Le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir . C'est fait ! La randonnée occupe désormais mon temps entre des missions caritatives sur Paris. Et ce blog n'a pas d'autre but que de vous faire partager cette passion ou peut être découvrir d' autres sentiers, en France ou mes expériences vers Compostelle .
Bonne lecture et bonne route .
Contact : richard.kirsch92@gmail.com
D’année en année les randos en forêt de Fontainebleau finissent par se ressembler . Et l’on a parfois l’impression d’avoir tout vu de cet imposant domaine. Pourtant Il suffit de s’éloigner des sentiers sablonneux, des fameux rochers et de faire simplement un détour par les bords de Seine pour découvrir en lisière d’autres trésors du département (77). En longeant les berges verdoyantes depuis votre gare de départ à Fontainebleau-Avon, vous arrivez à Thomery blottie dans une anse du fleuve et dominée par de hautes rives boisées. La véritable curiosité de ce village ne réside ni dans l’histoire de la batellerie, ni dans celle d’un peintre impressionniste mais dans son passé viticole ! Revenez un instant vers 1830, vous apercevrez alors plus de 250 km de murs plantés de vignes . Hautes de 2,50 à 3 m et espacés de 9 à 10m, ces constructions forment de long passages où pousse le Chasselas de Thomery. La réputation de ce raisin de table dépassait alors nos frontières. Les tables des grandes capitales européennes , jusqu’en Russie, en raffolaient . Les randonneurs ne manqueront pas de suivre un court itinéraire bien balisé : Le Chemin des Longs Sillons. Une signalétique soignée raconte ici l’histoire glorieuse de cette production qui se poursuivit jusqu’au milieu du XXe siècle. Dès la fin août, on peut même goûter aux premières grappes de Chasselas qui ornent ces murs de pierre avant de revenir dans la forêt toute proche. Afin de donner bonne mesure à votre balade , soit une vingtaine de kilomètre jusqu’à la gare de Veneux-les-sablons, repiquez plein ouest afin de longer le bel aqueduc du Loing, un des trois ouvrages qui alimentent Paris. Cet itinéraire ne présente aucun dénivelé et peut au besoin de diviser en deux portions de 12 km en arrivant ou en partant de la gare SNCF de Thomery.
600 km de rando du 3e type sur 150 communes et 7 départements.
Alors que la plupart des randonneurs d’Ile-de-France rêvent de nature préservée, de vastes plaines et de forêts, autant d’espaces qui abritent souvent un riche patrimoine historique, une poignée de défricheurs a choisi d’explorer à pied les confins de quelques grandes villes. Ils sont architectes, écrivains, journalistes, des randonneurs qui partent aux frontières de la ville tenter de comprendre comment fonctionnent ces ensembles urbains et comment y vivent les hommes. Alors GPS et cartes en main, ils s’immergent entre les dédales des échangeurs d’autoroutes, des canaux , des pylônes de lignes haute tension. Ils s’enfoncent dans les cités, errent dans les zones commerciales, les contournent, se perdent dans les ruines industrielles et les usines désaffectées. Ces no man’s lands cernent nos villes et nous mettent face aux territoires de rejet et d’abandon tels des campements de Roms, des décharges sauvages ou des terrains de jeux plus que vagues pour des gamins de banlieue en quête d’évasion.
Ces sentiers de rando improbables perdus dans le béton, la ferraille et les herbes folles s’ouvrent désormais au public sous le label déposé Sentier Métropolitain. Celui du Grand Paris sera balisé en 2020. Il offrira près de 600 kilomètres de randonnée, soit trente jours de marche dans la plus grande métropole francophone du monde en constance mutation urbaine et sociale. Le tracé de ce sentier métropolitain n’est qu’un instantané à saisir. Demain de nouvelles voies de communication, de nouvelles constructions ou destructions en changeront probablement le profil.
Le sentier Métropolitain du Grand Paris couvrira 150 communes et 7 départements, le long de trois boucles qui se recoupent et passent par Cergy, Saint-Denis, Marne-la-Vallée, Créteil, Évry, Versailles, il traverse un territoire de 2 000 km2 , une région d’Ile-de-France peuplé de 11 millions d’habitants. Ce sujet a été traité en 5 volets, cet été, dans le quotidien La Croix. Retrouvez tous les détails sur le site www.la-croix.com.
À lire aussi : La Révolution de Paris, de Paul-Hervé Lavessière (Éd. Wildproject, 194 p., 20 €) ; Les Aventures de poche. Simples, courtes, au coin de la rue, d’Olivier Bleys (Éd. Hugo Doc, 178 p., 17 €).
Définition du Sentier Métropolitain ? (texte et graphiques source La Croix)
Développés depuis 2010 à Marseille, Londres, Tunis, récompensés de la médaille de l’Urbanisme en 2013, les Sentiers Métropolitains se situent à la croisée des mondes de l’aménagement, de l’art, du tourisme, de l’écologie. Ils consistent en 3 volets inséparables :
1 – un itinéraire élaboré de façon concertée avec les territoires et les acteurs qui y œuvrent.
2 – des explorations : repérages, marches publiques, randonnées métropolitaines…
3 – des récits partagés : projets artistiques, livres, articles, récits de voyage, feuilletons sonores, films documentaires, guides. SentierMétropolitain® est une marque déposée par l’association « Sentiers Métropolitains ». Ce label garantit la qualité des itinéraires réalisés dans les territoires concernés et la conformité du projet au Manifeste des Sentiers Métropolitains présenté à Londres en septembre 2016 (cf. MT Manifesto)
Et les parigots , Inutile de chercher des prétextes à deux balles pour rester devant la télé le dimanche au lieu d’aller gambader dans la nature . D’ailleurs à bien regarder la carte de la région Ile-de-France, vous êtes cernés ! Bois de Boulogne, bois de Vincennes, forêt de St Germain , Ile Adam, Montmorency, Forêt de Carnelle, Domaine de Meudon, Parc de St Cloud, Ville d’Avray et Fausses Réposes, forêt de Fontainebleau, Vallée de Chevreuse, Parc Naturel du Vexin, Chantilly. Alors oubliez la bagnole, dégainez vite le pass Navigo , étarquez les pompes de rando pour découvrir ce formidable terrain de jeu. Séquence oxygénation sur fond d’exotisme parisien, voici une sélection de bons itinéraires testés et certifiés .
Canicule tenace, l’Ile de France transpire depuis des semaines. Je profite d’une baisse providentielle à 31°C pour répondre présent à la rando du dimanche. Les deux litres d’eau du vieux Camel bag débordent dans le sac à dos. Zut. La crème solaire à portée de main et bob vissé sur les crânes, tout le monde débarque du RER C à Lardy dans l’Essonnes (91) . Chrisitian B. nous a concocté un cocktail à servir frais en sous bois aux abords de la Juine, un joli brin de rivière au sud du département. Au programme, un parcours de 23 km, direction sud-ouest, le genre de direction qui permet de se carboniser face au soleil. La rando suit une bonne partie du GR11 et se poursuit par le GR655, ce chemin de Compostelle qui part de Paris et passe par Tours, Bordeaux .. Séquence nostalgie, je retrouve mes chères coquilles jaunes sur fond bleu après ma voie d’Arles de juin dernier. Le sentier francilien s’avère plutôt bien abrité toute la matinée. On en profite pour tailler 13 km en semant parfois quelques étourdis qui s’attardent devant le fameux dolmen de la région. L’aire de pique-nique comporte des tables accueillantes et un restant de pelouse calcinée mais à l’ombre. Quelques bouchons sautent, signe que les 30°C du moment n’effraient pas les amateurs de bons vins. Prudent, j’évite le piège et me rue sur un sandwich d’adulte et une poignée de Reine-claude. La torpeur générale qui s’en suit est à la hauteur des degrés Celsus combinés à ceux des bouteilles. Le groupe plonge dans une sieste dont le silence rentrera dans les annales. On entend juste les guêpes voler. La pause dépasse les 90 minutes et pour certains la reprise relève de l’exploit . 14h passé, il nous reste encore près de 10 km avant de rejoindre Etampes et déjà les réserves d’eau s’évaporent dans les gosiers desséchés. Arrivé à Brières-les-Scelles, je croise un jardinier qui arrose ses tomates, un vrai mirage. Et non ! Je vais déclencher un plein collectif avec le gentil bonhomme. Je lui tends une bouteille et toutes les gourdes font le va-et-vient au-dessus du grillage. On parle tomates, prix de l’eau, sécheresse avant de prendre congé et la direction d’une ultime bosse de verdure vers la gare de retour. Les jambes sont lourdes, l’équipe s’éparpille sur des centaines de mètres et Christian multiplie les regroupements. Le dernier aura lieu au bar de la gare, le RER C repassant toutes les demi-heures, de quoi prévenir prudemment les troubles d’une déshydratation naissante !
Blanche Neige et ses colocataires. Remarque : ils n’étaient pas barbus à cette époque.
Héros d’un conte des frères Grimm publié en 1812, plus tard du film de Disney, Blanche Neige et les 7 nains ne cessent de fasciner enfants, psychanalystes ou humoristes comme le feu dessinateur Gotlib (je vous conseille de vous procurer la BD très chaude » Blanche Neige et les 7 mains« ). Il existe toutefois une foule d’autres parodies sur cette jeune vierge, romantique et un peu niaise entourée de ses colocs barbus.
Hormis le fait que les nains de jardin m’amusent toujours, les 7 personnages du conte m’intéressent en tant que marcheurs. Cette bande qui se rend à pied au boulot à pied chaque matin m’interpelle car elle rassemble en effet plusieurs des traits de caractère du randonneur ordinaire que l’on fréquente dans les associations lors de nos sorties dominicales ou en trek organisé. Aussi je vais franchir le pas en faisant un parallèle osé. Portraits.
Atchoum . La nature se montre parfois hostile. Dès le printemps, ce randonneur allergique aux pollens va subir un véritable calvaire et le partager avec ces compagnons de balade. Après les premiers « à tes souhaits », « à tes amours ».. et autres civilités d’usage plus ou moins sincères, le groupe, allergique aux interminables éternuements, finit par se lasser. ( Avouons que cette compassion n’ a guère de sens après plusieurs kilomètres.) Derrière cet abandon se cache aussi une véritable crainte, celle de la contagion ! Si Atchoum a l’honnêteté de ne pas faire la bise à tous au point de rendez-vous, le randonneur en bonne santé préfère éviter les miasmes pervers véhiculés par une bourrasque soudaine. C’est connu, les groupes de randonnée regorgent d’hypocondriaques (dont moi !). Certains ne quittent jamais leur solution alcoolisée ou évitent d’ailleurs de boire le rosé dans le verre de leur voisin . De grands moments de solitude pour Atchoum qui guette l’arrivée de la chaleur humide pour partager ses connaissances des pathologies allergiques avec celles des experts en moustiques ou encore en tiques, leurs ennemis communs providentiels .
Joyeux . Le bonheur est-il communicatif ? C’est ce que semble croire le randonneur Joyeux en diffusant à la cantonade sa perpétuelle bonne humeur. Cette euphorie peut durer des heures entières. Même la fatigue semble ne pouvoir altérer cette joie de vivre sublimée en rando par la convivialité et l’immersion dans un univers verdoyant baigné de soleil. Il est heureux le randonneur Joyeux mais son exubérance reste hélas parfois mal comprise. Doté d’un moral 100% inox il est le seul à garder le sourire lors d’une journée pourrie par la pluie. Attentif aux malheurs des autres, il sait trouver les mots justes pour redonner la gaité à celui souffrant depuis quinze kilomètres d’un genou usé par l’arthrite ou à celle dont la situation érotico-sentimentale reste un fiasco depuis des lustres. Jamais avare d’une bonne blague, ce véritable boute-en-train de la rando se nourrit des rires des randonneurs. L’ambiance peut néanmoins devenir pesante lorsque deux Joyeux se rencontrent et se livrent à une surenchère de joie. On n’est alors pas très loin de l’overdose.
Prof. Activité de détente par excellence la randonnée n’en demeure pas moins le théâtre d’ échanges philosophiques, politiques, scientifiques . Un parcours de 20 à 30 km permet aux plus érudits de s’exprimer face à un auditoire condamné à l’écoute car dépourvu de véritable échappatoire. Tous marchant dans la même direction pour atteindre le même but, on peut néanmoins accélérer ou réduire sa vitesse pour fuir le Prof du jour. Qu’importe le sujet, taïchi, économie capitaliste, bouffe bio, le Prof maîtrise son affaire jusqu’à la pointe de bâtons. Cas particulier : le Prof de rando, généralement appelé le guide puisqu’il est le seul à connaître le tracé de l’itinéraire et les horaires des trains du retour. De préférence expérimenté, Il est généralement incollable sur la plupart des GR, PR de l’Hexagone dont il collectionne les cartes IGN depuis plus de trente ans. Ce qui donne toute la dimension à ce statut et force normalement le respect des guidés. Le prof de rando dit » à l’ancienne « , oui, comme la moutarde, connaît peu les applications GPS pour smartphone et manque souvent d’arguments pour contrer ceux de la nouvelle génération connectée. Alors il comble ces lacunes par de l’autorité et en adoptant un rythme commando. Le silence et l’épuisement marchent de paire en rando. Le prof de rando, lui, a la santé et ne ménage pas ses efforts pour le manifester. Un moment devant, il s’immerge un instant dans le groupe pour raconter des anecdotes vécues lors de son trip en Asie. On le retrouve soudain derrière pour recadrer les retardataires. Bref Il est partout, a marché partout , ce qui suscite forcément l’admiration de randonneuses crédules en quête de sensations. Avec ce prof, l’aventure est au coin.. du chemin.
Simplet. Alors que le marcheur Joyeux est conscient de son bonheur de vivre qu’il distille sans compter, Simplet semble voyager dans un monde intérieur déconnecté. Ne lui demandez pas la longueur du parcours et plus encore où il se trouve après trois heures de marche. D’abord il s’en moque puisqu’il a juste lu le lieu du rendez-vous. S’il est parisien, il sait que son Pass Navigo ne l’emmènera pas au-delà des 5 zones d’Ile-de-France. Alors pourquoi s’en faire. Cela fait longtemps qu’il a renoncé aux conversations et aux débats qui agitent les randonneurs si intelligents. Mieux vaut admirer les fleurs du chemin et songer à intervalles réguliers au déjeuner, à ce moment où les desserts font leur ronde de main en main et que le vin l’enivre juste ce qu’il faut pour se sentir mieux que bien. Alors il s’étend sur l’herbe tendre les pieds nus, orteils en bouquets de violette écoutant d’une oreille distraite une vague histoire d’un vague homme politique. Puis il somnole, se réveille en sursaut. Il faut paraît il repartir ? Ah bon, s’étonne-t-il en regroupant ses affaires à la hâte dans son sac-à-dos trop petit. Il marche et rêve à la fois, Simplet.
Timide. A l’inverse de cette Blanche Neige plutôt à l’aise entourée de sa dream team de mâles modèle réduit, la randonneuse timide ne fait pas de vagues et reste blottie dans le peloton en silence . Il lui faut parfois plusieurs kilomètres pour entrer enfin dans la conversation d’une meneuse volubile. Elle marche les yeux rivés sur le chemin et parfois sourit au randonneur qui la croise, en baissant les yeux . Soudain, il ralentit. Que me veut-il ? Que vais-je répondre ? Eu oui, j ‘aime la rando, c ‘est bon pour le moral et la santé. Zut il est parti, quelle cruche ! Le marcheur s’en veut, elle avait l’air sympa et bien roulée dans son short Décath en polyamide . Ils sont comme çà les timides, jamais synchro, toujours à la recherche du mot juste. Il faut attendre le pique -nique pour qu’ils s’offrent une seconde chance. Elle s’assoie sur un rocher, il tourne depuis cinq minutes puis se pose à trois mètres d’elle , la distance suffisante pour éviter de jouer les pots de colle et lui parler le moment venu. L’apéro et la circulation des amuse-gueules favorisent le dégèle. Les autres observent le manège, la timide se fait draguer par un timide, ils ne sont pas sortis de l’auberge. N’écoutant que son courage, il se lève d’un bond et lui propose ses brochettes tomate-mozzarella en ajoutant « du fait maison ». Elle pique un fard plus écarlate que les tomates et murmure qu’elle adore les poivrons au camembert en brochette ! Faut dire qu’elle vient d’ôter ses lunettes de vue solaires. Il se marre, le timide, elle s’enfonce de deux pieds sous terre la timide. Ils repartent une heure plus tard, elle pouffe de rire encore quand d’emblée le timide sous le charme se paie une racine . Les timides ne s’ennuient jamais en rando.
Dormeur. Quand son réveil a sonné pour la quatrième fois, il réalise enfin qu’une rando est au programme de son dimanche. Il s’habille en toute hâte et s’engouffre dans le métro. Il lui faut douze stations pour rejoindre la gare Montparnasse. Par malheur il s’est assoupi et a raté la gare. il court alors dans l’escalier pour reprendre une rame en sens inverse. Il cavale comme un dingue, ses compagnons de rando montent déjà dans le train. Épuisé Il s’écroule sur la banquette, tente de se joindre à un débat matinal histoire de la jouer convivial. Mais en vain après deux minutes d’effort, il s’endort sur son sac à dos dans l’indifférence générale. Heureusement le niveau sonore du débat cache son ronflement léger. Il sursaute violemment lorsque dans un demi sommeil il comprend : on descend !.. Une randonneuse le rassure » à la prochaine seulement ». Il rêve d’un triple café lorsque le groupe se met en marche. Son podomètre affiche 12 km, un coup de pompe venu d’ailleurs l’envahit. Par miracle c’est l’heure du déj. Après un casse-croûte copieux il savoure la sieste réglementaire de 45 mn pour repartir dans le comas et boucler le parcours. La fin de rando et le retour en train sont des instants magiques car le roupillon qu’il pique jusqu’à l’arrivée trouve ici enfin toute sa légitimité.
Grincheux– Parmi les groupe de randonneurs, il en existe toujours un qui râle. En général c’est souvent le même. Ce signe chronique de mauvaise humeur, de contrariété permanente, ou de frustration profonde d’origine inconnue peut intervenir à n’importe quel moment de la sortie. il peut s’agir de l’heure trop matinale du rendez-vous, de la longueur excessive du parcours, du rythme trop lent ou trop rapide de la marche, des caprices météo etc.. etc..Le grincheux de service peut par moment s’isoler du groupe pour une raison inconnue, afficher une joie soudaine inexpliquée. Enfin il existe des grincheux de type « révoltés » . Il grinche alors contre l’inégalité d’une société injuste et élitiste, d’un état de la planète en pleine décadence, contre aussi d’une foule d’autres sujets insatisfaction. Qu’importe. Sur une longue distance le grincheux peut en passer plusieurs en revue en changeant d’interlocuteur. Il peut aussi évoquer le même sujet avec plusieurs victimes sans le réaliser, ou gâcher la sieste de tout le groupe par une râlerie non-stop. Le grincheux de randonnée est un être à part qui ne connaît ni la fatigue ni le plaisir de la contemplation silencieuse. Bref un emmerdeur !
Remerciements aux Studios Disney pour ces illustrations
rando de 22 km- – passage par les sentiers Denecourt-colinet et Barbizon.la gare de Bois-Le-Roi
Parigot mais écolo ! Voici un nouvel itinéraire à découvrir cet été en laissant la voiture au garage. Il suffit de prendre le train gare de Lyon en direction de Montargis et de descendre à la gare de Bois-Le-Roi. Le Pass Navigo suffit ou il vous en coûtera 17,70€ de Pass Mobilis 5 zones. Ce parcours de randonnée de la forêt de Fontainebleau présente l’avantage d’être bien abrité (plutôt agréable en cette canicule) et il emprunte les fameux sentiers historiques Denecourt-Colinet (balisés de bleu) . A mi-chemin, profitez de votre passage à Barbizon soit pour visiter une expo, soit pour prendre une bière . Vu votre tenue d’aventurier, je vous conseillerais le second choix dans cette très chic bourgade aux abords de ce domaine de Fontainebleau. Il convient de mentionner qu’il n’y a pas de gare à Barbizon et que vous serez donc obligé de marcher jusqu’à la prochaine ! Cette randonnée de 22 km environ comprend quelques bosses et des passages par les fameux rochers fréquentés par les grimpeurs. L’occasion de transpirer encore un peu plus mais aussi de pique-niquer au frais ou de faire la sieste entre deux blocs. A ce sujet, vous passerez par le Chalet de la Caverne , une jolie buvette pour y savourer un ultime café avant de poursuivre dans cet univers sauvage vers la gare de Fontainebleau-Avon.
Quelques bosses pour se dérouiller les gambettes en grimpette.Des fougères géantes cette année en forêt de FontainebleauLa jolie mairie de Barbizon.Une balade qui vous fera découvrir également des arbres classés « remarquables » pour leur taille ou leur âge.
La partie nord du Golfe du Morbihan toute proche de l’Ile aux Moines et la presqu’île de Séné. Joli parcours de 25 km.
Le GR34 se picore, se déguste au gré de son appétit de marcheur ou lorsque son envie de Bretagne devient irrépressible. Je l’ai laissé l’an dernier à Crozon dans le Finistère pour le reprendre cet été dans le Morbihan sans le moindre ordre logique. Il faut dire que notre histoire qui débute au Mont St-Michel dure depuis bientôt cinq ans. Et assurément ce sentier côtier ne manque pas d’atouts pour m’attirer chaque fois vers le granit des calvaires, les odeurs de goémon, les fruits de mer voire les crêperies. Le GR34 ne se contente pas de suivre le littoral breton sur 1 800km , il propose en prime un Tour du Golfe du Morbihan, une jolie balade de 220 km, avec les îles . Cependant la « petite mer » ne m’ est pas totalement inconnue. J’ai en effet déjà bouclé la presqu’île de Rhuys, sillonné par le passé l’Ile aux Moines, l’ïle d’Arz et remonté le sentier
Port Anna – La navigation bat son plein l’été et les places au mouillage devient chères.
de Locmariaquer jusqu’à Crach. Je vais donc profiter d’un nouveau séjour à Sarzeau pour découvrir avec Christine, la régionale de l’étape, la portion entre Vannes et Arradon par le fameux sentier côtier, soit près de 25km. C’est l’occasion de refaire un détour par les remparts et les jardins de Vannes. Ce jour de juillet la ville se réveille de ses folies de la veille. Le bal annuel des pompiers a réuni plus de 10 000 personnes et les préparatifs du festival jazz estival vont bon train. Le GR part de la rive ouest du port pour longer le bras de mer jusqu’au nouvel embarcadère. L’époque où les Vedettes Vertes appareillaient du centre est bien loin.
L ‘importante flotte de la Compagnie des Îles actuelle avait besoin d’espace vu qu’elle transporte désormais chaque été des milliers de touristes dans le Golfe et vers les îles d’Houat, Hoëdic, Belle-Île… Sur les premiers kilomètres le sentier est parfaitement large, lisse, trop aseptisé à mon goût. Il fait ici le bonheur des joggers et des promeneurs. Il faut atteindre le bourg de Campen pour qu’il retrouve enfin un caractère plus sauvage.
Conseils et sélection de 9 smartphones tout-terrain spécial rando
Randonneurs, trekkers et baroudeurs de tous bords, ils emportent désormais dans le sac l’incontournable smartphone. Les App GPS se multiplient (voir notre article sur le sujet https://wp.me/p6NqC2-S9) , la plupart fonctionnent désormais hors connexion GSM pour économiser les batteries. Ils se connectent en WiFi, Bluetooth pour télécharger cartes, paramètres météo et possèdent un a deux appareils photo pour publier vos aventures sur les réseaux sociaux. Certains proposent une carte mémoire externe supplémentaire et offrent ainsi une capacité de stockage supérieure.
ETANCHEITE ET ROBUSTESSE EN PRIORITE
Toutefois, ces usagers tout-terrain ne sont pas à l’abri d’une averse torrentielle soudaine , d’une chute de l’appareil en mer ou sur des rochers. C’est pourquoi des constructeurs ont conçu à leur intension des modèles robustes, étanches capables d’endurer ces aléas. Afin de bien choisir le modèle qui correspond le mieux à votre programme , en terme de technologie et bien sûr à votre budget, nous aborderons en préambule les paramètres importants à prendre en considération . Puis nous vous proposons une sélection de 9 modèles dans une large gamme de prix .
Gerald Sterlich, pèlerin multirécidiviste autrichien et artiste de grand chemin.
Les chemins de Compostelle sont toujours l’occasion de rencontres passionnantes . C’est à Saint-Julia que j’ai fait la connaissance de Gerald et de sa femme, comme çà simplement , autour de la table du petit déjeuner dans un gîte confortable planté sur une colline du Gers. Le couple venait d’Autriche, comme Hans Peter , mon compagnon suisse de route et de hasard nous étions tous les quatre parti d’Arles sur le GR653 en direction de Punte La Reina en Espagne. Après quelques échanges, alternant l’anglais et l’allemand histoire de faire connaissance, Gerald ouvrit naturellement un carnet de moleskine sous mes yeux . Je lui demandais alors de le parcourir, et c’est avec surprise que je découvris que derrière ce pèlerin jusque là anodin et discret se cachait un artiste . Depuis 2015, cet ancien architecte de 70 ans, vivant aujourd’hui dans une vallée viticole proche de Vienne, dessine désormais pour son seul plaisir sur les chemins jacquaires de France et d’Espagne, en consacrant à cette passion de 30 à 45 minutes par jour environ. Alors que la plupart des randonneurs au long court se concentre sur la longueur des étapes ou shootent avec frénésie des centaines de photos numériques, Gerald savoure le temps d’une pause et prend le temps de fixer sur ses carnets la beauté des édifices ou des décors qui rythment son parcours. Equipé de Rotring et de quelques peintures à l’eau, l’ex-architecte devenu marcheur perpétue l’art du carnet de voyage en mettant à profit un sens aigu de l’observation propre à son ancien métier. Une fois le dessin terminé, il le complète d’une fine légende dont l’encre de Chine relève encore la finesse de l’ensemble. J’ai feuilleté ce carnet jusqu’à la dernière page et je l’ai refermé encore sous le charme de ce chemin d’Arles coloré. Mais au-delà des croquis j’ ai aussi découvert ce matin-là une autre philosophie du voyage, celle d’un pèlerin libéré du temps. Plusieurs de ses dessins m’ont aussi révélé des lieux où j’étais passés sans rien voir de leur intérêt, en randonneur trop pressé .
un sentier côtier de 11 km, un condensé sublime des splendeurs du littoral bordant le massif de l’Estérel.
Tous ceux qui auront l’occasion de séjourner ou passer à Saint-Raphaël dans le Var ne manqueront pas une très jolie balade sur cet ancien sentier des douaniers. Long d’environ 11 km, ce PR bien balisé de jaune vous offrira un condensé de la splendeur de la côte qui borde le massif de l’Estérel. Vous marcherez entre 4 et 5 heures au ras des flots le long de très belles propriétés datant du XIXe siècle en alternant les passages sur les rochers, les criques escarpées et de belles plages de
Le plaisir des pose-baignades dans les nombreuses criques qui jalonnent cet itinéraire.
galets ou de sable fin. Ce PR a été très bien équipé de passerelles, escaliers, rampes, marches de ciment pour faciliter la progression aux randonneurs de tous niveaux. Les enfants adoreront son côté « aventure » dans les dédales rocheux où ils traceront parfois leur propre chemin en toute sécurité . A ce sujet, je vous conseillerais de porter des chaussures de randonnée ou de bons tennis au minimum. N’oubliez pas votre maillot de bain, les pauses-baignades sont de vrais délices les jours de forte chaleur. A n’importe quel moment vous pouvez quitter ce chemin pour rejoindre la route de la corniche puis St Raphaël, à pied, avec votre voiture voire en transport en commun.