L’Yvette et ses petits affluents offrent de beaux parcours de randonnéeUn parcours de 23 km de gare à gare
Nul besoin d’aller très loin en Ile-de France pour se retrouver en pleine nature. Les vallées de l’Yvette sont accessibles en train depuis Paris Gare Montparnasse ou les stations du RER B. Il suffit de descendre à Bures ou Gif. (91) . A bien regarder la carte hydrographique , on s’aperçoit que cette zone s’avère un joli terrain de jeu pour les passionnés de randonnée pédestre voire les Vttistes. Elle est en effet constituée d’un réseau de petites rivières affluents de cette fameuse Yvette surplombés par des plateaux boisés (Magny, Les Essarts, Mesnil, Saclay..) qui offriront aux randonneurs du dénivelé et de très nombreux itinéraires à la journée de toutes difficultés , soit de gare à gare , soit en boucle. Parmi les plus fréquentés par les marcheurs , nous retiendrons les Vaux de Cernay, Montabé, la vallée de la Mérantaise ou celle du Rhodon. La randonnée proposée dans cet article est un beau parcours en sous-bois de 23 km avec des traversées de bourgs. L’urbanisation n’est jamais très loin le long de cet itinéraire. Des constructions modernes font désormais partie du paysage . Quoiqu’il en soit celui ci permet profiter pleinement de la nature. Le chemin suit avec bonheur ces cours d’eau et les berges sont très bien aménagées On trouvera de temps en temps d’anciens lavoirs. Parmi un des plus beaux ouvrage : le viaduc des Fauvettes. Il s’agit d’un pont ferroviaire de l’ancienne ligne d’Ouest-Ceinture à Chartres aussi connue sous le nom de ligne de Paris à Chartres par Gallardon, situé sur les Communes de Gometz-le-Châtel et de Bures-sur-Yvette, en Essonne. Il offre une vue magnifique sur toute la vallées de l’Yvette. Vous trouverez sur ce parcours les gares mentionnées soit pour diminuer la longueur de cette randonnée et bien sûr rejoindre Paris en moins d’une demie-heure.
l’aqueduc de BucUne très belle balade de 20 km , un voyage dans l’histoire
Il suffit à peine d’un quart d’heure de train pour rejoindre la gare de Versailles Chantier et improviser une balade de 18 à 20 km près du célèbre château. Le domaine royal est en effet cerné par la forêt domaniale qui s’étend de Jouy en Josas à l’Est et Viroflay au nord . Le parcours de randonnée proposé se passe donc principalement en sous-bois et vous amènera à suivre la Bièvre, charmante rivière qui se jette dans la Seine, sur un ou deux kilomètres , à longer le spectaculaire aqueduc de Buc . Vous pourrez aussi improviser un pique-nique sur les rives du petit étang de la Genest ou au bord de la pièce d’eau des Suisses face au château, non loin du potager du roi . Cette jolie randonnée pédestre peut se terminer ou compléter par une longue balade sur les quatre axes du Grand Canal. Je vous conseillerais de la faire le matin car l’ après-midi le Versailles est pris d’assaut par les centaines de touristes. Le retour vers Paris se fait à partir des gares de Versailles Chantier ou Versailles Rive Droite. (c’est carrément long ..pfff)
Joli parcours proposé par Geneviève , 22 km de sentiers et paysages très variés.La Seine, sur les quais de Tomery
Il y a des matins d’automne où le soleil éclatant vous tire du lit un randonneur même terrassé par un rhume. Le temps de faire mon sac sans oublier la pile de Kleenex et une dose d’Aspirine, je rejoins mes camarades de Sport et Nature à la Gare de Lyon. Nous ne sommes pas les premiers ni les plus courageux . D’autres clubs encombrent déjà les quais des trains en partance pour Fontainebleau et tout le sud de la Seine et Marne. Rien d’étonnant, avec 12 millions d’habitants l’ Ile-de-France affiche la plus forte concentrations de randonneurs au kilomètre carré. Au menu de la journée , un recette concoctée par Geneviève, soit 22 km entre les gares d’Héricy et Veneux-Les-Sablons, de quoi éviter astucieusement la foule sur les sentiers. Notre guide fait partie des routardes que je classerais dans la catégorie des « cumulardes de mandat » . Elle guide en effet des randonnées pour une autre asso : les Amis de la Nature. De cette structure vient aussi André, un « cumulard d’assos » un randonneur acharné, négociant en pinard, vintage qui marche depuis trente ans. Aujourd’hui le retraité s’offre trois sorties par semaine avec quatre associations différentes , dont l’inévitable RIF ! Sport et Nature fait donc partie d’une nébuleuse de clubs, asso privées , rattachés ou non à la FFRP. Les randonneurs-zappeurs vont ainsi de l’un à l’autre au gré des rencontres, de leur état d’âme … Notre camarade Michel fait ainsi régulièrement référence à ses anciennes amours du CIHM, une autre machine à loisirs populaires. Et comme celle de Geneviève, sa banque d’itinéraires est une vraie mine d’or dont profite désormais Sport et Nature. Quant à Robert dit « Bob » , notre président navigue allègrement avec OVS (On Va Sortir), le site géant à tout faire pour partager tout et n’importe quoi en tant que célibataire. Brefs, des hommes et des femmes d’expérience qui conjuguent passion et intérêts personnels , des responsabilités à géométrie variable ! Au fil des kilomètres, je découvre et suis le parcours de Geneviève sur l’app Iphigénie. Je constate qu’il descend plein sud par le GR32 jusqu’à Champagne-sur Seine en suivant la courbe du fleuve. le chemin tortueux surplombe le coteau et s’enfonce dans des sous-bois superbes. On changera de rive à Tomery, une joli bourg d’une grande tranquillité et dont la vigne constitue le patrimoine historique. Geneviève nous installe pour la pause déjeuner au bord d’un « long sillon » , contruction typique de cette culture viticole locale. Trois tables avec bancs sous le soleil , que rêver de mieux ?! Comme d’habitude, c ‘est la ronde des desserts mais cette fois ci pas question de faire la sieste. Après un nouveau passage le long de la Seine, la guide nous entraîne sur les sentiers familiers de la Forêt de Fontainebleau. Des groupes de randonneurs squattent les aires de pique-niques, des connaisseurs . Après un court passage par le fameux TMF Tour du Massif de Fontainebleau) , direction Veneux par le GR1 . Les plus speed d’entre nous décident de prendre le train de 16h50 et forcent le pas . Alexandre, la tête dans les nuages décolle avec un autre groupe ! Pas grave c’est tout droit . Nous le rattrapons au bout d’un kilomètre, il est crevé le garçon mais serre les dents. Il faut dire que le rythme n’ a pas molli depuis le départ sans être pour autant épuisant . Les petits futés n’ont finalement pas eu leur train , nous les rejoignons à la gare. Exercice de strech collectif sur les rambardes SNCF , partage du restant de desserts histoire d’oublier les bonnes colories brûlées. Le train venant de Montereau ou Montargis (?) est plein comme un oeuf, la gare de Lyon a des airs de retour de vacances d’été tant la foule est dense. Mais nous sommes bien en automne, une saison splendide pour découvrir les itinéraires inédits de cette Seine et Marne décidément passionnante .
Un grand merci à Geneviève et Frère Eric, toujours efficace dans son rôle de collecteur d’impôt sur rando !
Richard Kirsch
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Retrouvez toutes randos également sur le blog de Sport et Nature : sport-et-nature.org
Le 2 octobre , je devais guider notre rando hebdomadaire, alors je m’étais dit, pourquoi pas reprendre un morceau de Brie ? La Seine et Marne est suffisamment vaste à explorer, retournons-y et laissons de côté Fontainebleau ou la vallée de Chevreuse, cap vers le soleil levant ! Il suffit d’une demi-heure de train pour rejoindre Tournan-en Brie depuis la gare de l’Est. De quoi séduire une petite trentaine de lève-tard un dimanche matin, avec à la clef une balade de 21 km jusqu’à Verneuil-l’Etang. Le regroupement du départ est toujours l’occasion de retrouvailles émouvantes mais aussi de surprises . Rien n’échappe au randonneur et le randonneur n’échappe à rien, surtout pas à l’oeil des randonneuses . Pour la petite histoire, après voir été harcelé de mes mails relatifs à sa tenue vestimentaire pathétique durant une semaine, Edward a débarqué en neuf ! Sac à dos ultra light, veste technique, T-shirt en laine Mérinos.. Elles se sont toutes pâmées de longues minutes devant la cohésion des tons gris et l’allure magnifique de notre ami . Un carton !
Une longue balde au fil de la Marsange
Après un rapide briefing sur la place de la gare, il a suffi de suivre le PR et de ne pas le perdre, ni perdre en route quelques bavards attardés. C’est encore une fois Frère Eric qui s’affranchira de cette mission avec sérieux. Ce pèlerin administratif soulage de 5 € tout randonneur souhaitant se joindre au plus beau des clubs, Sport et Nature ! Ce jour-là il n’y eut qu’une seule nouvelle, donc peu de monnaie à rapporter. Toutefois certains WE la somme rondelette récoltée peut susciter quelques convoitises dangereuses. Eric a d’ailleurs évoqué son souhait d’être accompagné dorénavant d’un garde du corps pour convoyer un tel fonds. Michel, plus pragmatique et moderne a plutôt suggéré l’achat d’un terminal Carte Bancaire portable. Le sujet sera traité lors de la prochaine réunion. Cette rando automnale ne présenta pas de difficultés majeures, exceptés un ou deux passages délicats de la Marsange, ce cours d’eau qui est à la Brie par temps de pluie ce qu’est le Rio Grande au Mexique. Ce PR Nord-Sud slalome ainsi le long de la rivière entre terres agricoles , petits bois , petits bourgs, petits chemins, petits quartiers pavillonnaires. De quoi soulever d’inévitables critiques, bonnes et plus douloureuses. Mais un guide aguerri serre les dents et encaisse. La communication et la cohésion avant tout ! En randonnée, trois grandes questions lui sont posées régulièrement. Si celui-ci passe ainsi plus d’une minute à regarder sa carte , question inévitable : « On est perdu ? « . Je rassure généralement alors mon interlocuteur lui montrant notre position sur la carte IGN ou sur mon App Iphigenie. C’est normalement suffisant pour calmer cette angoisse légitime et récurrente vécue lors de ces incroyables aventures en Ile-de-France, une région si sauvage. Une seconde question revient elle aussi : » On a fait combien de kilomètres ? » . J’avais bien essayé d’expliquer lors du briefing que nous marchions entre 4 et 4,5 km/heure. Il suffisait alors de regarder sa montre pour connaître la réponse . Hélas..Allez un effort , après 2 heures de marche , on a fait ?? OUI ! entre 8 et 9 km ! Bravo. Enfin la troisième question : « Quand est-ce qu’on mange ? » . Normal lorsque chacun a pris son déj vers les 7h00 .
Ce jour-là les randonneuses passent à l’ attaque
Après une bonne dizaine de bornes, la pause dura près de 45 minutes, le groupe éparpillé dans un joli champ, à l’ abri de la brise, sous un soleil radieux. La nouvelle adhérente fut baptisée par Patrick au porto blanc selon la tradition séculaire, un rituel se complétant d’une débauche de pâtisseries maison. Au sujet nutritionnel, la randonnée Sport et Nature n’est pas ce qu’on fait de mieux. L’adhérent peut griller de 600 à 800 kcal sur les dix premiers kilomètre et en ingurgiter plus de 1000 lors de cette pause fatale. Le bilan n’est pas fameux d’autant qu’une rando Sport et Nature peut se conclure par une bonne bière au café. La moyenne post-déjeuner ne fut pas folichonne. En effet André, le seul randonneur assumant un look années 60 total vintage, aime à nous faire découvrir les vins de son pays, (dont il assure aussi l’expédition. Qu’on se le dise ! ) . La gare de Verneuil l’Etang n’était plus très loin, le train arriva rapidement. et chacun apprécia de rentrer tôt . Une fois encore merci à Eric pour sa collaboration. A la prochaine fois !
Richard Kirsch
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Retour sur le GR34, le sentier des douaniers du littoral breton . Morlaix, Roscoff, Brignogan, le Conquet, des abers, des abus , un peu de bus, des grands moments d’extase …et parfois de solitude.
Aux beaux jours le GR34 a des airs de jardin sur des dizaines de kilomètres.
Pour un amoureux de la Bretagne et un adepte de la grande randonnée, le GR34 est une drogue dure voire une fascination. Pour mémoire, ce « sentier des douaniers » court sur près de 1300 km le long de la côte. Il fait partie des grands classiques de la rando en France. Si certains le font en une seule fois, pour ma part je le découvre depuis quatre ans d’une façon plus anarchique et improvisée, au rythme de mon budget et mes envies. Ma première expérience entre le Mont Saint-Michel fut une demie réussite. J’avais eu l’ambition totalement irréaliste de me lancer seul en camping fin avril. Il n’ y avait que très peu d’établissements ouverts, la météo et l’immense sentiment de solitude avaient fini par casser un moral que je croyais inoxydable. Je m’étais arrêté du côté de St Malo, gelé, cassé et finalement réfugié dans l’auberge de Jeunesse locale ! La seconde marche sur le GR34 se passa vers St Brieuc et le Cap Fréhel. Pour l’occasion, j’avais convaincu mon fils Etienne, un ado de 15 ans, de m’accompagner. Après trois ou quatre jours, il avait consenti à lâcher son portable et à regarder enfin le paysage. Hélas, cette embellie ne fut que de courte durée, il se foula la cheville et on reprit le traîn à St Brieuc. Pour ma troisième balade en 2015, je décidais donc de repartir seul. J’avais entretemps fait le chemin de Compostelle avec mon amie Sabrina de Berlin, j’étais physiquement en forme mais toujours peu convaincu d’aimer repartir sur ce GR en solitaire. L’appel de la Bretagne fut malgré tout le plus fort. Au programme la Côte de Granit Rose d’Est en Ouest. La rando fut superbe, parfois douloureuse aussi. Après une semaine, le crachin breton et un bon mal de dos dû au 12 kg du sac ruinaient mes ambitions, je jetais l’éponge pour rentrer à Paris depuis Morlaix.
Morlaix , la belle et son viaduc 100% granit
20 Août 2016 – Nouveau départ depuis Morlaix, des kilomètres de côtes sauvages et un magnifique désert s’ouvre devant moi !
Pas question de lâcher le projet, faut bien le boucler un jour ce GR34 ! Fort de mes trois expériences précédentes, je reprenais mon sac à dos avec cette fois l’objectif majeur de l’alléger davantage. Car en grande randonnée, le poids est le pire ennemi du marcheur. Le principe veut qu’il ne dépasse pas 10% de son propre poids. Une vraie gageure lorsqu’on pèse 75 kg, que l’on prévoit de camper et que Compostelle vous a délesté de 5 ou 6 kg jamais repris ! Bref, je ne suis pas parvenu à descendre sous les 11 kg. Et pourtant j’ai mis le paquet et le budget. Tente Vaude (1kg), matelas gonflable Therm A Rest (450 gr), duvet Cumulus (400 gr), veste Arc’Térix (300 gr) .. une vraie fortune de MUL (Matériel Ultra Léger) !
le chemin en surplomd des plages
L’artichaud, l’autre richesse bretonne
Un passage miraculeur pour franchir l’aber à marée basse.
Le GR34, en solo, en camping après le 15 août, il faut vraiment le vouloir. Seuls les scandinaves et nordiques jouent les prolongations dans leur luxueux camping-cars . Les plages à demi désertes me renvoient à mon statut de randonneur errant sur les dunes. Arrivé par TGV à Morlaix, je pensais trouver un semblant d’animation dans cette très jolie ville, histoire de démarrer avec la pêche. Que nenni ! Je m’installe pour la nuit à la Pension des Ecluses, je suis seul dans une super maison de 200 m2 et le proprio me laisse les clefs. Trois ou quatre personnes arriveront plus tard. La plupart des bistros sont déjà fermés le dimanche, je pose mon sac et pars visiter la ville.
Néanmoins les stations balnéaires comme Roscoff restent très vivantes et le camping Les Alouettes **** que j’ avais visé afficha complet. Je fus obligé de prendre une navette pour sortir de la place et rejoindre le camping municipal à quelques kilomètres. Certaines auberges de jeunesse et gîtes d’étapes n’accueillent que des groupes et sont en revanche prises d’assaut pour les derniers stages de voiles pré-rentrée ou encore des passages de BAFA tardifs.
le coca breton,
la bière bretonne
la drogue bretonne
le tippi breton
l’art granitique breton
Au pays des Abers de dune en dune , de plage en plage au bon vouloir des marées
un chantier perdu au fond d’un aber
l’aber Wrach
Ce passage sur les premières plages du Finistère nord fut l’occasion de découvrir les Abers bretons ainsi que les plus beaux phares locaux. Le GR34 quitte ici parfois les dunes pour s’aventurer par les plages. Et là, ça passe ou pas, c’est une question de marée. Et lorsque ce ne passe pas, j’ai eu le droit à un petit détour par la route. Une fois le GR s’était effondré suite à des pluies très abondantes, une autre fois il était barré pour cause de pollution par les algues vertes. C’est un problème aigu et récurent. Déjà il y a deux j’avais été détourné dans la baie de St Brieuc. Des sangliers avaient été retrouvés morts, intoxiqués par les émanations de gaz. Ces fortunes de chemin sont en fait très rares et ce sentier très bien entretenu par les localités permet de découvrir toutes les richesses de ce littoral unique. Cette année j’avais donc choisi d’aller voir de près ces fameux fjords notamment l’ Aber Wrach et Aber St Benoît. Ces longs bras de mer s’enfoncent loin dans les terres et abritent de nombreuses espèces d’oiseaux. Ces abers protégés des tempêtes servent évidemment de mouillages aux bateaux. Encrés en files indiennes et sous l’emprise du courant, ils dessinent des lignes géométriques parfaites sur ces petites mers intérieures entourées de verdure. Le GR34 en fait le tour et rallonge votre parcours. Il m’a fallut en tenir compte pour élaborer la longueur de quelques étapes. Le GR peut aussi traverser la pointe de ces abers en passant généralement par des ponts ou alors des passages cimentés uniquement praticables à marée basse. Ils sont souvent rendus glissant par les algues résiduelles, donc prudence. Enfin, même à marée basse, il subsiste de petits cours d’eau en bout d’aber. J’étais tenté à maintes reprises de faire une traversée sauvage pour gagner du temps mais l’aspect vaseux, la profondeur inconnue m’ont vite fait changé d’avis.
Des trajets en car à 2€ dans tout le Finistère, sans limite de distance.
Durant près d’une semaine, j’ai eu la chance exceptionnelle d’avoir une météo de rêve. Une seule journée humide m’a gentiment rappelé que la Bretagne avait du caractère. Après avoir marché le long des deux abers, j ai pris le car pour me rendre au Conquet. A ce sujet, j’ai eu le plaisir de profiter du nouveau forfait à 2 € , quelque soit la distance , avec une correspondance autorisée. Ce programme sponsorisé à l’année par le Conseil Général du 29, permet aux bretons comme aux touristes de circuler à moindre frais sans voiture en favorisant le développement du Finistère.
Cela dit la Bretagne a paraît-il connu cette année une affluence record, même si je n’ai rencontré que trois ou quatre vrais GRistes durant mon périple. Hormis le nombre de campings et de gîtes assez réduit, cette partie du pays des Abers ne présente pas de difficultés majeures d’organisation. Il suffit de bien calculer le découpage du parcours et prévoir certaines étapes approchant les 30 km. En cas de coups durs, coups de pompes, on peut toujours progresser ou revenir en auto stop ou prendre le car . Pour cela, une seule adresse : www.viaoo29.com . Côté physique, les dénivelés sont peu important sur ce tronçon du GR34, rien à voir avec la torture de la côte de Granit Rose extrêmement découpée et cassante avec sa succession sans fin de passages de criques.
I wanted to Breizh free.. again, c ‘est fait. Si tout va bien, je compte revenir l’été prochain pour découdre avec ce sentier, cette fois sur la presqu’île de Crozon, une pure merveille mais au climat un peu capricieux . Kenavo !
le matos complet pour camper sur le GR34 . 11 kg (avec 2 litres d’eau compris)
Dans la chaleur torride d’un dimanche d’août, rien de tel que de quitter un Paris déserté pour aller randonner dans la verdure . C’est ce que nous proposa Patrick dans un élan de générosité spontanée, nous sauvant ainsi d’un sédentarité dominicale aussi nuisible que déprimante. Nous sommes à peine une douzaine d’exclus de la transhumance des juillettistes et aoûtiens, pour nous retrouver Bibliothèque François Mitterrand sur le quai du RER C, direction Étampes. Je rejoignais le groupe après avoir payer ma dime à la RATP, soit 17,60€ pour un pass Mobilis garant d’accès illimité dans les 5 zones érogènes du randonneur d’Ile de France. Lardy, tout le monde descend ! L’heure est à la crème lubrifiante et protectrice des épidermes. Le soleil matinal pointe discrètement ses rayons et caresse nos corps engourdis par la nuit, partiellement dénudés des oripeaux d’hiver. Fallait être un peu maso pour accepter l’invitation sado du Patrick à 7h50 !
Des airs de Fontainebleau
Notre guide aussi spirituel que porté sur le spiritueux , nous a concocté un itinéraire à longueur variable de 20 à 30 km , c’est à dire bordé de gares en issues de secours. Armé d’une carte IGN ancienne classée au patrimoine national, le G.O du jour va nous mener lentement vers la vallée de l’Orge, un parcours alternant l’extase dans les sous-bois et la torture du soleil sur les plaines en terrain découvert. Très lentement même, puisque vers 11h, Patrick sonne déjà l’heure de l’apéro ! Rien ne presse, les sacs s’ouvrent, le porto blanc coule dans les gobelets et les divines brochettes jambon-melon de Patrick ravissent nos bouches avides de fines saveurs. Après une bonne demi-heure, ce dernier nous rappelle que l’on habite pas ici. Il le rappela d’ailleurs plusieurs fois face à la propension collective du groupe à s’enraciner. Saint-Chéron, Saint Yon, Saint-Sulpice de Favière, faudra-il passer par tous les saints du paradis pour atteindre la jouissance ultime, celle d’arriver à Dourdan ? La pause déjeuner s’éternise, un vrai bonheur pour Edward et moi-même, grands partisans de la sieste devant l’Eternel . Le redémarrage s’annonce douloureux, l’astre a grimpé dans le ciel et la température aussi. La fièvre du dimanche s’empare de Michel qui enlève soudain le haut, dévoilant une anatomie à l’érotisme insoupçonné, réveillant sans doute un désir inavoué chez nos amies Marie-Françoise, Maria, Florence ou Chantal ! La colonne s’étend, se distend, se regroupe, au gré des discussions. Étourdi par la chaleur, je marche dans les pas de la jeune Kimberley. Fièvre, fantasmes de pervers-pépère sur sa robe de tennis, encore dix kilomètres et je ne saurais plus à quels seins me vouer ! L’eau s’écoule dans les gorges assoiffées et vient vite à manquer.
arrosage et douche gratuite
Patrick nous décroche un cimetière providentiel pour remplir quelques bouteilles. Je m’aventure avec Edward à l’accueil du camp de naturiste local. Le personnel est trop occupé à servir les clients, nous irons au camping d’à côté. Trop feignant pour me rendre au sanitaire à 30 m, je mendie au mobil-home d’une famille hollandaise. Edward en profite pour mettre en pratique son anglais Méthode Assimil 1980 et tailler la bavette avec les touristes bataves. Nous arrivons à St Chéron, Laurence jette l’éponge pour reprendre le train . On reprend la progression dans les étroits couloirs de verdure bordant la vallée de l’Orge.
Magnifique église de St Sulpice la Favière
Au-détour d’un virage , un couple de retraités s’apitoient sur nos mines d’errants déshydratés et remplit à nouveau les bouteilles plastique. Il ne nous reste que quelques kilomètres pour accéder à la gare de Germaise. On abandonne l’idée d’aller jusqu’à Dourdan. La longue ligne droite le long de la route nationale sous le cagnard sera notre dernière punition avant la gare du RER C . Retour à la case départ à Paris, le temps est venu de rompre les rangs , de se ruer vers la douche, la bière, un canapé, de comater devant la TV et décrocher la Médaille d’or Olympique de la glande, récompense amplement méritée après 27 km !
Chaque année depuis que les congés payés existent, il y a les juillettistes et les aoûtiens qui se croisent sur les routes. Puis d’autres qui prennent le train lorsqu’une copine manifeste une envie irrépressible de se tremper les pinceaux, un lundi, et de marcher. Alors on écoute la copine et on achète un billet SNCF, direction Deauville. Le groupe est restreint. il y a Monique la parigo-charentaise, donc la parisienne capricieuse, Edward qui sèche le boulot et deux retirés des affaires à perpétuité , Michel et votre serviteur. A Deauville, premier changement de programme. Nous ne marcherons pas jusqu’à Villers-sur-mer. La copine voulant voir que la mer, nous prendrons le bus jusqu’à Houlgate et retour par la plage, « Houlgayte » comme dirait Edward probablement intoxiqué par trente ans d’actualités anglo-saxonnes (Watergate, Bille Gates ??). Nous rejoignons la petite station balnéaire vers les 10h00, Michel a sorti la carte IGN du coin, j’ai déployé un bâton de marche pour attaquer la falaise. On est fin prêt et gonflés à bloc pour la grande aventure sur le GR223 . Enfin pas tout à fait. Edward se souvient qu’il ne marche jamais sans son café, notre randonneuse se découvre une soudain une fringale et Monique n’ a pas prévu de pique-nique. Alors attablés à une terrasse baignée de soleil, tous décrètent que l’urgence est aux oeufs brouillés et toasts grillés, aux doubles-express et pour Monique un shopping dans une pâtisserie locale. Après une rallonge de cafés et une autre tournée de toasts, il nous faudra près d’une heure pour amorcer enfin un premier pas vers ce foutu sentier perdu quelque part en ville . Là, un premier obstacle se dresse sur le chemin, genre Everest normand : un escalier ultra raide de.. 200 marches peut-être ? La mer se mérite et ce n’est pas une rampe ridicule qui peut entamer notre détermination de randonneurs aguerris . Asphyxiés par les 112 m d’altitude, surement déjà un peu diminués par le décalage horaire, on atteint un petit belvédère pour observer.. la mer ! C’était le moment pour se débarrasser du superflu, les bouteilles d’oxygène et des bas de pantalon ou comme notre copine, d’offrir un striptease gratos aux touristes matinaux en enfilant un bermuda. Alors on a repris le chemin par les sous-bois des hauteurs. Les kilomètres défilent la mer a disparu. Ca sent le Devos. Les remarques ironiques commençent à fuser : » on aurait peut être du rester sur Fontainebleau ? » ou « faut pas se plaindre la balade en car était sympa ». Etc. Les pieds-nickelés en vadrouille ramassent en route un marcheur qui souhaite rejoindre Villers-en évitant le macadam. C’est la chance de sa vie pour ce passionné d’astro-cosmo-physico-spatiale, il tombe sur Michel un garçon érudit toujours dans les étoiles dont la culture philosophico-zen-Tai-chi se double du dictionnaire des citations en douze volumes ! On quitte le voyageur à l’entrée de Villers avec une vision d’un nouvel eldorado : la mer est à nouveau devant nous !
Ca va surement se dégager avec la marée. « C’est pas faux » réplique Edward, faute de mieux
on a faillit ne pas voir la mer ..ouf !Trouville : 50 centimes pour traverser le port à marée basse ! Dame pipi sur l’autre bord.
Il est presque 13h00 et la plage nous tend les bras. Monique avait annoncé la couleur, qu’elle que soit la température de l’eau, elle se baignerait. Promesse tenue, miss Poitou se pare d’un deux-pièces et s’élance vers les flots. Les autres font trempettes des pieds, notre amie traite ses problèmes immobiliers en direct live au tél, j’attaque mon sandwich Rosette de Lyon alors qu’Edward et Michel plongent dans une salade suffisante pour nourrir trois Sumotoris. La copine aux envies de mer lâche son portable, elle n’ a pas faim, rassasiée au départ par trois miettes de pain et un dé à coude de thé. Michel gratifie toute la plage d’une démo de Tai-chi . Rien ne presse vraiment, le train du retour est à 19h00, la plage s’étend à l’infini vers le Havre et comme l’avait prévu Michel en fin marin, la marée est à l’étale. Edw et moi gardons les chaussures de rando afin d’éviter une abrasion excessive de nos pieds splendides. On passera le reste de la journée à éviter les flaques et les torrents de 10 cm de fond s’écoulant vers la mer. Au gré du terrain et de l’humeur voire de la mauvaise humeur passagère , le groupe évolue à géométrie variable sur le sable. Les filles font des photos sur les bouées, Michel médite en arrière sur la psychologie des mouettes en milieu marin et l’influence de la lune … Je me repasse quelques flashbacks nostalgiques : Deauville, la planche à voile , le camping aux Fous du Vent avant qu’Ornano ne transforme la ville en machine à fric et puis les châteaux de sable avec Etienne , nos bagarres de lutteurs, les déj au restau le Galatée à Trouville, les soirées Top Résa Mondial du tourisme dans les deux casinos, les machines à sous avec les potes à Ouistréam, Villers..et puis un peu plus loin les couchers de soleil magiques sur la plage d’Arromanches.
A Trouville-Deauville , l’addition est parfois plus salée que la mer .
Deauville pointe son nez avec en fond sa piscine d’eau de mer son centre de thalasso. « Pas question de dévier du cap » s’insurge on Monique. Objectif : débarquer dans un bar de Trouville pour recharger les batteries avant le train. Un second obstacle se dresse à l’entrée du port : La Touque . Tels des mexicanos plantés devant le Rio Grande infranchissable, tous regardent impuissant la fougueuse rivière. Au moins un mètre de flotte et un débit de 0,5 m3 par seconde , les sables mouvants, les crabes mangeurs d’hommes ! Il vaut mieux éviter le ridicule sous les yeux des quelques badauds sur la digue et rejoindre le centre au sec. Le marché aux poissons réveille les appétits et les fantasmes gastronomiques. Claire avait déjà dégainé avec des hallucinations de rillettes, de tripes, Michel emboite le pas avec un rêve orgie d’Etrilles. Monique et Edward passent à l’acte et investissent dans les filets de maquereaux . On dépasse les Vapeurs pour s’installer en terrasse histoire de calmer notre dalle. Pas facile de choisir lorsque la montre indique 17hoo. Tempête dans le crâne de Monique : prendre ou ne pas prendre une saucisse-frites maintenant ? Je bouquine la carte avec stupeur . Le niveau des prix s’élèvent avec la marée . Là, on est en pleine équinoxe, le cappuccino atteint les 7€ , la maigre assiette de fromage de la randonneuse pourrait à peine convenir au menu enfant et ma tartelette et sa boule de glace se perdent dans l’immensité du plat. Un petit crachin tombe sur la ville, il est temps de rejoindre la gare de l’autre côté de la Touques. Tous dissertent encore en chemin sur cette addition plus salée qu’un marais. Notre copine a vu la mer, Monique rêve encore de sa saucisse frites dans le train du retour. Mais comme c’est bon d’avoir regarder un bout de l’horizon un lundi alors que Paris se vide comme ce petit port normand à marée basse!
Empruntez les petits chemins en lisière, ils sont plus tranquilles et offrent des dénivelées intéressantes aux plus sportifs.
Inutile d’aller très loin de Paris pour trouver des parcours de randonnée très agréables. Parmi mes préférés, voici Ville d’Avray dans les Yvelines. Cette jolie ville se trouve sur les hauteurs de Sèvres. De nombreux transports Le mieux est de garer sa voiture ou son scooter sur le parking à proximité de la D985 , à deux pas des étangs de Corot.
Ces deux plans d’eau très bucoliques accueillent toute l’année des familles ou amoureux en balade. Ils s’ornent l’été d’un manteau de nénuphars, quelques pécheurs y plantent leurs lignes dans un calme absolu. Le but de cette randonnée en boucle sera de faire un tour complet de la Forêt de la Fausses-Reposes par le Parc de Saint-Cloud et revenir à votre point de départ. La carte IGN 2314 OT au 1:25.000e et une boussole ne seront pas superflus. L’App Iphigénie (IGN) s’avère aussi très pratique sur smartphone. Cette boucle dans le sens horaire débute par une remontée par la gauche des étangs, le long du Domaine de la Ronce. Au sommet de cette longue côte, je vous conseille de descendre immédiatement à gauche par un petit sentier . Il serpente gentiment jusqu’à la lisière.
La carte indispensable pour randonner à proximité de Paris
Essayez de rester au maximun près de celle-ci. Parfois en été les ronces bouchent le passage. Inutile d’insister, faites demi-tour et empruntez un chemin plus dégagé en marchant toujours vers l’ouest.Vous passerez alors au abord de la Saussaie. Après deux kilomètres, remontée vers la Butte de Picardie. Traversez un petit parc et son aire de jeu , un robinet d’eau permettra refaire le plein le cas échéant. Le marcheur arrive alors sur la D182, à l’entrée de Versailles. Il y a une station-service, sympa pour prendre un petit café avant de continuer votre parcours vers le nord. Arrivé au croisement du GRP et de la Route des puits, bifurquez immédiatement à droite pour rejoindre la Route du Butard qui longe les Haras de Jardy. Le but ici est de trouvé l’unique entrée du hara. Ce n’est pas évident car la grille se cache dans la végétation. Il faut savoir que ce site, haut lieu de l’équitation en Ile-de-France, est un domaine public. Libre à tous de s’y balader dans le respect bien sûr de ses hôtes quadrupèdes. Très chic et hupé, le hara est le siège de nombreuses compétition. Vous trouverez dans l’un des bâtiments une petite cafétaria où les cavaliers viennent consulter les plannings de cours.
Domaine public des Haras de Jardy . Très chic ! Pause-café à la cafétaria.
Bon, c’est vrai que le randonneur s’y sent un peu étranger. Vous pouvez pique-niquer près des nombreux manèges à l’ombre de grands arbres. Après avoir traversé le hara d’Ouest en Est, vous trouverez la sortie . Prenez alors le GR1 à gauche et ne le quittez plus, il vous mènera juqu’à Marne-La-Coquette, petite ville ravissante et aussi très chic, avec ses proprietés luxueuses, le tout dans une ambiance bourgeoisie de province. Suivez le GR1, il pénètre dans le Parc de Saint-Cloud par la Porte Blanche et s’enfonce à droite dans les bois . Si vous restez sur ce chemin, il vous conduira aux confins du domaine royal jusqu’à la Porte de Saint-Cloud. Il est alors possible de reprendre les nombreux transports en commun. Quant à notre randonnée, passez au dessus de la D985 qui coupe le en deux le parc et ressortez à la Porte de la Ville d’Avray. Il suffit alors de rejoindre l’église sur la place. Il y a un marché sympa le dimanche matin . Poursuivez juste à droite vers l’aire de jeu et un petit square (il y a des toilettes) .
Domaine royal de Saint-Cloud. Il est en prolongement du GR1 depuis la forêt de Fausses Reposes
Ce charmant petit chemin traverse des jardins fleuris et débouche sur l’étang . A cet instant, vous aurez parcouru plus de 15 km. Rien ne vous empèche de faire un tour des deux étangs ou poussez votre parcours vers Chaville et la forêt de Meudon. La fameuse rando sportive La Bossapas passe par les deux forêts . Vous rejoindrez le parking en remontant la petite ruelle près de l’Hotel des Etangs de Corot et en traversant la départementale. Du côté physique, le tour de la forêt de Fausses Reposes , très vallonnée, offre de vrais dénivélés , parfois assez raides . De quoi se concocter un bon entrainement aux portes de Paris dans un cadre forestier magnifique.
Comment se rendre à Ville-d’Avray ?
Par le bus : ligne 426 depuis Boulogne Billancourt ou Sèvres, ligne 471 depuis Saint-Cloud ou Versailles et ligne 469 depuis les Hauts-de-Sevre
Par la gare : Arrêt gare de Sèvres / Ville-d’Avray, ligne desservant la gare Saint-Lazare ou La Défense et Versailles rive-droite
En voiture : à 10 minutes de Pont de Sèvres ou Pont de Saint-Cloud
Téléchargez la trace de cette randonnée au format .gpx en cliquant ICI
A l’occasion de ma troisième expérience de guide chez Sport et Nature entre Héricy à Melun (77) ce dimanche 3 juillet, voici un premier point sur cette activité passionnante.
L’organisation d’une randonnée dominicale chez Sport et Nature requiert une véritable préparation, de la réflexion, un niveau zen de vingt ans de yoga . Etudions ensemble un cas concret : Héricy-Melun, 24 km, niveau moyen, temps sec, un cocktail à la fois aérien, culturel, rafraîchissant et oxygénant sur les coteaux de la Seine rive droite. Voici mes modestes recommandations.
1) Testez la motivation des randonneurs du dimanche
Alors que mes camarades Cyril ou Stéphane proposent des kilométrages impressionnants à parcourir en deux heures, sans pause, sous le cagnard, j’ai opté ce dimanche là par une heure de RDV très avancée, c’est à dire… 8h00 gare de Lyon ! Fallait oser . Planifiez ainsi vos randos de plus en plus tôt. Si un jour, vous êtes seul en gare, la limite est probablement atteinte.
2) En donner toujours d’avantage au groupe.
Avec l’aide complice de la SNCF, j’ai eu ce jour-là la chance d’offrir aux 14 participants une excursion surprise gratuite en autobus de Melun à Héricy . Chacun a ainsi pu découvrir le parcours dans un car dit de « Substitution pour travaux » . N’hésitez donc pas à repérer les jours de grèves, les itinéraires en chantier pour pimenter vos sorties. De même, une partie du GR2 était fermé sur notre parcours. Comme nous, franchissez les barrières et offrez leurs un parfum d’aventure devenu si rare !
Belle ballade de 25 km sur les coteaux de la Seine
3) Restez à l’écoute de l’adhérent isolé
Même si le groupe manifeste bruyamment l’envie d’avancer vite, ne jamais négliger le cas individuel, notamment le randonneur qui a oublié d’acheter sa baguette. Un petit détour d’un kilomètre par la boulangerie du village fait toujours plaisir et s’avère bénéfique pour l’économie locale.
Que faire si l’adhérent retarde tout le monde en ramassant du muguet tous les trois mètres, en rasant trois champs blé pour se faire des bouquets ou encore confond randonnée ou une étude biologique de la faune en rapportant à la maison des orvets, des insectes, des hérissons morts, des morceaux de plastique..que sais-je..?
Certains guides comme Geneviève choisissent alors l’option « recadrage », c’est à dire le petit coup gueule autoritaire qui enfonce l’adhérent un mètre sous terre mais en revanche force le respect des autres marcheurs tétanisés.
Mais après trois recadrages ? Selon moi et les principes démocratiques en vigueur dans ce pays, l’adhérent a parfaitement le droit de s’attarder. Selon les mêmes principes, j’estime que le guide a aussi le droit de l’abandonner en rase campagne, surtout s’il est jeune, en bonne santé, pas épuisé, bien nourri et en forme. Bref, qu’il se dém.. !
les randonneuses into the wild
4) Respectez le repos de l’adhérent (si possible)
La randonnée reste un espace convivial où règne souvent une communication débridée. Certains adhérents profitent de ces rencontres pour raconter durant 25 km non stop leurs problèmes de promotion, révéler des fantasmes sexuels incroyables, des idées politiques les plus révolutionnaires ou réactionnaires, leurs pires opérations médicales, à infliger à tous la litanie d’années où ils ont fait successivement le Maroc comme des rocks, l’Espagne en pagne , l’Indonésie avec frénésie, l’Afrique du Sud si rude, Compostelle à genoux, l’Ardèche dans la dèche, le Lubéron en rond, Oléron-Ré-Belle ile en solo, PITIE ! L’heure de la pause déjeuner pourrait être salvatrice, une heure de calme ..une seule ! Et bien non. Le recadrage du bavard s’impose ici également, hélas souvent ponctué par des échecs cuisants chez Sport et Nature .
tout un symbole de liberté ..totale !
Enfin, doit-on réveiller le marcheur durant sa sieste ? C’est cruel, mais ma réponse sera : oui . Surtout si le niveau de décibels devient difficilement supportable et qu’il reste encore 15 km à parcourir et que l’unique train de retour est dans deux heures. Réveiller Edward chaque semaine reste une douleur.
5) prendre en compte le métabolisme compliqué de l’adhérent (e)
Vessie atrophiée, prostate en fin de vie, hydratation surabondante, transit suractif, je ne m’étendrais pas sur le sujet . Les pauses s’imposent, même si cela fait baisser la moyenne.
Les ravages des dernières inondations
6) Intégrer les nouvelles générations
Les jeunes n’hésitent pas aujourd’hui à venir côtoyer les seniors en randonnée . Bravo . Essayez donc de vous montrer accueillant, patients, compréhensifs, d’éviter le discours moralisateur délivré à vos petits enfants, même si ces nouveaux adhérents marchent en minijupe , en tong, au milieu des ronces et des orties, chattent sur Facebook ou par sms ou n’achètent pas de titre de transport !!
Merci à Eric pour son appui administratif.
Richard Kirsch
Des aventures à retrouver également sur Sport et Nature
Un profil bien sageLa Seine et Marne regorge de vestiges du passé
La nature, si belle qu’elle soit, a horreur du vide. Le dimanche 26 juin s’avérait dépourvu de tout programme, rien, une espèce de néant d’activités au début d’un été radieux surgi d’une éternité de pluies. Randonneuse ad dicte, Geneviève ne résista pas à l’envie de combler ce vide abyssal et d’organiser ce jour-là un parcours au départ de Nézel, au sud de Mantes-La-Jolie. Un dimanche ordinaire ? Non ! Le jour du match entre la France et l’Eire en 8e de final de l’Euro 2016, une rencontre programmée à 15h00 ! l’UEFA ne s’était concerté avec Sport et Nature.
Tout d’abord j’ai hésité à venir. Non pas que je sois un aficionado forcené mais l’affiche avait de quoi faire vibrer mon patriotisme enfoui. Toutefois l’idée de perdre une journée de marche dans la verdure et passer 90 mn devant un écran me parut peut enthousiasmante. Alors je décidais que la France se passerait de moi et qu’elle m’attendrait jusqu’aux quarts de final.
une rando qui sentait bon l’été retrouvé
Nous étions une vingtaine au départ à la Gare Montparnasse vers Mantes-La-Jolie, des habitués et deux jeunes nouveaux Maxime et Kimberley, frères et sœur, conquis par leur dernière sortie avec le plus beau club du monde, à savoir Sport et Nature. Parmi les absences inhabituelles soulignons celle d’Edward, ce drogué du trek ayant raté son train d’une minute. Côté encadrement Geneviève tiendrait donc la carte et Michel le portefeuille. Rigueur implacable, elle nous rappela qu’il ne fallait pas confondre balade et randonnée question vitesse. Quant à lui, il réitéra le principe fondamental de S & N : « les bons comptes font les bons adhérents. », et il fit job d’administratif avec sérieux tel le contrôleur SNCF non-gréviste verbalisant.
un parcours de 25 km plutôt à découvert. A éviter si canicule.
Un voyage entre Nézel et la gare Montparnasse permet sans problème de remplir une grille géante complète de mots croisés , venir à bout de quatre Sudoku force 5 ou alors de tricoter un pull manches longues taille XXL pour l’hiver ! Bref c’est du très très long. Ce trajet nous permit néanmoins de faire des commentaires très avisés sur cette compétition footballistique. Michel enregistrant ce match, il demanda à tous de s’abstenir de toutes informations sur le score durant la randonnée à partir du coup d’envoi. Maxime et moi, rigolions déjà, le jeune marcheur recevant toutes les notifications d’Eurosport sur son portable et moi celle de l’App officielle Euro 2016. La matinée se déroula à un bon rythme, Geneviève marchant toujours en tête d’une colonne de petits salopards de randonneurs mou du genoux et Michel jouant les chiens de berger sans grand succès. Les kilomètres défilaient dans les grandes plaines agricoles aux confins de Vexin. Geneviève planta le pique-nique dans le joli bourg d’Horgeville, sur la pelouse accueillante de la magnifique mairie, un ancien presbytère. Des drapeaux tricolores ornaient quelques fenêtres, on sentait la pression montée dans le groupe avec de nombreux flashes back sur les matchs passés et des visions fantasmatiques sur les suivants.
Horgeville, son château, sa mairie 18e , ses supporters.
L’avenir du pays , son moral, l’économie voire le destin de François Hollande semblaient en effet tenir au jeu de 22 beaux gosses survitaminés, tatoués et gominés dont la recherche dans le look capillaire reste pour moi un grand mystère. Les marcheurs les plus au fait se lançaient dans des pronostics sophistiqués ou expliquaient aux plus novices la différence entre temps additionnel et prolongations. Le parcours de l’après-midi prenait un peu de relief et de charme. Nous marchions souvent dans l’ombre des petits bosquets et les chemins vallonnés. A quelques kilomètres de l’arrivée, Michel perdit soudain tout espoir de visionner le match sans en connaître le score tant les communiqués faisaient vibrer nos portables.
Michel drague la randonneuse au volant . Classe !
Maxime savait dès le début que l’on s’était chopé un penalty , je le savais aussi et quelques minutes plus tard tout le monde connaissait l’issue du match. Car à environ un kilomètre d’Orgerus le vent porteur nous fit en effet entendre une immense clameur , deux explosions de joie successives : Antoine Griezzman venait de qualifier la France. Le compteur affichait près de 25 bornes, la pression de l’enjeu était retombée, il nous restait plus qu’à faire remonter celle d’une bière fraîche à Montparnasse !