite à manquer.

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arrosage et douche gratuite

Patrick nous décroche un cimetière providentiel pour remplir quelques bouteilles. Je m’aventure avec Edward  à l’accueil du camp de naturiste local. Le personnel est trop occupé à servir les clients, nous irons au camping d’à côté. Trop feignant pour me rendre au sanitaire à 30 m, je mendie au mobil-home d’une famille hollandaise. Edward en profite pour mettre en pratique son anglais Méthode Assimil 1980 et tailler la bavette avec les touristes bataves. Nous arrivons à St Chéron, Laurence jette l’éponge pour reprendre le train . On reprend la progression dans les étroits couloirs de verdure bordant la vallée de l’Orge.

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Magnifique église de St Sulpice la Favière

Au-détour d’un virage , un couple de retraités s’apitoient sur nos mines d’errants déshydratés et remplit à nouveau les bouteilles plastique. Il ne nous reste que quelques kilomètres pour accéder à la gare de Germaise. On abandonne l’idée d’aller jusqu’à Dourdan. La longue ligne droite le long de la route nationale sous le cagnard sera notre dernière punition avant la gare du RER C . Retour à la case départ à Paris, le temps est venu de rompre les rangs , de se ruer vers la douche, la bière, un canapé,  de comater devant la TV et décrocher la Médaille d’or Olympique de la glande, récompense amplement méritée après 27 km !

Trace GPS à télécharger au format .gpx ICI