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Une rando-marathon, 13 filles au taquet, un guide radical et moi et moi et moi

L’oise à l’Isle Adam
Trois grâces en extase devant un abreuvoir !

« De l’Isle Adam à Luzarches, 32 km à allure soutenue guidée par Stéphane« . Je compris immédiatement  que la randonnée proposée par Sport et Nature ce jour-là réunissait tous les ingrédients pour repousser nos limites habituelles, sachant qu’au-delà de 30 km et à 4,5 km/h en continu la fin de parcours se ferait  dans la douleur. Et puis c’était Stéphane. La réputation de cet accompagnateur radical n’est plus à faire. Ce mec  sympa  a rayé depuis longtemps les termes compassion et diminution de parcours de son vocabulaire de meneur. Seul compte le respect du programme annoncé. Mou du genoux s’abstenir ! Quelques mois auparavant des randonneurs de l’association avaient pu vérifier cette réputation lors d’un retour vers Paris plutôt rock ‘n roll.  Ça débuta par  une course contre la montre durant les trois derniers kilomètres pour attraper un train, suivie d’une montée acrobatique dans une mauvaise rame. Épuisement collectif, la journée déjà éprouvante se solda par un retour vers les 22 heures ! Record battu .
Vu la distance non négociable, le rythme imposé et malgré une météo plus que clémente, seulement quatorze randonneurs répondirent présent au rendez-vous de la Gare du Nord. Treize filles, le guide et votre serviteur. Dès le départ de la gare de l’Isle Adam-Parmain, mes craintes se confirmaient, d’autant que le groupe de tueuses mené par Stéphane partit à fond le long de l’Oise. Comment allais-je pouvoir tenir la cadence infernale sur 32 km derrière cette meute gonflée à bloc ? Stéphanie dans mes pas, une baroudeuse de l’asso qui connaissait la musique pour avoir fait les 40 km du Mont Saint-Michel avec lui, je laissais filer et pris le temps du warm up habituel. (Il me faut bien 6 à 8 km pour atteindre ma vitesse de croisière.) Nous n’étions pas les seuls à trainasser en queue de peloton. Dès le briefing j’avais remarqué  Émilie, une nouvelle venue plutôt fluette et chaussée de simples tennis. J’essayais d’écarter mes a priori relatifs à l’équipement douteux de certains randonneurs, mais par expérience je savais qu’elle allait connaître de vrais soucis sur une telle distance. Il fallut pas moins de 16 km et la pause déjeuner au bord d’un étang baigné de soleil pour que le groupe mette enfin un bémol à cette marche rapide. Heureusement ce beau parcours en forêt ne présentait pas  de grosses difficultés si ce n’est quelques bosses, histoire de nous rappeler que ce tour de l’Ile-de-France

Un ultime massage au Baume du Tigre pour Emilie avant de reprendre le train à Viarmes

sur le GR1 est loin d’être plat ou monotone. Après une heure de repos, le rhum arrangé de Stéphane, la ronde copieuse des desserts , chacun réalisa qu’il fallait marcher encore la même distance, soit 16 km, donc abandonner ce rythme proche du Nordic walking !  A la reprise, Emilie , les muscles refroidis, comprit dès les premiers pas que la rando en tennis n’était pas le meilleur choix. Je fouillais dans ma pharmacie pour lui offrir de l’Advil et calmer ses contractures jusqu’ à la gare la plus proche et prévenais Stéphane. Le guide m’écouta, étudia la carte, nous étions au milieu de la forêt de Carnelle, la gare de Viarmes semblait la solution la moins pire pour Émilie. Miracle, il consentit à dérouter le groupe  ! (On n’en revient toujours pas).  Elle tint la distance grâce aux 400 mg d’ibuprofène jusqu’à destination puis une petite randonneuse thaïlandaise sortit de son sac toutes sortes de baumes exotiques , une copine un peu kiné lui administra un ultime massage avant que le groupe l’abandonne en ville avec une autre fille. Mais Stéphane n’ avait pas du tout renoncé à ses principes , 32 km c’est 32 km ! Alors il nous entraîna plein nord  jusqu’ à l’ abbaye de Royaumont afin de remplir le contrat. En franchissant la voie ferrée, on regarda  s’éloigner la gare de Seugy distante de quelques centaines de mètres. Luzarches était encore si loin, comme la plupart d’entre nous j’aurais bien repris le train ici ou une bière dans un de ces bistrots paumés de grande banlieue plombés par l’ennui. Ni pense même pas pauvre nain me suis-je dit, tu as signé et  puis hors de question de perdre la face devant les douze amazones sous perfusion d’adrénaline ou dopées aux amandes ou autres barres de céréales survitaminées. Après ce changement de parcours et une courte halte sans intérêt à Royaumont, un rien fatigué Stéphane perdit un peu de sa lucidité et son chemin, d’autant que sa portion de carte avait atteint les limites de lecture du tracé. Lors d’un contrôle GPS sur  App Iphigénie de mon Iphone, je me mis à douter de son choix  vers le sud. Après concertation, il accepta de prendre une route directe vers Luzarches  en  évitant une rallonge aussi pénible qu’inutile sur une variante du GR1. Il était près de 17h, on avait eu notre dose,  plusieurs me demandaient quelle véritable distance affichait le compteur. Coup d’œil sur le podomètre-bracelet et le GPS, nous avions parcouru plus de 34 km !  L’ heure de train jusqu’à la gare du Nord me plongea dans un demi-sommeil, rincé mais content.

Cette belle rando marque la 6e étape du GR1. Il nous reste encore de nombreux dimanches pour boucler les 670 km de ce sentier historique qui encercle Paris. Sachant qu’avec Stéphane, on devra parfois pousser plus loin la machine ! Le prix à payer pour progresser.

Téléchargez la trace GPS ICI

Idée rando : mettez vous Auvers sur l’Oise (95) 27 km

un parcours de 27 km très boisé sans difficulté.
Le GR1 suit ici l’Oise sur quelques kilomètres

Paris s’est vidé de ses habitants, les touristes ont investi la Capitale soumise aux caprices d’un été alternant épisodes caniculaires et polaires. L’ile de France ouvre ses grandes espaces désertés aux randonneurs parigots. Notre copine Chantale nouvelle guide de Sport et Nature nous invite à découvrir la partie Est du Vexin au départ de la gare de L’Isle-Adam. La locale de St Leu a concocté une boucle de 24 km sur le papier. Nous en ferons 27, mais qu’importe, le parcours en valait la peine. La bonne idée fut de renoncer de commencer cette randonnée par  la forêt de l’Isle-Adam, tellement connue, mais de suivre l’Oise sur une longue boucle jusqu’à Champagne (sur Oise , of course ) et de traverser le Bois de la Tour du Lay en suivant notamment le GR1. Ce sentier qui encercle la région parisienne passe ici par Nesles-La-Vallée. Le charmant village nous accueille pour un pique-nique mérité sur la berge d’un canal verdoyant après 13 km menés à un bon rythme. Afin d’éviter un long passage dans la plaine, Chantal a choisi de descendre plein sud par un long goulet de verdure  ou s’enchaînent les Bois des Vignes, le Bois des Cocus (!), le Bois le Roi et qui se termine par la Côte de la Thibaude. Ce superbe chemin conduit à Auvers-sur-Oise, une destination beaucoup plus fréquentée ce dimanche. Si la présence de Van Gogh reste omniprésente bien sûr, le château, les terrasses des cafés et le calme des bords de l’Oise en font une idée de balade très accessible depuis Paris et passionnante. Une partie du groupe reprendra le train ici, le reste continuera en franchissant l’affluent de la Seine jusqu’à la gare de Mériel. C’est ici que Jean Gabin a grandi avant de devenir  l’immense acteur que l’on connaît. La ville lui a dédié un musée discret non loin du chemin de halage. Cet itinéraire ne présente pas de difficulté si ce n’est ses 27 km. Il permet de découvrir quelques perles du Vexin, un parc naturel classé vaste de 65.000 hectares regroupant 66 communes, une voie romaine sublime ainsi que des vestiges historiques remontant à 2500 ans avant J.C.  A parcourir sans modération.

panorama du Vexin
Le musée Jean Gabin à Mériel
Ici vécu Van Gogh à Auvers-sur-Oise
Demeure et restaurant de charme
La mûre toujours la mûre !
Nesle-La-Vallée
Un pollissoir de silex datant de 2500 ans avant JC découvert en 1969.

Télécharge la trace GPS de cette randonnée :  ICI

RATP, SNCF , les partenaires-aventure de mes rando-parigot

En choisissant l’abandon de la bagnole pour parcourir l’IDF, le randonneur va connaître d’autres frissons de l’aventure, ceux des transports en commun. Grèves, incidents techniques, maintenance, suicides, malaises, une sortie le dimanche n’est jamais gagnée d’avance. Bienvenue dans une épopée ordinaire du RER C lors d’une rando rigolade Sport et Nature très Lorel et.. Lardy !

un joli parcours de 22 km dans le Gatinais
Simple, il suffit de suivre le balisage IGN
Anne toucha du doigt ce jour là une certaine image du bonheur
Michel B. sous perfusion d’adrénaline

Pour l’organisation de SA sortie guidée pour  Sport et Nature , Michel B. n’a pas eu de chance. Son plan initial prévu en Seine et Marne au départ de la Gare de Lyon est en effet tombé à l’eau la veille. Pourquoi ? Manque d’info, suprise .. ? Il ignorait que la SNCF avait choisi le jour de SA sortie pour changer un poste complet d’aiguillages ! Résultat aucun train ne circulait durant ce week-end en cette gare et celle de Bercy ! Damned ! jura t-il dans son for intérieur avant d’échaffauder en un temps record un plan B. Puisant dans sa banque de randos constituée depuis dix ans , notre spécialiste expérimenté en extirpa un parcours partant de la gare d’Etrechy et devant se terminer à celle de Chamarande sur la ligne du RER C (entre Paris et Etampes ). Je le sais, en général ces noms de villes vous semblent carrément exotiques, voire elles n’évoquent même pas grand chose même chez les parisiens habitant à l’intérieur du Périph’ .  C’est vous dire . Pour faire bref , nous sommes au sud d’Arpajon et cette randonnée printanière concentre son intérêt autour de la Juine, un charmant affluent de l’Essonne. Ponts de pierres, lavoirs, barrages, anciens moulins le cours d’eau recèle quelques petits trésors. Se balader dans le Gâtinais, c ‘est aussi découvrir de magnifiques corps de fermes, des bâtiments témoins de cette période agricole faste mais aussi laborieuse avec l’exploitation des carrières de grès. Sitôt arrivé à la gare d’Etrechy, le guide annonça la couleur du parcours et les règles élémentaires de sécurité, notamment à l’ attention de nos deux petites anglaises récemment inscrites, des filles totalement bilingues en partance pour la Bolivie et le Pérou. Rien de tel qu’un training dans l’Essonne et ses sommets culminant à 180 m pour se frotter à la cordillère des Andes ! Le groupe ne dépassait pas vingt cinq marcheurs ce jour-là, une majorité d’habitués contente de se retrouver pour échanger les derniers potins du boulot sur les sentiers de cette belle région, ou encore évoquer les prochaines aventures des vacances d’été . Pourtant le blabla- climat de ce mois de mars ne ressemblait à aucun autre. Les rebondissements des élections présidentielles toutes proches planaient mollement sur un groupe qui tentait de ne pas en parler tout en parlant. Ainsi Anne qui rêve en secret de voir enfin Emmanuel Macron en meeting, se pâma devant son portrait placardé dans un bourg. Edward, qui avait gonflé la veille la foule des partisans de Mélanchon le tribun magnifique rassemblés à République, marchait cette matinée sans grande conviction et tenait des propos résignés tout à fait inhabituels. Quant à notre ami Patrick, virulent anarchico- gauchiste-anti-cléricale assumé il se remettait de sa semaine difficile de sorties culturo-divertissantes à répétition. Il évita lui aussi les polémiques stériles avec l’auditoire à l’engagement politique inexistant, préférant raconter les détails de sa prochaine croisière en Méditerranée programmée pour octobre. Parmi ses angoisses récurrentes, une question le tenaillait : les douze bars seraient-ils ouverts au départ du bateau !? Un autre Michel, très remonté contre les oligarques, le fameux système et inquiet de l’opacité de l’horizon social des prochains mois, distillait ça et là sa relative mauvaise humeur au gré des conversations du chemin. Mal réveillé, j’avais décidé de ne pas m’en mêler, préférant écouter geindre ma pauvre carcasse en proie à des maux inédits. Mon départ pour le Camino del Norte vers Compostelle étant prévu pour le 18 avril, ces «  bobolas » inquiétaient déjà le bon hypocondriaque que je suis. Après trois heures plutôt tranquilles, notre guide décida que l’heure du déjeuner dominical avait sonné et arrêta la meute affamée au bord du chemin dans un sous-bois, avouons le d’une grande banalité. Un pique-nique Sport et Nature n’ a rien d’un arrêt express ou chacun ingurgite un sandwich à la hâte. Ici on plante le camp en dépliant les nappes et les bâches puis c’est le grand déballage des victuailles. Je m’étonne encore depuis des mois que je fréquente cette association de la qualité voire de l’inventivité culinaire des randonneurs en matière de repas en itinérance. La palme revient sans doute aux amuse-gueule de Patrick alors qu’André surprend son monde par la richesse de ses pinards . Le summum est atteint lors de la phase, que dis-je la farandole des desserts ! Un festival. Lorsque le groupe est important , beaucoup d’entre nous calent littéralement tant l’offre est copieuse. J’avoue que ce pique-nique du dimanche dépasse largement en saveur mon quotidien d’une pauvreté gastronomique assez pathétique. Le mélange du Porto Blanc habituel et du vin chinois proposé ce jour-là provoqua l’ euphorie collective assez courante et un redémarrage poussif . De rythme moyen, on passa à une vitesse de marche erratique, chacun s’arrêtant à maintes reprises devant une jonquille , une ferme-brocante, ou comme notre guide pour ramasser des pissenlits destinés à la salade du soir. Après une erreur de navigation sur la carte (due au degré d’alcoolémie.;?) , et malgré ma vive protestation de randonneur geek armé d’un GPS et de l’App Iphigénie, Michel nous conduisit à Lardy par le chemin des écoliers au bout de 14 km. Peu motivés, 5 ou 6 d’entre nous désertèrent alors le groupe pour reprendre le train vers Paris. L’objectif étant de rejoindre la fameuse gare de Chamarande et de pousser le compteur jusqu’à 22 km , on fit un grand détour par une zone inconnue sur les hauteurs de Lardy ou quads et motos tout-terrain jouaient dans un bac à sable géant. Puis comme personne n’y croyait plus, et que Denis insistait pour nous servir son vin chaud préparé avec amour, le groupe replongea vers … Lardy ! Adieu Chamarande, il était près de 17h00 . Le RER C du retour stoppa à la station Bibliothèque François Mitterrand, ma connexion pour reprendre la ligne 14 et rejoindre la Gare St Lazare, puis Bois-colombes . (j’en vois qui ne suivent pas, ça va barder) . Et là,  place au gag STIF du soir (Société des Transports d’Ile de France), option gentil cauchemar de fin de rando. Surréaliste, les navettes hi tech sans chauffeur de la ligne 14 arrivaient dans la station les unes après les autres mais sans prendre de voyageurs suite à un incident technique . Toutefois, à chaque nouvelle rame les portes s’ouvraient, quelques entêtés sourdingues montaient alors que les haut parleurs du quai ainsi qu’une agent talky en main hurlaient pour les virer des wagons ! Je renonçais avec sagesse pour reprendre le RER C vers La Gare d’Austerlitz et ses lignes de métro. Et là… plus d’affichage des numéros  de quais, des destinations et ou des horaires, un seul message : «  un passager est victime d’un malaise, si vous êtes médecin faites vous connaître..etc.. ». Parmi les centaines d’usagers plantés , la RATP allait bien  trouver un toubib, mon brevet de secouriste ne ferait pas l’affaire.  Il était 19h30 lorsque j’arrivais enfin dans ma banlieue. Quand je vous répète que l’aventure c’est aussi en Ile-de-France !

 

Téléchargez la trace en .gpx  http://www.visugpx.com/KjmGI0SrIT.

Remerciements à la SNCF et la RATP pour leur service dans cette métropole de 12 millions d’habitants. Ps. Merci d’abaisser le prix du Mobilis 5 zones

Héricy ou ailleurs, vive la rando en Seine et Marne !

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Joli parcours proposé par Geneviève , 22 km de sentiers et paysages très variés.
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La Seine, sur les quais de Tomery

Il y a des matins d’automne où le soleil éclatant vous tire du lit un randonneur même terrassé par un rhume. Le temps de faire mon sac sans oublier la pile de Kleenex et une dose d’Aspirine, je rejoins mes camarades de Sport et Nature à la Gare de Lyon. Nous ne sommes pas les premiers ni les plus courageux . D’autres clubs encombrent déjà les quais des trains en partance pour Fontainebleau et tout le sud de la Seine et Marne. Rien d’étonnant, avec 12 millions d’habitants l’ Ile-de-France affiche la plus forte concentrations de randonneurs au kilomètre carré. Au menu de la journée , un recette concoctée par Geneviève, soit 22 km entre les gares d’Héricy et Veneux-Les-Sablons, de quoi éviter astucieusement la foule sur les sentiers. Notre guide fait partie des routardes que je classerais dans la catégorie des « cumulardes  de mandat » . Elle guide en effet des randonnées pour une autre asso : les Amis de la Nature. De cette structure vient aussi André, un « cumulard d’assos » un randonneur acharné, négociant en pinard, vintage qui marche depuis trente ans. Aujourd’hui le retraité s’offre trois sorties par semaine avec quatre associations différentes , dont l’inévitable RIF ! Sport et Nature fait donc partie d’une nébuleuse de clubs, asso privées , rattachés ou non à la FFRP. Les randonneurs-zappeurs vont ainsi de l’un à l’autre au gré des rencontres, de leur état d’âme … Notre camarade Michel fait ainsi régulièrement référence à ses anciennes amours du CIHM, une autre machine à loisirs populaires. Et comme celle de Geneviève, sa banque d’itinéraires est une vraie mine d’or dont profite désormais Sport et Nature. Quant à Robert dit « Bob » , notre président navigue allègrement avec OVS (On Va Sortir), le site géant à tout faire pour partager tout et n’importe quoi en tant que célibataire. Brefs, des hommes et des femmes d’expérience qui conjuguent passion et intérêts personnels , des responsabilités à géométrie variable ! Au fil des kilomètres, je découvre et suis le  parcours de Geneviève sur l’app Iphigénie. Je constate qu’il descend plein sud par le GR32 jusqu’à Champagne-sur Seine en suivant la courbe du fleuve. le chemin tortueux surplombe le coteau et s’enfonce dans des sous-bois superbes. On changera de rive à Tomery, une joli bourg d’une grande  tranquillité  et dont la vigne constitue le patrimoine historique. cabanonGeneviève nous installe pour la pause déjeuner au bord d’un « long sillon » , contruction typique de cette culture viticole locale. Trois tables avec bancs sous le soleil , que rêver de mieux ?! Comme d’habitude, c ‘est la ronde des desserts mais cette fois ci pas question de faire la sieste. Après un nouveau passage le long de la Seine, la guide nous entraîne sur les sentiers familiers de la Forêt de Fontainebleau. Des groupes de randonneurs squattent les aires de pique-niques, des connaisseurs . Après un court passage par le fameux TMF Tour du Massif de Fontainebleau) , direction Veneux par le GR1 . Les plus speed d’entre nous décident de prendre le train de 16h50 et forcent le pas . Alexandre, la tête dans les nuages décolle avec un autre groupe ! Pas grave c’est tout droit . Nous le rattrapons au bout d’un kilomètre, il est crevé le garçon mais serre les dents. Il faut dire que le rythme n’ a pas molli depuis le départ sans être pour autant épuisant . Les petits futés n’ont finalement pas eu leur train , nous les rejoignons à la gare. Exercice de strech collectif sur les rambardes SNCF , partage du restant de desserts histoire d’oublier les bonnes colories brûlées. Le train venant de Montereau ou Montargis (?) est plein comme un oeuf, la gare de Lyon a des airs de retour de vacances d’été tant la foule est dense. Mais nous sommes bien en automne, une saison splendide pour découvrir les itinéraires inédits de cette Seine et Marne décidément passionnante .

Un grand merci à Geneviève et Frère Eric, toujours efficace dans son rôle de collecteur d’impôt sur rando !

Richard Kirsch

Téléchargez la trace de cette rando en fichier .Gpx  ICI

Retrouvez toutes randos également sur le blog de Sport et Nature : sport-et-nature.org

 

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Ajoutez un Tournan à vos randos

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Un itinéraire facile de 21 km 

Le 2 octobre , je devais guider notre rando hebdomadaire, alors je m’étais dit, pourquoi pas reprendre un morceau de Brie ? La Seine et Marne est suffisamment vaste à explorer,  retournons-y et laissons de côté Fontainebleau ou la vallée de Chevreuse, cap vers le soleil levant !  Il suffit d’une demi-heure de train pour rejoindre Tournan-en Brie depuis la gare de l’Est. De quoi séduire une petite trentaine de lève-tard un dimanche matin, avec à la clef une balade de 21 km jusqu’à Verneuil-l’Etang. Le regroupement du départ est toujours l’occasion de retrouvailles émouvantes mais aussi de surprises . Rien n’échappe au randonneur et le randonneur n’échappe à rien, surtout pas à l’oeil des randonneuses . Pour la petite histoire, après voir été harcelé de mes mails relatifs à sa tenue vestimentaire pathétique durant une semaine, Edward a débarqué en neuf ! Sac à dos ultra light, veste technique, T-shirt en laine Mérinos.. Elles se sont toutes pâmées de longues minutes devant la cohésion des tons gris et l’allure magnifique de notre ami . Un carton !

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Une longue balde au fil de la Marsange

Après un rapide briefing sur la place de la gare, il a suffi de suivre le PR et de ne pas le perdre, ni perdre en route quelques bavards attardés. C’est encore une fois Frère Eric qui s’affranchira de cette mission avec sérieux. Ce pèlerin administratif  soulage de 5 € tout randonneur souhaitant se joindre au plus beau des clubs, Sport et Nature ! Ce jour-là il n’y eut qu’une seule nouvelle, donc peu de monnaie à rapporter. Toutefois certains WE la somme rondelette  récoltée peut susciter quelques convoitises dangereuses. Eric a d’ailleurs évoqué son souhait d’être accompagné dorénavant d’un garde du corps pour convoyer un tel fonds. Michel, plus pragmatique et moderne a plutôt suggéré l’achat d’un terminal Carte Bancaire portable. Le sujet sera traité lors de la prochaine réunion. Cette rando automnale  ne présenta pas de difficultés majeures, exceptés un ou deux passages délicats de la Marsange, ce cours d’eau  qui est à la Brie par temps de pluie ce qu’est le Rio Grande au Mexique.  Ce PR Nord-Sud slalome ainsi le long de  la rivière entre terres agricoles , petits bois , petits bourgs, petits chemins, petits quartiers pavillonnaires. De quoi soulever d’inévitables critiques, bonnes et plus douloureuses. Mais un guide aguerri serre les dents et encaisse. La communication et la cohésion avant tout !  En randonnée, trois grandes questions lui sont posées régulièrement. Si celui-ci passe ainsi  plus d’une minute à regarder sa carte , question inévitable :  « On est perdu ? « .  Je rassure généralement alors mon interlocuteur  lui montrant notre position sur  la carte IGN ou sur  mon App Iphigenie. C’est normalement suffisant pour  calmer cette angoisse légitime et récurrente vécue lors de ces incroyables aventures  en  Ile-de-France, une région si sauvage.  Une seconde question revient elle aussi :  » On a fait combien de kilomètres ?  » . J’avais bien essayé d’expliquer lors du briefing que nous marchions entre 4 et 4,5 km/heure. Il suffisait alors de regarder sa montre pour connaître la réponse . Hélas..Allez un effort , après 2 heures de marche , on a fait ?? OUI ! entre 8 et 9 km ! Bravo. Enfin la troisième question : « Quand est-ce qu’on mange ? » . Normal lorsque chacun a pris son déj vers les 7h00 .

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Ce jour-là les randonneuses passent à l’ attaque

Après une bonne dizaine de bornes, la pause dura près de 45 minutes, le groupe éparpillé dans un joli champ, à l’ abri de la brise, sous un soleil radieux. La nouvelle adhérente fut baptisée par Patrick au porto blanc selon la tradition séculaire, un rituel se complétant d’une débauche de pâtisseries maison. Au sujet nutritionnel, la randonnée Sport et Nature n’est pas ce qu’on fait de mieux. L’adhérent peut griller de 600 à 800 kcal sur les dix premiers kilomètre et en ingurgiter plus de 1000 lors de cette pause fatale. Le bilan n’est pas fameux d’autant qu’une rando Sport et Nature peut se conclure par une bonne bière au café. La moyenne post-déjeuner ne fut pas folichonne. En effet André, le seul randonneur assumant un look années 60 total vintage, aime à nous faire découvrir les vins de son pays, (dont il assure aussi l’expédition. Qu’on se le dise ! ) . La gare de Verneuil l’Etang n’était plus très loin, le train arriva rapidement. et chacun apprécia de rentrer tôt . Une fois encore merci à Eric pour sa collaboration. A la prochaine fois !

Richard Kirsch

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Ne vous y fiez pas , c ‘est plat !

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Le petit guide du guide de randonnée du dimanche

panneau balisageA l’occasion de ma troisième expérience de guide chez Sport et Nature entre Héricy à Melun (77) ce dimanche 3 juillet, voici un premier point sur cette activité passionnante.

L’organisation d’une randonnée dominicale chez Sport et Nature requiert une véritable préparation, de la réflexion, un niveau zen de vingt ans de yoga . Etudions ensemble un cas concret : Héricy-Melun, 24 km, niveau moyen, temps sec, un cocktail à la fois aérien, culturel, rafraîchissant et oxygénant sur les coteaux de la Seine rive droite. Voici mes modestes recommandations.

1) Testez la motivation des randonneurs du dimanche

Alors que mes camarades Cyril ou Stéphane proposent des kilométrages impressionnants à parcourir en deux heures, sans pause, sous le cagnard, j’ai opté ce dimanche là par une heure de RDV très avancée, c’est à dire… 8h00 gare de Lyon ! Fallait oser . Planifiez ainsi vos randos de plus en plus tôt. Si un jour, vous êtes seul en gare, la limite est probablement atteinte.

2) En donner toujours d’avantage au groupe.

Avec l’aide complice de la SNCF, j’ai eu ce jour-là la chance d’offrir aux 14 participants une excursion surprise gratuite en autobus de Melun à Héricy . Chacun a ainsi pu découvrir le parcours dans un car dit de « Substitution pour travaux » . N’hésitez donc pas à repérer les jours de grèves, les itinéraires en chantier pour pimenter vos sorties. De même, une partie du GR2 était fermé sur notre parcours. Comme nous, franchissez les barrières et offrez leurs un parfum d’aventure devenu si rare !

Parcours Héricy
Belle ballade de 25 km sur les coteaux de la Seine

3) Restez à l’écoute de l’adhérent isolé

Même si le groupe manifeste bruyamment l’envie d’avancer vite, ne jamais négliger le cas individuel, notamment le randonneur qui a oublié d’acheter sa baguette. Un petit détour d’un kilomètre par la boulangerie du village fait toujours plaisir et s’avère bénéfique pour l’économie locale.

Que faire si l’adhérent retarde tout le monde en ramassant du muguet tous les trois mètres, en rasant  trois champs blé pour se faire des bouquets ou encore confond randonnée ou une étude biologique de la faune en rapportant à la maison des orvets, des insectes, des hérissons morts, des morceaux de plastique..que sais-je..?

Certains guides comme Geneviève choisissent alors l’option « recadrage », c’est à dire le petit coup gueule autoritaire qui enfonce l’adhérent un mètre sous terre mais en revanche force le respect des autres marcheurs tétanisés.

Mais après trois recadrages ? Selon moi et les principes démocratiques en vigueur dans ce pays, l’adhérent a parfaitement le droit de s’attarder. Selon les mêmes principes, j’estime que le guide a aussi le droit de l’abandonner en rase campagne, surtout s’il est jeune, en bonne santé, pas épuisé, bien nourri et en forme. Bref, qu’il se dém.. !

marcheuses
les randonneuses into the wild

4) Respectez le repos de l’adhérent (si possible)

La randonnée reste un espace convivial où règne souvent une communication débridée. Certains adhérents profitent de ces rencontres pour raconter durant 25 km non stop leurs problèmes de promotion, révéler des fantasmes sexuels incroyables, des idées politiques les plus révolutionnaires ou réactionnaires, leurs pires opérations médicales, à infliger à tous la litanie d’années où ils ont fait successivement le Maroc comme des rocks, l’Espagne en pagne , l’Indonésie avec frénésie, l’Afrique du Sud si rude, Compostelle à genoux, l’Ardèche dans la dèche, le Lubéron en rond, Oléron-Ré-Belle ile en solo, PITIE ! L’heure de la pause déjeuner pourrait être salvatrice, une heure de calme ..une seule ! Et bien non. Le recadrage du bavard s’impose ici également, hélas souvent ponctué par des échecs cuisants chez Sport et Nature .

symbole phalique
tout un symbole de liberté ..totale !

Enfin, doit-on réveiller le marcheur durant sa sieste ? C’est cruel, mais ma réponse sera : oui . Surtout si le niveau de décibels devient difficilement supportable et qu’il reste encore 15 km à parcourir et que l’unique train de retour est dans deux heures. Réveiller Edward chaque semaine reste une douleur.

5) prendre en compte le métabolisme compliqué de l’adhérent (e)

Vessie atrophiée, prostate en fin de vie, hydratation surabondante, transit suractif, je ne m’étendrais pas sur le sujet . Les pauses s’imposent, même si cela fait baisser la moyenne.

route ravagée
Les ravages des dernières inondations

6) Intégrer les nouvelles générations

Les jeunes n’hésitent pas aujourd’hui à venir côtoyer les seniors en randonnée . Bravo . Essayez donc de vous montrer accueillant, patients, compréhensifs, d’éviter le discours moralisateur délivré à vos petits enfants, même si ces nouveaux adhérents marchent en minijupe , en tong, au milieu des ronces et des orties, chattent sur Facebook ou par sms ou n’achètent pas de titre de transport  !!

Merci à Eric pour son appui administratif.

Richard Kirsch

Des aventures à retrouver également sur Sport et Nature

 

Profil Héricy
Un profil bien sage
couv 16:9 Hericy
La Seine et Marne regorge de vestiges du passé

Cygnes

Ce jour-là l’Euro s’invita en rando

KimberleyLa nature, si belle qu’elle soit, a horreur du vide. Le dimanche 26 juin s’avérait dépourvu de tout programme, rien, une espèce de néant d’activités au début d’un été radieux surgi d’une éternité de pluies. Randonneuse ad dicte, Geneviève ne résista pas à l’envie de combler ce vide abyssal et d’organiser ce jour-là un parcours au départ de Nézel, au sud de Mantes-La-Jolie. Un dimanche ordinaire ? Non ! Le jour du match entre la France et l’Eire en 8e de final de l’Euro 2016, une rencontre programmée à 15h00 ! l’UEFA ne s’était concerté avec Sport et Nature.

Tout d’abord j’ai hésité à venir. Non pas que je sois un aficionado forcené mais l’affiche avait de quoi faire vibrer mon patriotisme enfoui. Toutefois l’idée de perdre une journée de marche dans la verdure et passer 90 mn devant un écran me parut peut enthousiasmante. Alors je décidais que la France se passerait de moi et qu’elle m’attendrait jusqu’aux quarts de final.

champs blé
une rando qui sentait bon l’été retrouvé

 

Nous étions une vingtaine au départ à la Gare Montparnasse vers Mantes-La-Jolie, des habitués et deux jeunes nouveaux Maxime et Kimberley, frères et sœur, conquis par leur dernière sortie avec le plus beau club du monde, à savoir Sport et Nature. Parmi les absences inhabituelles soulignons celle d’Edward, ce drogué du trek ayant raté son train d’une minute. Côté encadrement Geneviève tiendrait donc la carte et Michel le portefeuille. Rigueur implacable, elle nous rappela qu’il ne fallait pas confondre balade et randonnée question vitesse. Quant à lui, il réitéra le principe fondamental de S & N : «  les bons comptes font les bons adhérents. », et il fit job d’administratif avec sérieux tel le contrôleur SNCF non-gréviste verbalisant.

Trace Nezel-Orgerus
un parcours de 25 km plutôt à découvert. A éviter si canicule.

Un voyage entre Nézel et la gare Montparnasse permet sans problème de remplir une grille géante complète de mots croisés , venir à bout de quatre Sudoku force 5 ou alors  de tricoter un pull manches longues taille XXL pour l’hiver ! Bref c’est du très très long. Ce trajet nous permit néanmoins de faire des commentaires très avisés sur cette compétition footballistique. Michel enregistrant ce match, il demanda à tous de s’abstenir de toutes informations sur le score durant la randonnée à partir du coup d’envoi. Maxime et moi, rigolions déjà, le jeune marcheur recevant toutes les notifications d’Eurosport sur son portable et moi celle de l’App officielle Euro 2016. La matinée se déroula à un bon rythme, Geneviève marchant toujours en tête d’une colonne de petits salopards de randonneurs mou du genoux  et Michel jouant les chiens de berger sans grand succès. Les kilomètres défilaient dans les grandes plaines agricoles aux confins de Vexin. Geneviève planta le pique-nique dans le joli bourg d’Horgeville, sur la pelouse accueillante de la magnifique mairie, un ancien presbytère. Des drapeaux tricolores ornaient quelques fenêtres, on sentait la pression montée dans le groupe avec de nombreux flashes back sur les matchs passés et des visions fantasmatiques sur les suivants.

chateau rando
Horgeville, son château, sa mairie 18e , ses supporters.

L’avenir du pays , son moral, l’économie voire le destin de François Hollande semblaient en effet tenir au jeu de 22 beaux gosses survitaminés, tatoués et gominés dont la recherche dans le look capillaire reste pour moi un grand mystère. Les marcheurs les plus au fait se lançaient dans des pronostics sophistiqués ou expliquaient aux plus novices la différence entre temps additionnel et prolongations. Le parcours de l’après-midi prenait un peu de relief et de charme. Nous marchions souvent dans l’ombre des petits bosquets et les chemins vallonnés. A quelques kilomètres de l’arrivée, Michel perdit soudain tout espoir de visionner le match sans en connaître le score tant les communiqués faisaient vibrer nos portables.

Michel Epave
Michel drague la randonneuse au volant . Classe !

Maxime savait dès le début que l’on s’était chopé un penalty , je le savais aussi et quelques minutes plus tard tout le monde connaissait l’issue du match. Car à environ un kilomètre d’Orgerus le vent porteur nous fit en effet entendre une immense clameur , deux explosions de joie successives : Antoine Griezzman venait de qualifier la France. Le compteur affichait près de 25 bornes, la pression de l’enjeu était retombée, il nous restait plus qu’à faire remonter celle d’une bière fraîche à Montparnasse !

 

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Le pari Saint-Germain de Sport et Nature

 

Alors que le camarade Stéphane partait à la conquête du Mont Saint-Michel à la tête d’un cortège de courageux marcheurs peu effrayés par les 44 km annoncés, Jérôme tentait un autre pari . Pour ce guide expérimenté, il s’agissait en effet d’appliquer le plan B, la stratégie anti-grève et anti crue voire anti déprime. Délaissant  le Gatinais vers Etampes, véritable casse-pipe point de vue transport, Jérôme décida de traverser la forêt de Saint-Germain en solo, c’est à dire sans assistance administrative !

Allée ST G 1 groupe
St Germain? C’est tout droit.

Une poignée d’adhérents, une vingtaine exactement, avait répondu à son invitation et se retrouvèrent à Charles de Gaulle Etoile RER A en direction d’Achères Grand Cormier. Banlieusard futé et habitant Bois-Colombes (vous connaissez ? la favela de l’autre côté du périph) , j’avais décidé de ne pas passer par la case Etoile mais de me rendre directement au point de chute à une heure très très avancée , à savoir 10h33 . Fallait oser, Jérôme l’a fait. Il y a dans la vie de grands moments de solitude. Attendre seul au mauvais endroit fait partie de ces épreuves, de ces erreurs douloureuses : J’étais planté à Achères Ville !

Buisson richardC’est alors que mon portable sonna. Michel m’informa qu’il me faudrait près de 50 mn pour rejoindre la bonne gare entrain et rejoindre le groupe. Mission impossible. Jêrome (toujours lui) consulta alors sa carte et me fixa un nouveau point de rendez-vous à l’Etoile. Pas à la station RER , mais l’Etoile de la Garenne, en pleine forêt. Pour ceux qui connaissent ce bois, il y a presque autant d’étoiles à Saint-Germain que dans la galaxie. Tous les carrefours s’appellent en effet Etoile machin  ! Je n’insisterais jamais assez, amis randonneurs apprenez à lire une carte quelle soit papier ou numérique sur votre Smartphone. Avant de partir, j’avais chargé le fond de carte au 1 :25.000e de cette forêt (application Iphigénie IGN) et je n’eus aucune difficulté à rejoindre les copains.

carte SGprofil St GermainCôté rando, le plan B de Jérôme offrit au moins les avantages de marcher au sec, de rejoindre facilement une gare de retour et d’offrir à tous un peu d’entraînement. Car la forêt de Saint-Germain affiche un dénivelé aussi plat qu’un électrocardiogramme de trépassé. Vue la proximité d’une immense gare de triage, ironique, Michel imaginait déjà un parcours thématique intitulé « D’une Gare RER à l’autre » . Pas une rivière, pas un lac, si ce n’est une gigantesque usine de traitement des eaux. Ces allées rectilignes sont interminables et se ressemblent toutes. Imaginez ce décor dans une grisaille tenace, un coup à vous mettre au bowling ou à l’aérobic option ambiance disco. Après une vingtaine de kilomètres au compteur, cette randonnée emprunta enfin la Grande Terrasse du Château, une jolie ligne droite de 2450 m ! pffuu . Au moment de la dispersion, les plus endurants finirent eux aussi en terrasse, mais celle du bistrot chicos de la place, devant une bière écossaise.

Texte et photos Richard Kirsch

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Grèves, crues, flotte, rando.. la soupe à la limace.

Passage - Miss XXXX
Première sortie avec l’Asso . Mademoiselle est servie.

Dimanche 5 juin, la Seine joue les stars à Paris en affichant un niveau historique de 6,80m et attire sur ses berges touristes et parisiens curieux . Alors que le Zouave fait le malin de l’eau jusqu’à la taille, une poignée de randonneurs de Sport et Nature font les zouaves vers Tournan-en-Brie dans la gadoue jusqu’aux chevilles. 

Miss TWIX
Le pot de 1 kg de Twix , record battu.
Trace Tournan
Un peu de G14 , des PR , de longues allées , un parcours de 22 km sans difficulté .

Cela faisait deux week-ends que tous les groupes se faisaient essorer, la fréquentation des randonnées Sport et Nature atteignait son niveau le plus bas. Ce jour-là Cyril se retrouva avec 3 participants pour une rando de 34 km à Mantes et préféra annuler vu la météo et les grèves de trains.  En compagnie de Marie-Françoise, j’accueillais à peine 8 randonneurs Gare du Nord au RER E pour rejoindre Emerainville en direction de Tournan-en-Brie. Dès l’entrée en forêt, une question agita mon esprit encore embrumé : était-ce vraiment une bonne idée d’aller randonner en Seine-et-Marne ? Fossés débordant, chemins parsemés de trous remplis à raz bord , arbres morts en travers, troncs couverts de mousse et attaque de moustiques géants , C’est dans un décors semi-tropical que le groupe commença une lente progression, un rythme de limace tant le sol gorgé de flotte nous collait aux baskets. Chacun sortit les bâtons de marche histoire de s ‘équilibrer . André en tailla deux ou trois et les offrit aux plus démunis. Je regardais discrètement la carte pour étudier un plan B et une fuite vers Roissy-en Brie ou Ozoir-La-Ferrière. Mais personne ne broncha. Ca pataugeait allègrement, en assurant un maximum . A la pause de 11 h, une copine sortit de son sac un pot d’un kilo de mini Twix , probablement l’effet bouffe-Tv Euro 2016 .  Ce fut  le quart d’heure « spécial diététique » ou chacun allait de son couplet sur le brûlage de Kcalories en randonnée . Corinne, ma petite cousine, plus geek que moi ( ce doit être dans les gènes) sortit son Smartphone pour nous informer que l’on avait déjà grillé 578,677 calories. Seulement s’exclama Marie-Françoise puis de se servir alors d’une autre barre en lançant son private joke : «  Twix again ! » .  passage Claire Miss XXXLorsque le sentier prenait des allures de piscine olympique, il fallait tailler la route par les bords entre les ronces et les branches mortes , les flaques traîtres et les limaces monstrueuses. Le passage de fossés s’avéra carrément acrobatique. Kho Lanta accès RER  ! Je guettais le scoop, le moment où l’un d’entre nous allait s’étaler telle une serpillière dans une cuvette noirâtre. Il n’en fut rien. L’heure du déj approchait à grands pas et fallut trouver un endroit sec pour poser le camp de base dans cette forêt primaire de la Brie. Autant croire aux miracles. L’une de nos adhérentes me demanda alors en toute innocence de nous dégotter une table de pique-nique. Easy ! Je questionnais du regard ma carte Iphigénie sur l’Iphone . Une petit logo bleu apparu plus au sud. Qu’importe, je changeais l’allure du parcours et on fila vers notre but. La table était bien là, certes un peu vermoulue. Patrick et Marie-Françoise bâchèrent une nouvelle fois l’accessoire providentiel et tous trinquèrent au fameux porto blanc dont le niveau de réserve ne semble jamais baisser. La décrue n’est pas pour demain.

La température monta gentiment vers les 22 °C , pas une goûte de pluie ne s’annonçait à l’horizon malgré une humidité ambiante dépassant les 90 %. On quitta la forêt pour rejoindre en pleine lumière le petit bourg de Favières, le chemin se montra plus civilisé jusqu’à Tournan. Le panneau de la gare RER affichait des horaires farfelus , visiblement chamboulés par « les mouvements sociaux » comme l ‘expliquait les messages diffusés par Miss SNCF elle-même .

Quai fin de randoNous avions près de 40 mn d’attente, de quoi décrotter nos pompes et pourrir dix mètres de quai . Marie-Françoise extirpa sa fameuse brosse magique à 1 € made in China et on se composa une tenue à peu près présentable pour reprendre le train. La machine roulait vers Paris, personne n’était vraiment certain de sa destination et où il fallait descendre. L’essentiel était de se retrouver à bord dans la bonne direction . Edward sortit de son sac un rayon complet de fruits et légumes. Les plus endurants expliquèrent six fois fois à Corinne ma cousine qu’il ne s’arrêterait pas gare de Lyon ! Le groupe explosa en cours de route dans les diverses gares, en rêvant de décrassage, de lessives, de douche ou bain chaud. Putain de nature !

Texte et photos Richard Kirsch

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prifin Tournancouv Tournan 16:9Carrefour MontmartrePassage ClaireGroupe grande allée

Rando de l’Ourcq, take it Lizy depuis Crouy !

Trace Lizy
une jolie balade au Pays de l’Ourcq, 21 km sans difficulté

A l’occasion du baccalauréat, révisons les maths avec notamment l’axiome bien connu : « plus la météo est mauvaise , moins il y a de randonneurs » . Après la noyade mémorable de la semaine précédente à Rambouillet, seulement 14 adhérents fidèles et inoxydables de Sport et Nature se sont retrouvés Gare de l’est le 29 mai. Un nombre de déserteurs jamais atteint autrement dit une Bérézina en ce mois de mai pourri. Epaulé par le fringuant Eric, j’avais l’immense honneur et la délicate mission de leur faire découvrir le Pays d’Ourcq depuis la gare de Crouy jusqu’à celle de Lizy, soit 21 km. En main une vague photocopie du parcours dans son préservatif anti pluie(mais le GPS en poche ! ), je briefais brièvement ce groupe déjà très aguerri à la survie en rase campagne et dont l’ équipement irréprochable contribue chaque année à faire exploser le chiffre d’affaires du Vieux Camp ou Décathlon pour les plus pauvres. Dès notre rassemblement Gare de l’Est, j’avais pourtant remarqué qu’un marcheur n’avait pas adopté la tenue adéquate décrite dans le manuel du parfait randonneur. Tel le surfeur hawaiien perdu en ville Vincent se présentait en effet vêtu d’un short de plage des années 80 et d’un T-shirt probablement piqué à son petit neveu. Qu’importe, il avait les pompes réglementaires, déjà pas si mal.

 

Eric-vincent styles
Vincent, Eric , deux personnalités, deux look, une grande amitié
Groupe fontaine
Départ de Venderest avant le drame . Vincent n’ a pas encore basculé dans la fontaine !

La matinée se passa calmement, l’équipe suivant le rythme des 4 km/h annoncée dans le programme et la météo se montrant clémente. Juré , nous n’avons pas eu la moindre goutte de pluie  cette journée là . Arrivé à Venderest, un petit abri accolé à la mairie se révéla l’endroit parfait pour une pause déjeuner à peine méritée mais abritée. Nous avions juste parcouru une dizaine de kilomètres avec 25 arrêts techniques imposés comme dit Patrick par les « buveuses d’eau chaude ». André avait pour l’occasion apporté un nouveau pinard de son pays, alors que Patrick tentait encore cette semaine d’épuiser son jerrican de 20 litres de Porto Blanc. Profitant de la pause, Vincent remit enfin à Patrick le pot de miel gagné lors de sa dernière kermesse. Le surfeur profita aussi des 21 km pour tracter sauvagement histoire de nous attirer à la prochaine, animée cette fois d’un poulet à la camerounaise.  Une vraie promesse. Ambiance conviviale, échange de plats maison, les discussions reprirent cette fois encore sur le terrain politique, les élections se profilant à l’horizon. Deux groupes distincts émergeaient : d’un côté Vincent, Patrick et Edward, trio œcuméniquo-économico-politico dissident. De l’autre un duo tonitruant : Anne et Nicole, fanatiques d’un certain Emmanuel Macron. Les deux amazones ne l’appelaient pas d’ailleurs Macron, ni même Emmanuel mais amoureusement Manu. Des trémolos dans la voix, au bord de l’orgasme, elles évoquaient son look si sexy , son énergie, etc ..etc..On a cependant dû leur expliquer que « La grande marche » du ministre en free ride gouvernemental n’était pas un programme de rando . Lors de la seconde partie de notre parcours, le trio infernal s’en prit à un pauvre dos de panneau mentionnant « Mort à la CGT » . La tension était à son comble et il fallut que je sonne le rassemblement pour éviter la destruction d’un bien de la signalisation routière.

sardines
Sardines !
Rando sardines
Et sardines !

Le départ après le déjeuner est toujours symptomatique de grand désordre en randonnée. Les uns tardent à remballer, traînent et se perdent. D’autres comme Vincent se baignent accidentellement. Alors qu’il tentait un remplissage acrobatique d’une bouteille d’eau, notre surfeur sans doute nostalgique des flots, bascula dans la fontaine. Compatissant, Patrick lui passa un sweet shirt sec histoire de lui épargner une triple pneumonie avec complication, de quoi nous priver de sa présence plusieurs mois et plonger les groupes dans un silence disons ..inhabituel !

Cet esprit rando propre à Sport et Nature se manifesta une nouvelle fois quelques kilomètres avant de rejoindre Lizy-sur-Ourcq. Claire, jeune randonneuse, traînait en queue de peloton depuis des heures. Avec Monique à la double nationalité Poitevine/Parisienne et Maria, notre baroudeuse des sentiers, crapahuteuse du rif marocain, la prirent en main et lui insufflèrent ce moral de gagneuse qu’on leur connaît pour lui faire rejoindre la gare dans les temps. Au prix d’un dernier effort soutenu, on attrapa en effet le train de 16h20 vers Trilport et Paris Est.

trio rebelle
Vincent, Edward, Patrick , trois engagés du trek et du tract !
Edward CGT
Randonneur et militant, Ed prêt à effacer l’affront !

Ce parcours vallonné, ombragé par endroits, avec toutefois quelques passages sur routes secondaires, se termine par un long bord sur le canal de l’Ourcq, il est parfaitement balisé PR et GR et ne ni dénivelé, ni bistrot !  Quant à moi, j’ai eu beau coup de plaisir (avec Eric) à guider ce groupe sympa, une première expérience réussie. A très bientôt.

Texte et photos Richard Kirsch

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